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Ryuko (Machiko Kyo), fille d’une famille noble (elle a le titre de princesse, et ses parents sont importants à la cour) rêve d’un mariage princier… Elle sera exaucée, même si la réalité sera apparemment moins idyllique que dans les rêves d’une jeune fille… Elle va en effet être choisie par l’armée Japonaise d’occupation en Chine pour épouser le frère de l’empereur de Chine, Futetsu (Eiji Funakoshi)… Dans un premier temps l’histoire est belle. Mais très vite il apparaît que les deux époux sont pris dans l’engrenage de l’occupation et la politique coloniale, musclée, du Japon. Puis l’histoire avance, et elle n’est pas tendre pour les dignitaires fantoches…
Ce film a une longue gestation: les dirigeants de la firme Daiei souhaitaient adapter les mémoires de la Princesse Hiro Saga, qui fut mariée par l’empire Japonais au frère de l’empereur PuYi, «dernier empereur» du Japon et potentat fantoche de l’état de Mandchoukouo. Avec Machiko Kyo dans le rôle principal, le Scope et la couleur (la première fois pour Kinuyo Tanaka) ça ressemble un peu à un menu pour un film infaillible…
Et pourtant… Si Kinuyo Tanaka, qui avait déjà dirigé trois films et s'était vraiment affirmée en tant que portraitiste de femmes remarquables (Maternité éternelle), s’est très certainement intéressée à ce destin peu ordinaire d’une héroïne ballottée dans les événements, naviguant à vue à un poste (on peut difficilement considérer ce mariage arrangé comme autre chose!) qu’elle ne maîtrise pas ou peu, et devant louvoyer entre raison d’état(s), ressenti personnel, et l’hostilité très forte des Chinois de Mandchourie à l’égard des Japonais, c’est d’un ennui mortel. C’est beau, digne, lent, très lent même.
C'est aussi doté de couleurs absolument superbes. La réalisatrice continue à affirmer sa tranquille mais sûre maîtrise de l’espace filmique, avec recours à d’adroites utilisations de la profondeur de champ, mais pour le reste le film ne semble pas décoller, et n’acquiert jamais le souffle nécessaire à ce genre d’entreprise épique… surtout dans sa première partie.
Le dernier acte, consacré à l’exil et la marche forcée de Hiro Saga, gagne heureusement en dignité. Mais l’un des pires défauts est cette utilisation du Chinois, souvent, par des acteurs qui ne le parlent ni le comprennent, et… ça se voit.
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