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23 mai 2026 6 23 /05 /mai /2026 17:32

Le titre danois nous rappelle quelque chose, puisqu'il y a déjà eu deux films danois (un de Robert Dinesen, puis un autre d'August Blom) portant ce titre: la première version et sa suite.. Dans les deux films, le personnage principal était interprété par Gunnar Tolnaes, l'acteur Norvégien rempile ici, pour son dernier rôle au Danemark. On le retrouvera brièvement en Allemagne, notamment pour un rôle secondaire dans Geschlecht in Fesseln (1928), de Wilhelm Dieterle. Avec ce film, la Nordisk revient à un gros succès, car dans les difficiles années de guerre, quand le Danemark était privé de distribution vers les autres pays Européens, le film de Dinesen et sa suite avaient été de gros succès... Pas très étonnant, car ils étaient totalement tournés vers le mélodrame exotique...

C'est aussi le cas pour ce film, avec lequel A.W. Sandberg pensait dire adieu au cinéma des studios: il s'y exécute sans arrière-pensée ni scrupules, car ce ne sera pas inutile de le dire, ce film est une pure distraction, de l'aventure à la très petite semaine, et pour tout dire il repose à fond sur des fantasmes culturels assez rigolos. Mais ce sont justement ceux du public...

L'intrigue reprend celle du film initial: à Monte Carlo, la belle Elli (Karina Bell) s'ennuie en compagnie de son père (Anton de Verdier) qui passe son temps entre le jeu et une danseuse qui n'en veut qu'à son compte en banque) et son cousin (qui oscille entre des déclarations d'amour enflammées et la roulette) Harry (Carsten Woodschow); elle a un petit accident, se blesse le pied, et elle est recueillie par un mystérieux mais richissime étranger, le Maharajah de radhour (Gunnar Tolnaes). Il la séduit, elle accepte de le revoir, il lui propose de l'accompagner chez lui et de devenir sa femme, et...

Elle accepte.

A Monte-Carlo, branle-bas de combat: aidés d'un marin (Erik Winther) qui a vu Elli en compagnie de l'étranger, le cousin Harry et le père décident de récupérer la jeune femme, alors que celle-ci découvre les joies du mariage et la réalité du harem...

C'est là que le film semble se couper en deux: d'un côté, la farce, presque, de la naïveté de la jeune femme, qui semble au passage ne pas s'émouvoir du fait qu'il y a un harem... Tant qu'on ne la force pas à y passer ses journées, vautrée à demi-nue comme les autres épouses et favorites. Elle ne s'émeut pas non plus des lois chatouilleuses, de la présence d'eunuques, ou des cimeterres énormes portés par les gardes, on les devine bien affutés... Et enfin, la présence d'esclaves ne la fait pas sourciller... 

De l'autre, les lois rigoureuses du mélodrame. C'est n'mporte quoi mais c'est ce qu'on veut, des habits exotiques dans un palais dont le potentat sort parfois seul (avec une armée de serviteurs mais sans ses 147 épouses) pour chasser... Le tigre probablement? Ca aussi, c'est un cliché... Alors oui, Elli avale des couleuvres, et la première épouse (Karen Caspersen) la voit arriver comme un déchirement; oui, les femmes du harem passent leur vie nues à barboter dans la piscine, et oui, bien sûr, quand on tente de tuer Karina Bell, c'est avec un...

...Cobra. C'est tellement idiot qu'il est impossible que quiconque ait participé à ce film l'ait pris un tant soit peu au sérieux... Et c'est aussi tellement idiot qu'il en est follement distrayant!

 

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Published by François Massarelli - dans A.W. Sandberg Muet 1926