Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Présentation

  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
  • Contact

Recherche

Catégories

26 juin 2026 5 26 /06 /juin /2026 14:57

1854: l'armée Britannique n'a pas combattu en Europe depuis 1915 et Waterloo... Deux types d'hommes composent 99% des troupes: d'un côté des simples soldats, des ommes recrutés à la sauvette dans le bas peuple, et qui sont considérés comme de la chair à canon; de l'autre, des officiers qui ont acheté leur position, et qui se vautrent dans leurs privilèges de classe... Un officier, Lewis Nolan (David Hemmings) se distingue sur deux points: d'une part il a conquis son rang en combattant et en gagnant le mérite. D'autre part il n'hésite pas à dire ce qu'il pense, et en particulier, il conteste l'absurdité des ordres (surtout ceux de l'incompétente baderne Lord Cardigan, interprété par Trevor Howard), ainsi que le statu quo des différences sociales entre officiers et hommes de troupe. Mais la hiérarchie ne l'entendra pas de cette oreille, et quand Victoria envoie des troupes en Crimée, aidées de l'ancien ennemi Français, pour combattre la Russie, tout va être fait pour mener à un désastre...

C'est étonnant: peut-on faire plus anglais que ce film? J'en doute... Aucun héroisme ici, juste une sorte de bureaucratie fatiguée qui court au massacre ans jamais réfléchir à deux fois sur l'absurdité de toutes les méthodes militaires employées... Contrairement à la tradition de peindre cette "charge de la brigade légère" en un acte sacrificiel d'héroïsme magnifique, Tony Richardson et son équipe choisissent de montrer ici la bêtise des officiers (non qu'il soient plus bêtes que la moyenne des officiers, bien sûr), le gâchis d'une armée engoncée dans sa propre absurdité, et tout se passe comme si le montage (assumé par rien moins que Kevin Brownlow) avait pour mission de ne montrer que l'échec...

Bref: une glorieuse boucherie, un massacre en règle, une charge impitoyable contre l'esprit torturé d'une vieille hiérarchie sociale qui se refuse à mourir... Rien d'étonnant qu'on ait demandé à Trevor Howard de prendre le rôle de l'insupportable Lord Cardigan, qui ressemble à une version comique de son Captain Bligh... 

Et puis comment, quand on voit ces officiers si Britanniques, ne pas penser au chapitre guerrier (The art of war) dans Monty Python: the meaning of life? Tout porte à croire que les six trublions pensaient un peu à ce film aussi, dont le mauvais esprit ravageur anticipe sur plus d'un point l'équipée de ce groupe Américano-Britannique et leur ton décalé... D'ailleurs, le film est truffé de vignettes d'énimation qui s'inspirent volontiers des cartoons de presse de l'époque, qui chantent les louanges du "lion" Britannique! Bref: un chef d'oeuvre d'ironie mordante...

Partager cet article
Repost0
Published by François Massarelli - dans Tony Richardson