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3 juillet 2026 5 03 /07 /juillet /2026 15:12

Harvey Howard (Bing Crosby) a 51 ans, et il est veuf depuis quelques temps. Il prend la décision de reprendre ses études là où il les avait laissées: il n'a pas pu aller à l'université. Il se retrouve donc "freshman" avec des "camarades de classe" qui sont trois fois moins agés que lui... 

C'était un film développé pour Gary Cooper, mais ce dernier n'était plus du tout en état de tourner...Il allait d'ailleurs décéder au début de 1961. Bing Crosby a donc remplacé l'acteur, après quelques menus ajustements: notamment, le film est devenu un peu plus musical. C'est d'ailleurs la première fois que Henry Mancini est crédité sur un film de Blake Edwards (il avait collaboré de façon confidentielle à Operation Petticoat, et bien sûr était engagé sur les séries TV Peter Gunn et Mr Lucky, toutes deux pilotées par Edwards). Le sentiment, devant ce film totalement rafraichissant, est que le metteur en scène finit de mettre en place son style et ses aspirations, et le fait dans le cadre rassurant de la comédie plus ou moins musicale, en racontant des histoires d'étudiants...

Et c'est bien ce qui est plaisant: on aurait pu se contenter d'un décalage en bonne et due forme entre Harvey le quinquagénaire et les jeunes qui l'entouent, alors que ce que raconte le film c'est plus, justement, la vie universitaire appréhendée par un vieil étudiant qui mine de rien réalise un de ses rêves, et le voit en Technicolor! La loufoquerie, l'humour physique assumé sous une mise en scène au cordeau, et l'association entre un homme plus âgé et des gamins plus ou moins irresponsables, mais dotés d'un coeur d'or, voilà le caractère du film. Edwards savait qu'il n'allait pas réaliser Citizen Kane avec une intrigue pareille, il a donc décidé de secouer le cocotier plus d'une fois... Et ça marche: on est bien en compagnie de Harvey et de ses copains, dans un film qui ne fait pas semblant de cacher à la fois son souci d'expérimenter sur la forme (Edwards, comme Hitchcock à la même époque, connait la télévision) et son envie de se situer dans la continuité de la comédie Américaine, muette de préférence...

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards