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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 18:44

Ca tient à peu de choses: Kurosawa s'est porté acquéreur de l'histoire originale afin de produire le film pour un autre, puis s'est passionné au point de construire une mini-ville, avec un hopital à l'ancienne, tout compris, plafond et murs, et a méticuleusement passé deux ans à réaliser ce film, qui est devenu de fait presqu'un testament. Je dis presque, parce qu'il faut quand même rappeler qu'après Barbe rousse, il a réalisé pas moins de sept films, dont certains peuvent être considérés comme des chefs d'oeuvre, sans erreur. Mais le film est une somme humaniste, une sorte de résumé de ce que Kurosawa pensait, si on veut, condensé en trois heures fascinantes, qu'on ne voit pas passer...

 

XIXe siècle, à Edo (Future Tokyo) le jeune médecin stagiaireNoburo Yasumoto (Yuzo kayama) est amené à entrer au service du docteur Niide, dit Barbe rousse(Toshiro Mifune), dans une clinique qui s'occupe principalement de clients pauvres. Il est très remonté contre la terre entière, rêvant d'un poste plus prestigieux, mais va vite se rendre compte que le médecin qui l'aide à se former est un être exceptionnel, et cela va radicalement changer sa vie, sa vision du monde, et pour couronner le tout ses ambitions... Impossible de résumer le film plus avant sans être frustré devant la difficulté de la tâche. C'est avec ce genre de films qu'on se rend compte, si on en doutait au préalable, que Kurosawa était l'un des plus grands conteurs de son art. dans un Scope luxueux, et toujours magnifiquement composé, Kurosawa nous entraine à la suite du médecin récalcitrant, qui assiste au quotidien au spectacle de la bonté. On tremble, tant ce genre de films peut être torpillé dès le départ par les bons sentiments, mais ce serait oublier, d'une part, que Kurosawa ne se contente pas d'aimer les personnages, il aime aussi leur pudeur, et Toshiro Mifune compose un vrai personnage de sage à la John Ford... Ce serait d'autre part ne pas se rendre compte que si les sentiments ici sont certes très positifs, le réalisateur n'a pas pour autant pris de gants avec la représentation de la diffilcuté, dans le parcours initiatique du jeune médecin: la mort d'un vieillard, une tentative de meurtre perpétré par une jolie nymphomane doublée d'unemante religieuse, une opération sanglante et aux antipodes du glamour, sur une jeune matiente nue qui se démène en perdant ses boyaux, la mort d'un autre patient, veillé par tous ses amis patients de l'hôpital... Chaque étape du parcours enfonce le clou d'une humanité malade mais riche, pauvre mais enrichissante, qui renvoie le jeune homme à sa vacuité personnelle. Il faut voir la belle histoire d'Otoyo, la jeune adolescente sauvée du bordel, qui va être un défi d'envergure pour Noburo, mais qui va aussi profondément le changer; il faut voir cette séance de bourre-pifs réjouissante, au cours de laquelle Toshiro Mifune montre que quand "Barbe rousse" n'est pas content, il y a du Sanjuro en lui...

 

Bref, pour ce dernier film en noir et blanc, une nouvelle fois l'histoire d'un passage de témoin, et d'un apprentissage aussi bien pratique que philosophique, qui sera un triomphe, justifiant les dépenses folles (Kurosawa avait donc construit une ville avec des vieux matériaux ayant l'air aussi authentiques que possible, mais ne filmera que peu de scènes extérieures...) après coup, Kurosawa réussit une fois de plus un film admirable, beau à tomber par terre. Ca devient une habitude...

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Published by François Massarelli - dans Akira Kurosawa Criterion