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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 10:05

C'est en plein milieu de son contrat avec la MGM que Borzage a été prêté à la Paramount pour tourner ce film, adapté d'un roman à succès, et qui porte en lui tellement de touches proches du metteur en scène qu'on voit mal comment un autre s'en serait tiré; pour tout dire, la dernière phrase prononcée est "I guess you could call it a... miracle." Le film se situe en effet au milieu d'un combat cher à l'auteur: le conflit entre le devoir, incarné par le travail de l'homme (Ici, un médecin) et l'appel irrésistible de l'amour fou: John Beaven (John Howard) est un étudiant en médecine, qui durant ses études va affronter un redoutable démon, le dr Forster (Akim Tamiroff), un vieux grincheiux génial mais misanthrope et aux vues austères. Acquis aux principes de son mentor, qui n'envisage la médecine que comme un abandon total de soi, il devient un excellent médecin; il est amené à rencontrer une jeune femme, Audrey HIlton (Dorothy Lamour) d'origine Américaine mais élevée en Chine; ils tombent amoureux, et Forster de peur de perdre son meilleur assistant, les sépare en éloignant la jeune femme...

 

Souvent démonstratif, le film tranche sur la production contemporaine de Borzage, nettement plus ancrée dans la réalité (Big City, Three comrades); une certaine tendance au dialogue excessif, aux éditoriaux clamés par un Akim Tamiroff qui fait parfois penser à une imitation de Edward G. Robinson peuvent irriter; reste que Disputed passage est une nouvelle fois un film dans lequel Borzage donne à voir un conflit intérieur... John Howard est tout à fait acceptable en médecin ambitieux pris au piège de ses propres renoncements, et le dernier acte est du Borzage typique: venu en chine pour rechercher la femme qu'il aime encore, le docteur Beaven sauve des vies au risque de perdre la scienne, jusqu'à un point qui a failli être de non-retour; seule l'intervention du Dr Forster le sauvera. Ces séquences se situent dans un hopital de fortune, sous un bombardement: fidèle à sa conviction et son horreur de la guerre, Borzage a réussi à l'évoquer, en pleine coeur d'un conflit, sans la montrer. Et c'est au pied d'un lit dans lequel un homme risque de mourir que la vérité semble se révéler aux yeux du vieux misanthrope, grâce à l'amour d'une femme.

 

Finalement, on devrait être assez satisfait de ce film, qui porte en lui le délire propre à ces situations typiques des films du metteur en scène. Après tout le film est moins exagéré que par exemple Strange cargo... Mais il y a dans ce film un je-ne-sais-quoi d'irritant, un côté "soap opera" excessif et pesant, comme si le metteur en scène se caricaturait lui-même; et en plus l' interprétation de Dorothy Lamour est embarrassante: elle est absolument ridicule en fausse Chinoise...

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Published by François Massarelli - dans Frank Borzage