29 décembre 2010
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L’année 1933 est marquée de deux évènements chez Laurel et Hardy:
d’une part, le départ de James Parrott, réputé incontrôlable pour son alcoolisme, mais dont surtout Roach ne voulait plus pour réaliser des longs métrages, désormais le format privilégié du
producteur, au grand dam de Stan. Ce départ s’accompagne de l’arrivée discrète et occasionnelle dans le fauteuil de réalisateur et co-réalisateur, d’un collaborateur dévoué à Stan; un signe que
désormais, y compris dans le petit studio familial ou on s’amuse à travailler en faisant rire, la guerre de tranchées entre les exécutifs et els créatifs a commencé. Le deuxième évènement de
taille, c’est la mise en chantier de Fra Diavolo, un film musical adapté d'un opéraa comique dont Roach est persuadé qu’il va achever de persuader la
terre entière du génie de Laurel et Hardy, bien qu’il les étouffe en permanence derrière une intrigue totalement insipide. Une
attitude qui ne présage rien de bon dans la mesure ou Laurel et Hardy vont devoir bientôt passer définitivement au long
métrage…
Twice two (VOLUME 5) Fevrier 1933 Réal: James Parrott, 2 bobines
On ne peut pas dire qu’avec ce film, Parrott fasse des adieux brillants. C’est lent, et peu inspiré, sauf en matière de prouesse technique : Laurel est marié avec la sœur de Hardy, et Hardy avec la sœur de Laurel ; c’est une soirée d’anniversaire, pour les deux couples qui se sont mariés le même jour, et Mrs Laurel(Donc, Oliver déguisé) a préparé une surprise pour tout le monde. C’est très bien fait, et çà supporte une deuxième vision sans aucun problème, rien que pour juger sur pièces des truquages (En fait, un montage particulièrement minutieux la plupart du temps, plus une double exposition de quelques plans. Pour le reste, on peut aussi voir que si Laurel reprend le rôle déja exploré dans Another fine mess d'Agnes, en y ajoutant juste le doublage crétin (Aucune des deux dames ne reprend sa vraie voix), Hardy interprète vraiment le rôle de sa soeur avec une conviction qui laisse pantois: ça s'appelle le génie.
The devil’s brother (TCM Archives: The Laurel & Hardy collection) Mai 1933. Réal: hal Roach, Charles Rogers, 9 bobines, 89 minutes.
/http%3A%2F%2Fwww.freeclassicimages.com%2Fimages%2Fdevils_brother_aka_fra_diavolo_1933.jpg)
Hal Roach dans le rôle de réalisateur de long métrage, c'est le signe d'un film important pour le studio...Fra Diavolo, donc, devait être le titre Américain, de ce film, mais on l’a Anglicisé. D’autres modifications d’importance ont eu lieu, notamment un resserrement du montage, qui totalisait 11 bobines, faisant la part belles aux chansons et aux moments-Chantilly de qui reste, je le répète, une opérette. L'actuelle version de 9 bobines a été resserrée autour des deux vedettes, mais ce n'est pas suffisant. Fra Diavolo est un bandit qui se cache en chantant à tue-tête des airs (de sa voix de baryton, si je ne m’abuse) dans lesquels il s’auto-dénonce en permanence, et il s’acoquine avec Stanlio et Ollio, deux bandits ratés, pour subtiliser les bijoux et l’argent d’un couple d’aristocrates joués par James Finlayson et Thelma Todd. Les moments-clés de l’opérette ne sont que rarement et moyennement drôles, mis en scène par Hal Roach. Le reste du film, c’est-à-dire dire l’épopée mal intégrée de Stan Laurel et Babe Hardy a été tournée par Charles Rogers, et sans doute largement supervisée par Laurel lui-même. Les moments de slapstick prennent leur temps, mais on ne s’y ennuie heureusement pas. Il est regrettable que Finlayson (Toujours aussi moustachu) et Todd (Toujours aussi charmante) aient eu peu d’occasions d’échanger avec leur collègues du studio, tant Dennis King, qui joue Diavolo, est tarte (A la chantilly, donc). Le plus drôle, c’est que ce film est considéré comme un classique en France, on le retrouve d’ailleurs en avantageuse compagnie dans le livre de Patrick Brion consacré à la comédie. Sans doute à cause des plaisanteries de Stan, qui pour passer le temps, fait des jeux de mains hilarants et assez virtuoses, en même temps que parfaitement inutiles.
Twice two (VOLUME 5) Fevrier 1933 Réal: James Parrott, 2 bobines
On ne peut pas dire qu’avec ce film, Parrott fasse des adieux brillants. C’est lent, et peu inspiré, sauf en matière de prouesse technique : Laurel est marié avec la sœur de Hardy, et Hardy avec la sœur de Laurel ; c’est une soirée d’anniversaire, pour les deux couples qui se sont mariés le même jour, et Mrs Laurel(Donc, Oliver déguisé) a préparé une surprise pour tout le monde. C’est très bien fait, et çà supporte une deuxième vision sans aucun problème, rien que pour juger sur pièces des truquages (En fait, un montage particulièrement minutieux la plupart du temps, plus une double exposition de quelques plans. Pour le reste, on peut aussi voir que si Laurel reprend le rôle déja exploré dans Another fine mess d'Agnes, en y ajoutant juste le doublage crétin (Aucune des deux dames ne reprend sa vraie voix), Hardy interprète vraiment le rôle de sa soeur avec une conviction qui laisse pantois: ça s'appelle le génie.
The devil’s brother (TCM Archives: The Laurel & Hardy collection) Mai 1933. Réal: hal Roach, Charles Rogers, 9 bobines, 89 minutes.
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Hal Roach dans le rôle de réalisateur de long métrage, c'est le signe d'un film important pour le studio...Fra Diavolo, donc, devait être le titre Américain, de ce film, mais on l’a Anglicisé. D’autres modifications d’importance ont eu lieu, notamment un resserrement du montage, qui totalisait 11 bobines, faisant la part belles aux chansons et aux moments-Chantilly de qui reste, je le répète, une opérette. L'actuelle version de 9 bobines a été resserrée autour des deux vedettes, mais ce n'est pas suffisant. Fra Diavolo est un bandit qui se cache en chantant à tue-tête des airs (de sa voix de baryton, si je ne m’abuse) dans lesquels il s’auto-dénonce en permanence, et il s’acoquine avec Stanlio et Ollio, deux bandits ratés, pour subtiliser les bijoux et l’argent d’un couple d’aristocrates joués par James Finlayson et Thelma Todd. Les moments-clés de l’opérette ne sont que rarement et moyennement drôles, mis en scène par Hal Roach. Le reste du film, c’est-à-dire dire l’épopée mal intégrée de Stan Laurel et Babe Hardy a été tournée par Charles Rogers, et sans doute largement supervisée par Laurel lui-même. Les moments de slapstick prennent leur temps, mais on ne s’y ennuie heureusement pas. Il est regrettable que Finlayson (Toujours aussi moustachu) et Todd (Toujours aussi charmante) aient eu peu d’occasions d’échanger avec leur collègues du studio, tant Dennis King, qui joue Diavolo, est tarte (A la chantilly, donc). Le plus drôle, c’est que ce film est considéré comme un classique en France, on le retrouve d’ailleurs en avantageuse compagnie dans le livre de Patrick Brion consacré à la comédie. Sans doute à cause des plaisanteries de Stan, qui pour passer le temps, fait des jeux de mains hilarants et assez virtuoses, en même temps que parfaitement inutiles.
Le reste de la cuvée 1933, après quelques retards au démarrage, dus à l’attention du studio entièrement
concentrée sur The devil’s brother, a soudainement eu une embellie phénoménale. Les prétentions de tout le monde ont été revues à la baisse, et un
certain nombre de scripts très Laureliens ont été développés, résultant dans quatre perles…
Me and my pal (VOLUME 4) Mai 1933 Réal: Charles Rogers, Lloyd French, 2 bobines
/http%3A%2F%2Fwww.a-1video.com%2FL%26H%20Me%20%26%20My%20Pal.jpg)
Hardy s’apprête à se marier, autant avec les millions de son futur beau-père (James Finlayson) qu’avec sa fiancée, et il a chargé Stan de prendre les mesures qui s’imposent: notamment, celui-ci a ramené un cadeau bien intentionné: un puzzle pour les longues soirées d’hiver. Au lieu de se charger des derniers préparatifs, Stan se lance dans le puzzle, et la contagion aidant, le mariage programmé a vite du plomb dans l’aile. Dans ce film réalisé par Charles Rogers, et donc largement piloté par Stan Laurel soi-même, Laurel et Hardy démontre que tout l’art de la comédie courte ne repose pas sur le fait de pouvoir aller d’un point A à un point B : il suffit d’avoir l’intention d'aller d'un point A à un point B, et d'en être empêché. En vérité, une fois le puzzle ouvert, non seulement ni Laurel ni Hardy ne quitteront la maison, mais le reste du monde va s’installer à domicile, happé par le puzzle. Et bien sur, la maison sera détruite au final.
The midnight patrol (VOLUME 20) Aout 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines
L’agent Laurel et l’agent Hardy ont été engagés le jour même, et ils sont particulièrement inefficaces, ce que les bandits eux-mêmes ne peuvent que remarquer, et ils ne se font pas prier : Stan en surprend même en train de voler les roues de leur voiture de patrouille, alors que les garçons sont au volant ! Ils vont ensuite intervenir pour un supposé cambriolage, et arrêter le chef de la police qui avait oublié ses clés. Celui-ci trouvera à la fin du film une solution radicale pour se débarrasser d’eux. Encore un film qui passe tout seul…
Busy bodies (VOLUME 14) Septembre 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines
Laurel et Hardy sont employés dans une scierie. Le reste n’est que gags, destruction, sciure et hilarité : encore un film parfait!

Dirty work (VOLUME 14) Octobre 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines
Les deux héros sont des ramoneurs, et vont ramoner la cheminée d’un savant fou qui a inventé une potion de rajeunissement parfaitement efficace, dont Hardy va au final faire les frais : cela implique des bassines d’eau, donc Hardy ne peut qu’y tomber. Le professeur Noodle ( = Nouille), joué par Lucien Littlefield, nous permet de voir ce comédien, un vétéran des studios Roach, dans un rôle inhabituel pour lui. En effet, Littlefield, dès son séjour à la Paramount dans les années 10, est devenu un majordome plus vrai que nature, ce qu’il a continué à faire encore et encore pour le « lot of fun », notamment chez Charley Chase. Ici, en savant fou particulièrement atteint (Il est très convaincant) , il donne la réplique à Sam Adams, qui joue Jessup, … son majordome. Quant à la partie « ramonage » du film, faut-il préciser qu’on s’y salit beaucoup ? Indispensable.
Me and my pal (VOLUME 4) Mai 1933 Réal: Charles Rogers, Lloyd French, 2 bobines
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Hardy s’apprête à se marier, autant avec les millions de son futur beau-père (James Finlayson) qu’avec sa fiancée, et il a chargé Stan de prendre les mesures qui s’imposent: notamment, celui-ci a ramené un cadeau bien intentionné: un puzzle pour les longues soirées d’hiver. Au lieu de se charger des derniers préparatifs, Stan se lance dans le puzzle, et la contagion aidant, le mariage programmé a vite du plomb dans l’aile. Dans ce film réalisé par Charles Rogers, et donc largement piloté par Stan Laurel soi-même, Laurel et Hardy démontre que tout l’art de la comédie courte ne repose pas sur le fait de pouvoir aller d’un point A à un point B : il suffit d’avoir l’intention d'aller d'un point A à un point B, et d'en être empêché. En vérité, une fois le puzzle ouvert, non seulement ni Laurel ni Hardy ne quitteront la maison, mais le reste du monde va s’installer à domicile, happé par le puzzle. Et bien sur, la maison sera détruite au final.
The midnight patrol (VOLUME 20) Aout 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines
L’agent Laurel et l’agent Hardy ont été engagés le jour même, et ils sont particulièrement inefficaces, ce que les bandits eux-mêmes ne peuvent que remarquer, et ils ne se font pas prier : Stan en surprend même en train de voler les roues de leur voiture de patrouille, alors que les garçons sont au volant ! Ils vont ensuite intervenir pour un supposé cambriolage, et arrêter le chef de la police qui avait oublié ses clés. Celui-ci trouvera à la fin du film une solution radicale pour se débarrasser d’eux. Encore un film qui passe tout seul…
Busy bodies (VOLUME 14) Septembre 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines
Laurel et Hardy sont employés dans une scierie. Le reste n’est que gags, destruction, sciure et hilarité : encore un film parfait!
Dirty work (VOLUME 14) Octobre 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines
Les deux héros sont des ramoneurs, et vont ramoner la cheminée d’un savant fou qui a inventé une potion de rajeunissement parfaitement efficace, dont Hardy va au final faire les frais : cela implique des bassines d’eau, donc Hardy ne peut qu’y tomber. Le professeur Noodle ( = Nouille), joué par Lucien Littlefield, nous permet de voir ce comédien, un vétéran des studios Roach, dans un rôle inhabituel pour lui. En effet, Littlefield, dès son séjour à la Paramount dans les années 10, est devenu un majordome plus vrai que nature, ce qu’il a continué à faire encore et encore pour le « lot of fun », notamment chez Charley Chase. Ici, en savant fou particulièrement atteint (Il est très convaincant) , il donne la réplique à Sam Adams, qui joue Jessup, … son majordome. Quant à la partie « ramonage » du film, faut-il préciser qu’on s’y salit beaucoup ? Indispensable.
Published by Allen john
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dans
Laurel & Hardy