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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:35

Ah… skins, skins… Ces « peaux », ce sont les feuilles de papier à rouler, semble-t-il un outil très répandu chez les ados Britanniques, pas forcément pour y mettre du tabac. La consommation de stupéfiants (Amphés, cannabis sous toutes ses formes, crack, cocaïne, et même viagra…) des héros de Bristol de cette série en 9 épisodes crée par Jamie Brittain et Bryan Elsley est franchement gargantuesque, mais elle n’est pas le seul signe extérieur de comportement orgiaque : on y fait du sexe, beaucoup, de multiple façons, en y détruisant allègrement les repères et les frontières : des deux garçons obsédés par leur virginité (Anwar et Sid) auxquels la fin de la saison offrira une résolution différente, au jeune homme qui vient d’assumer son homosexualité (Maxxie) et qui souhaite que tout le monde l’accepte comme tel, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes à Anwar, tiraillé entre son adolescence et sa religion… Le pire ou le plus pathétique reste Tony, centre imposé de cette hiérarchie, puisque il a droit de faire l’ouverture de la série (Chaque épisode est centré sur un personnage, le dernier faisant le point sur les « arcs », ces continuité impliquant un ou plusieurs personnages) : Tony est un jeune homme apparemment sur de lui, confiant en son magnétisme, qui a décidé d’utiliser le sexe afin de prendre le pouvoir sur les êtres, et il n’hésite pas à se comporter de façon particulièrement aguichante avec son pote Maxxie, voire plus si affinités, uniquement pour voir ce que sa propre petite amie Michelle en dira.

Ne réduisons malgré tout pas cette série souvent hilarante au sexe, à la drogue et aux orgies, d’abord parce que en dépit de ce qui vient d’être dit, on n’a pas le sentiment d’assister à un spectacle malsain, juste à des adolescences confrontées à des opportunités particulièrement bien concentrées. C’et aussi l’un des atouts de cette série : le réalisme qui s’en dégage provient en particulier du peu d’arcs, qui restent dans le domaine du raisonnable et non d’un quelconque misérabilisme à la Ken Loach : oui, ces gens proviennent pour beaucoup de la classe ouvrière Britannique, et leurs vies ne sont pas faciles, mais on n’est pas dans un pamphlet révolutionnaire, juste devant un manifeste de la vie.

A l’issue des quelques semaines qui se déroulent sous nos yeux, on n’a pas beaucoup avancé, mais on a fait connaissance avec des personnages qui sont tous attachants, sans exception, pas même Tony, qu’un épisode révélant son amour très fort pour sa sœur tend à racheter en dépit de la cruauté qu’il a manifesté à l’égard d’absolument tous ses amis. Certains ont grandi, découvrant le pouvoir cruel des sentiments (Sid), l’attraction du sexe vécu librement et sans contraintes religieuses (Anwar), filant enfin une relation tant désirée avec sa prof de psycho Galloise (Chris), ou revenant d’une tentative de suicide (Aparemment) plus fort (Cassie). Tous ont de toutes façons dépassé les bornes un grand nombre de fois, le point cuculminant de leurs joyeuses aventures se situant en lointaine Russie, dans un épisode hilarant, qui incorpore avec délectation tous les clichés possible et imaginables de la Russie d’aujourd’hui.

La poésie de la série trouve dans le dernier épisode une expression touchante et un peu inattendue, lorsque par ailleurs un climax dramatique et inattendu a été atteint. Un personnage vient de prendre une résolution , et s’adresse désormais à la caméra, se mettant à chanter Wild world, de Cat Stevens. La chanson est une merveille, mais cette interprétation des personnages reprenant à leur compte les paroles , à la façon de Magnolia de Paul Thomas Anderson, ou du superbe épisode Once more with feeling de la série Buffy the vampire slayer, est particulièrement enthousiasmante. Le plan final, point d’orgue inattendu, montre un cliché (Deux amoureux sur un banc face à la lune) qui clôt efficacement la série sur un petit clin d’œil salutaire.

Voilà, une première saison comme celle-ci ne peut que donner envie de connaître la suite, même si le concept de la série est de considérer les saisons par tranche d'age: la deuxième reprend les personnages et les amènent à leurs 18 ans, et leur sortie du lycée, et la troisième reprend d'autres personnages à leurs 17 ans, avec semble-t-il quelques éléments repris de la permière. Un dispositif innovateur, qui devient une autre garantie de réalisme dans la fiction, mais qui n'a de toutes façons pas menacé le succès très important de Skins dans le monde entier.

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Published by François Massarelli - dans Skins