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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 11:47

Compte tenu du principe de la série Skins, à savoir de prendre deux saisons pour traiter un groupe de personnages unis par leur appartenance à la même tranche d’âge, cette deuxième saison n’a pas les mêmes enjeux que la première. Ici, il s’agit de prendre les mêmes, et non de recommencer, mais de les amener à un point de ralliement, qui est symbolique : la fin du lycée, l’obtention des notes du A-Level, cet équivalent très lointain du bac (Une forme de pré-spécialisation qui prépare à l’Université), et le départ de l’enfance : en Grande-Bretagne, la mobilité commence à 18 ans, donc le départ pour l’Université est un passage très important, qui met un point final à tout ce qui précède…

 

 

 

On prend les mêmes, disais-je, et ils en sont au même point qu’à la fin de la première saison :

Tony a donc eu un accident dont il garde de profondes séquelles neurologiques, alors qu’il avait enfin pris conscience de ce qui était important pour lui, son amour pour Michelle.

Celle-ci, rongée par l’état de son ami, cherche l’oubli dans la fête, l’alcool et le sexe, et vit mal sa relation avec sa mère remariée.

Sid, l’éternel adolescent, supporte avec difficulté l’éloignement de sa petite amie, Cass.

Celle-ci espère revenir, mais a du mal à conserver Sid dont l’insécurité permanente le pousse à faire de mauvais calculs, sans parler de sa difficulté à gérer son amitié blessée avec Tony, et sa rancœur face à la séparation de ses parents.

Chris, le rigolo de la bande, se remet mal du départ de la prof de psycho dont il était amoureux, et semble ne pas remarquer dans un premier temps que Jal, la clarinettiste, passe beaucoup de temps avec lui.

Celle-ci tente de concilier savie personnelle avec la vie de privilégiée décalée offerte par son riche musicien de père.

Anwar est toujours tiraillé entre religion et vie d’adolescent, mais beaucoup moins : il lui faut maintenant trouver un peu plus de sens à sa vie.

Enfin Maxxie, le danseur gay, doit maintenant passer à la vitesse supérieure dans deux domaines : d’une part, faire accepter à son père que l’avenir pour lui réside dans la danse professionnelle, et d’autre part avoir une vraie relation avec un garçon, pas du sexe à la sauvette. Il est aussi victime de « Sketch », une lycéenne obsédée par lui qui a décidé de le séduire par tous les moyens jusqu’à la folie. Elle est la seule des gens extérieurs au groupe de huit, avec Effy, la sœur de Tony, a bénéficier d’un épisode à son nom.

Quant à Effy, elle joue un rôle déterminant pour aider les autres, toujours l’ange gardien de son frère; elle assume tranquillement son rôle de bonne fée en préparant la relève.

 

 

 

Toujours aussi drôle et inventif, le ton de la série permet de faire passer de la noirceur. On assiste à moins de dépravation ici, comme si cette information n’avait pas besoin d’être répétée. Tout ici tourne autour des relations, de la construction de couples, ou de tentatives de construction : Tony-Michelle, Michelle-Sid, Cass-Sid, Jal-Chris, Anwar-Sketch… Les figures sont multiples, et l’accent est mis très vite sur l’idée de stabilité apportée par une relation. Mais comme les deux « petits génies » de la bande, Tony (Qui se prépare à aller à l’université de Cardiff), et Michelle (En partance pour York), le signalent à la fin, comment concilier cet éloignement futur et l’abandon à une romance fragilisée par l’incertitude ? En écho à cette situation bien réelle, un éloignement encore plus fort menace l’avenir de Sid et Cass, et un encore plus irrémédiable se dresse entre Jal et Chris. Le seul couple bien parti est celui formé par Maxxie et James, qui ont tous les deux abandonné l’idée des études et partent ensemble à Londres… Ironiquement, ceux qui vont pleinement assumer leur amour vont aussi galérer !

 

 

 L’adieu à l’enfance passe par la séparation amoureuse donc, mais il passe par d’autres choses : l’adieu aux parents, soit dépassés (Ceux de Maxxie, ceux de Tony et Effy), occupés ailleurs (Ceux de Michelle, les parents d’Anwar, dont on ne voit d’ailleurs que la mère), et bien sur la mort d’un parent (le père de Sid, au terme d’une lutte contre son propre père, dans un épisode hallucinant par ses ruptures de ton)… tout ça forge des adultes, mais laisse béantes de profondes blessures ; un autre élément de cet adieu, c’est le rite de passage représenté par l’université, avec l’exemple d’un épisode onirique dans lequel Tony semble se débarrasser de sa lenteur due à son

accident dans une épiphanie liée à sa visite de l’université. Un épisode partagé de façon inextricable entre vérité et rêve, un chef d’œuvre de perception. L’exil, décidément, de Cass, fait partie des épreuves vécues par l’éternel

Loser Sid ; Les examens, vécus différemment, sont un autre rite évoqué, et enfin, tristement, l’adieu symbolique à l’enfance par la mort d’un d’entre eux.

 

A la fin de la saison, plus rien ne sera jamais comme avant, et au lieu de faire une dernière fête, tous se séparent pour préparer l’avenir, laissant presque sur le carreau Anwar, qui n’a nulle part ou aller. C’est impressionnant de voir à quel point ce qui a commencé comme une série sur la transgression semble rentrer dans le rang, mais c’est tout simplement qu’on faisait fausse route. Dans cette société Britannique qui assume un peu trop facilement sa mobilité et son refus des attaches, on est supposé être responsable avant d’être adulte, et la jeunesse y est un feu de paille dont on doit profiter au plus vite, avant d’entamer le jour de l’obtention des résultats un virage à 180°. Les jeunes en sont conscients, et le moins qu’on puisse dire, c’est que beaucoup d’entre eux vont probablement souffrir plus tard. Certains souffrent déjà beaucoup : Tony le dit lui-même, après avoir enterré un pote, dit adieu à son meilleur ami, il doit dire adieu à sa petite amie… c’est trop. « Je ne suis pas prèt… »

 

 

…Personne ne l’est !

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Published by François Massarelli - dans Skins