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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:56

Que faut-il attendre, à l'époque des écrans plats, de la cinéphilie jetable et des effets spéciaux qui doivent prendre toute la place, d'un film d'action comme celui-ci? Après tout, Marvel, c'est non seulement le royaume du super-héros unidimensionnel, de Captain America et de ces pauvres quatre fantastiques... Oui, mais c'est aussi le Spider-Man de Sam Raimi, apparu dans trois superbes films; c'est aussi un film splendide, parfait mélange de film d'action escapiste et de parcours rédemptoire d'un personnage fascinant, Iron Man. Bon, de fait, on n'a pas très envie de voir le Thor de Kenneth Branagh, ou de revoir l'indigent Iron Man 2. Mais de toute façon, The Avengers est un passage obligé: à la façon dont Brandywine Productions a toujours privilégié les auteurs (Ridley Scott, James Cameron, David Fincher, Jean-Pierre Jeunet) pour les films de la franchise Alien, il a été fait appel ici à un indéniable petit génie qui a fait ses preuves à la télévision, est son propre scénariste, et est totalement à son aise avec l'univers pulp de la bande dessinée telle que Marvel l'affectionne... Et c'est heureux: ce film est un pur bonheur.

 

 

Le script repose sur une idée simple: la terre devient la proie d'un demi-dieu venu d'Asgard, une autre dimension; Loki, frère du super-héros Thor, a décidé de réduire les humains en esclavage, en s'appropriant une matière-macGuffin qui va permettre d'ouvrir un portail par lequel s'engouffreront toutes les créatures diaboliques d'une armée de monstres. Il faut donc l'en empêcher, une mission qui sera confiée à l'agence S.H.I.E.L.D, de Nick Fury: charge à Fury (Samuel Jackson) de convaincre les super-héros avec lesquels il travaille, Iron Man (Robert Downey Jr), Captain America, congelé et récupéré des années 40 (Chris Evans), Black Widow (Scarlett Johansson) et Hulk (Mark Ruffalo), ainsi que Thor (Chris Hemsworth) qui a un contentieux avec son petit frère... le plus dur ne sera pas de vaincre les abominables monstres, mais bien de discipliner tous ces gens afin de travailler ensemble...

La famille, Whedon connait; depuis toujours, il ne parle pas tant de lutte contre les vampires (Buffy), contre le mal (Angel), contre la dictature intergalactique (Firefly, Serenity), ou contre une police corrompue (Dollhouse); non, ce qu'il raconte de série en série, ou de film en film, c'est la fragilité et la nécessité de la famille unie, aussi dysfonctionnelle soit-elle. Et dans chaque famille, chacun à son rôle à jouer, fut-il lié à l'idée de perdre toute raison (Hulk, qui comme Angel, est à son plus destructeur quand il est aussi à son plus efficace). Et la famille, en plus, a ses dangers internes (Mésentente, jalousie, malentendus, complexes) et externes (On cherche toujours à la monitorer, et ici, Nick Fury n'est pas plus le patron que ne l'était Angel dans sa série, ou Giles dans Buffy: un conseil d'administration un peu trop technocratique et pragmatique semble privilégier des compromis inacceptables aux solutions plus spectaculaires des héros du film).

Doté de héros qu'il n'a pas créés, Whedon passe à son péché mignon, la peinture de caractères; toute l'action passe très bien, parce qu'on a privilégié ici les personnages sur le reste; et les sujets qui normalement devraient fâcher sont ici pris frontalement: oui, Captain America est vaguement ridicule, et un peu coincé avec ses manières et ses jurons (Son of a gun!!) des années 40, et face à Iron Man, il semble has-been. Thor est incroyable de premier degré, avec son petit marteau, et ce pauvre Banner a beau être très dangereux, ce n'est rien qu'un petit scientifique mal fagoté... Mais plutôt que de se réfugier dans le conflit d'egos, les super-héros réussissent à se trouver des terrains d'entente, puisque après tout ils font leur boulot, le font bien, et ne se prennent jamais trop au sérieux. Leur travail après tout, c'est de combattre l'apocalypse, donc ils le font. Il y a un petit côté Hawksien chez Whedon, qui renvoie ici autant à Buffy sauvant le monde une fois par semaine, qu'à John T. Chance, qui répète dans Rio Bravo à qui veut l'entendre qu'après tout, ce n'est que son boulot...

Ajoutons que si les effets spéciaux sont à la mesure des enjeux (Ce qui n'a rien de surprenant, après tout c'était déjà le cas dans tous les films de George Méliès), et que la production a eu les coudées franches grâce au succès de certains des films précédents, le scénario de Whedon accumule les gags superbes, les dialogues ciselés, et surtout que le metteur en scène s'est efforcé de tourner à hauteur d'humain, en ne négligeant jamais d'adapter sa mise en scène et ses plans à ses personnages: vous verrez, le style change de façon certaine d'un héros à l'autre... On admettra qu'il est évident que dans ce film le héros est la super-star Robert Downey Jr, mais cela n'empêche pas Whedon de nous intéresser au touchant Bruce Banner (Hulk), ou de montrer en Natacha Romanoff une digne cousine de Buffy, Echo, River Tam et toutes ces sublimes héroïnes qui ont émaillé ses séries. On en redemande, donc... Et on espère être aussi agréablement surpris par son prochain film, une adaptation inattendue de Much Ado About Nothing avec des acteurs récurrents de ses séries, Nathan Fillion, Alexis Denisof, Amy Acker, ou Sean Maher...

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Science-fiction Marvel