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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 14:23

La confusion des sentiments... Quand on y pense, à part lorsqu'un personnage (Crawford dans Mannequin, par exemple), hésite à se lancer dans les bras de l'amour ou d'une romance apparemment évidente, chez Borzage ce sujet n'est pas courant. Le couple, les amours partagées, sont généralement le fait de deux personnages qui prennent le devant de la scène et dont la réunion devient vite un enjeu inévitable et évident, et bien sûr le centre du film.

C'est ce qui me fait dire qu'avec ce nouveau film MGM, on est sans doute plus dans un univers proche du cinéaste, mais qui lui a été plus ou moins imposé. Il en a fait d'ailleurs un bien beau film, et a pu, de fait, travailler de nouveau avec deux actrices (Joan Crawford, Margaret Sullavan) avec lesquelles il lui avait été bénéfique de tourner, mais on est sans doute plus dans l'univers de Joan Crawford... Celle-ci interprète Olivia (De son vrai nom Maggie), une danseuse qui finit par accepter de se marier avec Henry, un riche fermier du Wisconsin. Il ramène sa femme chez lui, et un huis-clos va se jouer entre cinq personnages: Henry (Melvyn Douglas), conscient du fait que son épouse ne l'aime pas comme lui est amoureux; Olivia (Joan Crawford), embarrassée devant la difficulté de faire naitre en elle un amour pour Henry alors que son attirance pour le jeune frère David est évidente; David (Robert Young), marié à une amie d'enfance, et qui trouve en Olivia des désirs qu'il ne connaissait plus, Judy (Margaret sullavan), qui sait à quoi s'en tenir face aux sentiments de David, mais souhaite quand même aider sa nouvelle belle-soeur à s'intégrer, et enfin Hannah (Fay Bainter), la grande soeur des deux garçons, qui couve ses frères, a fini par accepter Judy qui ne représentait pas un trop gros risque pour elle, mais voit d'un très mauvais oeil l'arrivée de l'intrigante Olivia...

Cette intrigue avec chassé-croisés amoureux se concentre donc plus ou moins sur les amours irrésisitibles mais contrariées de David et Olivia, par lesquelles le drame va se précipiter. Les situations sont parfois complexes, et ne permettent pas toujours la concentration sur ce qui est le vif du sujet dans l'univers de Borzage: ces sentiments qui conditionnent tout. Malgré tout, on voit se dessiner une étrange intimité entre ces êtres, tous finalement seuls les uns avec les autres (En dépit de la présence de nombreux domestiques): autant entre maris et femmes qu'entre beau-frère et belle-soeur (Henry et Judy sont par exemple très complices). Et puis il y a la maison qu'Olivia réclame à Henry, symbole de son élévation sociale, mais qu'elle ne verra jamais complétée... Enfin, pour la première fois mais pas la dernière, Margaret Sullavan montre son sens du sacrifice! c'est peu, dans un film resserré qui a tout d'une adaptation théâtrale, mais les 76 minutes de ce divertissement de luxe sont un excellent moyen d'attendre, de la part de Borzage, les feux d'artifice futurs...

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Published by François Massarelli - dans Frank Borzage