/image%2F0994617%2F20230807%2Fob_eac419_beauisafraid-banlieue.jpg)
Oui, Beau a peur... de tout.
Actuellement en thérapie, Beau Wasserman (Joaquin Phoenix) doit se rendre dans sa ille natale auprès de sa mère, d'autant que c'est l'anniversaire de la mort du père (qui ne sera jamais nommé)... mais le monde entier semble se liguer contre lui pour l'empêcher d'accomplir son devoir filial. ce qu'il doit lui expliquer avec difficulté, tellement il en a honte... Jusqu'à ce qu'un accident horrible, absurde, ne déclenche, justement, la mort de Mona Wasserman.
Et là, Beau doit donc encore se rendre contre tout, contre vents, marées, individus louches massés dans la rue, accidents, psychopathes en tout genres, aux funérailles de sa maman, et s'infliger une psychanalyse de concours... En dose pour mammouths.
Ari Aster n'a pas son pareil, finalement, pour traquer l'horreur derrière la famille, la filiation, la communauté, les traditions, en jouant sur les souvenirs, l'accumulation de détails extrèmement précis, et les idées les plus absurdes. Ses fimls, celui-ci compris, ne manquent d'ailleurs pas d'humour... Et Beau is afraid continue l'escalade entamée avec Hereditary qui durait un peu plus de deux heures. La version longue de Midsommar atteignait un peu plus de deux heures cinquante... Ce nouveau film, en 179 minutes, tutoie donc les trois heures, et le problème c'est qu'il nous perd... souvent.
Car le périple d'un homme qui court parce qu'il a peur, et affronte les pires cauchemars de sa vie, accolés les uns aux autres, est souvent excessif. Inventif, ça oui, unique en son genre, de toute évidence; mais ces trois heures d'invention phénoménale se sont aussi refusé, semble-t-il, toute volonté éditoriale, toute vélléité de prudence... Et si la structure qui est systématiquement celle de rêves frustrés (le personnage veut quelque chose, se fixe l'objectif de l'avoir, et en chemin la réalisation du désir s'éloigne, entraînant malheurs, explosions, morts violentes et toujours plus de culpabilité) permet absolument toutes les audaces, on aurait sans doute pu vivre sans la vision d'un pénis monstrueux et géant, non?
reste un chapitre étonnant, où la vie moyenne d'un homme nous est contée via une scène de théâtre traitée comme un dessin animé, et qui serait hors contexte, un film de court métrage exceptionnel... et particulièrement déprimant, ça va sans dire!
Reste aussi la peinture violente d'un monde exagéré où l'homo paranoicus (Joaquin Phoenix est particulièrement impressionnant) a sans doute raison d'avoir peur de tout, le réalisateur n'ayant pas son pareil pour montrer le monde avec juste ce qu'il faut de décalage pour qu'il devienne atroce: voir Beau, par exemple, dans la rue, entouré de gens qui tous se livrent à des activités qui me semblent déviantes, comme cette foule massée en bas d'un immeuble à attendre en riant qu'un désespéré se jette dans le vide (ils peuvent d'ailleurs influer sur sa décision avec leur portable, semble-t-il), ou dans un recoin de l'image, un jeune qui s'apprète à acheter un fusil... Voir aussi le quartier du héros, envahi par une foule grotesque qui lui fait peur, et qui évidemment finira par envahir son appartement, s'y livrant à des activités plus que louches.
Pour le reste, les Bee-Gees auraient probablement chanté "Oedipe is your love?"
/image%2F0994617%2F20230807%2Fob_e14380_featured-beau-is-afraid.jpeg)
/image%2F0994617%2F20230807%2Fob_76c865_beau-ending.jpg)
/image%2F0994617%2F20230807%2Fob_899e1e_images.jpg)









