Un paléontologue reconstitue des squelettes de dinosaures, et tente d'empêcher son chien Shep, un jeune chiot tout fou, de lui piquer des os. Quand il ne retrouve pas un os, le scientifique distrait pense qu'un bull-dog l'a pris... Et il envoie Shep le récupérer avant de constater que l'os est dans sa poche. Shep affronte donc l'énorme bête...
C'est beaucoup plus clair, paradoxalement, dans ce film qui n'appartient à aucune série spécifique des Looney tunes (Bugs, Daffy, etc...), de voir ce qui différencie la patte d'Arthur Davis de celle des trois autres metteurs en scène qui se succèdent autour de lui, Freleng, Jones et McKimson. Contrairement aux trois, qui ont fait évoluer leur style graphique depuis les années 30, Davis conserve une esthétique rondouillarde qui rend ce film bien différents des autres... Et sinon, le style de l'animation est plus frénétique, moins posé que les autres films de la même époque.
Quant à la chute, qui offre une transgression inattendue (un personnage qui n'a rien dit se met à parler soudainement), elle nous rappelle que Davis marche dans les pas de celui dont il a repris l'unité, Bob Clampett...
Un chien qui lit un livre décide de s'en inspirer: comme le livre en question délivre des leçons de chasse au gopher (petit mammifère fouisseur proche de la marmotte), il va donc tenter sa chance auprès des deux spécimens qui se trouvent parfois embarqués à délivrer leurs conversations pleines de politesse un brin forcée dans les Looney tunes.
Le chien, qui est paraît-il inspiré de John Barrymore, et donc il en fait des tonnes, s'exprime dans un anglais vieillot (il truffe sa conversation de "Egad" et de rires diaboliques forcés)... Mais la bestiole s'est attaquée à dexu êtres volontiers diaboliques eux aussi, et la lutte sera inégale. Il y a un peu du systématisme maladif des aventures du Coyote, dans ce petit film, dont l'animation repose sur des dessins pas toujours adéquats de Davis.
Daffy Duck est marié à une cane particulièrement virulente ("j'aurais du écouter ma mère"), qui lui impose de couver... Mais dans sa maladresse, il laisse rouler l'oeuf, qui va se nicher dans un autre nid, celui d'une famille d'alligators. Daffy récupère un oeuf de justesse, mais évidemment les reptiles ne sont pas d'accord...
C'est l'unique film réalisé par Davis entre A ham in a role (1949) pour Schlesinger et la Warner, et The pink package plot, pour DePatie et Freleng, avec la Panthère Rose... C'est peu de dire qu'il est décevant, mais au moment de sa sortie, en 1962, les dessins animés Américains ne sont définitivement plus de la même qualité: décors schématiques et au rabais, personnages dessinés à l'économie, et mes les scripts évitaient l'invention au profit du simplisme le plus absolu: la dynamique entre Daffy et son épouse est absolument révoltante, il n'y manque plus que la belle-mère irascible...
Le seul intérêt est que Davis a vraiment concentré son film sur les mésaventures de Daffy, de l'oeuf et d'un alligator... Cette simplicité permet d'enchainer quelques gags qui, à une autre époque, auraient sans doute été plus mis en valeur...
Dans une exploittion agricole de bonne taille, un chien particulièrement idiot est supposé surveiller les récoltes... mais deux géomydés (en Anglais, des "Gophers") ont décidé d'une part de tout manger, d'autre part que le chien ne se reposerait pas...
Le ilm a été commencé par Bob Clampett, mais ça ne se voit pas vraiment... A cette époque, les deux animateurs Arthur Davis et Bob McKimson avaient tous deux été élevés au rang de réalisateurs, suite au départ de Clampett. Ils se partageaient son unité, et si McKimson a réussi à faire son trou (parfois au détriment de la qualité), le style (narratit comme visuel) de Davis était plus proche de celui de son aîné...
Cette intrigue qui coule toute seule est construite sur deux piliers: d'une part la confrontation entre deux petites bestioles inventives et apparemment infaillibles, et un chien d'une profonde stupidité. D'autre part, l'absurde politesse flegmatique des deux rongeurs, avec en prime une accélération de leurs voix, accentue le côté absurde de ce film... Les deux rongeurs, sans devenir aussi célèbres que d'autres créatures de la Warner, que ce soit à poils ou à plumes, allaient sporadiquement revenir. Arthur Davis aussi, mais pas souvent...
Dans un endroit (très) reculé des montagnes du Sud-Est des Etats-Unis, on s'apprête à fêter Thanksgiving... Pour sortir la dinde de ce pétrin, Daffy Duck décide de l'aider à ne pas prendre de poids: régime, sport, etc... Pendant ce temps, le canard de son côté commence à s'enrober de façon évidente...
L'animation d'Arthur Davis est toujours hautement originale, dans la mesure où l'animateur, réalisateur seulement sur une courte période, n'a pas eu le temps contrairement à ce que l'on pourrait dire de Tex Avery, Bob Clampett, Frank Tashlin, Friz Freleng et Chuck Jones, de poser sa marque... On est souvent surpris par le design à la fois rond et peu harmonieux, ces personnages aux traits outrageusement caricatureux, mais qui allaient bientôt être balayés par le style anguleux défendu par le studio UPA et repris bientôt dans toutes les unités de dessin animé...
Ici, la cible de son humour, au-delà d'un Daffy Duck encore vivace et d'un dindon particulièrement bas de la crête, ce sont les habitants des montagnes du Sud, ces habitants du Kentucky ou d'ailleurs, à la culture si particulière. Les clichés ici abondent: les pipes en bois, le cruchon, les pieds nus, les gens qui sont constamment en train de se tirer dessus de propriété en propriété... C'est vachard et drôle. Le style de Davis n'a pas vraiment eu le temps de se cristalliser et c'est bien dommage...
Tout part d'un constat: dans une coté moderne (New York?), le policier Porky doit empêcher Daffy Duck, caard sans abri, de s'installer n'importe où... A un moment, on voit même qu'il a délogé un écureuil dans un parc, enlevant de son terrier tout le mobilier! Il finit par s'installer dans la vitrine d'un magasin...
C'est un cartoon en Cine-Color, le système de couleurs au rabais utilisé ans les cartoons Warner avant l'avènement du Technicolor trois bandes... La qualité s'en ressent un peu, mais la bonne santé et l'énergie déployées dans ce court métrage rattrapent clairement la situation! D'abord, Daffy est le VRAI Daffy Duck, pas un minable mesquin comme il le devenait chez les autres metteurs en scène. Arthur davis lui garde sa folie furieuse, son côté indomptable, et son sans-gène caractérisé...
Une scène montre d'ailleurs que le metteur en scène a des idées: quand orky avise Daffy qui vint de s'installer dans la vitrine, la conversation (tendue) est vue de chaque côté de la vitre, mais à chaque fois on se situe du côté qui écoute, pas chez celui qui parle. Sinon, des éléments d'animation renvoient aux déformations légendaires des films de Bob Clampett...
Daffy Duck se rend au Mexique, pour y faire du tourisme, et il commence par un petit passage dans un débit de boisson, où son premier contact avec la culture locale passe par une boisson tellement épicée, qu'il en perd connaissance... Ensuite, il se rend dans une corrida, dont il ne comprend pas les règles ("ce taurau est un nul, il a raté le toréador"); ayant vexé la bête, il est réduit à le combattre...
C'est un étrange film, une sorte d'anachronisme concernant Daffu Duck, dont les différents réalisateurs de la WB étaient en train de changer considérablement l'ADN! Pendant que McLimson l'assagissait tout en l'affadissant, Friz Freleng le transformait en un personnage falot, aigri et mesquin, alors qe Chuck Jones en faisait un éternel insatisfait, victime de la malice de Bugs Bunny notamment, ou faut protagoniste (dont le faire-valoir Porky Pig avait souvent plus de jugeotte et de valeur...)... Pas Arthur Davis qui restait relativement fidèle au taitement initial: Daffy Duck, chez lui, reste donc (sans atteindre la folie manifestée chez Tex Avery, Frank Tashlin et Bob Clampett) un personnage fou, parfois furieux, souvent incontrôlable et dont la mesquinerie n'est qu'une manifestation de son hyperactivité...
Elmo est un rongeur (on est dans un cartoon donc ça ne doit pas nous surprendre outre mesure), et il, disons, tout sauf sophistiqué... Quand il se rend chez sa petite amie Daisy Lou, elle est en grande conversation avec Blackie, qui a de l'éducation et les moyens... La lutt est très inégale.
On a déjà vu ce genre de choses chez Tex Avery, avec des représentants de la volaille: The Hick Chick opposait avec une verve inégalable un coq venu de la ville à un, disons, représentant de la ruralité, dans une lutte là encore inégale entre sophistication (mais intentions louches), et abrutissement caractérisé. La lutte tournait de toute façon à l'avantage du héros...
Ce sera aussi le cas ici, dans un film simple mais efficace, où Elmo va devoir prouver qu'il est plus que ce qu'il parait, et s'illustrer de fort belle manière... en ramenant un manteau de fourrure en pur chat à Daisy Lou!
Arthur Davis combine un trait vraiment différent de ceux de ses petits camarades Chuck Jones, Bob McKimson et Friz Freleng, avec une exubérance qui renvoie un peu à Bob Clampett et Frank Tashlin... Son histoire de souris (saoule en prime) en lutte avec un chat n'est sans doute pas très originale, mais la verve emporte tout sur son passage!
Un renard n'arrive pas à dormir: un livre le renseigne sur la cause de son insomnie: il lui faut un oreiller fourré de plumes de canard. Le voilà partir pour une lutte sans merci pour récupérer le plumage d'un palmipède...
Le style d'Art Davis, l'un des réalisateurs qui s'est le moins illustré à la Warner lors des années les plus fastes, soit derrière Jones, Freleng et McKimson, est particulièrement atypoique: nerveux, énergique, et profondément fantasque. Privé de cet espèce de zèle dans le raisonnable qui tend à gangréner un peu l'évolution des courts métrages de l'époque, il règne ici une impression de liberté dans l'animation, et d'élasticité qui nous rappelle les meilleurs moments de Bob Clampett... Ce qui est un sacré compliment.
Et en prime, cette histoire raconte une lutte littéralement à mort entre un chasseur dont il est attendu qu'il soit impitoyable, et une proie qui a tout pour être facile. Ca ne vous rappelle rien? Il est probable que Chuck Jones et Michael Maltese ont beaucoup aimé ce film, qui accumule les tentatives malheureuses de l'un pour attraper l'autre...
Dans la même maison vivent deux oiseaux, l'un est un canari émacié, qui chante comme Frank Sinatra; l'autre un perroquet qui fume la pipe, s'intéresse aux courses de chevaux, et fait immanquablemet penser avec sa voix de baryton à Bing Crosby. Ce dernier souhaite se débarrasser de lui, il va embaucher pour cela un chat vagabond, qui est en train de fouiller les poubelles pour manger: Sylvester.
C'est l'une des premières apparitions d'un personnage qui va devenir une vedette paradoxale, un peu comme son contemporain le Coyote maudit: on l'aime justement parce qu'il est supposé être le méchant, et qu'il n'arrivera jamais à ses fins. Mais si le chat est déjà apparu ça et là (notamment dans un film de Bob Clampett, où il partageait la vedette avec d'autres chats tous plus loufoques les uns que les autres), il n'est pas encore doté de son caractère, et bien sûr il n'a encore ni sa voix ni son chuintement définitif...
Le film est entièrement basé sur les tentatives lamentables du chat de se débarrasser (de façon alimentaire) de "Frankie", et ses échecs. Le perroquet passe son temps à l'encourager pour "prendre des doses de vitamine"... Mais c'est probablement de matière grise que la pauvre bête aurait vraiment besoin.
Pour finir, il est intéressant de voir de quelle façon les animateurs de l'époque (Tex Avery et Bob Clampett s'en sont déjà donnés à coeur joie) se paient la fiole de Frank sinatra, de son côté suave, de l'amour excessif que lui témoignent ses fans, et bien sûr de sa maigreur louche... ce film ne se prive absolument pas en tout cas!