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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 11:37

Le chef de la Sûreté, Dreyfus (Herbert Lom), est interné dans une institution psychiatrique. Le psychiâtre en charge du dossier sait bien quelle est la source et l'obsession du patient: sa haine viscérale, absolue, et maladive pour l'inspecteur Clouseau (Peter Sellers). Ce dernier a été nommé chef de la Sûreté à sa place, et alors que Dreyfus montrait de sérieux progrès dans son comportement, la visite de son successeur va précipiter une rechute. Evadé, Dreyfus va déclencher un bras de fer avec les autorités du monde entier, déclenchant un chantage terroriste dans lequel il exige la tête de l'inspecteur...

Cette fois, l'équipe a décidé de s'abstenir de faire la moindre référence au diamant du film de 1963. Désormais, l'appellation générique "The Pink Panther" étant systématiquement attribuée à tout film consacé à l'inspecteur Clouseau. La motivation principale, j'imagine, pour Sellers comme pour Edwards, c'est de capitaliser sur l'énorme succès de la suite parue en 1975 (The return of the Pink Panther), qui était un bon film d'ailleurs...

Mais le problème, c'est que le renouvellement de la franchise est totalement impossible. D'une part, Peter Sellers a fait évoluer, entre le deuxième (A shot in the dark) et le troisième film (Return), son personnage vers des traditions et routines qui se répètent avec insistance: les interventions intempestives du domestique Cato, les mauvaises prononciations absurdes des mots Room, Bomb, Bump (un humour verbal qui déjà n'était pas particulièrement drôle la première fois), d'autre part, Sellers se perd dans la tenation de tout délayer, au point où on s'impatiente... Et on sent que l'équipe est à la peine pour trouver des gags visuels, sans un script qui tienne la route. Parce qu'on sait ce qui va suivre (à savoir, pire, bien pire puis carrément le pire possible), on va se contenter de dire que ce film qui ne s'imposait nullement, est quand même pour le moins médiocre.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
3 juillet 2026 5 03 /07 /juillet /2026 15:12

Harvey Howard (Bing Crosby) a 51 ans, et il est veuf depuis quelques temps. Il prend la décision de reprendre ses études là où il les avait laissées: il n'a pas pu aller à l'université. Il se retrouve donc "freshman" avec des "camarades de classe" qui sont trois fois moins agés que lui... 

C'était un film développé pour Gary Cooper, mais ce dernier n'était plus du tout en état de tourner...Il allait d'ailleurs décéder au début de 1961. Bing Crosby a donc remplacé l'acteur, après quelques menus ajustements: notamment, le film est devenu un peu plus musical. C'est d'ailleurs la première fois que Henry Mancini est crédité sur un film de Blake Edwards (il avait collaboré de façon confidentielle à Operation Petticoat, et bien sûr était engagé sur les séries TV Peter Gunn et Mr Lucky, toutes deux pilotées par Edwards). Le sentiment, devant ce film totalement rafraichissant, est que le metteur en scène finit de mettre en place son style et ses aspirations, et le fait dans le cadre rassurant de la comédie plus ou moins musicale, en racontant des histoires d'étudiants...

Et c'est bien ce qui est plaisant: on aurait pu se contenter d'un décalage en bonne et due forme entre Harvey le quinquagénaire et les jeunes qui l'entouent, alors que ce que raconte le film c'est plus, justement, la vie universitaire appréhendée par un vieil étudiant qui mine de rien réalise un de ses rêves, et le voit en Technicolor! La loufoquerie, l'humour physique assumé sous une mise en scène au cordeau, et l'association entre un homme plus âgé et des gamins plus ou moins irresponsables, mais dotés d'un coeur d'or, voilà le caractère du film. Edwards savait qu'il n'allait pas réaliser Citizen Kane avec une intrigue pareille, il a donc décidé de secouer le cocotier plus d'une fois... Et ça marche: on est bien en compagnie de Harvey et de ses copains, dans un film qui ne fait pas semblant de cacher à la fois son souci d'expérimenter sur la forme (Edwards, comme Hitchcock à la même époque, connait la télévision) et son envie de se situer dans la continuité de la comédie Américaine, muette de préférence...

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
30 juin 2026 2 30 /06 /juin /2026 22:52

L'armée Américaine a un problème: 100 soldats, stationnés en plein océan Arctique, dépriment sévèrement. Des psychologues, dont le lieutenant Loren (Janet Leigh) suggèrent donc des vacances... Ou plus précisément d'annoncer aux troufions désoeuvrés que l'un d'entre eux pourra bénéficier, pour l'ensemble, d'une période de trois semaines de vacances aux frais de l'instituion. Il leur suffit donc de choisir les vacances, et de tirer leur candidat au sort.

Le séjour choisi par la troupe est de trois semaines à Paris en compagnie d'une starlette Argentine, Sandra Roca (Linda Cristal), et l'heureux élu est le Caporal Paul Hodges (Tony Curtis), le plus acharné coureur de jupons de toute l'armée Américaine... Le Lieutenant Loren est donc dépéché pour surveiller le séjour, et s'assurer que les bonnes moeurs n'auront pas à souffrir de l'expérience. 

C'est l'un des premiers films de Blake Edwards, réalisé pour Universal alors que le metteur en scène cherchait encore son univers. Ce qui aurait pu n'être qu'une comédie assez quelconque (et passablement vulgaire), bénéficie en particulier de deux facteurs: d'une part, l'abattage de Tony Curtis, qui connait Edwards, et retravaillera encore avec lui à deux reprises: il s'amuse beaucoup dans un film qui fait appel à sa fantaisie et à son charme de Cary Grant en plus tordu... Et d'autre part, le metteur en scène affirme justement son style, en montrant une faculté à contourner sans aucun scrupule les limites des bonnes moeurs en accumulant les pirouettes.

C'est qu'ici, il sera quand même question d'un obsédé sexuel (même si Tony Curtis le joue surtout comme un irrésistible séducteur, la différence me semble assez difficile à expliquer!), d'une conversation dans laquelle les psychologues évoquent la possibilté éventuelle que les militaires puissent assumer leur libido en restant seuls (ce qu'une traduction maline évoque dans les sous-titres par l'expression "se prendre en mains", amusant), de grossesse extra-maritale (comme le dit un personnage, "mais comment peut-elle attendre un enfant, elle n'est pas mariée?"), et le fait avec un style direct, sans fioritures excessives, et un timing impeccable. Son atout principal, il l'a déjà trouvé: il se place en héritier de la comédie classique, surtout de ceux qu'il révèrera jusqu'à la fin de ses jours, et auxquels il n'attendra pas longtemps avant de rendre hommage: "Mr Laurel and Mr Hardy".

 

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
28 juin 2026 7 28 /06 /juin /2026 21:55

Matt Sherman (Cary Grant), rend une dernière visite au sous-marin dont il a été le premier commandant, et qu'on s'apprête à "mettre en retraite"... Il se souvient de sa plus mémorable mission, quand il a fallu repécher le vaisseau qui a été coulé par un avion Japonais le 10 décembre 1941, lors d'un raid aux Philippines où le Sous-Marin était stationné. 

Il avait vu arriver un jeune officier, Nick Holden (Tony Curtis), dont la débrouillardise extrème allait s'avérer féconde, mais rarement honnête... Et srtout il y allait avoir la rencontre avec 5 infirmières militaires qu'il fallait évacuer, et qui s'avéreraient une source d'ennuis pour l'ombrageux commandant, et de beaucoup de malices pour les marins qui considéraiet l'occasion comme une aubaine...

Intéressant de constater que ce film, tenu pour presque un classique par toute une génération en Europe (et particulièrement en Europe), est en fait totalement méprisé outre Atlantique. Un malentendu qui n'est pas si éloigné de celui qui entoure le personnage de Jerry Lewis, tenu pour un auteur singulier par les Cahiers du Cinéma, alors qu'il était fort mal vu par la critique Américaine. Il est vrai que le créneau exploré par Blake Edwards (comme dans le film The perfect furlough), celui de la comédie légère gentiment loufoque, était sans doute passé de mode; si on est en droit de s'interroger sur ce désamour des Américains, il convient peut-être de dire qu'en France, son statut de classique a probablement été du à ses passages à la télévision, où Cary Grant et Tony Curtis étaient très appréciés... Et aussi parce que le film était sans doute peu cher, donc pratique à diffuser pour un dimanche soir!

Quoi qu'il en soit, si le film n'est pas tout à fait (pas plus que The perfect furlough ou High time) le prototype de la comédie loufoque à la façon de Blake Edwards, au moins peut-on constater que le cinéaste y fait ses gammes en équilibrant les gags et la comédie élégante! Les frasques de Tony Curtis, opposées à la dignité un peu guindée de Cary Grant, et la légèreté de cette guerre pour rire (bien moins satirique que le futur film What did you do in the war, Daddy?) en font un fort aimable divertissement, qu'il est impossible de prendre au sérieux... Le cinéaste y confirme son style lisible, "ligne claire", et y réussit à mener un tournage avec des stars ombrageuses (surtout Cary Grant!), un sous-marin rose, des sous-vêtements, et une phrase culottée qui a tout d'une goujaterie, certes, mais qui est fort drôle: une femme de 18 ans est protégée par la loi, une femme de 65 ans est protégée par la nature"...

Il conviendra d'approcher ce reflet des trente glorieuses, comédie light s'il en est, avec les précautions autant que le respect d'usage...

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards Cary Grant
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 17:02

Peter Gunn, en 1989, n'avait rien de nouveau: la série originale (1957-1961, créée par Blake Edwards) combinait un certain nombre de facteurs: un ton froidement violent, un certain sens du second degré saluaire, et la musique sublime de Mancini. Il y avait eu un film en 1967 en guise de produit dérivé, qui semble avoir disparu dans les poubelles de l'histoire d'ailleurs...

C'est donc ce que tente de refaire, avec ce film réalisé pour la télévision trente ans après, un Blake Edwards en bout de course, qui oublie au passage qu'en 1989, le second degré n'a plus grand chose de révolutionnaire... Il oublie aussi de préciser au décorateur et aux figurants qu'on est censé être en 1960, d'où une impression de téléscopage qui confirme le côté cheap de la chose.

Heureusement, Edwards se réveille à deux reprises, pour une séquence d'accumulation dans laquelle l'absurde reprend le dessus, et pour une bagarre dans laquelle il met un point d'honneur à faire remarquer que quand on se bagarre et que les coups claquent, comme toujours dans les films, on se fait en fait très mal: le visage, mais aussi la main qui porte le coup, douillent sévère... Sinon, le film ne résiste pas à la douloureuse réalité des années 80, et donc ce film est lui aussi parti vers...

...Les proverbiales poubelles de l'histoire.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 15:19

Tourner un dernier film, ce n'est pas rien. Parfois c'est juste un film de plus, et puis il n'y en a pas d'autre, par la force des choses. Quelquefois, c'est ce qu'on a désiré, je pense ici à Eastwood décidant de mettre un point final à sa carrière en 2024, par exemple... Et parfois c'est nécessaire...

La franchise de la Panthère Rose a démarré d'une façon fortuite, en 1963, grâce à l'absence de l'acteur Peter Ustinov, remplacé au pied levé dans le film The pink Panther par Peter Sellers, qui allair faire d'un personnage secondaire, l'inspecteur Jacques Clouseau, le héros d'un film qui dynamitait une intrigue proprette par le recours à la délicieuse loufoquerie. Lorsque l'inspecteur revint, avec A shot in the dark, la franchise était née... Et aurait pu s'arrêter là. Mais l'acharnement de Blake Edwards, les revenus lucratifs, pour le metteur en scène comme pour l'acteur, sans parler du compositeur Henry Mancini, ont fait le reste. 

De pénible, c'est devenu gênant à la mort de Peter Sellers: en construisant deux films en 1982 et 1983 autour du prétexte de la disparition de Clouseau (dont l'un utilisait des chutes d'un film antérieur, qui n'était déjà pas brillant), Blake Edwards est tombé très bas. Mais comme on peut toujours faire mieux... ou pire, il est revenu une dernière fois à la charge avec ce film.

Il n'y a rien à en dire, si ce n'est qu'il est absolument nul.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 15:10

Après avoir réalisé autour de chutes de The Pink Panther Strikes Again, sorti en 1978, un film entier qui utilisait l'image de Peter Sellers pour l'intégrer dans un film qu'il n'avait pas tourné, Blake Edwards ne semblait pas pouvoir lâcher la franchise... Il faut croire, soit qu'il y était attaché, soit que quoi qu'il en fasse, elle rapportait.

Parce que même si, une fois encore, il y retournera pour pire encore, il faut quand même reconnaître que ce film est abyssalement mauvais. D'une vulgarité, d'une bêtise sans nom, il part du principe que le seul policier au monde capable de retrouver l'inspecteur, disparu, Jacques Clouseau (...mais pourquoi, au fait?), ne peut être qu'un équivalent de Clouseau: on engage donc Clifton Sleigh (Ted Wass), un inspecteur Américain, pour retrouver le grand inspecteur (hum), car il est inepte, idiot, maladroit et malchanceux.

...il est aussi Américain, sans doute une tentative de recentrer "at home" la franchise avant de la relancer? Mais dans ce cas, c'est raté, tellement le film est nul.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards Navets
23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 08:38

1929: Tom Mix (Bruce Willis) tourne western après western pour son producteur (Malcolm McDowell). Celui-ci lui impose d'incarner le célèbre Wyatt Earp dans un nouveau film, pour lequel il engage un conseiller technique particulier, rien moins que le marshall de Tombstone (James Garner) lui-même. Le courant passe très bien entre le vrai et le faux cow-boy, qui vont assez rapidement devoir élucider un crime inattendu...

C'est, selon les envies et les humeurs, soit une idée génialement inattendue, soit une intrigue qui mélange tout jusqu'à l'intoxication: évocation du vieil Hollywood, western, film noir, buddy-movie, comédie... Dans les deux cas on aurait trouvé du bonheur. Pas ici, hélas... Edwards s'amuse occasionnellement, mais choisit le plus souvent la voie d'un pastiche sage, et débouche sur un film qui ne provoque que l'ennui et l'indifférence. Les personnages sont réduits à des enveloppes vides, Bruce Willis le premier... Je vous rends un service: c'est Malcolm McDowell le méchant. 

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 10:40

Indéfendable? Peter Sellers est mort en 1980, soit environ 18 mois avant la sortie de ce film, qu'il n'a en fait jamais tourné: sa participation a été ajoutée à un script taillé pour les circonstances, et la source était tout simplement un excédent particulièrement important de scènes tournées pour The Pink Panther strikes again en 1976... Confronté à la mort de son complice, Blake Edwards aurait pu tout simplement laisser tomber, mais en lieu et place, il a choisi de faire fructifier l'héritage, ou du moins de tenter, car ce film a été un échec commercial.

Il est divisé en trois parties: une "nouvelle enquête", tout d'abord, basée sur les scènes tournées mais coupées du montage final de Strikes again, voit Jacques Clouseau confronté une fois de plus à un vol du plus rose de tous les diamants. C'est décousu (pour commencer il est évident que Sellers est ici échappé d'un autre film) et il convient de se rappeler que ces scènes ont été coupées, donc sans doute considérées comme pas terribles... Je le confirme.

Une deuxième partie voit Clouseau disparaître, et une journaliste (Joanna Lumley) mène l'enquête: elle interroge notamment Dreyfus (Herbert Lom), Cato (Burt Kwouk), sir Charles Litton (David Niven), permettant de se servir dans les scènes notables de la filmographie de la franchise, en guise d'illustration aux flash-backs. 

Enfin la troisième partie nous propose un épaississement du mystère: un parrain Provençal tente de faire pression sur la journaliste afin que Clouseau reste disparu, et elle interroge en toute fin le père du grand policier, ce qui donne lieu à un flash-back inepte sur la jeunesse de Jacques Clouseau (et à une scène de nudité particulièrement inutile et malvenue). Et le film se termine sur un déloyal et crétinissime point d'interrogation: Clouseau reviendra-t-il?

Ma réponse est non, car Peter Sellers est mort: une première fois en juillet 1980, puis une deuxième fois, avec ce film.

 

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards Comédie
14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 18:27

George Webber (Dudley Moore) a tout pour plaire: il est compositeur et forme sans doute depuis de nombreuses années un duo inséparable avec un parolier, il vit à Beverly Hills et roule en Rolls, et il fait à peu près ce qu'il veut. Et pour couronner le tout, il a une petite amie formidable, Samantha (Julie Andrews), chanteuse et aussi Britannique que lui, qui garde une part de son indépendance et donc lui laisse une part de la sienne. Alors dans ces conditions, qu'est-ce qui ne va pas, puisqu'on ne peut pas faire de film avec du bonheur? 

Réponse: il a 42 ans, et pour lui ça sonne comme le début de la fin. Il a un voisin qui passe son temps à partouzer et George a pris l'habitude de l'observer à travers une lunette astronomique. Et surtout, surtout, George a perdu la tête en croisant une femme parfaite, en robe de mariée, qui se rendait à l'église. Sur une échelle de 1 à 10, il classerait Jenny (Bo Derek) à 11... C'est le début d'une obsession de midi qui ira très loin, jusqu'au Mexique.

Au beau milieu de la production pléthorique (et excessive) des derniers films "Pink Panther" de Peter Sellers, Edwards a mis aussi en chantier des films personnels et assez volontiers autobiographiques. D'ailleurs, honnêtement, ce George à succès, reconnu mais irritable, pas marié à Julie Andrews mais c'est tout comme, c'est quand même un peu lui, non? Dudley Moore a beau tout faire pour jouer le personnage aussi près que possible de lui-même, il n'en ressemble pas moins à un Blake Edwards avec 20 cm de moins... 

C'est, je pense, le film définitif sur cette maladie de gens riches qu'est le démon de midi, trempé dans du vitriol et assaisonné d'une solide dose d'humour et d'un je-ne-sais-quoi de relatif à cette impressionnante habitude qu'ont les Américains de se faire psychanalyser. Et justement, Julie Andrews et Blake Edwards se sont rencontrés chez leur psychanalyste commun. Comme quoi on y revient toujours... D'ailleurs, l'actrice est formidable dans ce film où elle n'a aucun mal à jouer son propre rôle, beaucoup plus en tout cas que dans S.O.B. qu'elle tournera avec Edwards trois ans plus tard.

Il y a eu une époque durant laquelle on reprochait au cinéaste de mélanger les genres... Pas tant dans The pink panther que dans Breakfast at Tiffany's, dans lequel les touches (pourtant discrètes) de comédie burlesque ont fait grincer quelques dents au milieu d'un concert de louanges. 10 prouve que Edwards n'a pas changé d'optique, et avec le concours de Dudley Moore, se livre dans cette comédie de moeurs grinçante à quelques exercices de slapstick millimétrés. Bref: que du bonheur. Avec Victor, Victoria, Blake Edwards et son épouse allaient confirmer cette forme exceptionnelle...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Blake Edwards