1776... Le film renvoie à l'héroïque bataille de Bunker Hill, entre les forces Américaines, et les forces Anglaises soutenues par des mercenaires Allemands. A ma droite (côté Américain), Bugs Bunny. A ma gauche (côté Anglais), Sam Von Schamm, une nouvelle variation sur le personnage de Yosemite Sam...
La lutte est bien sûr inégale, et on se rappelle pourquoi Freleng avait si souvent recours à la confrontation entre ces deux-là: ca marche tout seul. Les gags, pilotés par Bugs Bunny et subis immanquablement par sam, sont toujours rythmés, impitoyables et d'une absolue clarté...
Bugs Bunny se promène dans la verte forêt enchanteresse des monts Ozark, en plein pays hillbilly... Il va inévitablement se trouver à portée d'escopette, pris pour un membre de la famille rivale...
En choisissant de faire des deux protagonistes (deux barbus des montagnes rocheuses, imaginez J.D. Vance en un peu plus intelligent) des frères, le scénario permet d'éviter de pousser la caricature, et donne un peu plus de poids aux antagonistes: car auprès de ces créatures à peine humaines, Bugs Bunny est d'une intelligence telle qu'un seul ennmi n'y suffira pas...
On sourit volontiers devant une caricature d'autant plus méchante, que McKimson lui-même est un Sudiste, qui l'a souvent rappelé à travers sa création du coq Foghorn Leghorn... Ce film, qui montre deux poilus épais aux entournures, les pieds nus, avec des fusils antédiluviens (et qui donnent aux animateurs de jolies idées), est plutôt réjouissant.
Les questions posées par un tel film sont nombreuses, les réponses plausibles aussi; mais si toutes les questions sont à peu près légitimes, aucune réponse ne peut être satisfaisante... Car ce film est en quelque sorte interdit d'antenne, de diffusion, et de publication officielle sur DVD ou Blu-ray. Officielle, j'insise bien. On le trouve sur un certain nombre de pirates, mais aussi sur l'un des DVD "Retour de flamme" chez Lobster... Un écrin qui va comme un gant à ce drôle de bijou...
Car All this and rabbit stew est un film exceptionnellement bien goupillé, du Tex Avery à son apogée, qui bénéficie en la personne de Bugs Bunny d'un personnage qui l'inspire... En même temps, c'est presque un remake d'un autre film d'Avery, voire de deux: dans A wild Hare, Bugs est aux prises avec Elmer Fudd en chasseur. Dans The heckling Hare, c'est à un chien glorieusement idiot qu'il s'attaque. Ici, il est aux prises avec un jeune Afro-Américain, et ce n'est pas une lumière.
On pourra se tortiller dans tous les sens, en invoquant l'époque... L'environnement, le goût des productions de Schlesinger pour tous les humours ethniques, et le goût de tous les studios de dessin animé ou de comédie pour l'utilisation des stéréotypes douteux, il n'en reste pas moins qu'on ne peut ignorer qu'il sagit d'un film raciste, et qu'on ne poura en aucun cas mettre ça sous le tapis.
C'est aussi un film drôle, enlevé, rythmé de main de maître, par un Texan qui n'a jamais reculé devant un gag potentiellement raciste... Ce film fait partie des Censored 11, 11 films Warner que la firme se refuse obstinément à nous laisser voir, alors qu'il serait tellement plus sain, dans une opération de pédagogie, de laisser transparaître ce qui fit cet esprit que les gens bien (je ne parle donc pas ici des fascistes de tout poil, dirigeants interlopes de partis, potentiel-le-s candidats à la présidence française, présidents des Etats-Unis ou éventuels ministres de l'intérieur) n'ont heureusement plus, tout en ayant la capacité de laisser notre libre arbitre se frotter à des oevres avec lesquelles nous avons le droit de ne pas être d'accord.
Qu'elles soient affligeantes ou, comme c'est le cas ici, profondément humoristiques, il est bon que nous ayions le loisir de les juger sur pièces, sinon le monde entier va finir par dire des conneries.
Bugs Bunny est démonstrateur dans un grand magasin: en vitrine, il fait de la figuration pour le rayon des tentes de camping et autres matériels de plein-air. Mais un employé (Un grand costaud, jaunâtre, bref un méchant mémorable) lui destine un autre poste, au rayon... taxidermie.
On note que pour la première fois de sa carrière Bugs Bunny justifie son accent New Yorkais en incarnant un lapin citadin. Un lapin, qui d'ailleurs travaille! Mais au début de ce film, il me semble complètement impensable d'anticiper sur ce qui va suivre, sur le maelström d'absurdité qui s'ensuit.
Certes, c'est un cartoon assez classique sur le fond (un malfaisant veut faire du mal à Bugs Bunny et quand ce dernier s'en aperçoit, il se joue de l'autre comme d'un yoyo), mais il y a ici tellement d'invention, de rythme, et de transgression (l'animation renvoie à l'admirable film The Dover Boys at Pimento University, or the Rivals of Roquefort Hall, lui-même un sommet): ce court métrage est sans aucun doute l'un des sommets de la carrière de Bugs Bunny, et de celle de Chuck Jones aussi!
Dans une exploittion agricole de bonne taille, un chien particulièrement idiot est supposé surveiller les récoltes... mais deux géomydés (en Anglais, des "Gophers") ont décidé d'une part de tout manger, d'autre part que le chien ne se reposerait pas...
Le ilm a été commencé par Bob Clampett, mais ça ne se voit pas vraiment... A cette époque, les deux animateurs Arthur Davis et Bob McKimson avaient tous deux été élevés au rang de réalisateurs, suite au départ de Clampett. Ils se partageaient son unité, et si McKimson a réussi à faire son trou (parfois au détriment de la qualité), le style (narratit comme visuel) de Davis était plus proche de celui de son aîné...
Cette intrigue qui coule toute seule est construite sur deux piliers: d'une part la confrontation entre deux petites bestioles inventives et apparemment infaillibles, et un chien d'une profonde stupidité. D'autre part, l'absurde politesse flegmatique des deux rongeurs, avec en prime une accélération de leurs voix, accentue le côté absurde de ce film... Les deux rongeurs, sans devenir aussi célèbres que d'autres créatures de la Warner, que ce soit à poils ou à plumes, allaient sporadiquement revenir. Arthur Davis aussi, mais pas souvent...
Clampett ne respectait rien, pas même la propagande; lui qui a osé, en plein effort de guerre, se moquer de la conscription (Draftee Daffy, en 1945), ne semblait pas atteint par l'esprit général, et se moquait de ce qu'il voulait, ce film le prouve... Bugs Bunny, dans une base de l'air force, lit le journal et y apprend des services de propagande nationale, que les "gremlins" travaillent dur au sabotage d'avions... Il en devient paranoïaque, et se retrouve dans un bombardier, en compagnie de gremlins qui le rendent fou...
Les gremlins, ici, ne sont qu'un gag, une sorte de lutin peu défini, qui ne sert qu'à une seule chose, provoquer le malaise de Bugs Bunny. Le film parle apparemment de rationnement, de méfiance aussi, en ces temps d'espionnage très dramatique (on est en plein effort pour commencer la guerre, en 1943, aux Etats-Unis), mais tout se passe comme si Clampett souhaitait, finalement, jeter le cartoon avec l'encre du bain!
Il en résulte un film extrême, dont le malaise du personnage principal (décidément, Clampett était sans doute le seul à vraiment maltraiter Bugs Bunny...) tend à déteindre sur nous, tant l'animation est avant-gardiste. Clampett s'assagira l'année suivante en créant une nouvelle forme de "Gremlins", ceux du Kremlin, qui rempliront vraiment leur office de propagande dans Russian Rhapsody, un film contemporain de la période étonnante durant laquelle les Etats-Unis de Roosevelt et la Russie de Staline ont travaillé ensemble à l'effort de guerre...
Yosemite sam, pirate de son état, se lance à l'assaut d'un vaisseau, dont tous les marins et passagers s'enfuient... Tous sauf un: c'est un lapin. La lutte sera inégale...
Ce film de 1954 tire son titre de l'épopée de Raoul Walsh, parue quelques années plus tôt, Captain Horatio Hornblower... Mais c'est malgré tout à un autre film qu'il fait penser: un peu à la façon de Chuck Jones avec sa fameuse trilogie autour de la chasse au canard, Friz Freleng s'amuse avec des variations infimes sur le premier film, reprenant certains gags en les gérant différemment, et en les prolongeant de façon inédite... L'énergie spécifique à la rencontre entre Yosemite Sam et Bugs Bunny, de toute façon, fait naturellement le reste...
Yosemite Sam et Bugs Bunny sont à nouveau à couteaux tirés, et dans le cadre de leurs combats, une explosion envoie Sam à l'endroit où il est inévitable qu'il finisse. Mais le diable, voyant arriver un collègue, lui propose de travailler pour lui et de remplir une mission: expédier ad patres un certain lapin...
Oui, c'est idiot, et ce dès le départ... Il ne faut pas longtemps avant qu'on découvre le pot-aux-roses: ce ilm est en fait une compilation hâtive qui reprend des extraits de films déjà sortis, et pas des meilleurs, autour de la rivalité des deux proagonistes. Le prétexte ajouté est cousu de fil blanc, et pour compliquer les choses, le designe change d'un épisode à l'autre avec des ajouts qui sont vite et fort mal faits... La physionomie de Bugs Bunny, par exemple, oscille entre son design par Freleng et celui de McKimson.
L'intrigue est simple, basique même: Bugs Bunny vit en pleine nature, dans une forêt montagneuse au Canada, et il aime à prendre ses douches sous la cascade... Mais un Québécis (avec le pire accent Franças du monde) l'en empêche, en construisant un barrage. La lutte sera inégale, car celui des deux qui n'est pas un lapin n'a aucune chance...
Les blagues les plus courtes sont les meilleures, dit-on... En ce qui concerne Bugs Bunny, on ne compte plus les classiques jusqu'au milieu des années 50, ce qui fait 15 bonnes années de bonheur. Après... Ca donne ce genre de film, mais je n'accablerai pas ce pauvre McKimson, il n'est pas seul en cause. Chuck Jones lui-même a réalisé des films avec le personnage dans les années 60, qui ne valent pas un clou...
Ce qui incidemment, est le cas de celui-ci. A force d'étaler ma science avec suffisance j'avais oublié...
Bugs Bunny est poursuivi par Elmer Fudd, et trouve un trésor dans une caverne: une capsule temporelle des temps préhistoriques dans laquelle subsiste un film (!) en parfait état... Il le visionne et constate qu'il a un ancètre, un lapin à dents de sabre, qui avait la même vie et la même malice que lui...
On touche le fond du terrier? C'est mauvais, poussif, moche, mal animé (Bugs court et parle, mais sa bouche reste désespérément immobile); le design d'Elmer a considérablement changé, sa voix n'est plus la même... On accepterait je pense les gags basés sur l'anachronisme plus facilement s'ils étaient proposés dans un cadre plus maîtrisé... Mais là, c'est mission impossible: tout, aboslument tout, tombe à plat.