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Buster Garner (Buster Keaton) travaille pour une entreprise qui construit et distribue des voitures: il leur fait de la publicité en se promenant dans Paris en voiture avec chauffeur, et en distribuant de faux billets publicitaires. Mais la mission suivante (arpenter les rues en distribuant des billets à pied) ne lui porte pas bonheur: par mégarde, il a pris une liasse de vrais billets, et ses patrons sont ruinés...
Quoique en chemin, il donne un billet de mille francs à une jolie fille croisée au hasard (Paulette dubost) et ça tombe bien: elle allait être expulsée de son logement... Mais Buster doit retrouver un emploi, et sa mère lui trouve un rôle dans une pièce, celui d'un prisonnier qui s'évade. Le jour, précisément, de l'évasion d'un gangster, un vrai de vrai, qui n'est autre que son sosie...
Oui, c'est dur à résumer, d'abord parce que les concepteurs de ce film sans queue ni tête ont décidé de le truffer d'intrigues et sous-intrigues... Keaton aurait fait trois films de ces arguments: on ne va pas se plaindre que ce soit trop riche, non: le problème est ailleurs...
Commençons toutefois ar ne pas trop nous plaindre: après tout, Buster Keaton, star du film, a sans doute eu bien plus d'égards de la part de ses employeurs, qu'il n'en a jamais eu à la MGM. Et quelques gags prouvent qu'au moins il a pu s'immiscer dans le processus de production et de mis en scène, ils sont souvent ingénieux et impeccablement interprétés... On ne dirigeait pas Keaton, il le faisait tout seul. Enfin, il a cessé de boire durant le tournage, et contrairement aux films tournés entre 1930 et 1934, ça se voit. Il est concentré, les traits ne sont pas tirés, les cernes quasiment absentes... Il revient d'entre les morts en quelque sorte...
Mais c'est aussi que sa voix a été post-synchronisée, et confiée à un anonyme (qui utilise un accent "étranger" à la façon dont Laurel et Hardy étaient doublés en français), et c'est une source de gêne... Sans parler du film, et de ses acteurs français tous plus mauvais les uns que les autres doivent se coltiner un dialogue indigent ("ah ça, patron! mon vieux, vous êtes le roi des gangsters, ça oui, mon vieux, n'est-ce pas") qui ne rend pas service au film ni à l'histoire du cinéma en général! Quelques idées auraient pu sauver le film, mais elles sont trop isolées: certes, le gag des sosies est éculé, mais Buster Keaton le maîtrise fort bien, et son inquiétant gangster est une révélation. C'est bien maigre...
C'est sans appel, ni solution: un mauvais film avec un fabuleux acteur... La seule à sauver, c'est Paulette Dubost... Mais elle est à l'origine d'une inacceptable transition: quand il l'a conquise, puis embrassée, Buster...
...Sourit.
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attend des courts métrages, et qu'importe que les aspirations de Keaton aillent vers le long métrage, le contrat est là. Contrairement à Chaplin, qui lui peut choisir ce qu'il tourne, mais aussi ce qu'il sort, Keaton lui sort tous ses films, réussis ou ratés. Ici, l'accent mis de façon systématique sur l'échec et l'ineptitude ressemble à un commentaire sarcastique sur la panne d'inspiration... A tel point qu'à la fin du film, il est envoyé en piteux état chez sa petite amie par la poste... Il n'ira sans doute jamais plus bas.




