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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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31 mai 2018 4 31 /05 /mai /2018 19:19

C'est amusant de constater qu'alors que Mack Sennett avait offert à Chaplin l'opportunité de réaliser afin de le dégager des jambes de Mabel Normand, qui ne l'aimait pas, ils se se soient retrouvés co-réalisateurs et co-vedettes de ce film: un garçon de café séduit une bourgeoise en se faisant passer pour l'ambassadeur du Groenland (!) mais va devoir affronter la déception de celle-ci lorsqu'elle vient dans son café pour s'encanailler.

Bon, certes, on est encore dans un territoire propice aux coups de pieds aux fesses, mais Chaplin continue à faire évoluer son personnage, déjà physiquement très proche de ce que nous allons bientôt savourer. De plus, la multiplicité des décors, l'enjeu, une situation écrite plutôt qu'improvisée, nous éloigne des mauvaises manies de la Keystone. Le cinéma est en marche!

On attribue officiellement ces deux bobines à la seule Mabel Normand, et c'est vrai que la partie romantique porte totalement sa griffe, essentiellement dégagée des obligations habituelles de la Keystone: les gags y sont liés à la situation, les caractères y sont moins caricaturaux, et il y a une vraie intrigue. Mais de la même manière, les scènes dans le cabaret sont du pur Chaplin, avec l'utilisation austère mais précise de deux décors dans lesquels Chaplin et ses collègues s'activent. Et le comédien, qui a semble-t-il décidé d'explorer toutes les ressources de cet art nouveau qui le fascine, s'amuse joliment avec les ruptures de ton, dans son jeu, lorsque pris par l'émotion d'une chanson qu'il entend, son personnage est pris de sanglots... Une scène du plus haut tragi-comique.

En deux bobines, cette collaboration qui n'a pas du être de tout repos s'avère une étape essentielle dans la carrière des deux comédiens-cinéastes.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin Mabel Normand
30 mai 2018 3 30 /05 /mai /2018 17:00

Dans un parc Californien, un certain nombre de personnages marivaudent allègrement, liés d'une part par un vagabond qui trompe son ennui en flirtant avec les unes et en piquant les montres des autres, et d'autre part par une montre qui fait son chemin d'une poche à l'autre...

Enfin! ayant écrit l'argument, Chaplin obtient de Sennett la permission de mettre un film en scène, et le situe volontairement en un seul décor, un parc (Griffith Park, le bien nommé!) où il retournera souvent. Chaplin y joue un vagabond ou assimilé, et même si le chapeau n'est pas le fameux melon, il est très proche de ce que nous connaîtrons bientôt. Cette histoire de flirts croisés, un peu improvisée, un peu frénétique, ne paie pas de mine, mais elle porte en germe un pan titanesque de l'histoire du cinéma, donc: respect!!

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin
27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 11:01

Lassé de jouer à contre-emploi dans les films des autres, Chaplin a détesté ce film, pourtant intéressant, puisque c'est le premier court métrage de plus d'une bobine dans lequel il jouera. Mais il n'avait pas totalement tort, ce personnage de séducteur autoritaire dans une vague histoire de courses de voiture n'est pas pour lui.

C'est un film qui est au confluent de deux, voire trois tendances de la Keystone: les films de Mabel Normand, qui tout en étant d'authentiques comédies, essaient de situer le débat autour d'un romantisme évident, fut-il grotesque; les films improvisés par Sennett sur des lieux de manifestations populaires et particulièrement sportives (ici, une course de bolides dans laquelle Sennett a placé ses acteurs, dont lui-même... Il est atroce); et enfin, les grosses comédies bien vulgaires qui étaient le plus souvent interprétées par Ford Sterling. Et celui-ci venait de quitter le studio.

C'est la raison pour laquelle Chaplin, ici, porte justement un costume qui renvoie à celui de Sterling, tout en étant une variation sur les habits de Chaplin dans Making a living et Cruel cruel love. L'interaction avec la star Mabel Normand aurait toutefois pu porter ses fruits. Mais d'une part, on ne demande pas à Chaplin de jouer la comédie, ici, plutôt de gesticuler et de vociférer en direction de la caméra... Quant à Mabel Normand, ça ne s'est pas bien passé cette fois-ci: elle n'avait que faire des comiques Anglais...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mabel Normand Charles Chaplin
26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 17:26

Chaplin, en plein raffinage de son personnage, interprète un locataire d'une petite pension de famille, tenue par Minta Durfee. Celle-ci n'est pas spécialement tendre, sauf avec un de ses locataires: devinez lequel... Le fils de la dame va donc observer la maison, où tout le monde flirte avec tout le monde, et innocemment prendre des photos de toutes les situations scabreuses possibles et imaginables, pour la séance de lanterne magique de la veillée...

Il n'est pas difficile de deviner que la film se clôt sur une poursuite... A cette époque, Chaplin insiste pour réaliser ses films, ne se sentant pas à l'aise dans les courts métrages des autres. Il a raison: ce sujet ne lui convient qu'à moitié, même s'il rejouera 33 ans plus tard les verts galants dans M. Verdoux... En cause, le fait que le comédien ne soit qu'un des protagonistes de l'action, et qu'il doive s'intégrer à un ensemble dont l'homogénéité est loin d'être le point fort, sous la direction purement fonctionnelle de George Nichols.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin Mack Sennett
25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 18:57

Un bourgeois (Chaplin) veut se suicider en buvant du poison, car sa petite amie (Minta Durfee) lui interdit de venir chez elle, suite à un quiproquo: elle l'a surpris avec la bonne, et a pris une conversation innocente pour une tentative de séduction. Mais le poison est-il vraiment du poison?

...Non, c'est de l'eau. Chaplin est ici bien différent de son personnage de plus en plus fréquent, avec son costume de plus en plus reconnaissable. Sa moustache est effilée sur les côtés, il porte monocle, une redingote claire et un haut de forme, plus des guêtres, ce qui immédiatement l'identifie aux yeux du spectateur moyen de 1914 comme un homme de la bonne société.

Le film est un mélodrame jovialement crétin, particulièrement exagéré, qui me semble par bien des côtés comme une réponse parodique narquoise de la Keystone à la biograph. D'ailleurs, Chaplin ferait un Henry B. Walthall tout à fait acceptable, notamment dans la scène du poison, où l'acteur qui s'imagine mourir, se voit déjà en enfer... L'année précédente, Walthall avait joué le tourment d'un personnage de Poe dans The avenging conscience.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Mack Sennett Charles Chaplin
25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 18:45

Si on s'en tient strictement à l'intrigue, ce film très médiocre est un Keystone moyen, avec quelques ingrédients qui sont typiques de Chaplin: ce dernier n'est pas un vagabond, son costume en témoigne, mais c'est un authentique poivrot, et on pense que son "passe-temps favori", justifiant ainsi le titre de ce court métrage, sera de s'adonner à la boisson. IL est d'ailleurs accompagné par un Roscoe Arbuckle qui serait méconnaissable s'il n'y avait l'embonpoint particulièrement prononcé. Mais non: le passe-temps favori du monsieur en question est de se livrer à l'adultère, et séduit par une jeune femme qu'il a croisé dans la rue, il tente de la courtiser chez elle, ce qui devient embarrassant quand le mari débarque.

Donc à Sennett on doit la crudité de l'anecdote, le grotesque assumé des costumes et du jeu, et à Chaplin, le jeu sur la séduction et bien sûr la remarquable soûlographie... Que le film soit médiocre importe peu, et le fait qu'il soit en très mauvais état, n'arrange rien.

Mais ce qu'on voit comme la moustache sous le nez de Chaplin, c'est le racisme particulièrement choquant des situations (Chaplin exprimant carrément son dégoût devant la présence dans les toilettes du débit de boisson d'un homme noir joué par un blanc, qui insiste particulièrement sur la bêtise du personnage, et la visite chez la jeune femme que convoite le personnage entraîne une méprise: Chaplin croit dans un premier temps avoir trouvé la femme qu'il convoite, mais sursaute d'effroi quand il se rend compte qu'il est en train de draguer la gouvernante Afro-Américaine... Autre temps, autres moeurs, sans doute. Chaplin devenu réalisateur, au moins, évitera généralement les gags ethniques.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin Roscoe Arbuckle
25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 10:11

Voilà un film qui tranche non seulement sur les autres productions Keystone, mais plus encore sur l'ensemble de la carrière de Chaplin: c'est le seul de ses muets dans lesquels le comédien apparaît, du début à la fin, ou presque, au naturel: maquillé, certes, habillé bien sûr, mais surtout sans moustache. Et il n'est pas le seul du reste: Ford Sterling et Roscoe Arbuckle ont droit aussi d'abandonner les costumes ou postiches. Et ironiquement, l'essentiel de ce court métrage d'une bobine se situe sur le lieu d'un bal... costumé, où l'on remarquera que Chester Conklin est venu déguisé en Keystone cop!

Justifiant le titre, le tango était la danse scandaleuse à la mode, soit quelques années après l'Europe, quand même; mais il n'y a pas de tango dans la salle de bal qui est le lieu de l'action; juste un petit orchestre de danse dont Ford Sterling, cornettiste, est le chef, et Roscoe Arbuckle le clarinettiste. Et Chaplin, lui, est un danseur bien habillé, mais... saoul. Voilà pourquoi je disais plus haut qu'il apparaissait presque au naturel, car l'un des secrets de Chaplin a toujours été de fusionner costume et jeu d'acteur. Ainsi, en apparaissant en costume de ville mais feignant l'ébriété il est déguisé. On peut appliquer cette idée à l'apparition de Chaplin en Hitler dans The great dictator, ou à son interprétation fabuleuse d'un poulet plus vrai que nature dans The gold rush...

Le film ne nous laisse pourtant que peu de chances d'apprécier la subtilité du jeu de l'acteur, car le sujet de l'intrigue ne le permettra pas: le chef d'orchestre, le clarinettiste et le poivrot de la haute société ont tous en commun de trouver la même femme (Probablement interprétée par Sadie Lampe) à leur goût; étant des personnages d'un court métrage Keystone ils vont se résoudre à traiter l'affaire en se battant d'une manière particulièrement agressive (Ford Sterling, qui donne toujours l'impression d'improviser la sauvagerie, mord le nez de Chaplin à un moment): pas un concours de subtilité, vous vous en doutez. Néanmoins, à ce petit jeu, c'est quand même Chaplin qui gagne, et sur plusieurs niveaux: d'une part il est vraiment meilleur que Sterling, c'est évident. Mais surtout il est désormais amené à jouer aux côtés des vétérans, ceux qui attirent les foules, foules qui ne vont pas tarder à se mobiliser pour venir voir les films du nouveau comédien de la Keystone, en masse.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin Mack Sennett Roscoe Arbuckle
24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 18:34

Ceci est le premier de quatre films dans lesquels Chaplin est mis en scène par le vétéran de la Keystone George Nichols; les deux hommes, pour résumer, ne se sont pas du tout entendus... Mais on reconnaîtra à ce film, au moins, de varier les péripéties au lieu de faire comme dans Between showers, d'improviser des gags miteux dans un parc!

Et le film traite d'un sujet qui reviendra encore et encore: le cinéma. Il reviendra un peu chez Chaplin, mais surtout chez Sennett. Chaplin y interprète un vagabond qui se rend au cinéma, et y apprécie tant le court métrage Keystone interprété par une belle jeune femme (Peggy Pearce), tant et si bien qu'il se met à traîner aux alentours du studio, et s'y introduit en douce, afin de voir la jeune femme. Mais il va surtout mettre la pagaille au studio...

Dans le positif, on peut noter le jeu sur tous les aspects du cinéma: le spectacle cinématographique dans la première partie, avec la réaction des spectateurs; les tournages (et une incursion dans le mode de fonctionnement de la Keystone, un studio dans lequel on peut tout arrêter pour se rendre dare-dare avant les pompiers sur un lieu d'incendie, et filmer des images sublimes pour pas un rond!), mais aussi les coulisses: Chaplin en arrivant au studio voit aussi arriver les acteurs qui se rendent à leur lieu de travail: Ford Sterling et Roscoe Arbuckle ont en particulier une courte interaction avec le comédien.

Mais ça reste quand même un peu trop porté sur les coups de pied au derrière, tout ça...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin
23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 19:01

C'est le quatrième film de Chaplin pour la Keystone, le cinquième si on considère les quelques secondes durant lesquelles il apparaît dans A thief catcher de Ford Sterling, mais l'acteur avait déjà des motifs sérieux d'insatisfaction... Notamment le manque total d'inventivité des metteurs en scène, Lehrman en tête (mais Sterling, Nichols, ou Sennett lui même, ne font pas mieux), et ce film en est un exemple particulièrement éprouvant: Sterling en est la vedette, et il joue un homme qui convoite un parapluie et une jeune femme, entre deux averses (d'où le titre), mais le policier Chester Conklin souhaite justement garder son uniforme, et le vagabond Chaplin quant à lui aimerait bien mettre la main sur l'ustensile et la jeune femme. Le tout improvisé dans les rues de Los Angeles après une averse, et dans les paysages de Griffith park.

C'est en effet très pénible à regarder, le script est inexistant, et la psychologue plus sommaire que celle d'une rencontre entre un footballeur, Nadine Morano et Donald Trump... Bref, ce serait à fuir, si Chaplin n'y développait pas sa gestuelle, qu'il est à ce moment en train de raffiner: il est vrai qu'il a eu la chance de tourner sous la direction de Mabel Normand, qui elle en revanche avait tout compris, et planifiait et raffinait ses films. Chaplin voulait aller dans cette direction... ce qui ne l'empêcherait pas, à son tour de tourner ça ou là, vite fait mal fait, quelques courts métrages improvisés dans des parcs, avec des briques à lancer sur ses camarades...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin
23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 18:26

Ce qui est sans doute le troisième film interprété par Chaplin à la Keystone, après Making a living et Kid auto races at Venice est un film de l'actrice Mabel Normand: une excellente occasion de rappeler l'importance de celle qui, non contente d'être la star féminine numéro un du studio de Mack Sennett, avait aussi pris en charge la réalisation de certains de ses films. Plus que Henry Lehrman, metteur en scène des deux premiers, c'est finalement à elle qu'on doit la vraie apparition du personnage de Chaplin, même si il ne faut pas se leurrer: elle lui a certainement attribué un rôle, mais la gestuelle, l'incroyable contrôle, et cette vie intérieure trahie par le moindre mouvement de canne, c'est du Charles Chaplin à 100%! De là à faire comme tous les premiers historiens du cinéma, qui ont directement imputé à Chaplin seul la création de tous ces films de jeunesse, il y a un pas qu'on ne peut pas franchir... La preuve en images.

D'ailleurs, dans Mabel's strange predicament, Chaplin est la valeur ajoutée: il est un client saoul dans un hôtel, qui vient ajouter un grain de sel rigolo dans la routine d'un lieu de villégiature qui se transforme aisément en une mine d'embarras. Mabel est, avec son chien, cliente de l'hôtel; elle y reçoit (en tout bien tout honneur) son petit ami, et elle a des voisins qui sont un vieux couple dot l'épouse ressemble à une définition vivante du mot "irascible". Suite à un incident, Mabel et son chien se retrouvent coincées dans le couloir, la jeune femme étant en déshabillé... Elle se réfugie dans la chambre d'en face, sous le lit en attendant d'y voir plus clair. Mais le voisin revient, suivi par son petit ami à elle, puis l'épouse... et enfin Chaplin, toujours aussi saoul.

Dans cette usine de saucisses filmiques qu'était la compagnie de Sennett, Mabel Normand est celle qui la première a ralenti l'action, afin de donner corps aux personnages, mais aussi afin de laisser son charme mutin agir... Cette situation ne serait pas aussi embarrassante si Mabel Normand n'était pas une jeune et jolie demoiselle, bien sur. Mais que de chemin parcouru entre les films tournés-montés improvisés dans la rue (Kid auto races) et ce petit mélodrame rigolo de la non-infidélité...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charles Chaplin