A Londres, le Dr Watkins (Porky Pig) nous narre les aventures de Dorlock Homes (Daffy Duck), sur la piste du dangereux Shropshire Slasher (l'égorgeur du Shropshire)...
C'et vrai que Chuck Jones, auteur de la série de dessins animés la plus systématique de toute l'histoire des images qui bougent (Wile E. Coyote, bien sûr), n'était pas un ennemi de la redondance... Lassé des personnages de Daffy Duck et de Porky Pig, il les a lancés dans une série de parodies, où systématiquement, le calme et l'efficacité de Porky, pourtant considéré comme le faire-valoir, étaient évidentes face à la médiocrité du héros Daffy... En Sherlock Holmes, ce dernier est une caricature de bon aloi, mais le plaisir àprendre dans ce film est plutôt dans les trognes des figurants, et dans le dialogue qui est truffé de lexique surranné Anglais, que dans les gags répétitifs d'un canard qui ne ressemble plus qu'à l'ombre (bavarde et râleuse) de lui-même.
Ce film sera le dernier réalisé par Chuck Jones avec les deux souris Hubie et Bertie: Pepe le Pew, d'une part, et le Coyote d'autre part, accaparaient son temps... Mais pour ce dernier effort, l'idée est d'inverser la situation de base: Hubie et Bertie ont fait un tel festin de fromage, qu'il en sont dégoûtés. Ils décident de se supprimer... Ils s'invitent dans la gueule du chat Claude... qui n'en revient pas. A partir de là, la logique quitte le terrain de jeux...
C'est le principe: car plutôt que de profiter tout simplement de l'occasion, Claude questionne la réalité de ce qui lui arrive, tout comme le chien qui sera le témoin d'une situation absurde (deux souris qui font tout pour se faire manger, qui refusent toute consommation de fromage, et un chat qui fuit sa responsabilité de manger des rongeurs), se mettra à courir après le camion de la fourrière pour se laisser attraper...
Comme dans Mouse Wreckers, Hubie et Bertie, les deux souris, sont empêchés de squatter une maison par la présence de Claude le chat... Mais ils constatent qu'il est tellement hypochondriaque que ce sera un jeu d'enfant de se débarrasser de lui...
Le film repose entièrement sur l'approche psychologique systématique de Hubie, qui met au point des stratagèmes hallucinants pour provoquer l'angoisse de Claude, allant jusqu'à simuler sa mort! Et la dynamique est corsée magnifiquement par le timing particulier du chat, qui a des réactions formidables. Chuck Jones a toujours été un partisan du systématisme créatif (comme en témoignent sa trilogie sur la chasse au lapin et au canard, mais aussi l'ensemble de ses aventures du Coyote), mais ici il atteint sans aucun effort visible la perfection...
Les deux souris Hubie et Bertie décident de s'installer dans une nouvelle maison qui leur tend les bras, mais il y a un chat: Claude, le chat roux (dans sa première apparition) est en effet un chat particulièrement efficace pour chasser les souris... Hubie a donc une série d'idées pour l'éloigner définitivement...
D'une part, les idées délirantes et très ouvragées de Hubie (qui déclenchent systématiquement l'hilarité de Bertie, qu'on peut sans détour qualifier de "simplet"), et d'autre part les réactions extraordinairement plastique de la victime, Claude, qui derrière son élégance cache une âme éternellement tourmentée... En recréant le personnage de Claude (d'autres chats bien différents avaient répondu à ce nom dans des courts métrages du réalisateur), Chuck Jones a eu la bonne idée de le confronter à ces deux souris pour trois confrontations hilarantes.
Deux souris, Hubie et Bertie, se rendent dans une maison de démonstration de la "maison de demain", crée par Frank Lloyd Wrong... Tout y est mécanisé,et les deux animaux sont confrontés à des gadgets technologiques délirants. Il s'attellent méthodiquement à la tâche de tout saboter...
C'est une reprise d'une situation déjà explorée dans un court métrage de 1938, Dog gone modern, mais avec deux chiens plutôt mignons, les "two curious puppies"; mais a la naïveté des deux chiots, le nouveau film oppose deux souris irresponsables... Les deux souris et leur dynamique permettent de maintenir l'intérêt...
On pense aussi a un court Disney avec Donald, Modern inventions...
Hubie et Bertie, les deux souris de The Aristo-Cat, reprennent du service: ils sont nettement mieux définis, et la dynamique entre eux est très laire: Hubie est le malin, et Bertie l'idiot de la paire... Hubie a les idées et son copain le suit aveuglément. Dans ce film, ils tentent de persuader un chat qu'il est un lion... Et qu'il lui fait s'attaquer à d'autres animaux, qui seront tous incarnés par un gros chien...
C'est profondément idiot, certes, mais ça défoule. Et l'animation est superbe, classique et très mobile... Chuck Jones est bien plus à l'aise dans l'absurde grinçant que dans la mièvrerie, de toute façon, ce film en est une preuve évidente...
Notons que le titre, un abominable jeu de mots comme souvent, est une parodie du titre d'un film de la Warner, cette fois Roughly speaking de Michael Curtiz...
Les souris ont toujours influencé les dessins animés, et les influenceront toujours... Ici, pourtant, elles ne sont qu'un prétexte, qui disparait assez vite: Porky découvre, alors qu'il souhaite dormir, qu'il a des rongeurs chez lui... Il va donc chercher à s'en débarrasser, d'abord par un piège... Qui ne marche pas. Il se résoud donc à prendre un chat, qui règle le problème, mais... Comment s'en débarrasser quand la bête invite ses copains pour une beuverie?
C'est drôle, rythmé, inventif... Les deux souris sont vaguement, lointainement inspirés de Hubie et Bertie, mais on les verra assez peu. De son côté, le chat a des faux airs de Claude, le premier du nom, qui était un chat trop gâté dans The Aristo-Cat...
Le film possède ses moments fabuleux de virtuosité dans l'animation, notamment dans un réveil de Porky Pig qui fait diablement penser à Bob Clampett, offrant une variation sur la démultiplication du mouvement expérimentée par ce dernier en compagnie de l'animateur Rod Scribner.
Cet "Aristo-cat"-là n'a pas de lien de parenté avec les chats de Disney, qui seront les héros d'un film de 1970... C'est le héros d'un unique film, dans lequel il croisera deux personnages qui en revanche auront droit à plusieurs apparitions: deux souris...
Le chat Claude (rien à voir avec l'autre chat du même nom, un filou roux qui apparaîtra dans quelques films du même Chuck Jones) est le chouchou de sa propriétaire, une bourgeoise assez excentrique, qui confie le cher ange à son majordome, Meadows. Mais le chat lui fait subir une telle série de malheurs qu'il donne sa démission: devant se débrouiller seul, Claude est bien mal parti, et il va recevoir des conseils d'une paire de souris, Hubie et Bertie, l'un plus malin et l'autre plus idiot, de vrais voyous en tout cas...
C'est un bon film, riche en gags et en caractères, avec une situation absurde qui est jouée jusqu'à ses dernières limites... En particulier, on conseille à Claude, qui ne connait rien, de s'attaquer à une souris, mais c'est en fait un gros, très gros bull-dog...
Un gros client, le gangster E.G. Robincat, arrive à la taverne de Tuffy, spécialisé dans l'accueil des chats: il veut manger une souris. Tuffy est dans l'incapacité d'amener une souris, c'est donc au garçon (qui est particulièrement bête) de trouver une victime. C'est Sniffles qui va s'y coller...
C'est assez quelconque, on a l'impression que le film a été fait pour remplir un trou dans la progrmmation. Le personnage Sniffles a de toute façon bien vécu, il s'agit de son dernier film... Comme dans The unbearable bear, il manque de gâcher le film définitivement en parlant trop... On apprécie la tentative de caricaturer E.G. Robinson, même si Avery vait été plus efficace dans Thugs with dirty mugs en 1938...
Sniffles a grandi... Un oeuf qui est tombé d'un nid de faucon se retrouve dans sa tanière, et quand il éclôt, la petite souris se décide à élever le poussin... Qui ne tarde pas à être 10 fois plus grand que lui... Sauf que quand il décide de se documenter sur l'animal qu'il a vu grandir, Sniffles en lisant un livre s'aperçoit que la bête mange des rongeurs...
L'ouverture du film, qui nous montre le périple de l'oeuf, est magistrale, avec un timing fantastique. On sent, à travers ce prologue qui prend son temps, que la production avait besoin de remplir un peu! C'est vrai que sinon, l'argument de ce film est mince comme une feuille de papier à cigarette... Sniffles, d'une certaine manière, a bien grandi, et au débit on entend même sa voix menacer de muer! Il reste désespérément naïf, mais le film est tendre, bien fait et plein de petites surprises...