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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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5 février 2026 4 05 /02 /février /2026 17:10

Irene O'Dare (Colleen Moore) est une jeune femme, la fille de deux immigrants Irlandais (Kate Price, Charles Murray), qui contribue à la pitance familiale en travaillant dans un grand magasin: elle incarne une jeune femme aisée dans une vitrine consacrée à de la literie. Mais elle se fait licencier, et sur un coup de tête sa mère la jette dehors... Elle répond à la sollicitation d'une amie, qui lui propose de participer à une sortie nocturne, mais elle n'apprécie pas le comportement de l'un des invités de la soirée... Arrivée à New York, elle devient modèle un peu malgré elle dans une boutique dont l'un des partenaires, le richissime Donald Marshall (loyd Hughes) s'est entiché d'elle...

Les films de Colleen Moore à la First National, dans l'enemble, suivaient une formule bien établie: une jeune femme, généralement de la classe ouvrière, suivait ses aspirations, mais en prenant bien le soin de ne pas outrepasser les limites de la morale, ou de la décence. A la fin, elle parvenait à ses fins, ou éventuellement à une leçon morale acceptable. On peut toujours râler devant la prévisibilité, ou devant le systématisme, mais le fait est que la plupart des "véhicules" de star établies (les films taillés pour les acteurs précisément) étaient confectionnés de la même manière et satisfaisaient le public... 

Irene ne faillit pas à cette règle, et me fait penser comme souvent les films de Miss Moore à... Harold Lloyd. Ce dernier lui aussi construisiat ses films autour de l'élévation d'un personnage... Car l'idiome cinématographique qui convenait le mieux à Colleen Moore, comme Lloyd, était la comédie, un domaine qui lui permettait d'interpréter des intrigues bâties sur le modèle indiqué plus haut, tout en laissant libre cours à sa fantaisie sur des scènes spécifiques. La fameuse séquence des yeux qui partent dans tous les sens dans Ella Cinders, par exemple, ou l'importance de la danse dans Why be good, ou bien sûr une séquence de maquillage particulièrement bien observée dans le film Flaming youth (lun des seuls segments du film a avoir été sauvegardé) en sont des preuves.

Outre une histoire qui fonctionne très bien toute seule, le film était construit autour d'une scène en Technicolor qui montre un défilé de mode: cette séquence n'est pas en couleurs dans la copie visionnée, et de fait même si on en annonce l'existence dans de nombreuses sources, il est dur d'y avoir accès. Et plutôt que cette scène un peu longuette et un poil trop sophistiquée, on préfèrera des moments de drôlerie qui anticipent sur la Screwball comedy: après sa soirée désastreuse, Irene, en robe de soirée, croise une autre femme qui vient de subir les affres des mains baladeuses des hommes; celle-ci, sans se démonter, sort d'un paquet qu'elle porte sur elle deux patins à roulettes. Chacune des deux femmes en porte un et elles s'éloignent tranquillement, bras dessus bras dessous... Lors de ses débuts de mannequin, Irène est entre les mains de "Madame Lucy" (George K. Arthur), un tailleur qui la trouve peu à son goût ("une saucisse aurait plus de classe"); c'est la première fois qu'elle se fait habiller sur mesure, et l'actrice se plait à improviser une série de loufoqueries avec esprit...

 

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Published by François Massarelli - dans Colleen Moore Alfred E. Green 1926 Muet
20 janvier 2025 1 20 /01 /janvier /2025 16:06

Une maman meurt... Sa fille, une petite de deux ans environ, est recueillie dans un orphelinat où elle va grandir pour devenir la grande soeur préférée (Colleen Moore) de ses petits compagnons d'infortune, par la capacité qu'elle a su acquérir, de transcrire les aspects gênants de la réalité, en des histoires fantastiques... Mais elle est recueillie par un oncle et une tante, qui vont lui faire subir le traitement des orphelines dans le mélo classique: elle devient une bête de somme, à laquelle les deux monstres refusent le moindre plaisir... Puis elle va aller de foyer en foyer, et à chaque fois sa résilience devient communicative.

C'est le premier film en vedette pour l'actrice Colleen Moore, et celle-ci crève l'écran, elle y est déjà pétillante, à 19 ans. C'est un film inspiré par un auteur désormais surtout connu dans son état d'origine, James Whicomb Riley. Un écrivain décédé en 1916, qui a eu son heure de gloire en écrivant des contes pour enfants... Bien blancs, comme le yaourt! N'attendez pas de voir une fraternité quelconque exprimée entre les enfants Anglo-saxons et les autrs origines dans ce petit film, ce n'était pas du tout à l'ordre du jour. 

Ce n'est pas un mauvais film cependant, une fois qu'on a accepté le côté "mélodrame pour rire", avec l'inévitable "mais non, c'était un rêve" quand tout va mal, ou encore l'impression qu'on était devant un sous-produit des films de Mary Pickford. Après tout, à aucun moment, et c'est tout à son honneur, Colleen Moore ne cherche à l'imiter. Le metteur en scène, l'estimable Colin Campbell, s'est efforcé de trouver des traductions visuelles de l'imaginaire bouillonnant de son personnage, et parfois ces étranges créatures seraient volontiers effrayantes... Visuellement, le film doit beaucoup aussi à l'univers plastique d'un Maurice Tourneur, et aux splendeurs visuelles que les cinéastes Américains commençaient à explorer...

 

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Published by François Massarelli - dans Colleen Moore 1918 Muet **
4 mai 2024 6 04 /05 /mai /2024 08:37

Mary (Colleen Moore) et Jack (Earle Rodney) s'aiment: ils sont tous les deux nés dans de bonnes familles Californiennes, et tout irait pour le mieux (Jack a même acheté la bague, c'est dire) si Mary n'avait une obsession pour le théâtre... Et tant qu'elle n'aura pas tenté sa chance dans le métier d'actrice, elle ne pourra concevoir de se marier. Un jour, alors qu'ils sont au théâtre, pour une représentation d'un drame à la Quo Vadis ("The fall of Rome"), une grève des acteurs se déclare à la fin de la représentation: la troupe, ou du moins ce qu'il en reste, décide de faire appel à la population locale... C'est la chance que Mary attendait: elle va donc incarner la jeune Chrétienne attachée sur le dos d'un taureau dans le clou du spectacle...

C'est d'une forme très classique: le film a une durée de 24 minutes en deux bobines. La première est consacrée à l'exposition, puis la représentation théâtrale, vue à la fois depuis le public, et depuis les coulisses, ce qui lui donne évidemment une certaine saveur (le héros de la pièce partage sa loge avec la vache qui sert à incarner le taureau dans la scène principale, et un assistant se trompe de consommateur quand il apporte le foin); la deuxième bobine se consacre à la prépartion, puis la représentation, de la pièce avec les acteurs amateurs. Les mêmes scènes sont donc montrées, mais elles sont médiocres la première fois, et désastreuses la deuxième...

C'est enlevé, drôle, jamais excessif, et efficace. Colleen Moore, fidèle à sa légende, pétille de bout en bout avec une énergie considérable, ce qui est d'autant plus drôle qu'avec ce film ainsi qu'avec l'un de ses plus gros succès, Ella Cinders, elle aura incarné deux personnes dont les carrières d'actrices vont tourner au désastre... des rôles de composition assurément.

 

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Published by François Massarelli - dans Al Christie Colleen Moore Muet
18 mars 2024 1 18 /03 /mars /2024 16:15

Réalisé pour le compte de la Vitagraph, ce film n'a survécu que dans une copie établie dans les années trente pour l'exploitation en 9,5mm, donc dans un format très réduit... Il n'en reste qu'une dizaine de minutes, dont la moitité au moins est consacrée au final spectaculaire...

L'intrigue, ou du moins ce qu'il en reste, concerne Jack Bradbury (Warner Baxter), un homme injustement accusé d'un meurtre, et l'amour que lui porte une jeune femme pure et virginale (Colleen Moore d'avant la comédie); avant d'être disculpé à temps, il participe au sauvetage de plusieurs personnes lors d'un incendie impressionnant...

Le principal ingrédient du film est donc préservé, dans une version raccourcie, mais avec une certaine intensité, cela va sans dire. La décennie des années 20 est vraiment celle durant laquelle le cinéma Américain va passer ma^tre dans la représentation des désastres en tous genres, et cet incendie, même danssa version raccourcie en 9,5, est impressionnant malgré tout. Dommage que le reste du film (et les prestations de Colleen Moore, très amenuisée, et celle de Gertrude Astor qui a carrément été supprimée) n'ait pu être préservé aussi...

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Published by François Massarelli - dans Colleen Moore Muet 1922 *
4 janvier 2024 4 04 /01 /janvier /2024 17:44

Un homme, libéré d'un séjour forcé chez les "indiens" de Nouvelle Angleterre, rejoint la colonie du Massachussetts où il était attendu deux années auparavant par sa jeune épouse. Roger Prynne (Henry B. Walthall), qui dissimule son identité, apprend donc que sa jeune épouse Esther (Colleen Moore) ne l'a pas attendu, puisqu'elle est désormais marquée de l'infamie: un A pour "adultère" est désormais cousu sur ses vêtements. C'est qu'on ne rigole pas avec les moeurs dans les colonies puritaines en 1642... Ce que la communauté attend de la jeune femme, c'est qu'elle révèle le nom de son amant... Mais si elle s'y refuse, nous, nous le saurons bien assez tôt...

Difficile de revenir à The Scarlet Letter après la production MGM de 1926n et l'interprétation magistrale de Lillian Gish... Qui avait payé de sa personne en rappelant le statut de classique Américain du roman de Nathaniel Hawthorne publié en 1850... Si Colleen n'est pas Lillian Gish, il ne parait pas totalement inconcevable qu'elle interprète le role d'Esther... étant entendu qu'elle ne pourra pas faire oublier l'interprétation de son illustre collègue! Elle est solide, et s'en tire d'autant plus que contrairement au film de 1926, celui-ci se sépare du premier acte de l'histoire, celui qui mène à la relation entre Esther et le père de son enfant. 

Le scénario incorpore une série de vignettes qui étaient déjà dans le film précédent, et dont le ton exagère l'humour un peu balourd. Car quand Sjoöström racontait les aventures des puritains qui contrevenaient aux lois religieuses, y compris pour de modestes péchés (un baiser volé par exemple), il finissait toujours par revenir aux arrières-plans dramatiques, et à une charge anti-puritaine. Ce dernier asect ne peut pas être aussi important dans cette version où toute scène impliquant le pilori, par exemple, tourne à la joyeuse rigolade. C'est qu'on est en pleine période post-code (depuis le début du printemps 1934) et désormais les pères-et-mères-la-pudeur de Joseph Breen veillent à la bonne moralité du cinéma... Comme en témoigne un avant-propos ui serait un bon  gag si l'intention n'était justement de le prendre au premier degré: en gros, il s'gait d'excuser le fanatisme religieux des puritains du XVIIe siècle (ces gensavec un appétit, disons, brûlant pour la piété), qui ne peut avoir existé que pour de bonnes raisons, nous dit-on.

Dommage que ce film à moitié intéressant, soit le dernier effort d'une très grande actrice. Quant à Roberg G. Vignola, qui ici est un peu coincé, il nous rappelle qu'il n'est pas Sjöström... Bon, on le savait, mais avec Marion Davies, il a fait quelques films qui méritent d'être vus (Beauty's worth, et surtout l'extravagant When Knighthood was in flower, par exemple)... Et en plus, rejeté et coincé dans un placard trop petit pour lui, qui était gay dans l'impitoyable communauté d'Hollywood qui n'acceptait l'homosexualité que chez les gens qui avaient suffisamment d'argent pour qu'on regarde ailleurs, comme Cukor, il aurait eu des choses à dire avec un film qui se prétait à un plaidoyer pour la tolérance et contre le fanatisme!

 

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Published by François Massarelli - dans Colleen Moore Robert Vignola
22 juillet 2022 5 22 /07 /juillet /2022 08:55

"Twinkletoes" (Colleen Moore) est une jeune femme pétillante qui a grandi dans le quartier très populaire de Limehouse, avec son père (Tully Marshall) très aimant. Elle danse et est en train de devenir la star du quartier avec son numéro de music-hall. Elle est attirée par l'autre étoile des lieux, le boxeur Chuck (Kenneth Harlan), qui le lui rend bien, mais il est, hélas, marié: avec Cissie (Gladys Brocknell), une créature perfide, alcoolique et de mauvaise vie, certes, mais quand même! Un soir, la jeune femme se fait agresser dans la rue, et Chuck la protège. A partir de là, Cissie va tout faire pour accomplir sa vengeance, et en particulier dénoncer les agissements illégaux du père de sa rivale: tout le monde le sait à Limehouse, c'est un voleur. Enfin, tout le monde, sauf bien sûr sa fille.

Ce n'est pas Ella Cinders, d'Alfred Green, qui a été tourné un peu avant. Donc exit la comédie burlesque et de caractère, sous la haute protection de Harry Langdon qui venait de faire son entrée à la First National... Twinkletoes est un mélodrame assez classique, mais qui a une particularité, celle d'être déguisé en un conte de fées à l'ancienne, dans lequel Charles Brabin utilise à fond les caractéristiques culturelles de Limehouse pour montrer un monde à part, celui d'un quartier qui vit à son propre rythme et replié sur lui-même... En quelque sorte, d'ailleurs, c'est le point de vue de la jeune femme qui lui sert d'héroïne que le film nous expose...

Le script est, comme le film de Griffith Broken Blossoms, inspiré d'une nouvelle de Thomas Burke, qui avait compilé ses histoires dans un recueil intitulé Limehouse Nights. On y retrouve des Londoniens de la classe ouvrière, et une forte communauté Asiatique (donc attention aux stéréotypes) dans un univers fait de débrouille, d'échappatoires divers à la pauvreté, et de distractions populaires: à la boxe, déjà présente dans le film de Griffith, vient s'ajouter cette fois e fait que Colleen Moore va briller sur les planches. L'actrice, qui a 27 ans au moment des faits, mène la danse, littéralement, avec une énergie incroyable, mais elle est quand même adroitement doublée dans de nombreux plans éloignés. Elle permet aussi, par son jeu dynamique, de rapprocher constamment le film du ton de la comédie, un médium dans lequel elle était décidément très à l'aise...

Le film pourtant utilise des ressources propre au mélo, avec en particulier un certain nombre de personnages qui vont mettre des bâtons dans les roues de la romance entre Harlan et Moore: Gladys Brocknell, qui jouera la méchante soeur de Janet Gaynor dans Seventh Heaven, ou encore Warner Oland dans le rôle ultra-stéréotypé de manager véreux, plus attiré par ses danseuses que par la bonne marche de son établissement. Du coup, il devient difficile de prendre le film au sérieux, mais ça marche totalement en sa faveur!

Pas de quoi bouder un plaisir un peu fainéant, donc...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Colleen Moore 1926 **
11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 16:51

Ce film qui date de la dernière année du muet n'est peut-être pas le joyau de la couronne des années 20, mais il est quand même valable à plus d'un titre: d'une part, cette petite comédie sans prétention est l'un des deniers films majeurs (entendre par ce mot, produit par un studio important, en l'occurrence la First National, et avec en vedette une star notable) à avoir été retrouvés, sachant que ce genre de découverte sera désormais très rare compte tenu de l'utilisation de pellicule "nitrate".

Ensuite, la Warner, désormais propriétaire du film, a mis des moyens conséquents dans la restauration, ce qui est une excellente nouvelle; enfin, il y a Colleen Moore, dans un rôle qui n'est plus de son âge, mais on s'en fout: elle est une 'flapper' qui tombe amoureuse de son patron, et celui-ci, interprété par Neil Hamilton, la met à l'épreuve car il doute de sa moralité.

Colleen Moore peut ainsi s'en donner à coeur joie et passer d'une émotion à l'autre avec une virtuosité qui laissera pantois, et comme elle est, rappelons-le, une ancienne danseuse, elle joue de son corps avec une aisance peu commune y compris à l'époque du muet. Elle a un rôle qui la rapproche beaucoup de Clara Bow qui avait triomphé dans un personnage assez proche (It, Clarence Badger, 1927), mais on peut aussi penser à la jeunesse dorée incarnée par Joan Crawford dans Our dancing daughters en 1928... Seiter n'est pas Lubitsch, mais il fait bien son boulot, et la splendide copie est une autre bonne nouvelle. Le film est typique de l'approche du cinéma Américain dans ces années du "jazz age": on montre la jeunesse, tout en lui donnant une leçon de savoir-vivre. Notons que le père du héros, sensé incarner la docte sagesse, s'avère finalement un peu plus sensé que son fils... Mais un peu trop pragmatique pourtant! Prenant acte du fait que son fils fricote avec une employée de son magason, il la licencie sur le champ...

"Jazz age": ça mérite peut être un rappel en forme d'explication: en ces années 20, faites de contradictions, d'une part des pères-la-pudeur ont eu la peau de l'alcool et d'autre part la débauche est devenue un sport national. C'était le rôle des stars, Clara Bow, Joan Crawford ou Colleen Moore, d'incarner un juste milieu: des filles qui aiment faire la fête, mais sans pour autant s'abîmer dans la luxure: c'est tout le sujet de ce film, justement...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie 1929 Colleen Moore William Seiter **
2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 22:47

Un film qui a sans doute fait beaucoup pour cristalliser l'image de la "flapper", la jeune femme insouciante, à travers les aventures romantiques de jeunes gens de la haute, qui se traînent de partie fine en inauguration de piscine. Un film qui a aussi inauguré le statut de star pour Colleen Moore, ce qui est une bonne idée: la dame avait un sacré talent, il suffit de la voir interpréter la fameuse scène du miroir, dans lequel elle use de toutes les facettes d'expression de son visage pour faire passer l'émotion d'une coquette qui se fait un film en se maquillant. Le film, hélas, est perdu... N'en restent que des fragments disjoints: chutes? Bande-annonce pour exploitants? Extraits assemblés par une main anonyme? On ne sait pas, mais il n'en reste que 11 minutes.

Hélas...

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Published by François Massarelli - dans Muet Colleen Moore 1923 Film perdu
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 18:03

Le cinéma muet Américain n’a pas manqué de s’intéresser à la Grande guerre, et DeMille n’a pas été en reste, puisque dès 1916, il intègre à sa Jeanne d’arc (Joan the woman) des séquences contemporaines quasi engagées, dans lesquelles Jeanne galvanise les troupes alliées. Avec la montée des sentiments pro-guerriers aux Etats-Unis, puis l’engagement de la nation aux cotés des Français et des Anglais, le cinéma a suivi, et les films, de propagande (Hearts of the world, Griffith, 1918) ou d’exploitation pure et simple (The kaiser, beast of Berlin, Rupert Julian, 1918) se sont succédé; pourtant on a le sentiment que de tous les films sortis pendant et après la première guerre mondiale, le premier chef d’œuvre sera tardif: The Big Parade (1925) , de King Vidor, reste le premier regard honnête du cinéma Américain sur ce conflit. J’exclus ici Shoulders arms (1918) de Chaplin, un peu léger quoiqu’en dise Sadoul, et Foolish Wives (Stroheim, 1922), qui se situe loin des conflits, mais dans lequel le souvenir de la guerre se retrouve dans tous les plans: c’est bien un chef d’œuvre, mais la guerre n’en est pas le centre. Après le Vidor, d’autres suivront, et le principal mérite de ce film MGM est d’avoir montré comment il fallait montrer la guerre : What price glory (Walsh, 1926), Wings (Wellman, 1927) et All quiet on the western front (Milestone, 1930).

The Little American, sorti en juillet 1917, est évidemment l’un des premiers films sur cette guerre, et le propos est, en dépit de la grandeur du sujet, on ne peut plus léger. Une jeune Américaine tiraillée entre un Français (Raymond Hatton) et un Allemand (Jack Holt), avec un faible pour ce dernier, se rend en France en plein conflit pour une affaire familiale, et tombe dans les filets d’une troupe d’abominables soudards Prussiens (Dont l'inénarrable Walter Long). Elle choisit son camp, et réussit à sauver son officier Prussien qui, de son coté, a pris conscience de la barbarie Allemande et a décidé de tourner sa veste après moult atermoiements. On l’imagine, les symboles plus ou moins lourds abondent (L'héroïne se fait offrir des chocolats aux couleurs du Stars and Stripes), et si il est notable que le jeune premier soit Prussien, les Allemands n’ont pas grand-chose d’ humain, préparant le terrain aux délires de 1918/1919 (Hearts of the world, Hearts of Humanity, etc…) dans lesquels Erich Von Stroheim croquera des petits enfants en violant des soubrettes (Je schématise). Et pourtant, et pourtant, dans ce film de pure propagande, scénarisé avec Jeanie McPherson et prévu pour être plus spectaculaire qu’intimiste, s’opère un miracle: une poésie de tous les instants, un bonheur cinématographique constant s’installent très vite, et emportant le spectateur, à condition que celui-ci soit consentant.

Si vous ne me croyez pas, eh bien c’est le même sentiment qui nous assaillent lorsqu’on regarde un Fairbanks de 1920/1929: Doug, c’est Doug. Eh bien Mary Pickford, c’est pareil! ...ces deux-là étaient décidément faits pour s'entendre: elle prend les rênes tambour battant, et DeMille la laisse faire, et la suit; les péripéties s’enchaînent, et on a droit à tous les morceaux de bravoures que les deux complices Pickford et deMille ont pu nous concocter en 85 minutes; et par moment, on est proche du génie raffiné de The cheat ou The Whispering chorus : le torpillage du Veritania (Le Lusitania était dans toutes les mémoires, mais DeMille a opté pour un changement de nom), par exemple, nous est montré d’abord avec un montage parallèle (La fête sur le bateau, les préparatifs dans le sous-marin, et les plans raccourcissent au fur et à mesure de l’approche de l’instant fatidique) puis, lors du naufrage, avec une débauche de jeux de lumières: le forte de DeMille en ces années de formation, et sa passion personnelle, liée à son amour des tableaux classiques, notamment des Flamands. Le résultat est vraiment beau et la stylisation est totalement appropriée. A d’autres endroits, on se rappelle le don du metteur en scène et de son chef-opérateur (Encore Wyckoff) pour éclairer les scènes de nuit en intérieur de manière à rendre des effets baroques, voire inquiétants: a ce niveau, ils étaient vraiment en avance, et le résultat est toujours réussi dans ce film.

Pour résumer, voici un film totalement distrayant, et qui fait honneur à tous ses participants (dont une toute jeune actrice, pour son deuxième rôle au cinéma, qui joue une domestique du Château de Vangy: Colleeen Moore), même s’il convient de rappeler que nous sommes en 1917, et qu’ils feront tous mieux. Mais je donnerai beaucoup de Joan the Woman pour un seul Little American, et encore plus de Geraldine Farrar pour une toute petite Mary Pickford.... Y’aurait-il du parti-pris ?

 

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 16:50

La proximité du titre de ce film avec Cinderella (Cendrillon) n'a rien d'une coïncidence: Ella Cinders (Colleen Moore) est en effet le mouton noir d'une famille recomposée, une jeune femme délaissée, bonne à tout faire de ses bonnes à rien de belle-mère et belle-soeurs... La chance viendra de ce que son ami Waite Lifter, à la fois bonne fée et prince charmant, va lui permettre de faire: il l'aide à participer à un concours organisé par un sudio de Hollywood. Ella gagne, se rend à Hollywood, et... comme Mabel Normand dans The extra girl, de F. Richard Jones, doit faire face à une sérieuse déconvenue: le concours n'était qu'une escroquerie. Mais Ella, qui en veut, réussit à s'introduire dans un studio, et après avoir mis involontairement son grain de sel dans un ou deux tournages (Dont une scène hilarante avec Harry Langdon), se fait engager...

Inspiré d'un comic strip alors très populaire, le film est une démonstration des talents très dynamiques de Colleen Moore, qui se posait un peu comme un équivalent féminin des clowns de l'écran, en particulier Harry Langdon, dont l'apparition était rendu possible par le fait qu'Ella Cinders était une production First National, comme les films de la star de la comédie. Moore, dont le physique la rapproche de Lillian Gish (Ce qui explique le choix de l'actrice pour un remake parlant de The scarlet Letter en 1934), est une comédienne au sens Américain du terme, une femme qui utilise la plastique de son corps, son visage en particulier, pour véhiculer la comédie: on rit beaucoup grâce à elle dans ce film, riche en gags. Le plus célèbre est basé sur un trucage, pourtant: Ella, devant son miroir, essaie de travailler son regard pour apprendre à jouer la comédie, et louche de multiples façons. Il fallait l'oser... Pas sur qu'une Gloria Swanson, ou une Lillian Gish se seraient prêtées au gag! Et l'histoire du film, calquée sur celle de Cendrillon, avec une douce ironie, fonctionne aussi bien que lorsque le fameux conte est appliqué au canevas d'un mélodrame. Green, qui restera un metteur en scène à la Warner après que celle-ci ait absorbé la First National, fait très bien son travail, et Lloyd Hugues en jeune premier est parfait: du grand art Hollywoodien, quoi...

Ce film du coup est un classique, qui supporte bien plusieurs visions, et à chaque fois on est ébahi par le fait que décidément, Colleen Moore, qu'il s'agisse de faire rire ou pleurer, qu'elle se batte contre ses méchantes "soeurs", sa méchante belle-mère, un cigare ou un lion, est impeccable!

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Published by François Massarelli - dans Muet 1926 Comédie ** Alfred E. Green Colleen Moore