Daffy Duckaroo est un cowboy hollywoodien qui vient de prendre sa retraite. Il souhaite visiter l'Ouest Américain, mais il se trouve en plein territoire Indien (comprendre "Natifs-Américains"). Il voit une jolie cane (avec des plumes) mais il doit la disputer à un grand costaud...
Totalement frappé, le personnage de Daffy Duck à ses débuts pouvait être complètement ingérable, voire pire: les films de McCabe le montrent gééralement sous ses dehors les plus extrèmes, et même si celui-ci a une intrigue, l'idée reste quand même de le lâcher dans les pires situations possibles, dans la frénésie et la folie furieuse.
Bref, c'est une fois de plus un film fort admirable de Norm McCabe...
Paris... L'agent secret Daffy Duck, dit Boston Quackie, reçoit une mission: apporter un attaché-case à l'ambassade de Slobovie... Hélas, dès la réception de l'objet il est subtilisé par un mystérieux espion au chapeau vert...
Ce n'est plus ce que c'était... J'en suis désolé: je me répète! Les dessins animés de la Warner à la fin des années 50 faisaient concurrence à la télévision, et il semble que l'idée ait été de les simplifier, voire de les cochonner... Admettons que l'intrigue ici est suffisante pour qu'on suivre même mollement, certains gags font à peu près mouche... Mais l'animation est repoussante, et pour tout dire maladroite. C'est un comble!
Daffy Duck a toujours été un personnage à part, difficile à cerner, et ce cartoon de 1945 le prouve. A cette période, les dés sont déjà jetés: Bugs Bunny, apparu par intermittences à partir de 1938, puis de façon plus fréquente depuis 1941, est devenu le personnage principal des cartoons de la Warner, supplantant sans aucun effort les autres vedettes confirmées et potentielles, soit à l'époque Porky Pig, Elmer Fudd, et Daffy Duck... Pourtant le lapin est né du canard, mais sa personnalité, moins franchement cinglée, s'est imposée d'elle-même.
Et Daffy Duck, personnnage ingérable dans Porky's duck hunt puis Daffy Duck in Hollywood, s'accommodait facilement des univers furieusement décalés de Bob Clampett, Tex Avery et Frank Tashlin, mais sa dynamique de fou furieux ne permettait pas de faire grand chose avec... Friz Freleng, ici, semble vouloir le démontrer en construisant un cartoon entier sur..
...Du vide.
Daffy Duck est donc tranquillement au bain (beaucoup de mousse dans un petit étang) quand il est dérangé par des pleurs, ceux d'un caneton. Il porte un mystérieux porte-documents... Mais aux questions de Daffy Duck, il répond par l'agression. Mais un chasseur, si poli, si précautionneux, arrive. Les deux canards tentent de lui échapper, mais très vite, d'une part Daffy devient la proie désignée du chasseur (qui ne peut raisonnablement s'attaquer à un caneton, fut-il grossier), et d'autre part les deux "adultes" finissent par se demander ce que contient le mystérieux porte-documents...
Vous le saurez à la fin.
C'est en tout cas un brillant exercice de style, de transition, qui montre Daffy Duck plus impliqué, plus au fait de l'intrigue, tout en se conduisant comme le trouble-fête qu'il était à ses débuts (il demande même à son animateur de lui dessiner un tonneau pour s'y cacher), mais qui ne se rend pas compte qu'il est au prise avec une construction savante à la façon des Bijoux de la Castafiore...
C'est le troisième et dernier film de la trilogie de la chasse, par Chuck Jones. Dès le d"part, on se souvient que dans le précédent, Daffy avait confirmé sa duplicité en plaçant des pancartes indiquant la saison de la chasse au lapin. Et sur ces entrefaites, arrive Elmer Fudd avec son fusil...
C'est toujours le cas: dans la mesure où c'est effectivement la saison de la chasse au canard, Daffy Duck a forcément un grand besoin de détourner la conversation...
Et en parlant de conversation, tout ici est, une fois de plus, question de mots, de répétition, de timing, de détournements de l'intrigue, et bien évidemment, ce bec de canard qui subit toutes les avanies possibles...
En finissant avec ce film la "trilogie" absurde et immobile de ce triangle de personnages loufoques et énervés, Chuck Jones et son complice le scénariste Michael Maltese se doutaient-ils qu'ils venaient de changer totalement non seulement les héros du film, mais aussi les règles de la dynamique d'un cartoon? Je ne le sais pas, mais clairement, à partir de là, les rôles de Bugs Bunny et surtout de Daffy Duck ne seraient plus jamais les mêmes.
C'est la saison de la chasse, comme nous l'indiquent des dizaines de pancartes, toutes posées par Daffy Duck: il le reconnait lui-même. Sauf qu'il ajoute qu'en réalité c'est la saison de la chasse... Au canard.
C'est la saison de la chasse, et Elmer Fudd, accoutré comme il se doit, est donc de sortie avec son fidèle fusil. Il assiste presque en victime non-consentante à un dialogue absurde entre un lapin et un canard cinglés, qui jouent en permanence sur les mots, interrompent le flot du dessin animé, commentent sur leurs dialogues, le tout saupoudrés de gags impossibles impliquant le bec amovible de Daffy Duck. Bref, c'est le deuxième film de la trilogie de la chasse de Chuck Jones... Un de ces films qui auront pour conséquence de redéfinir complètement les personnages qui y apparaissent.
A Londres, le Dr Watkins (Porky Pig) nous narre les aventures de Dorlock Homes (Daffy Duck), sur la piste du dangereux Shropshire Slasher (l'égorgeur du Shropshire)...
C'et vrai que Chuck Jones, auteur de la série de dessins animés la plus systématique de toute l'histoire des images qui bougent (Wile E. Coyote, bien sûr), n'était pas un ennemi de la redondance... Lassé des personnages de Daffy Duck et de Porky Pig, il les a lancés dans une série de parodies, où systématiquement, le calme et l'efficacité de Porky, pourtant considéré comme le faire-valoir, étaient évidentes face à la médiocrité du héros Daffy... En Sherlock Holmes, ce dernier est une caricature de bon aloi, mais le plaisir àprendre dans ce film est plutôt dans les trognes des figurants, et dans le dialogue qui est truffé de lexique surranné Anglais, que dans les gags répétitifs d'un canard qui ne ressemble plus qu'à l'ombre (bavarde et râleuse) de lui-même.
Venu peindre de beaux paysages, Porky Pig est dérangé par Daffy Duck, qui s'est fixé comme seule mission de l'importuner à l'extrème... Ce qu'il fait dans le désordre absolu, avec un sens de l'improvisation qui laisse pantois...
C'est curieux comme McKimson, qui allait devenir le plus ennuyeux des metteurs en scène de dessins animés de la Warner, avait à coeur à ses débuts dans la "supervision", comme on disait chez Leon Schlesinger, de respecter le personnage de Daffy Duck tel qu'il avait été créé par Tex Avery et Bob Clampett. Bien qu'ici il ait trouvé son maitre: à chaque tentative du canard d'embrouiller son antagoniste, celui-ci répond du tac au tac, notamment en sortant de permis tous plus absurdes les uns que les autres...C'est loufoque et fortement plaisant.
Qu'il me soit une fois de plus permis de rappeller à tous les esprits échauffés par le titre de ce film, qu'à cette époque lointaine, le terme Boob n'était pas encore largement utilisé pour désigner les glandes mammaires. Ce film de la série des Looney Tunes n'est donc pas une invitation à une partie fine dans les bois en compagnie de jeunes nymphes dans le plus simple appareil.
Parmi les expériences désastreuses et même parfois gênantes des années 60, les équipes des Looney Tunes ont parfois tenté des appariments inédits. Ce film tente de concilier l'univers de Speedy Gonzales, celui de Tweety (à travers le personnage de Granny) et le personnage de Daffy Duck...
Dans la maison de Granny, Sylvester s'épuise à courir après Speedy Gonzales... Il est au bord du burn-out, alors il faut faire appel à des spécialistes, qui envoient Daffy Duck...
C'était une assez bonne idée, mais qui vient quinze années trop tard: autant les personnages de Sppedy et surtout Sylvester (le plan qui le montre en dépression nerveuse est d'une grande efficacité, sans parler de la cruauté) restent assez fidèles à leur image, autant Daffy n'est plus que l'ombre de l'ombre de lui-même! un personnage gâché par des années de médiocrité...
Avant qu'il ne ralentisse considérablement le tempo, et qu'il n'affadisse son univers, Chuck Jones a été un réalisateur parfait pour Daffy Duck, qu'il ne dirigeait pourtant qu'avec parcimonie... Ici, on retrouve Daffy et Porky en protagoniste du XVIIe siècle, autour de l'hypothèse d'un repas de dinde...
Porky pourchasse une dinde, mais daffy aide cette dernière à se cacher, jusqu'à ce qu'il entrevoie les possibilités gourmandes d'un retournement de veste. Mais la dinde n'est pas prête à se laisser faire...
Je réalise à quel point il est impossible de vraiment résumer ce film: certes, l'intrigue est bien là, mais... Le style, délirant et plastiquement constamment inventif, ne peut se laisser décrire. On est face à des prouesses d'animation qui rappellent les moments les plus extrèmes des dessins animés Warner, ceux de Tex Avery bien sûr, de Bob Clampett, et rendons-lui justice, des fameux Dover Boys de Chuck Jones.
Daffy Duck est un très mauvais vendeur à la sauvette de farces et attrapes... Mais il apprend un jour qu'un milliardaire souhaite, avant de passer l'arme à gauche, rire car il ne l'a pas fait depuis longtemps. Attiré par la prime, le canard se précipite, mais il aura un obstacle en la personne d'un majordome qui lui refuse d'entrer...
C'est un classique, et l'un des derniers films qui nous permettent de voir Daffy Duck en vrai canard crétin... Ce que Chuck Jones n'aimait pas trop, préférant souvent le doter d'une personnalité de râleur malchanceux. Ce film très réussi est un vrai bonheur, qui place le metteur en scène beaucoup plus que d'habitude dans l'ombre de Tex Avery...