Parmi les expériences désastreuses et même parfois gênantes des années 60, les équipes des Looney Tunes ont parfois tenté des appariments inédits. Ce film tente de concilier l'univers de Speedy Gonzales, celui de Tweety (à travers le personnage de Granny) et le personnage de Daffy Duck...
Dans la maison de Granny, Sylvester s'épuise à courir après Speedy Gonzales... Il est au bord du burn-out, alors il faut faire appel à des spécialistes, qui envoient Daffy Duck...
C'était une assez bonne idée, mais qui vient quinze années trop tard: autant les personnages de Sppedy et surtout Sylvester (le plan qui le montre en dépression nerveuse est d'une grande efficacité, sans parler de la cruauté) restent assez fidèles à leur image, autant Daffy n'est plus que l'ombre de l'ombre de lui-même! un personnage gâché par des années de médiocrité...
Avant qu'il ne ralentisse considérablement le tempo, et qu'il n'affadisse son univers, Chuck Jones a été un réalisateur parfait pour Daffy Duck, qu'il ne dirigeait pourtant qu'avec parcimonie... Ici, on retrouve Daffy et Porky en protagoniste du XVIIe siècle, autour de l'hypothèse d'un repas de dinde...
Porky pourchasse une dinde, mais daffy aide cette dernière à se cacher, jusqu'à ce qu'il entrevoie les possibilités gourmandes d'un retournement de veste. Mais la dinde n'est pas prête à se laisser faire...
Je réalise à quel point il est impossible de vraiment résumer ce film: certes, l'intrigue est bien là, mais... Le style, délirant et plastiquement constamment inventif, ne peut se laisser décrire. On est face à des prouesses d'animation qui rappellent les moments les plus extrèmes des dessins animés Warner, ceux de Tex Avery bien sûr, de Bob Clampett, et rendons-lui justice, des fameux Dover Boys de Chuck Jones.
Daffy Duck est un très mauvais vendeur à la sauvette de farces et attrapes... Mais il apprend un jour qu'un milliardaire souhaite, avant de passer l'arme à gauche, rire car il ne l'a pas fait depuis longtemps. Attiré par la prime, le canard se précipite, mais il aura un obstacle en la personne d'un majordome qui lui refuse d'entrer...
C'est un classique, et l'un des derniers films qui nous permettent de voir Daffy Duck en vrai canard crétin... Ce que Chuck Jones n'aimait pas trop, préférant souvent le doter d'une personnalité de râleur malchanceux. Ce film très réussi est un vrai bonheur, qui place le metteur en scène beaucoup plus que d'habitude dans l'ombre de Tex Avery...
Initialement, c'est Bob Clampett qui devait travailler sur ce court métrage, commencé en même temps que deux autres films qu'il avait normalement la mission de réaliser Bacall to arms et The Goofy Gophers... Tous deux seront finalisés par Arthur Davis, mais celui-ci a été fini par McKimson, et c'est une excellente surprise... Une surprise qui n'est pas sans rappeler que le moment où l'animateur a été promu au rang de réalisateur est tout simplement lié au départ de deux grands noms: Clampett et Tashlin. Dans un premier temps, les animateurs favoris de ces deux doux dingues ont donc été amenés à travailler pour son unité, et ça se voit...
Le film est au confluent de tous les styles de la warner de l'époque, celui de Jones, celui de Freleng, pour lequel McKimson a justement été animateur, et bien sûr celui plus radicalement fou furieux, de Bob Clampett...
Daffy Duck a un truc pour essayer de trouver une maison à squatter: il présente un os à des chiens avant de "leur saiver la vie", en prétendant que son os est empoisonné... Ce qui déjà, en soi, est totalement absurde. Il trouve un pigeon (même si c'est un chien) qui le fait entrer, mais il ne faut pas déranger le maître, qui ressemble beaucoup à Peter Lorre, et qui a justement besoin d'un bréchet de canard pour une expérience...
Totalement loufoque, le film aurait pu être signé par Clampett en effet, et l'intrigue est tellement du grand n'importe quoi, que l'un des personnages, le chien, se plaint ouvertement de ne servir à rien dans le film!
Un monsieur tout frêle, tout trenblant, nous explique, une hache à la main, que son épouse le force à l'irréparable: il doit sacrifier un canard... Daffy Duck échappe de peu au premier coup de hache, puis après, ça vire au grand n'importe quoi: une scène nous montre le canard fausant semblant d'avoir perdu la tête, puis courir dans tous les sens, en donnant un nouveau sens au mot exagération...
C'est une intrigue qui est réduite à l'essentiel, trouver un moyen de permettre au canard cinglé de faire ce qu'il a toujours préféré, à savoir se livrer à toutes les excentricités possibles et imaginables, avec bruit, fracas, et aggressivité... Le Daffy de Clampett, qui rappelons-le avait créé le personnage, est donc un pourvoyeur de chaos, un marchand de destruction, et ce film ne nous propose pas autre chose.
A noter, une fois Tex Avery parti, son disciple et ancien animateur ne se prive pas de lui prendre son idée de faire jouer un strip-tease (probablement rotoscopé) à un animal, en l'occurrence Daffy Duck lui-même. Et Daffy e permet aussi e tailler un costard au fameux "quatrième mur", en s'emportant, la deuxième fois qu'il se retrouve face au canon d'un fusil: "mais non, enfin! pas deux fois dans le même dessin animé!"
Une cigogne fait son travail, qu'elle aime particulièrement: elle apporte bébé après bébé, et on lui fait un merveilleux accueil, avec un petit verre par-ci et un petit verre par là... Pendant ce temps, chez daffy Duck on attend justement un heureux événement. Du moins madame (Daphné, en l'occurrence), pas monsieur. Celui-ci est clairement décidé à empêcher la venue de l'oiseau de malheur...
Au-delà du fait que le film repose sur la croyance infantile plus qu'enfantine de la légende de la cigogne apportant les enfants à leurs parents, c'est noir, très noir même! Car Daffy Duck, prêt à tout, ne veut absolument pas d'un nouveau bébé, et le fait savoir... Sa détermination nous rappelle de quelle façon il accueillait (avec la plus sourde angoisse) l'idée d'aller servir son payx dans un court de Bob Clampett. Plutôt que lâche et minable, au moins on l'aime assez facilement quand il est aussi vindicatif. L'animation est très adéquate...
Et puis il y a des crocodiles dans la cave. On n'en discute même pas l'implacable logique...
C'est la saison de la chasse... au canard. Elmer Fudd est bien décidé à participer, mais Daffy Duck, sans doute en mémoire de sa première apparition, est lui aussi bien décidé à s'opposer...
Le fait est entendu: passé 1948, Daffy Duck perd quasiment tout son intérêt, sauf quand il devient la proie de la méchanceté de Chuck Jones... Ici, il est donc ce mollasson qui rate tout, et c'est une trahison totale de l'esprit de la création de Tex Avery et Bob Clampett... Ce qui est d'autant plus paradoxal qu'on revient ici aux fondamentaux.
Il y a juste à la fin une allusion à l'irrésistible danse loufoque du personnage, mais qui ne cadre pas avec le reste. Pour finir de l'assassiner, je concluerai en disant qu'en plus c'est d'une laideur assez repoussante...
Daffy Duck se rend à la plage avec sa petite amie, Melissa: elle ressemble à Veronica Lake, je ne sais pas si Veronica Lake était encore dans les mémoirs en 1953... La jeune cane est épatée par un autre canard, un body-builder, ce qui met une pression phénoménale sur Daffy...
Il fut un temps lorsque Daffy Duck était un héros viable, ou pour le moins étrange... Il était comme son surnom le laissait entrevoir, particulièrement loufoque... Puis sans raison, il est devenu cette chiffe molle, ce loser même pas magnifique, qui doit toujours passer derrière les autres et faire preuve de mauvaise foi. ...L'ombre de Donald?
En 1942, Norm McCabe avait repris l'unité "Looney tunes" de Bob Clampett, donc en strict noir et blanc, et tournait des films d'une sauvagerie et d'une absurdité à sans doute faire pâlir le maître lui-même... Celui-ci, qui met Daffy Duck aux prises d'un Dr Jerkyll, en est un exemple notable...
Daffy Duck est donc en quête d'une certaine "Cholé" à laquelle il doit remettre un télégramme. Il se retrouve dans la vaste demeure d'un certain Dr Jerkyll, qui est on s'en doute bien, en train de travailler sur la séparation du bien et du mal chez un être humain. Le reste est du grand n'importe quoi...
Alors que les Merrie Melodies, à ce stade de l'histoire de l'unité de production de Leon Schelsinger à la Warner, étaient devenues particulièrement raffinées, les Looney tunes, toujours en noir blanc pour quelques mois encore, restaient des films moins sophistiqués, dans lesquels les gags et l'animation partaient dans le délire, dans les grandes largeurs.
Dans un endroit (très) reculé des montagnes du Sud-Est des Etats-Unis, on s'apprête à fêter Thanksgiving... Pour sortir la dinde de ce pétrin, Daffy Duck décide de l'aider à ne pas prendre de poids: régime, sport, etc... Pendant ce temps, le canard de son côté commence à s'enrober de façon évidente...
L'animation d'Arthur Davis est toujours hautement originale, dans la mesure où l'animateur, réalisateur seulement sur une courte période, n'a pas eu le temps contrairement à ce que l'on pourrait dire de Tex Avery, Bob Clampett, Frank Tashlin, Friz Freleng et Chuck Jones, de poser sa marque... On est souvent surpris par le design à la fois rond et peu harmonieux, ces personnages aux traits outrageusement caricatureux, mais qui allaient bientôt être balayés par le style anguleux défendu par le studio UPA et repris bientôt dans toutes les unités de dessin animé...
Ici, la cible de son humour, au-delà d'un Daffy Duck encore vivace et d'un dindon particulièrement bas de la crête, ce sont les habitants des montagnes du Sud, ces habitants du Kentucky ou d'ailleurs, à la culture si particulière. Les clichés ici abondent: les pipes en bois, le cruchon, les pieds nus, les gens qui sont constamment en train de se tirer dessus de propriété en propriété... C'est vachard et drôle. Le style de Davis n'a pas vraiment eu le temps de se cristalliser et c'est bien dommage...