, avec précaution. Il entend bien y passer un séjour normal, mais c'est peine perdue: tout est fantastique dans ce lieu où les objets semblent avoir une âme...
Quand je dis qu'il y entre, c'est qu'il prend son temps: tout dans ce film me paraît planifié, millimétré, car on ne fait pas un film à trucs sans un solide plan de départ. Oui, mais voilà, venant sur un sujet déjà traité par Méliès (qui lui aurait plongé en pleine frénésie), Blackton et De Chomon, Cohl semble ici appliquer les recettes de l'animation image par image avec application, sans heurts, mais aussi pour déboucher sur un récit totalement raisonnable...
Pour ne pas dire un peu ennuyeux: ce voyage méthodique en trois plans, qui totalise 11 minutes, est sans doute un jalon important, ça ne le rend pas passionnant pour autant.
Emile Cohl, le précurseur de l'animation Française, était aussi un cinéaste qui a parfois produit des oeuvres qui reposaient entièrement sur la prise de vues réelles. Mais ce film, produit en 1910 et bien dans sa manière, est un mélange savant des deux techniques:
Un garçon de café, pendant que la clientèle vaque à son occupation principale, s'assoupit tranquillement... et rêve que son corps est soumis à bien des transformations! Le réveil sera brutal mais surtout humide!
Sitôt endormi, le garçon de café laissera la place à un double dessiné, qui va passer à travers toutes les techniques possibles et imaginables: Cohl en fait une figurine articulée en trois parties, l'anime en image par image, et au gré de son humeur et de son inspiration, transforme un rêve qui joue sur le physique même de l'humain, en un cauchemar de têtes grimaçantes. On navigue en pleine association d'idées, quelque part entre George Méliès et les surréalistes...