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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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7 juin 2025 6 07 /06 /juin /2025 00:20

Oscar (William Humphrey) pense qu'il aime Alice (Florence Turner), mais il est épouvantablement jaloux... Il n'apprécie pas qu'elle ait un chien, le colley Jean, ni qu'elle voie parfois un ami, le gentil Horace (Leo Delaney). Un jour, après qu'il ait manifesté son mécontentement, il refuse de se jeter à l'eau pour sauver son rival, qui ne devra d'avoir la vie sauve que grâce au chien d'Alice...

C'est une fois de plus simple et direct, et animé par un jeu retenu, surtout de la part de Florence Turner. Le film a été tourné dans le Maine, dans exactement les mêmes décors de bord de lac que la charmante comédie A tin-type romance de 1910...

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Published by François Massarelli - dans Florence Turner Vitagraph Wonder dogs Muet
7 juin 2025 6 07 /06 /juin /2025 00:04

Comme Jean the Match-maker, ce film est une comédie d'une bobine, mettant en scène le chien Jean, et la "Vitagraph Girl", Florence Turner. Le chien, dans le film, est la propriété de Phil (Leo Delaney), un jeune homme, qui croise la belle Beth, sur une plage, un jour. Ils sont amoureux, ils se promènent, et ont l'idée d'immortaliser la journée par une photo. Chacun d'entre eux en possède un exemplaire sur lui... Mais un jour que Phil ne peut présenter la photo, ils se fâchent... Il faudra la patience de Jean pour les remettre ensemble, et pour empêcher qu'ils ne mettent à exécution des projets funestes (et bien peu crédibles)... 

Les films de la série Jean que j'ai vus sont d'une grande qualité globale, principalement par leur jeu et la vitalité manifestée par ces intrigues simples, quotidiennes, et menées tambour battant... Mais celui-ci est le meilleur, et ce grâce à Florence Turner. Elle avait une approche moderne de la comédie, et jouait avec l'intégralité de son corps. Il faut la voir manifester son désespoir dans une scène de suicide... Où elle ne se mettra pas à l'eau parce qu'elle est trop froide. Elle incarne se frustration jusque dans ses orteils!

Authentique...

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Published by François Massarelli - dans Florence Turner Muet Wonder dogs Vitagraph
1 juin 2025 7 01 /06 /juin /2025 18:24

Ce film de 1910 fait partie d'une série de huit films Vitagraph dont la star était un chien, un Colley appelé Jean (le nom féminin, donc, et non le nom Francophone masculin). Il y a une certaine confusion sur le réalisateur, ce qui est fraquent à la Vitagraph dans la mesure où la compagnie n'était pas vraiment intéressée par le fait de rendre publique la liste de ses collaborateurs, à une époque où le trust Edison faisait peser une lourde menace sur toute personne travaillant pour une compagnie cinématographique sans passer par leur comptabilité (Edison avait allègrement fait breveter des modèles de caméra qui étaient utilisés par tous, et faisait ensuite la chasse aux infractions, avec des gros bras comme messagers)...

Il est attribué le plus souvent à Larry Trimble, qui pour ce film agissait aussi en qualité de dresseur du chien-star, qui était d'ailleurs le sien. Pour ajouter à la confusion, le réalisateur Ralph Ince faisait aussi partie de la distribution!

Deux jeunes femmes (Florence Turner, Mary Fuller) s'installent pour camper au bord d'un lac. Deux adolescents locaux les aperçoivent et sont particulièrement effarouchés car timides. Mais Jean, leur chien, va jouer les entremetteuses...

C'est l'un des premiers chiens qui allaient devenir, des années avant le célèbre Rin-Tin-Tin, des stars travaillant sous contrat pour des studios, mais ce ne fut que pour huit films, d'une bobine généralement, mais aussi de genres très variés, du mélodrame à la comédie romatique... C'est charmant, gentil et sans prétentions... Et le film a eu un énorme succès.

 

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Published by François Massarelli - dans Wonder dogs Vitagraph Florence Turner Muet
11 juin 2024 2 11 /06 /juin /2024 18:20

Dans une firme, on a besoin d'une nouvelle sténo... On leur envoie une dame (Flora Finch) très capable, mais son supérieur est atterré: elle n'est pas du tout à son goût...

Ca ne commence pas bien...

Après quelques mois, elle est intégrée, et très efficace, mais... quoi qu'il arrive elle n'est toujours pas dotée d'un physique qui puisse satisfaire le patron. C'est alors qu'elle tombe malade, et qu'on envoie à sa place une autre merveille, interprétée par Flroence Turner. Tout va changer...

Oui, c'est profondément sexiste, et bien sûr que cette petite comédie centenaire et plus ne fait pas dans la dentelle! Mais c'est un produit de son temps, j'imagine... Un film dans lequel, qu'on se rassure, par la grâce de Florence Turner, la femme aura le dernier mot, et il pourra au moins tempérer quelque peu le sexisme de la première partie... Ouf!

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Published by François Massarelli - dans Florence Turner Muet Vitagraph
3 mai 2024 5 03 /05 /mai /2024 20:30

Sally (Helen Foster) est une jeune femme très comme il faut, qui a rencontré dans son lycée des jeunes gens de son âge, mais qui vont la pousser à se dévergonder un peu: alcool, tabac, puis son petot ami va lui imposer des rapports... La descente aux enfers, toujours plus loin, toujours plus bas, va se poursuivre, jusqu'à l'irréparable...

Le film est une cause célèbre... A moins que ce ne soit son remake. Le scénario de Willis Kent, également producteur du film, a servi deux fois: dans les deux cas, la production a utilisé le bon vieux prétexte cher à ce qu'on appelle "l'exploitation", soit prétendre que le film sert une croisade morale, en rappelant aux parents d'être vigilants à l'égard de leurs enfants... ce que rappelle un prologue, qui fait intervenir un professionnel (probablement) qui met les adultes en garde. 

Mais cette mise en garde et ces intentions affichées, surtout, ont permis à la production d'aller plus loin que la censure ne le permet, puisqu'il leur est donné licence pour montrer les dangers du comporteent de Sally: l'alcool, la pression des copines, la drogue (glissée dans son verre, pour la rendre docile), les maladies vénériennes, la grossesse, et pour finir l'avortement clandestin et la prostitution... Sans oublierun strip poker qui a beaucoup angoissé Helen Foster durant le tournage, au point qu'elle s'est donnée du courage "liquide", soit une bouteille d'alcool de contrebande, cachée sous la table!

C'est un "quickie", un film vite fait mal fait, et on voit bien les coutures. On voit bien les intentions salaces derrière le prétexte, aussi... Mais le film est malgré tout soigné, et contrairement à son successeur (1934), il reste surtout suggestif. ...Enfin pour la majeure partie du film. La fin est lancée à partir d'une scène où il me semble reconnaître une scène choquante de La rue sans joie... Donc la production avait bon goût, c'est déjà ça!

A propos de bon goût, la maman de l'héroïne est interprétée par la grande Florence Turner... 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Muet ** Florence Turner
20 janvier 2023 5 20 /01 /janvier /2023 18:44

Une jeune femme (Florence Turner) tombe sous la coupe d'un Svengali qui tente de l'hypnotiser, mais elle se rebelle, et bientôt tout le monde hypnotise tout le monde...

La référence à Svengali provient d'une part de la pièce de George du Maurier, qui avait triomphé, mais aussi et surtout d'une allusion claire dans le costume de l'hypnotiseur (dans le film de 1931, Barrymore portera le même...). Mais surtout, on voit ici une de ces obsessions délirantes de toute une civilisation, et du coup, tout et tout le monde ne tourne plus qu'autour de l'hypnose! En d'autres temps, ça aurait été le hula-hoop, ou la disco...

Et sinon, décidément, il faut s'intéresser à Florence Turner, son visage mobile et sa faculté à grimacer, ou à arborer une expression vide de la moindre émotion... Il passe en elle, comme une préfiguration, aussi bien d'Asta Nielsen, que de Buster Keaton... C'est dire.

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Published by François Massarelli - dans Muet Florence Turner
20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 16:04

Daisy Doodad (Florence Turner) est obsédée par une compétition bien particulière, qui consiste à réaliser les plus belles grimaces... Elle va tout faire pour réussir à obtenir le premier prix, y compris se faire sérieusement remarquer dans la rue: voir illustrations...

Pour reprendre une expression anglo-saxonne (triple threat), Florence Turner, comme Lois Weber, était une triple menace: actrice, scénariste, réalisatrice... Ce court film date d'une période durant laquelle la comédienne tournait à Londres, et part d'une authentique tradition Anglaise, le concours de grimaces...

Le film est surprenant parce qu'il réussit à faire la jonction entre la comédie mesurée telle que, par exemple, Weber mais aussi Alice Guy la concevaient, et y injecte une solide dose de grotesque par le seul truchement des grimaces de Mme Turner. Celle-ci, par ailleurs, n'a pas peur d'y aller franco!

C'est donc une comédie qui prend racine sur la peinture des classes moyennes, et en cela elle est très en avance, car c'est exactement la direction que va prendre le genre aux Etats-Unis dans les années 20. Et puis elle est rigolote, ce qui ne gâche rien... Pour accomplir une partie de ma mission (secrète) d'édification des masses, j'ai ajouté à cet article une photo de Mme Turner au naturel. Je vous laisse la trouver...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Florence Turner
13 mars 2022 7 13 /03 /mars /2022 11:46

La fameuse pièce féérique de Shakespeare a connu de nombreuses adaptations au cinéma: celle-ci produite par Vitagraph est sans doute la première, et elle a survécu. La continuité en est parfois un peu compromise, mais c'est assez courant avec un matériau comme Shakespeare, confronté à des adaptations qui totalisent moins d'un quart d'heure...

Durant une nuit magique, deux couples de nobles qui souhaitent échapper aux exigences de mariages arrangés de leurs parents, sont soumis aux caprices de Puck (Gladys Hullette), un esprit de la forêt, pendant que la reine des elfes Titania (Florence Turner) se querelle avec une magicienne, Penelope, qui va lui mener la vie dure. Pendant ce temps, une troupe de théâtre amateur se prépare à donner un spectacle en l'honneur des mariages annoncés, et non seulement ils sont assez mauvais, mais en prime ils sont la cible de l'espièglerie de Puck...

Cette production de prestige est l'occasion pour la compagnie de montrer ses qualités et son approche constamment dynamique de l'oeuvre du dramaturge Anglais: si certains films (je pense à King Lear) sont parfois trop dynamiques pour ne pas dire expéditif, l'exubérance du casting joue ici en faveur du film, qui adapte après tout l'une des plus belles et des plus enchantées de toutes les comédies de Shakespeare... Et le fait d'avoir tourné en pleine nature, au coeur même d'un paysage (du New Jersey bien sûr) qui ressemble à celui décrit par Shaekespeare, rend le film plus intéressant encore. Et la magie particulière de cette nuit de rêve est facilitée par les truquages: stop-motion, surimpression... On notera quelques infidélités à la pièce, notamment dans le choix de faire de Gladys Hullette un Puck androgyne, ou le choix de remplacer le roi des elfes par une magicienne, ans doute pour donner un rôle-clé à une actrice de la compagnie. Si c'est le cas, nous pouvons constater que c'est raté, puisque le nom de l'actrice ne nous est pas parvenu.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Shakespeare Florence Turner
31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 16:33

Rien qu'en 1910, on compte trois adaptations importantes du roman de Harriet Beecher Stowe aux Etats-Unis, même si aucune ne survit intégralement aujourd'hui... Celle ci ne subsiste qu'à 40% environ, dans des fragments en 8 et 35 mm. On ne présente plus le vieux mélo de 1852, qui dans sa version théâtrale, a contribué grandement à mettre le feu aux poudres en 1860: le sort misérable des esclaves, l'arrière-fond Chrétien très fort, les bons et les mauvais maîtres, les profiteurs venus du Nord anti-esclavagiste pour profiter de la vente d'esclaves... Toute la panoplie, en fait, est passée dans la culture populaire d'un seul coup, ce qui explique que ce film Vitagraph de 1910 totalisait à l'origine 5 bobines...

On passera sur le racisme évident de l'histoire, car il convient quand même de rappeler que ce n'est pas parce que le roman était totalement pour l'abolition de l'esclavage, qu'il nous présentait le peuple noir sur un pied d'égalité. Donc une bonne proportion des esclaves du film sont joués par des blancs en blackface, et le film se vautre dans la facilité raciste, encouragé par le roman adapté: les noirs dans le film comme dans le roman, sont de vrais enfants, et si Tom est un peu plus humain, c'est parce qu'il a de la religion. Les "mulâtres" et autres métis, selon leur degré de blanchitude, sont généralement mieux considérés, et aussi plus désirables pour les femmes: c'est la loi du genre, on va donc être obligé d'accepter en bloc.

Dans la demeure des Shelby, de mauvais choix économiques ont conduit le père de famille à la ruine. C'est un maître bon, chez lequel vivent n paix des esclaves considérés. Deux d'entre eux vont être à l'origine du drame: car Shelby est obligé de faire appel à un affairiste, Haley, pour lui proposer le vente de deux de ses esclaves. Haley jette son dévolu sur Tom (Edwin Phillips), le vieil esclave le plus respecté de la propriété, et sur le fils "presque blanc" de Eliza, la gouvernante (Mary Fuller). Shelby étant obligé d'accepter, nous allons suivre le destin d'Eliza, qui préfère fuir avec son fils plutôt que d'en être séparée, et de Tom, qui sera vendu à un bon maître et développera une relation d'amitié touchante avec la fille mourante de ce dernier. Et en chemin, il y aura des larmes...

Les séquences qui restent sont celles des deux premières bobines, notamment la célèbre fuite d'Eliza à travers la rivière gelée, qui inspira tant le Griffith de Way Down East, mais aussi le passage qui voit Tom, favori de la petite Eva, assister en compagnie de ses nouveaux maîtres à la mort de la petite fille, puis être vendu de nouveau à l'infect Simon Legree, dont la plantation est surtout un endroit pour y satisfaire ses appétits sexuels et son sadisme! Le film se réfugie beaucoup derrière une terminologie et une gestuelle théâtrales pour faire passer la pilule, mais quand la gouvernante en place tente de contrer Simon Legree et de protéger les autres esclaves, si elle explique qu'elle a "un pouvoir sur lui" je pense que la vérité, sordide pour le spectateur de 1910 (A une époque où le mariage ou les relations sexuelles "entre les races" était puni par la loi de façon très dure en particulier dans les états du Sud). Mais nous ne pouvons évidemment regarder ce vénérable mais ô combien fautif objet antique de 1910, comme le prochain James Bond, cela va sans dire. 

Reste que, en fascinant les spectateurs une heure durant, ce film a du contribuer énormément à l'avancée du cinéma, et probablement aussi, en choisissant un spectacle aussi apprécié, et établi que ce roman, pour le faire accepter par les élites conservatrices, tout en flattant leur bon sens Chrétien... blanc.

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Published by François Massarelli - dans 1910 Muet ** Vitagraph Florence Turner
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 10:27

Intermédiaire de Keaton auprès de la United Artists, et "patron" de Buster, depuis les débuts, Joe Schenck a fait payer les excès budgétaires de The General à son poulain de multiples façons: d'une part, il lui a collé dans les jambes un superviseur du budget, lui a imposé la présence d'un réalisateur unique, l'a privé de toute interférence sur le script (du moins dans la phase de planification, comme on va le voir), et lui a imposé un sujet. College représente donc, après le chef d'oeuvre The general, le point le plus bas de la carrière muette de Buster Keaton. Le plus mauvais film, ou en tout cas le moins bon, et le début de la perte de contrôle du metteur en scène. Une fois de plus, j'utilise à dessein cette expression, sans doute paradoxale dans la mesure ou Keaton n'est crédité d'aucune participation à la mise en route de College, pas plus que des trois films muets suivants qu'il interprétera. Mais un acteur aussi physique que lui (Et c'est vrai aussi pour Laurel, Chase, Langdon, et Chaplin bien sur, sans oublier Lloyd) ne peut pas déléguer à un autre toute latitude sur le placement des acteurs, les mouvements de caméra, le montage, à plus forte raison dans un film dont les trois quarts des scènes ont trait au sport, et avec le sens particulier du timing dont fait preuve Keaton. Du reste, il a manifestement mis la main à la mise en scène (Qui porte souvent sa marque), et la légende veut qu'il ait, avec la complicité de l'équipe technique du film, fait sentir à Horne qu'il était indésirable sur le plateau. C'est triste pour le metteur en scène, qui saura à merveille s'adapter à Laurel quand on sait à quel point ça pouvait être difficile, mais il n'était pas vraiment responsable de cette situation, qui était avant tout un contentieux entre Buster et son patron ...et beau-frère.

College a été dicté non seulement par la nécessité de faire un film à petit budget suite au naufrage de The General, mais aussi certainement par le succès de The Freshman, énorme  succès de 1925 pour Lloyd: le scénario du à Carl Harbaugh copie sans vergogne l'histoire du film de Lloyd, faisant de Keaton un étudiant doué pour les études qui s'essaie au sport avec des résultats désastreux, afin de gagner le coeur de sa bien aimée. Il est la risée de tous mais finit bien sur par triompher.

Keaton est donc le clown de l'université, ce qui est répété avec insistance, mais c'est très gênant pour un acteur dont le personnage avait coutume de rester à l'écart du monde. Moqué par tous, il devient automatiquement le centre d'intérêt, et on peut comprendre que Keaton ait été gêné par cette violation de ses principes. Clairement les concepteurs du scénario n'ont aucune connaissance de l'univers Keatonien, et on eu recours à des variations sur son personnage dans The Saphead, en y ajoutant un grande dose de ridicule voyant inspiré par Lloyd et The freshman.. Un autre truc gênant, c'est cette tendance des films sur les universités à ne retenir que le sport. Le film prend un parti très manichéen, ridiculisant Keaton lorsqu'il met en avant sa réussite sans la moindre implication sportive, et se plaçant du coté des rieurs le plus souvent. Les sportifs du film, d'un autre côté, sont comme dans la vraie vie: néandertaliens, préoccupés de gagner plus que de participer, prompts à pratiquer l'exclusion. Au moins, on est d'accord.

Pour le reste, Keaton fait beaucoup d'efforts pour s'approprier le film, en mettant un point d'honneur à rater avec le tentatives de faire du sport, avec des résultats inégaux mais souvent très drôles. D'autres touches prouvent qu'il a mis son grain de sel un peu partout: il a dépéché Snitz Edwards, avec lequel il avait déjà tourné Seven chances et Battling Butler, dans le rôle du doyen de l'université; il a appelé l'un des bateaux de la course le Damfino (Voir The Boat), ce qui ne lui portera pas chance, bien sur, et il a entièrement construit la fin à son image: Keaton reçoit un coup de téléphone de sa petite amie Mary, séquestrée par la grosse brute de l'université. Keaton se lance dans un sauvetage de toute beauté, faisant des prouesses (Course, saut à la perche, et autres) afin d'arriver et de la sauver. Mais surpris dans la chambre de la jeune femme, il n'a d'autre ressource que de se marier avec elle. Ils le font, en deux plans (Ils entrent dans l'église, fondu, ils en sortent), puis on les voit plus agés avec des enfants, et enfin vieux et manifestement aigris. Cette reprise du dispositif final et inattendu de The blacksmith nous rappelle que Keaton n'a pas dit son dernier mot, et que décidément son mariage était un naufrage... Et dans un registre plus léger, lui permet de faire comme il l'aimait, terminer un film d'une façon très inattendue.

Ce n'est pas un calvaire à regarder, du moins tant qu'il n'y est pas trop question de sport... Mais voilà, ce n'est ni The general, on l'aura compris, ni The Freshman. Keaton a très mal pris qu'on lui fasse copier un confrère, même si je n'ai aucune idée de l'estime dans laquelle il tenait un Harold Lloyd sans doute trop homme d'affaires pour lui; en tout cas, College n'était pas pour lui une bonne expérience. Ironiquement, le film fera moins d'argent que The general...

Un dernier point, le film est l'une des dernières occasions pour Florence Turner, qui fut l'une des premières stars Américaines de l'écran ("The Vitagraph Girl") d'apparaître dans un rôle à l'écran. On la voit peu, mais elle est une vraie présence dans les premières scènes, où elle joue la maman du héros... Elle avait 42 ans.

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Published by François Massarelli - dans Buster Keaton Muet 1927 ** Florence Turner