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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 17:54

Cette merveille date de 1948, soit au tout début des aventures de "Tweety" et de sa rivalité avec le chat Sylvester. Pourtant ce dernier (dont il est aisé de voir qu'il est le véritable anti-héros de ces aventures dont le canari de Satan est en fait le protagoniste maléfique) a eu au cours des années 40 tout une vie, apparaissant au gré de l'inspiration de Freleng, et même parfois de Chuck Jones, dans des courts métrages qui sortent de l'ordinaire. Et Back alley oproar est sans doute le plus beau, le plus drôle et donc le plus accompli de ceux-ci. Sylvester y incarne un chat qui a décidé de donner de la voix en pleine nuit. On le sait, dans la vraie vie ce genre de péripétie est lié à la vie sexuelle intense du personnage, mais dans ce dessin animé, on voit la chose de deux points de vue différents: d'une part, on constate avec Elmer Fudd, très fatigué, que si cette saleté de chat tient tant à se faire entendre, ce ne peut être que pour l'empêcher de dormir lui personnellement; d'autre part, le chat en question est d'humeur lyrique, et souhaite donc nous faire profiter de son répertoire... Qui est vaste, de l'aria du Barbier de Séville de Rossini, à la chanson Moonlight bay (relativement récente), en passant par à peu près tout et n'importe quoi, dont une chanson "à la Spike Jones"...

Le film est une suite ininterrompue et réjouissante de variations sur ce présupposé, le type de structure qu'aimait tant Freleng, et lui permet de donner libre cours à deux de ses péchés mignons: d'une part, les gags liés à la musique, impliquant danse et millimétrage du mouvement; d'autre part, les gags qui gardent une réalité physique, que Freleng privilégiait le plus souvent à des délires surréalistes comme ceux que pouvaient parfois se permettre Clampett, Avery ou Jones. L'animateur John Kricfalusi, admirateur de Clampett, passe son temps à dire que les cartoons du vieux Friz sont mièvres, mais ce parti-pris de voiler l'animation d'une certaine dose de réalisme n'est pas sans déchaînement de violence... Je pense en particulier à la façon dont Elmer doit, plusieurs fois, traverser un champ de punaises pieds nus, sans jamais penser à faire un détour. Aïe.

Notons pour finir que ce film est un remake (supérieur à l'original) de l'un des rares Looney tunes en noir et blanc de Freleng, Notes to you... Elmer Fudd remplace le protagoniste principal, Porky Pig, et celui-ci avait une confrontation avec un chat anonyme: Sylvester a tellement de personnalité, et Mel Blanc prend un tel plaisir à massacrer des chansons avec l'inoubliable problème de diction du chat, que franchement le choix n'est pas difficile entre les deux films.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 09:36

J'ai souvent, ici ou là, rappelé de quelle façon tous les réalisateurs des Looney tunes tendaient à se débarrasser du personnage de Porky Pig, qui finissait par devenir un prétexte ou un présentateur de ses propre courts métrages, donnant la vedette à un autre personnage dans des intrigues dont il n'était qu'une commodité. Il y a donc des exceptions dont voici un exemplaire...

Tout d'abord le film est excellent, tant techniquement (l'équipe de Freleng est toujours aussi pointue dans l'animation, et les idées fusent de partout) qu'au niveau du scénario, qui sera d'ailleurs repris sept années plus tard, j'y reviendrai.Porky souhaite dormir, mais un chat anonyme en a décidé autrement. Porky essaie tout pour le faire fuir, mais le chat, désespérément, chante...

L'idée est simple, finalement: l'un veut dormir, et l'autre veut chanter. Ou pire: l'autre NE VEUT pas que le premier dorme. Pourquoi? Peu importe. Et avec cette idée de départ, on a un film remarquablement cohérent, même si on admettra que le remake Back alley oproar (Freleng, 1948) lui est supérieur: d'une part sur le fait que le chat est identifié, c'est ce bon vieux Sylvester; ensuite, certaines idées qui ne fonctionnaient pas aussi bien (le fait que Porky sorte de la maison dans Notes to you, par exemple) seront supprimées au profit d'idées plus efficaces; enfin, Mel Blanc y fait merveille avec un répertoire musical génial qui ajoute au bonheur de l'ensemble.

Un bonheur foncièrement idiot, bien sûr.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
27 décembre 2017 3 27 /12 /décembre /2017 10:02

Les Porky se raréfient à cette époque. Avery, qui ne tournait plus que des Merrie Melodies, a même tourné un ou deux Looney Tunes en noir et blanc, sans le personnage, durant cette période. On le sait,le studio ne va pas tarder à passer à 100% à la couleur... Mais de temps à autre, un film sort, comme cette nouvelle preuve de l'excellente santé de Friz Freleng. Une fois de plus, le cadre est agricole...

Porky tient très bien sa ferme, mais ce n'est pas du tout le cas de celle de ses voisins: une famille d'ours totalement feignants, qui ne font rien, mais alors rien... On retrouve ici un peu de La cigale et la fourmi, et un soupçon de cannibalisme à la mode Ozark mâtinée de Dust Bowl... C'est carré, pas révolutionnaire, mais plaisant, et il y a un je-ne-sais-quoi de sentencieux, jusqu'à une pirouette finale.

Je le répète: on n'est pas chez Disney...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 10:06

Porky Pig engage un veilleur de nuit inepte pour garder un oeil sur un élevage de poulets, mais... un renard a compris le parti qu'il pouvait tirer de sa crétinerie.

Sur au moins deux points, voici un film particulièrement inhabituel. D'abord parce que jusque à un certain point, on y décèle quelque chose de rare dans ces petits courts métrages dont le maître mot est plutôt "défouloir": une morale. Freleng aurait gardé quelque chose de son passage chez Fred Quimby? 

Mais sinon, la grande nouveauté de ce film, c'est qu'il me semble qu'en terme de dessin même, d'animation également, c'est le plus beau de tous les Looney tunes en noir et blanc que j'ai pu voir... Les ombres sont très soignées et nous donnent un volume inhabituel, et les deux personnages principaux sont particulièrement bons. Ajoutons les voix, superbement bien rendues, et on pourra conclure que décidément, le vétéran Freleng avait du répondant.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 07:44

Le film précédent dans la série de Porky Pig voyait le cochon patient dans un hôpital (Patient Porky, sorti en fin aout 1940, celui-ci étant sorti en fin septembre), ici il est monté en grade et devenu Docteur... Freleng fait comme tout le monde, et abandonne tout intérêt pour son héros, simple épiphénomène scénaristique, au profit cette fois d'un patient alcoolique, affligé d'un énorme problème: il est suivi en permanence par trois éléphants roses (du moins on le devine, le film étant en noir et blanc) qui lui mènent une vie infernale.

Freleng a pris beaucoup de plaisir avec son personnage, ainsi qu'avec les trois mammifères, dotés d'une personnalité particulièrement encombrante... Le film est très soigné, mais ne dispose pas de l'atmosphère de loufoquerie totale du précédent.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 12:21

Après quelques années passées loin de "Termite Terrace", le studio de Leon Schlesinger, Freleng est revenu, et est-ce sa façon de célébrer sa joie de revenir au bercail, ou une manière de flatter le patron? Il va en tout cas mettre Leon en scène dans ce film, l'un des plus longs parmi les films de la série des Looney Tunes, avec 9 mn et 40 secondes, et aussi l'un des rares à mélanger prises de vues réelles et dessin animé...

Porky Pig est las de n'être qu'une créature de papier, et manipulé par Daffy Duck (qui souhaite être LA star des Looney Tunes), demande à son patron Leon Schlesinger de déchirer son contrat. Puis il se rend vers les studios de la WB, les vrais, où il ne sera pas accueilli à bras ouverts...

C'est formidable, car le film, bien que reposant pour une grande partie sur des images de prises de vues réelles, a été traité exactement comme l'aurait été un pur dessin animé! Et on s'amusera de voir les animateurs, metteurs en scène, et scénaristes se prêter au jeu, sans parler de la qualité des inserts. Et on peut aussi voir, avec cette première mise en scène de Freleng impliquant Daffy Duck, le début de la mutation pour un personnage dont on peut quand même souligner qu'il avait tout à perdre à abandonner la folie, et comme dans ce film, à devenir juste un minable opportuniste...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 12:14

Avec le retour de Freleng, la série des looney tunes en noir et blanc se trouve comme re-dynamisée, d'autant que le style du vétéran qu'était Isadore Freleng est particulièrement en contraste avec celui de Clampett. Ce film, qui anticipe beaucoup sur Baseball Bugs sans en posséder la rigueur, nous montre aussi que Freleng n'a pas grand chose à faire du héros-cochon, le reléguant dans le rôle passe-partout du commentateur aperçu ça et là...

On assiste donc à des gags variés, certains incompréhensibles (Moi et le sport, décidément), d'autres amusants, certains très pointus, durant un match de base-ball, et tout au long du film, un monsieur très digne (mais qui ressemble à une préfiguration de Droopy, c'est frappant), tente de trouver la meilleure place. Ce fil rouge trouvera une résolution digne du metteur en scène le plus colérique de la galaxie WB.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 18:50

Un jour d'école, dans la classe de Miss Cud: les élèves vont se succéder dans des récitations, chansons et autres numéros de music-hall; nous assistons à plusieurs prestations de la bande de "Beans", le chat nois: Little Kitty, très nerveuse et qui doit quitter la salle précipitamment, Porky, le cochon obèse et bègue qui mime la dernière charge de Custer, et les deux chiens Ham et Ex qui dansent un duo parfait...

C'est toujours commode aujourd'hui de ranger les courts métrages d'animation de la WB sous la bannière des Looney Tunes... Mais concernant ce film c'est faux, il appartient à la série des Merrie Melodies, dont le titre louche du côté de Disney et de ses Silly Symphonies: des courts métrages en couleurs, soignée et très, disons, familiaux... Freleng connait déjà fort bien son métier et rend un travail sans génie mais impeccable, et comme toujours très musical. Quant à Porky Pig dont c'est la première apparition officielle, il n'est pour l'instant qu'un faire-valoir pittoresque, ce qu'il va rester avant d'avoir sa série bien à lui.

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Friz Freleng
25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 18:23

Attention, effort de guerre! Bugs Bunny est dans une caisse à la dérive, et n'est pas inquiet: dans ce genre de situation, il y a toujours une île où aborder... Dont acte: une fois trouvée l'île paradisiaque, Bugs va malgré tout déchanter car il va se trouver face à un nippon en uniforme, et pas des plus fins. Mais le lapin qui n'a fait qu'une bouchée de Hermann Goering en a vu d'autres...

Effort de guerre, donc: y'a-t-il une façon de pouvoir voir ce film sans pour autant tiquer devant la peinture ultra-caricaturale du Japon, de ses coutumes, de son langage? 

Oui, après tout: c'est tellement une caricature, qu'il n'y a pas lieu de s'en inquiéter. Le film se déroule assez agréablement, mais Freleng et ses animateurs semblent, à la fin, nous donner un message subliminal: ce film n'est pas comme les autres. Afin de le souligner, ils donnent une lapine à Bugs Bunny, qui va décider, une fois un bataillon Japonais décimé, de rester. Et sa réaction est sans équivoque. De fait, on rejoint le territoire, plus adulte, des films de propagande de Private Snafu. Freleng savait très bien qu'on ne pourrait pas considérer ce petit film mineur, plaisant mais profondément politiquement incorrect comme autre chose qu'une halte, en dehors des sentiers battus.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Friz Freleng
10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 17:34

Les films se suivent et ne se ressemblent pas: ce Lighter than hare est un exercice mineur mais sympathique, très inférieur au précédent déjà réalisé par Freleng. Là encore, le metteur en scène est parti d'une idée personnelle, pour un exercice qu'on attendrait beaucoup plus de la part de Chuck Jones: un Bugs Bunny de Science Fiction! Sam y est un extra-terrestre, venu sur terre pour y capturer une créature terrestre... Celle-ci, bien sûr, ne se laissera pas faire.

Beaucoup de robots, tous plus idiots les uns que les autres, et un constat troublant: les films de Freleng, quand ils jouent sur la répétitivité, ne sont pas très éloignés du style développé par Chuck Jones dans sa série des aventures lamentables de Wile E. Coyote.

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Published by François Massarelli - dans Bugs Bunny Animation Looney Tunes Friz Freleng