Sylvester (El Grosso Minetto) décide d'acheter un faucon pour venir à bout de Speedy Gonzales...
Les films des Looney tunes des années 1960, dans leur vaste majorité, sont l'ombre de l'ombre de leurs vertes années. Non seulement tous reposaient sur la répétition à l'envi des situations des films d'avant, mais en plus ils usaient d'une animation souvent indigente. L'idée n'était pas d'aller plus loin que de fournir de la pellicule au mètre qui serait ensuite sagement recyclée pour la télévision.
Sylvester s'avise de la présence d'un pic-vert... Et il a décidéd'en faire son repas, mais ce sera difficile, d'autant qu'un chien, un bull-dog nommé Hector, ne l'entend pas de cette oreille.
C'est un film impeccable, qui date d'une époque durant laquelle Freleng créait encore beaucoup, et ne reposait pas que sur des automatismes! Le personnage de Sylvester n'est pas encore totalement cristallisé dans son graphisme, ce qui donne un vrai dynamisme au film. Et l'animation est vraiment très fluide, on ne s'ennuie pas un instant.
Notons qu'ici, Sylvester ne parle pas du tout, ce qui lui donne infiniment plus de poids...
Granny emménage avec son abominable canari Tweety... En chemin, le camion croise Sylvester, qui sent la présence de l'oiseau... et donc il va tout faire pour s'en emparer, mais l'animal est tellement maléfique qu'il n'y parviendra pas...
C'était encore clair, à cette époque, que le véritable héros (qui s'en prenait tant dans la figure, le pauvre) de ce dessins animés, n'était pas cet horrible piaf, mais bien sûr ce pauvre chat. C'est un dessin animé soigné, qui montre encore la verve un rien sadique de Freleng.
Une araignée particulièrement sûre d'elle s'amuse de jouer au chat et à la souris avec une mouche innocente...
Ce qu'ignore l'animal, c'est que dès cette période, les préoccupations du réalisateur Friz Freleng, essentiellement, se tournent vers l'idée de mettre aux prises des petits êtres, principalement des animaux, avec des grosses bêtes ou des créatures colériques, toutjours au détriment de ces derniers. Chez Freleng, le chasseur est toujours la victime... Ce film ne fait pas exception.
Film sympathique, bien dans le ton vigoureux de ces productions de la première moitié des années 40, quand le studio de Leon Schlesinger était véritablement au sommet de sa forme, avant un certain ralentissement de l'action dans la plupart des films. Ce n'est certainement pas le cas ici... Et on note une fois de plus la trace évidente de l'influence des courts Disney sur Freleng à cette période...
"Meatless Flyday", maintenant, mérite certainement une explication: d'une part, la présence de Fly en première syllabe du deuxième terme, ne vous a pas échappé... A fly, c'est une mouche, donc. On est dans le contexte... Pour le reste, l'époque était aux restrictions: afin de faire participer la population à l'effort de rigueur, les autorités Américaines durant la seconde guerre mondiale ont eu l'idée d'instaurer un "vendredi sans viande", donc un Meatless Friday". Voilà; et comme d'habitude, expliquer un jeu de mots quel qu'il soit ne lui rend pas nécessairement service...
Un chat (Sylvester) ente d'attraper un canari (Tweety) qui est tombé dans la potion du Dr Jekyll. Faut-il vous faire un dessin?
...C'est nul. Aucune invention réelle, juste un concentré d'effroi miniature, basé plus sur la laideur que sur la véritable monstruosité. Ce n'est pas la première fois qu'une équipe des Looney Tunes s'intéresse à l'oeuvre de Stevenson, et Freleng lui-mùême avait déjà réalisé deux films récemment: Dr Jerkyl's Hide en 1954, avec Sylvester et les deux chiens Alfie et Chester; et Hyde and hare, un peu plus réussi, avec Bugs Bunny en 1955...
Mais à part une tendance à voir entrer Tweety dans une pièce dont il ressort en monstre moche, le film n'a rien à dire ni à démontrer, et est en cela assez typique d'une fin de règne pour les Looney Tunes, de plus en plus déphasés par rapport à leur époque qui les regardait de plus en plus comme des programmes recyclables pour la télévision. Désormais on louchait du côté du public facile, celui des enfants considérés comme peu regardants, d'où la qualité médiocre.
Yosemite Sam et Bugs Bunny sont à nouveau à couteaux tirés, et dans le cadre de leurs combats, une explosion envoie Sam à l'endroit où il est inévitable qu'il finisse. Mais le diable, voyant arriver un collègue, lui propose de travailler pour lui et de remplir une mission: expédier ad patres un certain lapin...
Oui, c'est idiot, et ce dès le départ... Il ne faut pas longtemps avant qu'on découvre le pot-aux-roses: ce ilm est en fait une compilation hâtive qui reprend des extraits de films déjà sortis, et pas des meilleurs, autour de la rivalité des deux proagonistes. Le prétexte ajouté est cousu de fil blanc, et pour compliquer les choses, le designe change d'un épisode à l'autre avec des ajouts qui sont vite et fort mal faits... La physionomie de Bugs Bunny, par exemple, oscille entre son design par Freleng et celui de McKimson.
Un camion de la fourrière avance, avec son lot de chiens enchaînés... Dont un à un chat... C'est Sylvester: quand un cahot bouleverse la bonne marche du véhicule, le chat et le chien sont précipités dehors, et vont tenter le tout pour le tout de la cavale...
D'une part: c'est un argument classique, qu'on se rappelle les 39 marches... Donc, forcés de cohabiter l'un avec l'autre, alors qu'ils se haïssent, les deux personnages ont tout (ou devraient tout avoir) pour être intéressants...
D'autre part, l'animation est mécanique, limitée, et le graphisme est entre eux époques, du classicisme avec le design du chat, au style angulaire inspiré d'UPA... Ce n'est pas, esthétiquement, Freleng à son meilleur...
Enfin, l'inspiration des aventures du Coyote et de cette structure épisodique se fait sentir. Bref, ça e va finalement pas bien loin...
Un chien enterre un os, mais il a la mauvaise idée de le planquer dans le terrier de deux chiens de prairie vraiment beaucoup plus intelligents que lui... La lutte sera sans merci.
Les "goofy gophers", ce duo de petits mammifères Américains, m'a toujours semblé un peu insuffisants. Et comme il me semble que ce fut certainement une inspiration pour Alvin et les Chipmunks, ça ne me les rend pas du tout sympathiques... Ils ont fait partie de l'écurie d'Arthur Davis, le moins prolifique des réalisateurs de cartoons Warner de la grande époque, et il n'a pas eu le temps de leur donner une vraie dimension. Ici, ils passent leur temps à commenter l'action dans un anglais trop précieux pour être honnête...
Deux hommes meurent de faim, en plein hiver, dans une cabane... Ca nous rappelle forcément quelque chose, et d'ailleurs l'un d'entre eux voit l'autre, son frère jumeau, sous la forme d'un appétissant poulet... Mais un représentant arrive, qui vend bien sûr des livres de cuisine (!)... C'est Daffy Duck, dont la condition de canard va lui jouer des tours...
C'est un superbe film, dans lequel Freleng joue à fond sur la dynamique entre d'un côté deux hommes assez bas du front, les deux sont d'ailleurs un dérivé de Yosemite Sam, avec son maquillage repris à Eric Campbell, et de l'autre un canard cinglé: c'était Daffy avant que Chuck Jones n'en fasse un insupportable loser geignard. Entre les deux, pour arbitrer en quelque sorte, une souris extrêmement rigolote...
L'humour noir ici n'est pas un vain mot, j'ai déjà fait plus hait une allusion à la reprise de la situation sordide de The gold rush, de Chaplin, qui joue autour du cannibalisme, et le cynisme du film, et la façon dont il joue avec les tabous, sans parler de la peinture terifiante et hilarante de la malnutrition... Le tout impeccablement mis en scène par un maître du rythme, en pleine possession de ses moyens.
Un coq crooner (Bingo, façonné d'après Bing Crosby) tombe toutes les poules qu'il rencontre... Quand Clem, un brave coq rustique, arrive chez sa fiancée Emily, celle-ci croise le regard du crooner... Et elle est fichue. Mais combien de temps va-t-il s'intéresser à elle?
Amusant: Freleng et Tex Avery étaient indéniablement les deux réalisateurs les plus en vue du studio de Leon Schlesinger au milieu des années 30, et se partageaient la mise en scène des Merrie Melodies, soit les films les plus prestigieux du lot. Ils tournaient aussi des Looney Tunes, dont la série à l'époque était en noir et blanc et plus "économique"... Surtout Avery, qui s'y sentait plus à l'aise et très libre. Pourtant ce sont dans ces films en couleurs que le metteur en scène le plus cinglé des deux a vraiment fait ses gammes. Et il de bon ton d'opposer le satirique Avery au gentil Freleng...
Surprise! Ce film n'a pas grand chose à envier à l'univers de Tex Avery, pourtant, qui se servira d'ailleurs d'idées qui sont déjà bien installées ici: les poules "rustiques", en fait de vraies "rednecks", bien peu éloignées de toute sophistication, et la dynamique phénoménale de la virée de Bingo avec Emily en ville, tout pourrait nous renvoyer à Avery. Le film est drôle, enlevé, et copieusement moral et satisfaisant. Et à aucun moment, il ne succombe à la mièvrerie...