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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 08:21

Réalisé en 1943 pour un distributeur de sujets édifiants, j'imagine que ce film était pour les autorités de l'époque un objet sans le moindre risque, une belle histoire propice à intéresser les enfants sans aller plus loin, en phase avec l'idée du retour à la terre: on y raconte le voyage annuel d'un troupeau de chevaux venus de Camargue pour se rendre dans le massif du Vercors...

Le massif du Vercors, ça évoque bien sûr le Sud dans toute sa splendeur, mais ça résonne aussi beaucoup pour ceux qui connaissent l'histoire de France et en particulier cette période durant laquelle les forces d'occupation d'un pays étaient constituées de tout un tas de teutons en uniforme, incapables de penser un seul instant que des forces de résistance pourraient oser, depuis les massifs montagnards, défier leur autorité... D'où l'intérêt de ce petit film, qui utilise pour parler de la transhumance de ces chevaux qui "fuient les hommes", et se dirigent vers ce qui sera le haut lieu d'un maquis, des termes systématiquement associé au souffle de la liberté.

La fin, d'ailleurs, est encore plus explicite, car on y apprend que le Vercors, y compris quand on est un cheval, ça se mérite: il faut, pour reprendre les termes directement tirés du film, "batailler" contre des "ennemis"... Tiens donc! Ce premier court métrage révèle la subtilité d'une cinéaste qu'il faudrait peut-être redécouvrir, en passant au-dessus des diktats des historiens qui l'ont reléguée dans les coulisses de l'histoire: ici, elle s'y montre plus que pertinente, aidée en prime par les très belles images (en 16 mm) d'Henri Alekan.

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Published by François Massarelli - dans Documentaire Jacqueline Audry
11 juillet 2020 6 11 /07 /juillet /2020 09:23

Début du XXe siècle... La jeune Olivia (Marie-Claire Olivia) arrive à Fontainebleau dans une institution scolaire pour jeunes filles très comme il faut, où très rapidement elle va prendre ses marques... Et constater qu'on lui demande de choisir entre deux camps: les partisanes de Melle Julie, la très charismatique co-directrice et professeure de littérature, ou celles de Melle Cara, autre co-directrice, qui est malade, atteinte d'une dépression carabinée. Dans ce monde entièrement féminin, l'adolescente est très vite attirée de façon très forte par la plus flamboyante des deux, sans savoir que le drame couve...

Le drame couve, le drame couve... mais on ne peut pas dire qu'il ne soit pas très facile à voir venir quand même! En représentant un gynécée qui se doit de rester politiquement correct dans la France de 1951, Audry ne prend pas trop de risques, limitant les aspects scandaleux du film (quand on dit "je t'aime dans cette belle institution de Fontainebleau, ça ne veut manifestement pas dire 'Soyons amies'!) et les dissimulant derrière un paravent d'académisme respectable.

L'interprétation des jeunes actrices (parmi lesquelles on reconnaîtra une toute petite apparition de Danièle Delorme) est adéquate, mais celle d'Edwige Feuillère est, par contre, exceptionnelle: tour-à-tour aimante et maternelle, ou cassante et méprisante, soufflant constamment le chaud et le froid dans le coeur des élèves, Melle Julie est un personnage à l'ambiguité vénéneuse, dont la rivalité de façade avec Melle Cara (Simone Simon, qui en fait un peu trop!) cache un secret délicat... On appréciera aussi, pour un rôle de relief comique comme on ne dit pas en français, Suzanne Dehelly qui interprète une professeure d'arithmétique passant son temps à dénigrer sa matière, mais passionnée par... la cuisine. Et quel appétit!

 

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Published by François Massarelli - dans Jacqueline Audry