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2 mai 2024 4 02 /05 /mai /2024 00:05

Une comédie. Par James Cameron. Oui, le gars qui nous inonde de films bleux avec des gens bleux qui ne ressemblent à rien et qui font de la culture physique dans chaque geste, et qui ont l'air si sérieux quand ils froncent les sourcils... Mais bon, Cameron, c'est aussi le réalisateur visionnaire d'Abyss, le premier metteur en scène suffisamment gonflé qui ait pu oser se lancer dans une suite à Alien... C'est aussi, bien sûr, Terminator et Titanic. Bref, ce n'est pas n'importe qui, ouf, le monsieur n'a pas réalisé qu'Avatar!

Et pourtant, c'est ien une comédie, mais avec un petit plus... Enfin, petit c'est une façon de parler: sortant de Terminator II, Cameron devait sans doute se dire qu'il avait le droit de tout faire, et... s'est lancé, à l'instigation de Schwarzenegger, dans l'adaptation Américaine d'un film qu'ils ont adoré, La Totale de Claude Zidi. 

Oui, de Claude Zidi. L'immortel auteur des Bidasses en folie et de La moutarde me monte au nez. Reprenons.

Harry (Arnold Scwarzenegger) et Helen (Jamie Lee Curtis) sont mariés, ils ont une adolescente de 14 ans (Eliza Dushku). Madame est secrétaire dans un cabinet d'avocats, et monsieur vend du matériel informatique... et l'adolescente de 14 ans ment à ses parents, lève les yeux au ciel quand elle est embarrassée par eux. Bref, c'est une adolescente de 14 ans... Sauf que monsieur n'est pas tout à fait un vendeur de matériel informatique, mais un agent fédéral spécialiste des missions secrètes et dangereuses. Un pro... ce que son épouse ne sait pas, bien sûr: elle croit qu'il est juste un type ennuyeux, avec un boulot ennuyeux, qui l'ennuie dès qu'il ouvre la bouche ("quand je n'arrive pas à dormir, je lui demande de raconter sa journée")... Alors quand elle rencontre un agent secret, elle sent le frisson de l'aventure glisser sur elle... Mais l'agent secret qu'elle a rencontré est un faux, un minable (Bill Paxton) qui n'a trouvé que ce moyen pour séduire les femmes! Mais Harry a intercepté un message, et il est décidé d'une part à empêcher que son épouse n'aille voir ailleurs, mais il va bien vite lui fournir de quoi assouvir son envie d'aventure...

Et tant qu'à faire, ils vont tous les deux se trouver aux mains de terroristes fous à lier...

Oui, je le confirme, c'est irracontable. Mais peu importe, le film est irrésistible: tout y est logique, enchaîné avec une constante linéarité, et se tient parfaitement. Et Cameron étant Cameron, il n'a pas pu s'empêcher de se laisser emporter un peu, alors... Boum, l'hélicoptère; vlan, l'ambassade; crash, le pont... Et nous, on suit, on aime et on en redemande. Derrière ce film d'action décérébré qui enfin, ne se prend jamais au sérieux (ça fait tellement du bien), il y a aussi d'adorables personnages, une femme délaissée, un homme amoureux qui se sent trahi, et un maître-espion surdoué, qui accomplit ses missions en voiture, en scaphandre autonome (sous la glace), en smoking, en van, en voiture, en avion, en hélicoptère, et même à cheval. Mais à chaque fois qu'il gêne quelqu'un dans la rue, il est suffisamment brave type pour se confondre en excuses... 

Rangez moi ces bestioles bleues, je crois qu'on a trouvé quel était le plus beau, le plus glorieux des films de James Cameron: beau et glorieux parce qu'il assume totalement de ne servir à rien d'autre qu'à donner du plaisir. Un film dans lequel un homme, un vrai, trouve en son épouse l'égale insoupçonnée qui va désormais l'accompagner dans ses missions, parce qu'ils sont encore meilleurs quand ils sont ensemble... Non, finalement, il ne sert pas à rien ce film: il fait du bien.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie James Cameron
25 avril 2024 4 25 /04 /avril /2024 21:46

Après le film noir, cameron invente le film bleu... Son quatrième long métrage (Après l'incroyable Piranhas II, Terminator, et Aliens qui l'a définitivement installé) est en effet pour sa plus grande part situé sous l'eau, et est envahi de cette couleur. Un tournage particulièrement compliqué, des rapports conflictuels (C'est Cameron!) entre metteur en scène et acteurs, et une exigence particulièrement prononcée d'une part, mais aussi un studio qui joue du couperet à un moment ou tout n'était pas encore joué, des effets spéciaux qui demandent du temps, et une intrigue qui débouche assez clairement sur du grand n'importe quoi d'autre part: le film était mal parti, il a sombré sans succès.

Mais on peut dire qu'il aura été sauvé par le home video: Cameron a du en effet rendre sa copie avant la fin de la post-production, mais a eu l'autorisation (La Fox souhaitait sans doute fructifier son investissement) d'y retourner pour une nouvelle version agrémentée de plus d'une demi-heure supplémentaire, débouchant sur une intrigue de science-fiction qui allait encore plus loin.

Rappel des faits: le film raconte comment lors d'une tempête, une opération de secours orchestrée par les gros bras de l'US Navy, utilisant la logistique d'une plate-forme de forage pétrolier située sous l'eau et commandée par Virgil "Bud" Brigman (Ed Harris) va se transformer en une incroyable série de péripéties, entre soldat qui devient fou et qui se saisit de têtes nucléaires pour aller casser la figure à des communistes d'un côté, et gentils infra-terrestres de l'autre qui sauvent les humains parce qu'ils sont sympas.

Mais l'intrigue voulue par cameron au départ, et vers laquelle il va pousser avec sa deuxième version (Appelée, je vous le donne en mille, "Special Edition") inclut un enjeu dramatique supplémentaire puisque les infra-terrestres en question, qui sont certes sympas mais aussi particulièrement casaniers, ont décidé de supprimer les humains en les noyant, afin de prévenir la destruction des océans. Ca change tout...

Ne ricanez pas: le film a un je-ne-sais-quoi de totalement irrésistible, en dépit de ses bons sentiments qui feraient passer Avatar pour The shining. Et pour commencer, largement situé sous l'eau, il est le film qui permet à Cameron de pousser au plus loin son obsession maritime, qui le pousse de film en film à mettre ses acteurs en danger dans l'élément liquide (Titanic) ou son équivalent (Aliens), qu'il soit métaphorique ou réel. Et même si le film possède un défaut facilement repérable dans le fait d'avoir été tourné dans un bassin d'eau douce, et de ne pas nous montrer un seul poisson (Aujourd'hui, avec les CGI, etc etc), il ne parle que d'étouffement, de noyade, de voyage dangereux, de manquer d'air et de respirer sous l'eau.

Une profession de foi, dans laquelle Cameron imagine le moyen le plus extrême de sauver deux personnes alors qu'il n'y a d'oxygène que pour l'un d'eux: la noyade momentanée. Je faisais remarquer, plus haut, que le film a beaucoup bénéficié de ses effets spéciaux pour créer ses aliens innovateurs: en effet, ils sont dépendants de l'eau, qui est aussi la base de leur technologie. Parmi les rencontres spectaculaires et inédites prévues dans le film, une colonne d'eau mouvante et animée (De bonnes intentions) fait partie des premières réussites de l'intégration d'animation en 3D dans un film. Mais à côté de ces prouesses, ce film daté était-il considéré comme trop antique par un Cameron devenu le grand magicien des CGI depuis Avatar, au point d'avoir disparu des écrans? La réédition du film en HD (qui était prévue pour...2012) vient enfin de sortir...

 

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Published by François Massarelli - dans James Cameron
15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 11:59

Tout à une fin, dit-on souvent. On est tenté, devant ce film qui nous prend par surprise par la nostalgie et même par l'embarras, de dire aussi que tout a un début. On assiste, avec ce film qui était à l'origine à peine plus qu'un modeste divertissement de samedi soir dans l'esprit de ceux qui l'ont promu, à la naissance d'un mythe, d'une saga cinématographique et d'un cinéaste. Concernant ce dernier, James Cameron, il convient sans doute de rappeler qu'il est dans le circuit depuis quelques années au moment ou ce film sort, ayant assisté John Carpenter (New York 1997) et même tourné un long métrage pour la galaxie Corman (Le très embarrassant Piranhas 2, the last spawn). Bref, il a fait ses classes... Mais The terminator, c'est son premier film personnel, imaginé, écrit et dirigé par lui.

Faut-il raconter l'histoire? The Terminator nous explique omment un jour de 1985, un cyborg venu du futur, très rapidement suivi par un homme, son ennemi, se mettent dans le L.A. qui est le passé pour eux, à chercher Sarah Connor, la future mère du futur chef de la résistance aux robots, l'un pour la tuer (Et empêcher toute rebellion par voie de conséquence), et l'autre pour la prévenir, la protéger, voire la sauver au péril de sa vie. et plus si affinités... Le robot, c'est un Terminator, une machine qui a tout de l'humain sauf les sentiments et la fragilité (Arnold Schwarzenegger), et c'est le mythe qui naît dans ce film, que Cameron fera fructifier et rendra définitivement immortel avec un autre film... Mais n'anticipons pas.

L'histoire est simplissime, réellement, sans autre enjeu que la survie basique, pure et dure, de son héroïne, qui doit à la fois courir, survivre et apprendre à vivre avec la menace permanente qui pèse sur elle, alors qu'elle n'est pour rien dans ce que lui reproche cette société du futur qui se dessine. mais le film est décidément du Cameron typique, à savoir qu'il s'agit pour le metteur en scène d'explorer l'interpénétration de deux mondes situés à deux époques différentes, en se situant à leur point d'impact exact: la tentative d'imposer une colonie dans l'espace (Aliens), la rencontre sous-marine du troisième type (The Abyss), et l'aventure du Titanic ne seront pas autre chose. Mais il y a aussi une thématique souvent présente, le metteur en scène étant fasciné par les machines comme étant une extension de l'humain. Le Terminator, mais ausi les armes et tous les procédés de survie au jour le jour manipulés par Kyle Reese (Bill Paxton) en montrent des exemples.

Maintenant, j'avais parlé d'embarras au début: il faut qund même reconnaître qu'en choisissant de montrer Sarah Connor en jeune femme bien de son temps, le metteur en scène n'a pas eu le nez creux... On a donc droit à l'esthétique dégueulasse, la mode infecte, la musique vomitive et surtout, surtout, la coiffure caniche de Linda Hamilton.

...Ouch!

Mais que cela ne nous fasse pas bouder notre plaisir devant ce qui reste une aventure très efficace, qui n'a sans doute pas coûté grand chose, mais qui fait son petit effet...

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Published by François Massarelli - dans James Cameron Science-fiction
5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 17:31

Oubliez les ragots: Titanic n'est pas, n'a jamais été film consacré à une histoire d'amour impossible. Non, Jack et Rose, ce n'est que le glaçage du gros, beau et bon gâteau: alors, oui, un nommé Jack Dawson (Leonardo DiCaprio) est vu dans le film secourant une jeune femme de la bonne société, Rose (Kate Winslet), qui s'apprête à se jeter par dessus-bord, par exaspération devant la bêtise de sa classe, et le destin de femme mariée qu'elle se prépare. Ils s'aiment, ne se quittent plus, et ça fait des vagues. A la fin, elle choisit de rester avec lui jusqu'au bout, et il meurt. Pas elle, et heureusement, elle est donc là pour raconter l'histoire aux chasseurs de trésors menés par Bill Paxton, plongeurs spécialistes et passionnés du Titanic, comme James Cameron.

Par ailleurs, le film est un peu l'histoire inéluctable d'un passage de flambeau: pensez, les gens qui pour la plupart sont morts lors du naufrage (1500 sur 2200) partaient aux Etats-Unis, lors d'un pic d'immigration, qui rendait la situation inéluctable: l'Amérique était le nouveau monde, un phare regardé par toute l'humanité sans même qu'elle le sache encore. Huit ans et une guerre sanglante plus tard, elle serait la première puissance mondiale. Lorsque le flash-back de ce film commence, on est presqu'encore au XIXe siècle. Pas à la fin, sous la pluie battante, lorsque Rose voit la Statue de Liberté, éternel symbole de vie qui recommence... alors le film, avec son paquebot compartimenté par un système de classes très étanches, ressemble bien à un plaidoyer pour un monde meilleur. Sauf que le plaidoyer est inutile, puisque le monde meilleur en question, nous sommes supposés y vivre. Donc...

Non, oubliez tout ça: Titanic, c'est tout simplement l'histoire d'un bateau qui rencontre un iceberg, et qui coule contre toute attente: pensez: il devait être insubmersible. Alors devant l'accumulation d'erreurs, d'historiques invraisemblances et autres vices de forme (pas assez de bateaux de sauvetage, tous les canots lâchés en mer alors qu'on n'avait pas fini de les remplir, et les conditions de sauvetage qui n'étaient pas les mêmes suivant les conditions sociales des personnes...), devant la façon dont cette fois-ci la catastrophe a été vue, et racontée ensuite par tant de témoins, dans l'esprit d'un James Cameron, il était inévitable qu'un film voie le jour, si possible avec des précautions pour donner l'envie à tout un chacun de le voir: une histoire d'amour simple et prenante, amabilité oratoire qui va permettre à chacun de rentrer en douceur dans l'histoire. Un flash-back avec un petit mystère à la clé: qu'est-il advenu de ce McGuffin*, le fameux diamant que recherchent les gens du bateau au début du film?

Cameron, en réalisant un film qui détaille de l'intérieur le naufrage, saisi dans toute sa véracité physique, avec un sens phénoménal du détail, et un timing impeccable, n'a rien laissé de côté: les "grands de ce monde" qui ont participé au naufrage, qu'ils y aient survécu (Molly Brown, Bruce Ismay), ou qu'ils y aient péri (John Jacob Astor, Benjamin Guggenheim), du capitaine très ressemblant, ou encore de certaines anecdotes rapportées par plusieurs témoins. Mais on sent que ce qui a fasciné le metteur en scène, c'est le défi de faire voir la façon dont le bateau s'est rempli d'eau, puis enfoncé, puis démantelé avant de sombrer, dans les moindres détails, d'ailleurs expliqués dans le prologue avant que Cameron laisse la parole à Gloria Stuart, qui joue Rose à l'âge de 101 ans, Gloria Stuart désormais condamnée à ce que chaque mention d'elle (que ce soit pour ce film, ou pour ses adorables rôles dans les films de la Universal des années 30) soit pour dire "la vieille dame du Titanic"...

Malgré tout, c'est ce qui fait le prix du film, et ce qui le marque comme une oeuvre d'obédience classique, cet équilibre entre romance certes simpliste, mais aimable, détails historiques, et physiques d'un naufrage toujours aussi hallucinant un siècle plus tard... Qu'une fois de plus Cameron nous emmène dans l'eau, après y avoir déchainé des piranhas (Pirahnas 2, the spawn), après y avoir installé quelques Aliens, voire après y avoir opéré une rencontre du troisième type (The abyss), on en redemande, surtout qu'il y a dans ce film une scène qui renvoie directement à Terminator. Cherchez bien.

*McGuffin: en langage Hitchcockien, l'objet qui va permettre aux héros d'un film d'avoir une motivation: le Graal dans Indiana Jones, ou des microfilms pour un film d'espionnage.

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Published by François Massarelli - dans James Cameron Glou!
10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 08:35

Brandywine, la société qui se cache derrière la saga Alien, a inventé la franchise blockbuster d'auteurs... L'un des signes qui ne trompent pas, c'est que contrairement à d'autres suites, les trois films qui ont suivi l'admirable Alien de Ridley scott ont échappé à la numération systématique. Le véritable nom de Alien3 de Fincher est d'ailleurs supposé être Alien Cube... Confier à un metteur en scène reconnu pour ses capacités artistiques, à l'exception notable du débutant Fincher, mais on y reviendra ailleurs, voilà l'idée de base pour cette série de films, dont j'exclus les séquelles qui mélangent avec la série des Predator, bien entendu. Maintenant, reste à poser la question qui fâche: y avait-il vraiment besoin d'une suite à Alien, film parfait?

 

Non: aucun film ne doit avoir besoin d'une suite. Bien sur, il y a des films qui complètent la vision initiale, il y a même des suites qui sont meilleures que l'original, grâce à Cameron (Terminator 2) ou Coppola (The Godfather part II)... Mais si cette sale manie perdure avec en plus l'horrpilante mode qui consiste à se contenter de rajouter un 2 à la fin du titre, elle ne date pas d'hier... Dans les années 20, le manque d'originalité consistait surtout à recopier la structure et les morceaux de bravoure du film initial (Mark of Zorro, The Sheik), et à ajouter "Fils de..." dans le titre (Son of the Sheik, Don Q. Son of Zorro...). Avec Aliens, on peut s'irriter de voir une équipe reprendre du service dans le but de faire de l'argent avec l'univers d'un film magique... Mais franchement, l'opposition au film s'arrête ici.

 

Oui: A l'imposante réalisation de Scott, Cameron répond en enrichissant de façon considérable et intelligente l'univers, au point d'en définir un grand nombre de contours (le mode de reproduction des Aliens basé sur des cocons humains, leur hiérarchie, dominée par une femelle-reine, leurs stratégies, les formes différentes qu'ils peuvent avoir, leur façon de coloniser l'espace de vie, etc...). il reprend l'héroïne, ajoute une coda à son aventure de 1979, lui donne même une identité extérieure. Il reprend le thème évident de la féminité combattante du premier film, pour y ajouter de façon fascinante une thématique de maternité: Ripley est donc mère, et revient à la civilisation après 57 ans de sommeil artificiel pour apprendre la mort de sa fille; elle va aider une troupe de Marines (Dont des femmes, mais qui n'ont plus rien d'humain: ce sont des militaires) à combatre une horde de milliers d'Aliens, et secourir une petite fille qui va lui permettre d'effectuer un transfert de son amour maternel; et bien sur, on va en savoir un peu plus sur la duplicité de la société tentaculaire Weyland-Yutani, qui sous couvert de permettre la colonisation de l'univers, semble convoiter les aliens comme une arme de destruction potentielle, au mépris des vies humaines... Le film cite, bien sur, le précédent, parfois avec humour, afin de se situer dans la ligne, mais il crée aussi beaucoup d'images qui vont nourrir la suite de la légende.

 

Bien sur le film a ses qualités et ses défauts, tous cameroniens: certains acteurs surjouent jusquau ridicule (Bill Paxton, en Marine sur-vitaminé, Jenette Goldstein en Rambo féminin), mais c'est dans le but de montrer que les soldats sont tous ridicules et dotés d'un Q.I. de mouche, alors on ne lui en veut pas trop; l'obsession technologique, le recours à la mécanique et à l'ingénierie comme prolongation de l'humain, l'immersion en plein milieu aquatique ou en ce qui en tient lieu, le suspense endiablé, et la vision d'un futur proche basé sur notre présent à nous... oui on est bien chez Cameron, qui signe sa première superproduction et entre, enfin, dans la cour des grands...

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Published by François Massarelli - dans James Cameron Science-fiction
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 20:36

12 ans après son Titanic, le dernier film en date de Cameron a été, une fois de plus, un succès planétaire gigantesque, pour un cinéaste qui revient de loin: épuisé par le tournage de son épopée maritime, il avait annoncé son intention d’abandonner le cinéma. On se réjouit, bien sur, de son retour, même si il convient d’aborder avec des pincettes ce film gargantuesque, sur lequel on a beaucoup dit de stupidités: pour commencer, non, Avatar n’est pas une parabole escapiste sur l’importance des jeux vidéo, même si le film se nourrit de l’étrange manie qu’un certain nombre d’humanoïdes ont de vouloir à tout prix voir le monde au bout de manettes. Le film n’est pas non plus un manifeste écologique, ça, c’est juste l’air du temps. Mais ce qui est sur, c’est que ce nouveau long métrage est bien, à 100%, un film de James Cameron. La preuve, il est bleu.

Une fois de plus, le metteur en scène-ingénieur commente à sa façon, diablement pessimiste, la façon dont l’homme avance. Après l’avoir souvent fait sous forme d’une science fiction à la Philip K. Dick, ou à la Ridley Scott (The Terminator, Aliens, Terminator 2, la série Dark Angel), après avoir placé ses personnages en face d’une science contemporaine mais hasardeuse (Piranhas 2, The abyss) ou avoir flirté avec la technologie dans tous ses aspects quotidiens (True lies), et laissé libre cours à sa passion pour l’un des plus beaux désastres technologiques du 20e siècle (Ghosts of the abyss, Titanic), Cameron voit une fois de plus dans un avenir proche dont les obsessions sont celles du notre (Soif de domination économique, expansionnisme) , et nous montre l’homme cherchant à étendre son champ d’action, et les catastrophes qui s’ensuivent, puisque cet imbécile est infichu de respecter les environnements qui l’accueillent. Ses obsessions technologiques refont bien surface, avec en particulier l’exosquelette, déjà présent dans Aliens, et à des degrés divers dans The abyss, et dans le documentaire Ghosts of the abyss. Le fait de prolonger le corps, un motif constant chez Cameron (Aliens, Abyss, les deux Terminator) va ici jusqu’à rendre ce dernier jetable. Et le prolongement de l’homme trouve en un réceptacle organique un nouveau développement de l’obsession de Cameron de dépasser les limites humaines, qui sont le fondement de The Terminator, mais aussi de The Abyss: Mary-Elizabeth Mastrantonio ne propose-t-elle pas à Ed Harris de mourir pour leur permettre à tous deux de rentrer à la base, alors qu’il n’ont d’oxygène que pour un ? Avec Avatar, Cameron semble aussi montrer de la plus belle façon sa passion pour le gigantisme, et sa fascination doublée de répulsion pour les extrêmes de la science, et pour les militaires.

Mais on notera que pour Cameron, comme pour un DeMille, il n’est de bonne histoire que si elle est simple, et si on a vite fait le tour des personnages… Et à ce niveau-là, il fait très fort, aucun des personnages de Avatar n’a de réelle profondeur psychologique. On est donc clairement en pleine épopée symbolique. C’est dommage, mais ça ne dessert en rien le spectacle : une fois de plus, c’est beau, très beau, et le monde re-créé par Cameron a ceci de commun avec les mondes des grands concepteurs-recréateurs d’univers que sont Kubrick ou Scott : il est parfaitement cohérent, et on a envie d’y vivre, ceci expliquant forcément le succès du film, bien plus que son histoire.

Pour finir, on dit, avec de très gros sabots, dans ce film, que les militaires sont des abrutis, tous juste bons à tout casser : on ne peut que lui donner raison.

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Published by François Massarelli - dans James Cameron Science-fiction