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Une comédie. Par James Cameron. Oui, le gars qui nous inonde de films bleux avec des gens bleux qui ne ressemblent à rien et qui font de la culture physique dans chaque geste, et qui ont l'air si sérieux quand ils froncent les sourcils... Mais bon, Cameron, c'est aussi le réalisateur visionnaire d'Abyss, le premier metteur en scène suffisamment gonflé qui ait pu oser se lancer dans une suite à Alien... C'est aussi, bien sûr, Terminator et Titanic. Bref, ce n'est pas n'importe qui, ouf, le monsieur n'a pas réalisé qu'Avatar!
Et pourtant, c'est ien une comédie, mais avec un petit plus... Enfin, petit c'est une façon de parler: sortant de Terminator II, Cameron devait sans doute se dire qu'il avait le droit de tout faire, et... s'est lancé, à l'instigation de Schwarzenegger, dans l'adaptation Américaine d'un film qu'ils ont adoré, La Totale de Claude Zidi.
Oui, de Claude Zidi. L'immortel auteur des Bidasses en folie et de La moutarde me monte au nez. Reprenons.
Harry (Arnold Scwarzenegger) et Helen (Jamie Lee Curtis) sont mariés, ils ont une adolescente de 14 ans (Eliza Dushku). Madame est secrétaire dans un cabinet d'avocats, et monsieur vend du matériel informatique... et l'adolescente de 14 ans ment à ses parents, lève les yeux au ciel quand elle est embarrassée par eux. Bref, c'est une adolescente de 14 ans... Sauf que monsieur n'est pas tout à fait un vendeur de matériel informatique, mais un agent fédéral spécialiste des missions secrètes et dangereuses. Un pro... ce que son épouse ne sait pas, bien sûr: elle croit qu'il est juste un type ennuyeux, avec un boulot ennuyeux, qui l'ennuie dès qu'il ouvre la bouche ("quand je n'arrive pas à dormir, je lui demande de raconter sa journée")... Alors quand elle rencontre un agent secret, elle sent le frisson de l'aventure glisser sur elle... Mais l'agent secret qu'elle a rencontré est un faux, un minable (Bill Paxton) qui n'a trouvé que ce moyen pour séduire les femmes! Mais Harry a intercepté un message, et il est décidé d'une part à empêcher que son épouse n'aille voir ailleurs, mais il va bien vite lui fournir de quoi assouvir son envie d'aventure...
Et tant qu'à faire, ils vont tous les deux se trouver aux mains de terroristes fous à lier...
Oui, je le confirme, c'est irracontable. Mais peu importe, le film est irrésistible: tout y est logique, enchaîné avec une constante linéarité, et se tient parfaitement. Et Cameron étant Cameron, il n'a pas pu s'empêcher de se laisser emporter un peu, alors... Boum, l'hélicoptère; vlan, l'ambassade; crash, le pont... Et nous, on suit, on aime et on en redemande. Derrière ce film d'action décérébré qui enfin, ne se prend jamais au sérieux (ça fait tellement du bien), il y a aussi d'adorables personnages, une femme délaissée, un homme amoureux qui se sent trahi, et un maître-espion surdoué, qui accomplit ses missions en voiture, en scaphandre autonome (sous la glace), en smoking, en van, en voiture, en avion, en hélicoptère, et même à cheval. Mais à chaque fois qu'il gêne quelqu'un dans la rue, il est suffisamment brave type pour se confondre en excuses...
Rangez moi ces bestioles bleues, je crois qu'on a trouvé quel était le plus beau, le plus glorieux des films de James Cameron: beau et glorieux parce qu'il assume totalement de ne servir à rien d'autre qu'à donner du plaisir. Un film dans lequel un homme, un vrai, trouve en son épouse l'égale insoupçonnée qui va désormais l'accompagner dans ses missions, parce qu'ils sont encore meilleurs quand ils sont ensemble... Non, finalement, il ne sert pas à rien ce film: il fait du bien.
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Non, oubliez tout ça: Titanic, c'est tout simplement l'histoire d'un bateau qui rencontre un iceberg, et qui coule contre toute attente: pensez: il devait être insubmersible. Alors devant l'accumulation d'erreurs, d'historiques invraisemblances et autres vices de forme (pas assez de bateaux de sauvetage, tous les canots lâchés en mer alors qu'on n'avait pas fini de les remplir, et les conditions de sauvetage qui n'étaient pas les mêmes suivant les conditions sociales des personnes...), devant la façon dont cette fois-ci la catastrophe a été vue, et racontée ensuite par tant de témoins, dans l'esprit d'un James Cameron, il était inévitable qu'un film voie le jour, si possible avec des précautions pour donner l'envie à tout un chacun de le voir: une histoire d'amour simple et prenante, amabilité oratoire qui va permettre à chacun de rentrer en douceur dans l'histoire. Un flash-back avec un petit mystère à la clé: qu'est-il advenu de ce McGuffin*, le fameux diamant que recherchent les gens du bateau au début du film?
Brandywine, la société qui se cache derrière la saga Alien, a inventé la franchise blockbuster d'auteurs... L'un des signes qui ne trompent pas, c'est que contrairement à d'autres suites, les trois films qui ont suivi l'admirable Alien de Ridley scott ont échappé à la numération systématique. Le véritable nom de Alien3 de Fincher est d'ailleurs supposé être Alien Cube... Confier à un metteur en scène reconnu pour ses capacités artistiques, à l'exception notable du débutant Fincher, mais on y reviendra ailleurs, voilà l'idée de base pour cette série de films, dont j'exclus les séquelles qui mélangent avec la série des Predator, bien entendu. Maintenant, reste à poser la question qui fâche: y avait-il vraiment besoin d'une suite à Alien, film parfait?
Oui: A l'imposante réalisation de Scott, Cameron répond en enrichissant de façon considérable et intelligente l'univers, au point d'en définir un grand nombre de contours (le mode de reproduction des Aliens basé sur des cocons humains, leur hiérarchie, dominée par une femelle-reine, leurs stratégies, les formes différentes qu'ils peuvent avoir, leur façon de coloniser l'espace de vie, etc...). il reprend l'héroïne, ajoute une coda à son aventure de 1979, lui donne même une identité extérieure. Il reprend le thème évident de la féminité combattante du premier film, pour y ajouter de façon fascinante une thématique de maternité: Ripley est donc mère, et revient à la civilisation après 57 ans de sommeil artificiel pour apprendre la mort de sa fille; elle va aider une troupe de Marines (Dont des femmes, mais qui n'ont plus rien d'humain: ce sont des militaires) à combatre une horde de milliers d'Aliens, et secourir une petite fille qui va lui permettre d'effectuer un transfert de son amour maternel; et bien sur, on va en savoir un peu plus sur la duplicité de la société tentaculaire Weyland-Yutani, qui sous couvert de permettre la colonisation de l'univers, semble convoiter les aliens comme une arme de destruction potentielle, au mépris des vies humaines... Le film cite, bien sur, le précédent, parfois avec humour, afin de se situer dans la ligne, mais il crée aussi beaucoup d'images qui vont nourrir la suite de la légende.