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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 18:14
Night owls (James Parrott, 1929)

Un petit chef d’œuvre, et sans aucun doute le meilleur film parlant jusqu’à présent. En deux bobines, nous avons ici un concentré de Laurel et Hardy, aux dialogues réduits à l’essentiel, en compagnie des grands seconds rôles habituels, Edgar Kennedy et James Finlayson. Le patron de la police (Anders Randolph) se plaint au commissariat du fait que de nombreuses personnes de son quartier soient les victimes de cambriolages, et met en cause l’agent Kennedy. Celui-ci, pressé d’agir, monte une combine avec deux vagabonds (devinez), leur proposant de ne pas les emprisonner si ils se livrent à un simulacre de cambriolage qui lui permettra de redorer son blason en faisant semblant de les arrêter. Pour ce qu'il adviendra d'eux une fois arrêtés, il leur demande de lui faire confiance.

Anders Randolph est un acteur de Broadway parfois vu chez Roach, mais aussi chez Harry Langdon (Il interprète le costaud qui amène Harry aux Etats-Unis avec lui dans The strong man). Son valet est joué par un Finlayson toujours impeccable. La scène du « cambriolage » est un exemple de Laurel & Hardy concentré : 15 minutes de gags ininterrompus, enchaînés avec une certaine logique: en bas, alors, que Finlayson veille au grain à l’étage, les deux « cambrioleurs » doivent être le plus silencieux possible: Hardy intime l’ordre de se taire à Laurel, qui fait tomber son sac plein d’argenterie, puis tombe lui-même sur le piano mécanique, le mettant en marche. Le piano, d’ailleurs, ne survivra pas longtemps... le final est un chaos fabuleusement orchestré de bruit désordonnés...

On peut ajouter à ce visionnage celui de Ladrones, du même Parrott: également sorti en janvier 1930, c'est la version Espagnole du film. On prend les mêmes, le même film, et on recommence ! Si on voulait « vendre » du Laurel et Hardy à l’étranger, il fallait qu’ils parlent le langage local. C’est donc avec généralement les mêmes metteurs en scène, sur le même plateau et le même jour que ces versions, rares aujourd’hui, ont été tournées. Dans le cas de Night owls, c’est d’autant plus intéressant que, une fois comprise la situation de base, le reste des dialogues n’a aucune importance. Mais surtout, là ou le film Anglophone dure 20 minutes, celui-ci s’étale sur quatre bobines, totalisant 35 minutes, en ajoutant des gags, et même une fin alternative plutôt bien dans l’esprit. Je pense que le montage de ce film correspond à un premier montage de la version Américaine, raffinée ensuite avant d’être distribué (et sur laquelle on a plaqué une fin moins brillante, mais plus efficace en terme de rapidité). Finlayson et Kennedy reprennent leurs rôles. La construction de ces films alternatifs, plus libres, va probablement pousser Roach à demander plus à ses comédiens fétiches, et le « Trois bobines » n’est pas loin. Et au-delà, le long métrage se profilera bientôt…

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy James Parrott Comédie
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 15:24
The hoose-gow (James Parrott, 1929)

C'est parce qu'ils ont été pris dans un raid que Laurel et Hardy vont en prison, et ils ne sont pas seuls: avec eux, il y a tout un panier à salade bien rempli... The Hoose-gow, c'est l'un des nombreux termes d'argot qui désignent un centre de détention en Anglais Américain; pour votre information linguistique, le terme, né en Californie et donc fortement popularisé durant les années 30 par les films, provient d'une mauvaise compréhension/restitution du mot Espagnol Juzgado, qui désigne une cour de justice... Et nos deux héros y ont déjà séjourné, très précisément dans The second hundred years en 1927, mais cette fois c'est dans un bagne à ciel ouvert qu'ils vont se retrouver pour accomplir des tâches fascinantes. La première bobine est consacrée à l'arrivée et même une pathétique tentative d'évasion, et la deuxième montre la vie quotidienne, entre travaux forcés, et repas pris en plein air, et se conclut par une visite du gouverneur interprété par bonheur par James Finlayson.

Le retour à la bataille de nourriture, ici, s’effectue avec du riz, qui va servir d’ingrédient à l’habituelle explosion de comportements antisociaux attendue dans tout bon Laurel et Hardy qui se respecte, est en fait versé dans le radiateur d’une belle voiture, et le résultat est parfaitement dégoûtant. Outre Finlayson, le film nous permet de retrouver Tiny Sandford, et aussi Leo Willis, parfait en bagnard avec sa trogne, un acteur de seconds rôles souvent employé chez Roach, mais aussi chez Lloyd : il joue l’un de ses grands frères dans The kid Brother, en 1927.

Bien, sur, Laurel et Hardy retrouveront la prison pour un film de long métrage cette fois, Pardon Us, également réalisé par James Parrott, et qui sera leur premier véritable effort de longue haleine. Un signe qui ne trompe pas: ça les inspire...

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Laurel & Hardy
18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:41
A perfect day (James Parrott, 1929)

Le retour de James Parrott s’effectue avec un film qui dépeint le quotidien, c’est très approprié. Le premier plan annonce la couleur : Mrs Hardy et Mrs Laurel devisent joyeusement, en préparant les affaires pour le pique-nique, pendant que leurs maris sont affairés dans la cuisine à réparer les sandwiches. La caméra recule, et révèle couché sur le sofa l’oncle Edgar Kennedy, atteint de goutte, et décidé à ne pas aller avec tout le monde. On a compris, d’une part que le bel optimisme de ces dames était sans doute bien imprudent, et que le pauvre pied de l’oncle allait souffrir avant longtemps... Quand Laurel et Hardy sortent de leur cuisine avec un plateau bien garni, les ennuis sont là!

Un classique, un peu lent par endroit, mais qui parodie avec talent une tendance du parlant: parler pour ne rien dire; lorsque toute la famille, installée en voiture (Une éternelle Ford T), salue ses voisins d’une multitude de "Good Bye" qui n’en finissent pas, et qui sont d’autant plus idiots qu’ils ne parviendront pas à dépasser la rue... Ce conformisme de façade, si agaçant, ne tardera pas à se lézarder pour laisser apparaître une réelle agressivité.

...pour notre bonheur.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy James Parrott Hal Roach
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 16:42
Habeas corpus (James Parrott, 1928)

Avec des éléments repris de Do Detectives think, ce petit film d’une grande qualité ressemble à une épure, à la rigueur inattendue quand on lit le scénario : un savant fou (Richard Carle) désire faire des expériences sur le corps humain, et engage Laurel et Hardy pour lui ramener un cadavre fraîchement déterré. Une fois les deux hommes partis, le professeur se fait arrêter, mais le chef de la police a confié à un de ses hommes (Charley Rogers) le soin de filer les deux « assistants ». Il va multiplier les tentatives d’effrayer les deux hommes, en jouant le fantôme.

Si le recours à des répétitions (les jambes flageolantes et les mimiques de Stan) peut lasser dans la seconde partie, le sentiment général est que décidément Stan et Ollie ne sont que des enfants, et leur peur, parfaitement authentique au demeurant, est un motif qui nous les rend plus sympathiques qu’idiots. Deux gags s’inscrivent dans la continuité du studio Roach : d’abord, le poteau sur lequel grimpe Ollie en pleine nuit, afin de lire la pancarte clouée au sommet: « peinture fraîche » ; puis le trou d’eau profond de 150 centimètres qui refait une apparition vers la fin. Le décor de cimetière est le même que celui de Do Detectives think.

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Laurel & Hardy Muet Comédie
20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 16:30

Ce film très réussi marque le retour de James Parrott à la réalisation, après l'intermède malencontreux de Early to bed; il va réaliser deux films coups sur coup. Le premier est donc une fois de plus consacré à installer une occasion de destruction systématique. Laurel et Hardy sont deux marins qui profitent d'une escale pour mener la belle vie et qui tirent avantage de leur uniforme pour sortir avec deux jeunes femmes.

La première bobine est essentiellement dédiée à la rencontre entre les héros d'un côté, et deux jeunes citadines de l'autre (Thelma Hill et Ruby Blaine) autour d'un distributeur de bonbons défectueux qui va d'abord donner un prétexte à nos deux marins pour aborder les jeunes femmes, puis devenir un instrument du destin en provoquant une catastrophe, et un accrochage sérieux avec le boutiquier joué par le toujours menaçant Charlie Hall... Dans la deuxième bobine, la voiture des quatre doit s'immobiliser en raison d'un embouteillage... Ce qui dans le monde de Laurel et Hardy ne peut mener qu'à de la tôle froissée, en grande quantité.

Ce film est un chef d'oeuvre dans lequel le principal attrait est la lente, méthodique destruction à la main d’une dizaine de véhicules coincés dans un bouchon, menée par Stan et Oliver. C'est irrésistible! Et la victime par laquelle la destruction déjà mentionnée commence, c’est une fois de plus ce pauvre Edgar Kennedy. Avec lui, la lenteur calculée de l'action devient décidément du grand art...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy James Parrott Muet
17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 18:45

Avec ce nouveau court métrage, nos héros vont revenir à la série « Matrimoniale »; le film est intéressant à plus d'un titre: le nouveau ton des films y est en effet mis à profit afin de caractériser en profondeur, et l'impression est qu'on se situe bien au-dessus du tout-venant, notamment des anciens films Roach, où il suffisait d'une allusion au mariage pour déclencher les rires. Ici, ce qui fonctionne, c'est qu'il semble bien qu'Hardy soit heureux en mariage, ce qui fait de Laurel venant proposer de jouer au golf, un authentique trouble-fête. mais le golf est si irrésistible, Hardy finira par s'exécuter...

L'essentiel de la première bobine est occupée à montrer la lutte inégale entre le couple Hardy et Stan, mais la deuxième bobine montre les exploits de Stan et Ollie (Bien accompagnés, ils se sont trouvé des petites amies pour l'après-midi: Viola Richard et Ena Marion), mais surtout la souffrance profonde d'Edgar Kennedy, dont la balle est tombée dans une flaque de boue, et qui se voit rappeler à l’ordre par Stan: la balle est dans la boue, il faut la jouer à partir de là. La suite est inévitable : la boue joue ici, en 5 minutes de sauvagerie calculée, le rôle de la crème dans The battle of the century.

Bref: c'est sublime, à sa façon...

C'est la première fois que Laurel et Hardy sont officiellement crédités, avec leur propre série. Une façon d'entériner ce que le verdict du public avait déjà consacré. C'est aussi la première fois, et ce n'est pas rien, que les deux amis tournent sous la direction de James Parrott. le petit frère de Charley Chase est bien monté en grade depuis ses rôles dans des courts métrages idiots mais hilarants, sous le pseudonyme de Paul Parrott. Il va travailler souvent avec Laurel et Hardy, sera de la partie pour le premier long métrage Pardon us, entre autres hauts faits d'armes...

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Laurel & Hardy Muet Comédie
28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 16:15
James Parrott, 1922-1925

On connait fort bien les carrières de certains acteurs de comédie, dont bien sur Keaton et Chaplin, Laurel avec Hardy, Harry Langdon et bien sur Harold Lloyd. Mais les autres? Certains ont été authentiquement redécouverts, le plus célèbre - et l'un des meilleurs - étant bien sur Charey Chase. De son vrai nom Charles Parrott... A côté, combien de premiers rôles d'un jour, de Max Davidson, de Snub Pollard, de James Parrott... Et notez bien que, acteur chez Hal Roach ou d'autres studios dans des films qui sont un peu passés inaperçus entre 1918 et 1925, Stan Laurel était probablement destiné à ce type d'anonymat, s'il n'avait été considéré comme judicieux de l'allier avec Oliver Hardy...

Pourquoi fut-il décidé que James Parrott, le petit frère de Charles, allait devenir le héros d'une série de courts métrages sous le pseudonyme de "Paul", c'est un mystère insondable. En tout cas, le paradoxe est que la nomination de son grand frère à la direction artistique des studios Hal Roach a permis la chose, et Charles a de plus eu un rôle prépondérant dans la réalisation de plus d'un film. De même, la démission de Charles en 1923 a occasionné un renversement de situation, et à l'exception de quelques films (Dont Are parents pickles?), à partir de 1923, l'unité de "Paul" Parrott est devenue celle de Charley Chase, et James a lui-même tourné un certain nombre de courts métrages avec son frère en vedette (Il a aussi, mais c'est plus connu, présidé aux destinées de Laurel et Hardy, entre 1929 et 1932, tournant entre autres leur premier long métrage).

Après ça, on ne s'étonnera pas qu'ils aient été confondus aussi souvent! Non qu'ils soient si semblables, mais leur univers est à peu près le même (Avec une prédilection pour l'absurde chez James, que Charles ne partageait pas avec le même dosage!) et compte tenu de l'état déplorable des copies, et du peu qu'on sait sur les films, la confusion est à peu près compréhensible... Jusqu'à ce que la compagnie All day entertainment consacre un coffret entier (De quatre DVD) à Charley Chase, dont les copies ont été fournies par des passionnés et autres collectionneurs fous, et spécialistes maniaques... mais la photo choisie pour illustrer la jaquette de cette édition est une photo de James. C'est embarrassant...

Et justement, puisque l'on parle des passionnés de tout poil: c'est à eux qu'on doit la préservation des films de Pollard, Parrott et autres. Pas regardants, ouverts à toutes les formes de comédie, et aussi (Voire surtout) aux moins nobles, ils oeuvrent aujourd'hui pour que tout un pan obscur de l'héritage cinématographique Américain soit préservé. La disparition éventuelle du DVD donnera probablement un rôle accru à des sites comme Youtube, sur lequel un nombre de ces passionnés publient déjà leurs découvertes, dont ces quatre films:

Loose Change (Ray Grey, 1922)

Plus qu'incomplet, celui-ci est réduit à d'incompréhensibles extraits, mais on y sent bien le délire permanent de l'équipe de James Parrott, et le plaisir de surprendre par des images aux limites du surréalisme. Parrott y incarne le fils du patron de la banque.

Watch your wife (Jay Howe, 1923)

Plus complet que le précédent, mais toujours privé d'intertitres, ce film est un festival de déguisements sauvages, d'absurde, et de bizarreries qui prennent du sens lors de la dernière scène qui révèle qu'on a assisté à une représentation théâtrale. Jobyna Ralston se rappelle à notre bon souvenir, elle était la principale co-vedette de Parrott avant de devenir celle de Lloyd.

Shoot straight (Jay Howe, 1923)

Ceui-ci est complet, et a été rendu disponible par le musicien passionné de cinéma muet Ben Model. On y assiste aux efforts de Parrott pour chasser l'écureuil, mais ces petites bêtes sont redoutables. L'apparition de Jobyna Ralston est certes contractuelle, mais c'est toujours mieux que rien...

Are parents pickles? (Gil Pratt, 1925)

Je soupçonne ce film d'avoir été gardé dans les cartons durant une ou deux années. D'une part, chez Roach la compartimentation était sévère, afin de ne pas avoir à verser deux salaires, on était acteur, gagman, scénariste, metteur en scène... mais pas deux fonctions à la fois. Or en 1925, Parrott était devenu metteur en scène à plein temps (Ce qui ne l'empêchait pas d'apparaître sans crédit dans les films de son frère... Mais il n'était sans doute pas payé pour ça) et ce film le met clairement en vedette. D'autre part, Jobyna Ralston était devenue la leading lady à plein temps des films de Harold Lloyd, désormais dégagé de son contrat avec Roach. Quoi qu'il en soit, le film est basé sur ces situations qui font le sel de tant des films Roach: le vendeur d'un produit ans intérêt tente de le placer, ce qui va déclencher un certain nombre de situations glorieusement idiotes. Ajoutons qu'il est ici question de trombone, qu'une scène s'amuse de la manie qu'ont les Américains de cette période prospère de s'organiser en loges de type maçonnique et autres sociétés secrètes (Lloyd, Roach, Laurel, Hardy et Chase en faisaient tous partie, comme en témoignent un nombre impressionnant de leur films), et on verra qu'on y trouve une source fort sympathique de gags...

Voilà, en attendant d'en retrouver d'autres, ce qu'on pouvait dire sur ces petits bouts de films retrouvés. On pourra aussi râler contre l'incurie d'une société qui laisse sciemment des pans de son héritage artistique pourrir ou mourir dans l'indifférence générale. Mais à quoi bon?

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Published by François Massarelli - dans James Parrott Comédie Muet