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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 10:56

Sur un sujet forcément prenant, pour ne pas dire addictif, Thank you for smoking est le premier film de long métrage de Jason Reitman, auquel on doit depuis deux films de tout premier ordre, Juno, et Up in the air. Ce premier film est une étude satirique basée sur un personnage rarement abordé: le lobbysiste; ici, c'est un porte-parole de l'industrie du tabac qui a le premier rôle, interprété avec talent par Aaron Eckhart. Son métier lui fait déployer ses talents d'orateur, et il assume toutes les provocations et toutes les ignominies que ses démarches le poussent à faire, jusqu'à faire imploser un débat télévisé dans lequel il retourne le public initialement hostile en se payant la fiole des adversaires du tabac, tous motivés par d'excellentes raisons. Si le tabac et ses effets sont présentés sans ambiguités (le tabac tue, est légal, et ne sert à rien), si la facture s'alourdit de par ses diners en compagnie d'une lobbyiste de l'alcool (L'alcool rend fou, tue, n'est pas bon, et ne sert à rien non plus) et d'un porte-parole des commerçants d'armes (Pareil), le film n'est pas pour autant un message engagé sur le sujet du lobbying. Il est juste une chronique de la vie d'un citoyen Américain fier de son boulot, qui arrive à l'age ou la crise est inévitable: le personnage a beau être odieux, on ne peut finalement que l'aimer....

La structure du film, liée à la diction et au charisme du personnage principal, est une force pendant la première demi-heure, qui reste rapide. Après, on s'attache au personnage, et la structure devient alors plus linéaire, contant ses aventures à Hollywood, jusqu'à un coup de théâtre dramatique: il est enlevé, et victime de terrorisme... Mais avec son esprit très esthétique et un sens du cadrage extrêmement efficace, le metteur en scène conduit le spectateur sans dommage vers une fin ouverte qui resitue le problème; il semblerait que même éloigné du monde de la tabagie, ce monsieur est là pour faire du mal quoi qu'il arrive...

On retrouvera avec bonheur le petit monde rarement montré des voyageurs professionnels de l'Amérique d'aujourd'hui dans le troisième film de Reitman, Up in the air , avec son George Clooney en VRP du licenciement.

Sinon, il a aussi réalisé Juno, un sacré film... Qu'on n'a peut-être pas besoin de présenter vu l'importance de son succès.

 

Thank you for smoking (Jason Reitman, 2006)
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Published by François Massarelli - dans Jason Reitman
12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 13:28

Up in the air est le troisième film de long métrage de Jason Reitman, le fils d'Ivan Reitman (Mais oui!!), après le grand succès de Juno, d'ailleurs totalement mérité. Son terrain de jeu, on s'en rend bien compte, c'est la comédie, une comédie de situation, adulte et inventive, dont les principales caractéristiques sont de reposer sur l'observation de la vie et du comportement des gens, et sur un sens visuel très impressionnant. A ce titre, ce nouveau film est une réussite, mais pas seulement en matière de forme, il y a ici une mélancolie très délicate qui vous hante après l'avoir vu...

 

George Clooney interprète un homme doté d'un sale métier: il est licencieur. Son rôle, c'est de venir faire le sale boulot pour des patrons de PME qui se refusent à le faire eux-mêmes... A ce titre, Ryan Bingham se déplace, parfois jusqu'à 300 jours par an, et considère sa vie comme entièrement réglée autour de ses voyages, n'a pas d'attaches, et se considère comme parfaitement heureux, vivant de voyages et de rencontres au hasard, notamment avec Alex (Vera Farmiga), une femme dans son genre. jusqu'au jour ou il doit accompagner une jeune collègue, Natalie Keener (Anna Kendrick), qui vient de faire accepter par leur patron une méthode de licenciement par vidéoconférence. il suggère de lui faire expérimenter le licenciement classique pour commencer...

 

Ryan Bingham n'est pas une ordure. Je veux dire, objectivement, il fait un métier ignoble, typique de ce monde dans lequel les valeurs privées ont pris le dessus sur tout le reste, au point de transformer un licenciement en un passage obligé de toute carrière professionnelle. Mais fondamentalement, s'il fait un métier affreux, il le fait avec une certaine humanité, à plus forte raison lorsqu'il est accompagné d'une jeune femme qui a tout à apprendre, en particulier de s'investir émotionnellement dans son métier. Le film fonctionne comme un échange: Bingham va enseigner la façon de faire, elle va lui montrer comment s'investir émotionnellement dans sa propre vie. Bingham sort de l'expérience changé, et surtout, va ouvrir les yeux sur sa propre condition.

 

Cette comédie douce-amère dégage un parfum parfois lunaire, dont Reitman a tenu à ce qu'elle reste quand même les pieds sur terre, afin de ne pas aller trop loin en matière de fantaisie (certaines scènes coupées témoignent de cet aspect): le rôle de Bingham et consorts, qui n'est jamais discuté en tant que tel, reste quand même de signifier la fin de certains emplois, et le réalisateur a voulu garder un certain réalisme, mais la façon dont les voyages, et leur représentation sous forme de vues aériennes, rythment le film de façon visuelle est une grande et belle innovation, de même que l'abondance de plans de transition presqu'abstraits, afin de souligner le vide de la vie de ces robots du licenciement. Le film est là pour rappeler à un monde dont le tissu social part en cacahuète qu'il est temps de se reprendre... On n'en sort pas indemne, tant la remise en question des personnages est bien vue. Décidément, Reitman (le fils, hein, pas le père réalisateur de Ghostbusters) est un homme sur lequel on compte, comme avant lui un Wes Anderson, pour le comparer avec un autre petit génie de la comédie Américaine d'aujourd'hui et demain.

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Published by François Massarelli - dans Jason Reitman George Clooney