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18 mai 2023 4 18 /05 /mai /2023 09:12

Marco Montes (Javier Guttierez) est entraineur de basket, a des ennuis et un caractère particulièrement chatouilleux. Un soir, alors qu'il revient d'un match au cours duquel il a eu une altercation en public avec son supérieur, et qu'il a ensuite noyé sa déprime dans l'alcool, il a un accident de voiture impliquant une voiture d epolice. La juge fait un exemple, et il écope de 18 mois de prison... ou un service civique. Elle l'aiguille donc vers une association qui pratique le handisport pour intégrer des handicapés mentaux: sa mission va être de créer et d'entrainer une équipe de basket composée uniquement de personnes atypiques. Dire qu'il est hostile au début serait un euphémisme...

Dans le même temps, il essaie de gérer son problème conjugal: il s'est séparé de son épouse qui souhaite avoir un enfant, alors qu'il estime pour sa part qu'ils sont trop agés pour ça: il craint l'hypothèse d'un enfant handicapé...

Fesser a dès le début étét très clair, son film ne se ferait que si les acteurs qui incarnent les basketteurs handicapés étaient tous, sans aucune exception, eux-mêmes atteints de syndrômes, ou à des degrés divers de troubles du comportement, étient sur le spectre autistique, ou autre. Et bien sûr, si le but du film est de montrer l'inclusion, c'est aussi une comédie, Fesser et ses acteurs n'ayant jamais reculé devant des gags liés justement à la différence, gags auxquels les acteurs (la plupart sont amateurs) se sont prétés avec bonhomie et gourmandise. Cette exigence spécifique a du coup donné un résultat intéressant, puisque dans le film les personnages parlent souvent de bodonnages dans le handi-sport, et de titres paralympiques obtenus avec des athlètes qui ne souffraient en réalité d'aucun handicap. Cette rigueur fait le prix du film, qui serait probablement s'il était interprété par des acteurs neurotypiques juste un téléfilm lénifiant et formaté de plus...

On n'est d'ailleurs jamais très loin de ce risque, tellement le "parcours à la Disney" (une équipe de bras cassés voués à l'échec qu'une volonté et un rien de générosité, ainsi qu'une soudaine et miraculeuse ouverture d'esprit, vont propulser soudain au firmament, que ce soit en musique, en sport ou tout autre aspect) est , jusqu'à un certan point, l'option choisie. Mais Fesser a laissé la comédie faire tout le travail de séduction, et on rit énormément dans le film, jamais contre les handicapés, toujours avec eux; le piège du politiquement correct mais aussi celui du politiquement incorrect, sont tous deux savamment évités par Fesser, qui a un savoir-faire sûr en matière de timing et de rythme...

Et si inclusion il y a, c'est surtout celle de Marco, qui va s'ouvrir beaucoup plus profondément que ses "poulains". Tous, bien sûr, absolument attachants...

 

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Published by François Massarelli - dans Javier Fesser comédie
19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 16:38

Commençons par une digression: je n'ai pas pris la précaution de traduire le titre, car bien que je ne pratique pas la langue de Cervantès, j'ai le soupçon qu'il n'est pas bien difficile à comprendre! Et rien que parce que pendant des années, sans doute motivés par le même instinct stupide de protectionnisme culturel que leur ancien confrère en fascisme Mussolini qui prit la décision d'imposer le doublage dans tous les cinémas du territoire, les Espagnols ont consommé leurs médias en Espagnol, y compris lorsqu'ils achetaient des disques!

Mais revenons à nos moutons et à un champion de la digression: mon premier contact avec le cinéma fiévreux et dérangé de Javier Fesser, c'était lors de la diffusion du court métrage El secdleto de la tlompeta sur France 2 à la fin des années 90... moins de vingt minutes d'une histoire qui ne démarrait jamais, faute de logique, et qui passait son temps à digresser d'une manière totalement idiote: bref, un bonheur...

Les choses ont bien changé, car Fesser, qui a manifestement installé dans le paysage espagnol son propre style et sa propre façon de faire (avec ses collaborateurs, ses acteurs et son public) est devenu un touche-à-tout qui a un peu perdu sa punkitude réjouissante. Il reste un observateur des travers de notre monde, et un metteur en scène attaché à des histoires gentiment loufoques, mais avait-il besoin de réaliser un film à sketches à partir de quatre idées ténues et pas toujours d'une immense richesse, sur 129 minutes? Car ce film parfois, mais pas souvent, drôle, est long, et même très long. Et les meilleurs gags sont sans doute ceux qui font se croiser les intrigues. Toutes, de toute façon, se traînent en longueur et finissent par lasser...

Même la plus courte, c'est à dire la première: un industriel qui a révolutionné la voiture en Espagne dans les années 70, subit le caprice embarrassant de son fils, un raté qui va devoir lui succéder: puis on nous raconte le début de la lamentable histoire d'un monsieur à la vie réglée come du papier à musique, qui a décidé de se lever à 6h30 pour aller photographier le lever de soleil sur la plage qui est située juste en face de chez lui... et ne parviendra jamais à s'y rendre; un jardinier Africain désespéré de ne pas arriver à joindre les deux bouts propose ses services à une femme qui est sur le point d'être expulsée de chez elle et qui a décidé de lui en faire baver tellement elle est en colère; enfin, un industriel corrompu saisit la chance de sa vie: il a entendu parler d'une entreprise qui pour des sommes énormes, fournit à ses clients (maris volages, pourris pris la main dans le sac, etc) des excuses en béton, avec moult détails pyrotechniques... sauf qu'il les engage au mauvais moment.

Il y a des bons moments, donc, mon préféré reste celui qui expose le fonctionnement de cette entreprise d'alibis (qui s'appelle tout simplement La excusa): c'est très drôle et le timing est excellent... Pour le reste, trop, c'est trop...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Javier Fesser
5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 18:25

Le seclet de la Tlompette, indispensable court métrage de Javier Fesser, était une suite apparemment sans queue ni tête (je dis apparemment, car en réalité ce court métrage contient le secret de l'univers) d'anecdotes toutes plus idiotes les unes que les autres, et reliée aussi artificiellement que possible par une narration martiale et aux poutres apparentes... Javier Fesser, fêté dans tous les festivals où il a été amené à montrer son film, a sans doute pensé qu'il serait intéressant de poursuivre l'expérience sur un long métrage. Après tout pourquoi pas?

Ce film est donc à nouveau consacré à une série de teléscopages de destins entre:

...l'héritier timoré d'une fabrique d'hosties, doté d'une épouse non-voyante (ce que lui-même n'a jamais remarqué), les deux étant désireux d'élever des enfants, mais c'est difficile quand on n'a pas encore, à 75 ans passés, compris comment on les fait.

...Un évadé dans des conditions spectaculaires d'une geôle politique tenue par des sadiques dans un pays de l'Est, mais qui heureusement parle l'Espagnol en plus de son Volapuk personnel. Il porte constamment avec lui une bonbonne de gaz, un détail sans doute gratuit mais qui ne manquera pas d'intriguer ceux qui ont vu le court métrage mentionné plus haut.

...Trois extra-terrestres de très petite taille égarés sur notre planète, parce que franchement la nourriture est plus intéressante que chez eux.

Les aléas de tous ces gens nous sont contés par un narrateurs clairement caféïnomane, et c'est peut-être là où le bât blesse, dans ce film survitaminé d'un metteur en scène qui a vu et apprécié les constructions improbables de Jean-Pierre Jeunet, il ne s'arrête jamais. Il faut donc le voir en forme, et être prêt à tout, avec les nerfs solides: la survie de l'humanité en dépend.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Javier Fesser
20 juillet 2018 5 20 /07 /juillet /2018 17:45

Pour commencer, je ne parle ni ne comprends l'Espagnol, mais il me semble que le titre de ce court métrage de 1995, un film hautement religieux, devrait probablement se traduire par Le seclet de la tlompette

Ce qui ne nous avance pas.

L'intrigue est semble-t-il celle d'un road movie, ou en tout cas d'un chemin vicinal movie: en pleine campagne Espagnole, au milieu de nulle part, par monts et par vaux, un curé sympathique et doté d'un complexe particulier (il souhaiterait être l'ami de tout le monde) fait du vélo, un garde chasse myope tire sur un randonneur en croyant abattre un ours, deux gardiens de la paix pourchassent un homme qui transporte deux bonbonnes de gaz, et probablement d'autres choses encore. 

Bref, un grand drame humain., complété par l'implacable narration, accompagnée d'une impressionnante bande-son, et parfois, des interventions du producteur. C'est un muppet.

Ah, oui, le curé a une histoire, ce qui explique que parfois on l'aperçoive avec un tomahawk planté dans le front; et comme il est serviable, il prend le type aux bonbonnes sur son vélo, prouvant par là-même que dans ce film apparemment sans queue ni tête, il y a aussi, en quelque sorte, un semblant de continuité.

Voilà qui est rassurant: alors si vous voulez savoir vous aussi, pourquoi le type aux bonbonnes est poursuivi, ce qu'il advient de l'étrange équipée de l'homme d'église, regardez séance tenante ce film épique: peut-être y apprendrez-vous le seclet de la tlompette?

...J'ai dit peut-être. Regardez en tout cas ce western: il est magique, court, et parfaitement idiot. Bref: il est indispensable.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Tlompeta Javier Fesser