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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 23:15

Antonio Bay, Californie, un petit village de pêcheurs: un étrange brouillard envahit la côte par intermittences, et pour commencer, les trois marins du bateau de pêcheurs pris au piège de la brume sont assassinés. Un certain nombre de personnes vont graviter autour de l'affaire, et découvrir que le village, créé il y a cent ans exactement, a été le théâtre d'une horrible tragédie: afin d'éviter de propager la lèpre, six personnes atteintes de cette maladie ont été délibérément coulées par les fondateurs de la ville, cent années plus tôt. 

Le film est l'un des premiers de Carpenter, qui allait ensuite s'illustrer dans tous les genres du suspense et de la terreur. C'est aussi un modèle: en terme de montage, de découpage, d'économie de moyens, de narration et d'interprétation, excusez du peu! Pour conter son film, Carpenter pose parfaitement son exposition et ses personnages, et distille avec savoir-faire les informations. Il nous prévient sans filtre ("Six will die"), puis il ménage ses effets de terreur, s'amuse de nous créer de fausses peurs avant de nous en asséner de vraies, et fait vaguement semblant, sous le conte horrifique, de s'inquiéter des tourments indicibles de l'âme Américaine...

...Mais surtout, il le fait avec Jamie Lee Curtis, mais aussi avec sa maman, la divine Janet Leigh, dans un rôle de bourgeoise du comité de fêtes qui va devoir affronter la nouvelle de la disparition de son mari. Ce n'est peut-être pas le plus effrayant film de tous les temps, mais sous couvert de nous faire peur, il nous fournit un ingrédient essentiel: le fun.

 

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Published by François Massarelli - dans Boo!! John Carpenter
21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 11:13

L'homme est-il un loup pour l'homme... Ou un husky? ans ce remake du film The thing from another world de Christian Nyby, ou plutôt de Howard Hawks, Carpenter s'amuse à renverser le postulat du film initial, et signe un remake qui aurait pu être rudement intéressant... Si l'époque n'avait pas été à la surenchère des effets spéciaux. Parce que que s'il y a un mot qui me vient à l'esprit à propos de ce film, c'est... "trop".

Dans une base polaire de l'armée Américaine, un groupe de douze hommes trompe son ennui, jusqu'au jour ou ils ont une visite peu banale: un husky en fuite, poursuivi par un Norvégien en hélicoptère qui ne lésine pas sur les moyens de l'abattre: fusil, mais aussi grenades! Se sentant menacés, les Américains tuent l'intrus, et recueillent le chien...

Mauvaise idée.

Quand ils veulent ramener le corps du Norvégien à sa base, les Américains ont la surprise de tout découvrir dévasté, de tomber nez à nez avec d'étranges cadavres informes, et surtout de découvrir un sarcophage de glace vide. Les Novégiens ont trouvé quelque chose, mais quoi? Et surtout, où se cache "la chose"? ... ou plutôt, dans quel animal se cache-t-elle?

Devinez.

Dans l'original de 1951, "la chose" était un homme végétal ("A super-carrot", disait un protagoniste sans rire), nouvellement arrivé, ici l'équipe a décidé d'en faire un secret enfoui depuis des millénaires et désireux d'être retrouvé; de fait, la lecture initiale anti-communiste du film de Hawks était devenue obsolète. Hawks est un cinéaste que Carpenter connait bien, au point d'avoir fait un remake d'un autre de ses films (Rio Bravo) avec Assault on precinct 13; mais ici, s'il tend à montrer les hommes à leur meilleur quand ils travaillent, il nous montre surtout une humanité qui se mord la queue à force de ne rien faire, et surtout des hommes qui semblent n'attendre qu'un prétexte pour s'agresser... Des hommes dont la "chose" sera un révélateur de leur propre détestation: intéressant, surtout quand on sait la tournure qu'on pris les rapports domestiques entre les communautés de l'Amérique durant les trente glorieuses: donc, depuis la date de sortie du film de Hawks...

Celui-ci était grandiose pour son suspense naturel, et c'est ce qu'il y a de meilleur ici, cette dynamique de l'attente, rythmée par une musique de Ennio Morricone, qui est l'une de ses moins écoutables en soi, mais qui reste étonnamment fonctionnelle. Mais comme je le disais plus haut, en 1982, on demande du spectaculaire en matière d'effets spéciaux, avec transformation physique en direct, et là rien ne va plus. Car où voulez-vous placer des limites salutaires avec une créature qui se transforme à volonté, dont le but à peine caché est de rendre le film aussi dégoûtant que possible? Les avalanches de bestioles, de tentacules, de démembrements, achèvent de parasiter le film et son ironie.

Je vous vois venir: "aujourd'hui, avec les CGI, ce serait tellement mieux". Ne dites pas de bêtises: les CGI, ces sales petites bêtes qui ont envahi la vie de notre cinéma, ont ceci de particulier qu'ils sont tellement bien faits... qu'on les repère tout de suite, et qu'on n'y croit pas une seule seconde. Non, le  modèle à suivre, en 1982, aurait été Alien ou Jaws: limiter au strict nécessaire le recours à la vision de la créature. Hélas! Si les deux films en question ont de toute évidence eu une influence sur la production de Carpenter, l'air du temps et la tentation du monstre partout, ont eu raison de ce qui aurait pu être bien plus qu'un simple remake consommable.

 

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Published by François Massarelli - dans John Carpenter Beeerk