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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 19:41
45 minutes from Hollywood (Fred Guiol, 1926)

Voici le premiers des sept courts métrages qu'on pourrait qualifier de pré-Laurel et Hardy, tournés à une époque durant laquelle Roach ne savait pas quoi faire avec ses futures vedettes. Ce premier film en est un bon exemple, tourné par un assez anonyme tâcheron du studio, avec une vedette qui ne percera jamais (Glenn Tryon, également héros de Along Came Auntie , de Fred Guiol, ainsi que de Lonesome et Broadway de Paul Fejos, tournés pour la Universal en 1928) et un second rôle pour Hardy.

une famille d'Américains moyens (Un peu simplets) partent pour Hollywood sur un prétexte. le fils, la fille et le grand-père ont hâte d'aller voir les stars, mais vont vite déchanter en participant à ce qu'ils croient être un tournage, mais s'avère être un hold-up. La course-poursuite va dégénérer dans un hôtel des environs, où ils vont croiser le détective (Hardy) et un client moustachu et irascible (Laurel)

Laurel et Hardy participent, mais ne servent pas à grand-chose, dans un film qui ressemble à de l’authentique bas de gamme des studios Roach. A noter, toutefois, une séquence très idiote de voyage en vélo (Les séquences idiotes, dans les burlesques muets, valent toujours le détour), et une question historique: à voir le maquillage de Laurel, on se pose la question; James Finlayson était-il injoignable lors du tournage de ce film?

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie
16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 12:16

Stan Laurel en solo, c'est toujours une promesse de rigolade, décidée, absolue, pas subtile du tout, et assez fascinante à regarder. J'aime beaucoup le bonhomme, mais ses films, qu'ils aient été faits chez Roach ou non, ne ressemblent pas aux futurs courts métrages du duo Laurel & Hardy, pas plus que le personnage incarné par Laurel ne ressemble à 'notre' Stan. Il faut dire qu'il se cherchait, comme on dit.

Near Dublin (Ralph Ceder) et Short Kilts (George Jeske) ont de nombreux points communs, à commencer par le fait qu'ils ont été tous deux réalisés par le studio Hal Roach; faut-il le rappeler? Roach et sa troupe représentent l'aristocratie de la comédie de grande consommation (c'est à dire une fois établie la supériorité de quatre grands comédiens dont on n'a pas besoin de rappeler les noms), et sa troupe fidèle, composée d'acteurs chevronnés, est ici bien mise à contribution. Comme leur titre l'indique, les deux films s'amusent à dresser un portrait parodique, outré, bardé de clichés et de stéréotypes, sur l'Irlande d'une part (dans laquelle les gens s'envoient des briques à la moindre occasion, et se lancent dans des bagarres en permanence) et l'Ecosse d'autre part (dans laquelle les gens se réjouissent d'être invités à manger, ça diminue les frais). On peut bien sur râler, mais on peut aussi rappeler que Roach, comme Sennett est d'origine Irlandaise, alors que Laurel et son compère James Finlayson sont tous deux d'origine Ecossaise. Le studio s'était fait une spécialité d'humour "ethnique", avec d'un autre coté le personnage incarné dans ses comédies par Max Davidson, qui pourrait être accusé de véhiculer tous les clichés embarrassants de l'antisémitisme le plus lourd, alors qu'il s'agit d'une auto-parodie, assez jouissive en vérité. 

On appréciera décidément l'alchimie entre Laurel et James Finlayson, qui se poursuivra comme chacun sait au-delà de l'arrivée de Hardy, et c'est d'autant plus remarquable qu'au sein du studio les deux acteurs étaient sans doute concurrents, Roach n'arrivant pas à déterminer qui, de Laurel ou de Finlayson, devait être la vedette de ces films. C'est sans doute pour ça que Laurel  a passé son temps à claquer la porte (en 1925, il fera des films avec Joe Rock pour une distribution par Universal, par exemple), avant de se stabiliser enfin en 1926, puis de trouver "l'âme soeur" en 1927. Laurel, donc, avant Hardy, est un personnage dynamique, enjoué, farceur, occasionnellement agressif. Il est un héros, qui n'a pas son pareil pour incarner tout le ridicule d'une situation: on est en pleine parodie.

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Published by François massarelli - dans Laurel & Hardy Muet
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 13:59
Laurel, Hardy, Roach
Au moment de prendre congé, après avoir revu avec ce qui est tristement le dernier film issu de la collaboration entre les studios Hal Roach et Laurel et Hardy, il me semble approprié de revenir précisément sur la nature et l’histoire de cette collaboration : D’une part, elle détonne par sa longévité, par la constante qualité (Même si elle n’est pas exempte de scories, loin s’en faut), mais aussi par le fait que les deux comédiens représentent sans doute le point culminant de la filmographie du studio, et que les œuvres produites chez Roach sont les films les plus importants des deux hommes ensemble, et soyons juste, des deux hommes tout court.
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Il s’en est fallu de peu, comme chacun sait, mais il est amusant de constater comment a posteriori il est facile de s’attribuer la paternité du duo, ce qu’on fait Roach lui-même, Leo McCarey, Fred Guiol, et d’autres, mais curieusement ni Laurel ni Hardy. L’un et l’autre étaient il est vrai trop visibles pour vraiment prétendre venir de nulle part, et leur rapprochement est trop évidemment un hasard pour venir d’un génie, aussi fabulateur soit-il ; de plus, si le couplage des deux comme on l’a vu, s’est effectué dès 1926, il a fallu attendre 18 bons mois avant que les personnages ne commencent à se mettre en place ; avant cette date, Laurel et Hardy sont toujours les mêmes qu’avant : Pour Hardy, qui promène sa silhouette si pratique à stéréotyper dans tous les studios spécialisés dans le burlesque dès 1915, on peut vraiment dire que l’apparition de son personnage permanent, aux cotés de Laurel , sera une opportunité en or : il va enfin pouvoir développer un personnage de gros certes, mais qui ne fait pas voir en permanence sa stature, et qui va même réussir à la faire oublier : il y a des gags qui sont basés sur le coté « Hardy est gros » dans les courts et longs du duos que j’ai compilés dans ces notes, mais il y en a relativement peu; chez Larry Semon, pour prendre l'exemple d'un fréquent employeur parmi d'autres, au contraire, ils sont fréquents, tout comme les gags impliquant un noir peureux, et autres stéréotypes poids lourds. Par contre, chez Charley Chase, en 1926, Hardy était parfois le méchant, mais ses apparitions reposent sur ses capacités de comédien. Mais il n’est pas encore « notre » Hardy… Justement, Charley "Chase" Parrott, directeur général du studio en 1922/23, a insisté pour qu’on engage ces deux-là. Séparément, d’abord, mais il avait vu Laurel et le croyait de taille à rivaliser avec Chaplin ; et il avait travaillé avec Hardy, chez Billy West, et comme tous ceux qui ont travaillé avec Hardy, il en était devenu un fan : ce type, que voulez-vous, était un cœur d’or… Si Chase n’avait pas rempilé comme acteur, il aurait sans doute été amené à diriger les deux hommes quelques années plus tard. Bon, quoi qu’il en soit Chase, contrairement à la moitié du studio Roach de 1927, n’a jamais revendiqué la paternité du duo.
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Laurel, lui, aurait pu. Non qu’il ait été amené à penser scientifiquement le concept du duo, je pense qu’il se voyait plus facilement fonder une équipe avec Finlayson. Non, ce qu’on doit reconnaitre à Laurel, c’est sa capacité empirique : à l’opposé des méthodes de Lloyd ou de Keaton, qui présidaient des conseils de guerre de gagmen, qui se lançaient des idées à la tête, et qui confectionnaient un « script » de cette manière, raffinant ensuite le film au tournage, Laurel jugeait, jaugeait et prenait des notes dans l’action ; en tant qu’acteur, puis réalisateur, il a travaillé avec Babe Hardy, et il vu sans doute le potentiel qu’il pouvait en tirer ; au final, Laurel disait : Hardy, c’est le violon, moi, je suis l’archet. L’un sans l’autre ? Oui, on peut jouer pizzicato, mais que voulez-vous faire d’un archet tout seul ? une fois goûté au duo, Laurel ne reviendra jamais en arrière : c’est dire à quel point la fin de The flying deuces est insupportable : tout ça pour placer un gag stupide de réincarnation! Comment peut-on imaginer un seul instant que Stan Laurel va continuer sans Hardy? Au moins, dans certains film, on a supprimé Laurel et Hardy (The midnight patrol, par exemple), mais on, les a tués TOUS LES DEUX !

Il est touchant de voir les films réalisés avant le duo, mettant en vedette Stan Laurel : certains sont très bons, notamment, ce n’est pas une surprise, les films réalisés chez Roach. Mais ce qui frappe, c’est que cette anarchie que le studio développait, en 1922/23, sous la pulsion de Charles Parrott, autour des comédies de Snub Pollard et Paul Parrott notamment, semble ne pas prendre totalement sur Laurel. Là ou Pollard et Parrott se vautrent à plein ventre dans les gags les plus anachroniques et les plus anarchiques, à l’opposé de la sophistication de Harold Lloyd, Laurel semble se retenir, ou plutôt ne cherche jamais à cacher qu’il s’agisse de parodies. Sold at auction, par exemple, le film le plus anarchique et idiot (Réjouissant donc) tourné par Chase avec Pollard, aurait été sans doute moins réussi avec Laurel, parce que celui-ci aurait gardé une certaine réserve. Balloté de studio en studio, Stan Laurel attendait son heure, et surtout, il attendait de pouvoir faire ce qu’íl voulait vraiment : réaliser.

Que voulez-vous, certains destins sont faits pour être contrariés.
 
... Bonne année à tous.
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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 13:55
(Textes publiés aux alentours du 25 décembre 2009 sur le festif forum DVDclassik)
 The flying deuces (DVD Lobster) Novembre 1939 Réal : E. Edward Sutherland Boris Morros-RKO 66 minutes.

Prêtés à la RKO, avec scénaristes (Langdon et Rogers) et bagages (Finlayson, Charles Middleton), Laurel et Hardy ont eu ici l’occasion de faire un remake de Beau Hunks. Tombé dans le domaine public, ce film est considéré comme un classique : un grand nombre de commentateurs (Sur IMDB.Com) vont jusqu’à en parler comme du chef d’œuvre des garçons, ou en tout cas de leur meilleur long métrage.

Pas moi.

Pourquoi les deux hommes se sont-ils retrouvés dans un autre studio ? En réalité, Boris Morros, un petit producteur indépendant, est intervenu juste à temps, entre deux films, afin d’emprunter les deux hommes. Roach n’avait pas de film en chantier, et les deux hommes se sont retrouvés à l’extérieur. Le scénario, écrit dans un premier temps par Alfred Schiller, était catastrophique, et le dernière version est une énième réécriture, produit de deux équipes concurrentes et antagonistes. Autour de Laurel, Langdon et Rogers se sont posés en « gardiens du temple », contre les assauts de Schiller qui s’évertuait à écrire des scènes qui ridiculisent les deux comédiens.

L’intrigue nous conte les aventures de Laurel et Hardy : en vacances à Paris, Hardy annonce qu’il va se marier. Hélas, « Georgette » est déjà mariée, avec « François », et Hardy décide d’en finir… ou de s’engager dans la légion. Une fois militaires, les deux hommes sont tellement ineptes qu’ils vont être exécutés. Ils s’évadent, se crashent et Hardy meurt.
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Cette fin est abominable, et survient au bout de dix minutes d’acrobaties aériennes totalement ennuyeuses : les gens qui ont pris ce film en charge n’ont pas su le rendre drôle… La plupart des gags font long feu, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement des sous-Abbott et Costello : Deux nigauds dans la légion. Un autre problème qui saute aux yeux, c’est que loin de chez eux, loin des équipes de Roach et de ses studios, le film ne ressemble pas à du Laurel et Hardy : ils sont filmés en plein soleil Californien , à midi tapante, avec un maquillage blanc qui leur mange le visage, et les décors n’ont aucune présence, aucune âme, les figurants ont l’air de figurants, les acteurs qui les entourent sont sans intérêt… Même Finlayson est relativement gâché, bien qu’il ait l’occasion de lâcher son fameux regard qui sauve un peu les scènes de l’évasion : tournée comme une course-poursuite, elle manque singulièrement de punch.

Je pourrais continuer pendant des pages et des pages, ça ne servirait à rien : ce film est un échec. Un avant-goût de ce qui va arriver à Laurel et Hardy dès qu’ils mettront le pied hors des studios Hal Roach, après le film suivant…
Saps at sea (VOLUME 11) Avril 1940 Réal: Gordon Douglas 55 minutes.
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Traversé par le même esprit salutaire que Block-heads et A chump at Oxford, Saps at sea louche donc constamment du coté des courts métrages, sans honte ni remords, et c'est ausi une franche partie de plaisir, sans temps mort, comme en témoigne une durée resserrée. Le film n'est bien sur pas extraordinaire, ce n'est pas le but, mais il offre une porte de sortie absolument délicieuse en offrant gag sur gag, et en les agençant à l'ancienne: l'équipe de gagmen-scénariste se complète de Gil Pratt, qui ditrigeait déja Laurel en 1922: l'infâme parodie Mud and sand, c'est lui! Les concepteurs du scénario recyclent, mais oplutôt des gags que des films; on retrouve un Hardy suspendu à un mur, un apartement méthodiquement détruit (Il faut dire que le plomberie a été assemblée par Ben Turpin...), une chèvre, et un tueur fou sacrément inspiré de WalterLong. on a aussi un médecin incarné par le grand James Finlayson, et un tenancier interprété par Charlie Hall, dont le regard en dit toujours aussi long, même si on ne l'a pas laissé se lâcher. L'intrigue est du pur Laurel et Hardy, avec les deux garçons qui font un métier bien pénible: ils sont testeurs de klaxons, une occupation qui génère boiien des tensions et des dépressions. et justement, Hardy craque, et casse tout. Au repos, il se voit diagnostiquer une klaxonomanie, et doit se reposer à la mer, en buvant du lait de chèvre. Les deux hommes s'installent sur une coquille de noix en se gardant de lui faire prendre le largen, mais la chèvre (Narcisse) mange la corde qui les retient, pendant leur sommeil, non sans avoir laissé un tueur fou se réfugier sur le bateau.

On peut cyniquement interpréter à sa guise le fait qu'une bonne moitié du film concerne la prise de Laurel et Hardy en otage par un tueur cinglé, alors que les deux hommes essayaient de se libéréer de leur contrat avec Roach en tournant des longs plutôt que des moyens métrages: c'était déja le cas avec la version allongée de A chump at Oxford, et celui-ci est encore un quatre bobines qui s'est vu rallongé; de fait je ne vois pas comment y enlever une minute.

Bon, à partir de ce moment, Laurel et hardy vont aller faire des film à la Fox, ainsi qu'à la MGM, dans les circonvolutions d'un contrat compliqué. ils vont aussi interprétéer un court métrage instructif, Tree in a test tube, et terminer leur carrière avec l'un des dix pires films du monde (C'est pure spéculation, je n'ai jamais vu ce chef d'oeuvre), Atoll K. Mais moi, j'ai fini.
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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 13:51
Swiss miss (VOLUME 17) Mai 1938 Réal: John G. Blystone 72 minutes.

Parce qu'on y fait du fromage, deux vendeurs de pièges à souris tentent de refourguer leur camelote au pays des montres, et du chocolat. En plaçant leurs produits, ils se font escroquer, et se retrouvent avec la note de restaurant la plus salée de l'histoire de la gastronomie, tant et si bien qu'ils doivent rester sur place et travailler afin de régler leur dette. Là s'arrête la coopération active de Laurel et hardy dans ce film. De leur coté, un insupportable compositeur marié à une insupportable cantatrice Broadwayisée, s'installe en suisse afin d'y trouver l'inspiration loin de sa moitié; celle-ci est déterminée à tout tenter afin de récupérer son mari, y compris de s'afficher avec un benêt (Hardy) pour provoquer la jalousie de son mari... De temps en temps, les Suisses (En costume national, mais c'est un clin d'oeil: on explique dans le scénario qu'il s'agit d'un caprice du compositeur, afin de faire le vide dans le scénario, pardon, dans son esprit.) dansent lourdement en yodelant, et les deux tourtereaux chantent.
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Bien que l'existence de Stan Laurel Productions soit devenue réelle avant ce film, et que le renouvellement du contrat de l'acteur ait eu lieu sous la forme d'un contrat entre Roach et Laurel productions,ce film est à nouveau, après l'embellie des deux précédents longs métrages, victime d'un laisser-aller certain . La formule est plus proche des films-chantés, à ceci près qu'on a bien fait attention de laisser Laurel et Hardy avoir un rôle tangible au sein de l'intrigue; mais ils y sont malgré tout un peu en marge, même si une idylle imaginaire impliquant Hardy a été imaginée pour renforcer les liens entre les deux hommes et l'intrigue. La présence de James Parrott et Charles Rogers au sein du staff de scénaristes est sans doute à considérer comme une précaution de défense de la part de Laurel devant une histoire qui était à l'origine un peu étrangère au style du duo, même si l'intrigue à la base reste signée de Jean Negulesco et Charles Rogers. Le point de vue de Roach, cité par Randy Skretvedt, est sans ambiguité: "Ce que j'essayais de faire, c'est de faire des comédies musicales dans lesquelles une intrigue secondaire se déroulait tout au long du film, afin de ne pas obliger Laurel et hardy à être là tout le temps." Dans l'intention, c'est peut-être noble, mais faut-il y croire à 100%? Laurel, lui, n'y croyait pas: dixit Roach encore, "Laurel parce qu'il ne comprenait pas ces choses-là, n'était pas très coopératif pour faire ce genre de film". Je me contenterai d'ajouter qu'on peut le comprendre: Laurel reste assez en retrait du film terminé, et il agit en faire-valoir du faire-valoir qu'est Hardy dans l'intrigue principale. Une scène le voit se saouler avec le contenu du tonneau d'un St-Bernard, et si la dimension burlesque de la scène est tout à fait appropriée, on s'éloigne un peu du personnage, qui manipule un chien et se laisse ensuite aller à des doutes sur la moralité de son geste. Un autre scène voit Laurel accompagner Hardy au tuba, et c'est plaisant. Mais le plus notable, dans ce film pourtant scénarisé par des hommes de confiance, c'est le réemploi des éléments de deux films: Charles Gemora revient faire le singe comme dans The chimp (Au fait, que fait cet orang-outang en pleine montagne?), et les deux hommes doivent emprunter un sentier escarpé et qui monte avec un piano, comme dans The music box. Pour le reste... Vivement Block-heads.
Avec les deux entrées suivantes, Laurel et Hardy retournent sans crier gare à un mini âge d’or, en dépit de circonstances toujours aussi tourmentées. Pour commencer, l’accord de distribution avec la MGM arrive à expiration, et ne sera pas renouvelé, Roach faisant désormais affaire avec United Artists. Ensuite, l’écart de 18 mois entre les complétions de l’un et de l’autre n’est pas un hasard : le «couple» Roach/Laurel a fini par totalement se disloquer, conduisant à une impasse inattendue : laissant Laurel à l’écart, Roach a tenté de lancer un nouveau duo, Hardy et Langdon, autour d’un film, Zenobia, que je n’ai pas vu. Disons juste que s’il est à la hauteur de sa réputation, je n’ai pas envie de le voir. Pour Babe Hardy, dont l’amitié pour Laurel n’a jamais failli, cette période fut un passage très difficile, et pour Langdon, c’était juste un come-back raté, un de plus. Mais la présence de Langdon dans ce puzzle ne doit pas nous surprendre : comme Keaton à la MGM à la fin des années 30, Langdon est devenu un consultant gagman pour Roach en cette fin des années 30, et va participer, forcément, à des films de Laurel et Hardy, rejoignant la fine équipe constituée autour de Charles Rogers et James Parrott. Le résultat sera très clairement Langdonien : le film Block-heads reprend un grand nombre de traits chers au comédien, transférés sur Laurel.
Une fois résolues ( ?) leurs différents, Laurel et Roach décidèrent de retravailler ensemble, et A chump at Oxford est le premier film post-rupture, en même temps que le premier long métrage post-MGM de Laurel et Hardy. Mais le répit sera de courte durée, puisqu’après un film tourné à la RKO, Roach ayant « prété » ses comédiens, Saps at sea sera en 1941 le film final du duo. Mais n’anticipons pas : en attendant, et malgré ces nombreux aléas extérieurs aux tournages, les deux film sont d’excellente facture, et sont parfaitement réjouissants.

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Block-heads (VOLUME 7) Aout 1938 Réal: John G. Blystone 56 mn

Dans ce dernier film de Blystone, décédé à la fin du montage, pour la première fois depuis certains courts muets, les deux hommes commencent le film séparés: ils sont tous deux soldats, et Hardy participe à un assaut, pendant que Stan garde la tranchée. Personne n’ayant la présence d’esprit de l’avertir de la fin de la guerre, il y est toujours en 1938, et abat un avion, ce qui a pour conséquence de la faire retrouver, puis rentrer au pays ; de son coté, Hardy, marié dans l’allégresse, se met en quête de ramener son copain à la maison. Mais l’irruption de Laurel dans leur vie et leur appartement va semer la zizanie dans le couple, et tant qu’à faire dans l’immeuble. On reconnait beaucoup le Langdon de Soldier man et de The strong man dans le Laurel de ce film. Il a, à un moment, une réaction typique du comédien Américain : croyant à un tremblement de terre, il se précipite au dehors et vérifie dans un geste enfantin la solidité des fondations de la construction.

Au-delà de l’arrivée de Harry Langdon, le film est consolidé par des aspects dérivés de deux films : la situation ressemble à une version longue de Unaccustomed as we are, leur premier film parlant (Laurel avait suggéré de se baser sur ce film qui avait été très peu couteux, afin d’honorer sans dépenser trop d’argent la fin de leur contrat avec MGM.), mais le final est inspiré de We faw down. La présence de James Finlayson et de Billy Gilbert est une forcément bonne nouvelle, surtout que ce dernier prend dans ce film le rôle assumé par Edgar Kennedy dans le court métrage qui a inspiré le film : donnez à Billy Gilbert des soupçons d’adultère entre sa femme et Hardy, un fusil, et le tour est joué : il est, comme à son habitude, homérique. La rencontre avec Finlayson se fait dans un escalier que les deux hommes vont mettre 20 bonnes minutes à monter, autour d’une bagarre : même le remplissage, dans ce film, est du grand art.

 


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Avec ce film, on a le sentiment qu’une renouvellement important a eu lieu, que le fait d’avoir redéfini la relation entre Laurel et Hardy dans ce film a permis aux deux hommes de donner le meilleur d’eux-mêmes ; on sait que chaque film est un recommencement, et qu’à l’exception fameuse d’un dyptique de courts métrages, il n’y a aucune continuité entre tous ces Laurel et tous ces Hardy. Néanmoins, on a le sentiment qu’avec ce film qui voit Laurel retourner à Hardy après 210 ans d’absence, on a un peu devant les yeux la version séminale de Laurel et Hardy. Et ça, ce n’est pas rien.

A chump at Oxford (VOLUME 1) Copyright 1939, déposé en janvier 1940 Réal: Alf Goulding 61 mn

On aurait aimé prendre les mêmes et recommencer, mais James Parrott manque désormais à l’appel : une page se tourne, et le petit frère de Charley Chase s’est (Sans doute) suicidé pour en finir avec une addiction encombrante à la drogue. Son frère, se sentant responsable, le suivra l’an prochain, décédé suite à un week-end de beuverie forcée. L’équipe de se resserre autour de Langdon et Rogers, pour un film étonnant à plus d’un titre : d’abord, il s’agit du premier film à sortir en plusieurs versions depuis fort longtemps : une version en quatre bobines destinée au marché domestique voit Laurel et Hardy recevoir suite à une bonne action le cadeau d’une éducation Oxfordienne. A l’université, il apparait très vite que Stan Laurel n’est autre que Lord Paddington, un noble insupportable, rendu amnésique et benêt par la grâce d’un accident : celui-ci se répète, et on voit réapparaitre Lord Paddington, ce qui n’est d’ailleurs pas sans faire froid dans le dos. La deuxième version, destinée à l’exportation (Mais qui sera aussi distribuée aux Etats-Unis) ajoute un prologue inspiré de From soup to nuts, dans lequel les circonstances économiques de Laurel et Hardy se voient enrichies d’un contexte classique : comme dans 4 bonnes comédies burlesques sur 5 , nos héros sont en recherche d’emploi, et se déguisent en un couple afin d’être embauchés comme domestiques dans une soirée, tenue par… Anita Garvin et james Finlayson : ô joie. Si « Agnes » est de retour (Mais pourquoi tous les travestis de Laurel s’appellent-ils Agnes, voilà un mystère à percer), on notera un Hardy qui, organisant à sa façon la table du diner, en ordonnant aux invités de s’installer assez anarchiquement, se retrouve doté d’une petite autorité qu’on ne lui connait que rarement : ce film confirme que les deux comédiens ne sont pas contre sortir un peu de leur personnage sui la scène le justifie. Quoi qu’il en soit, le long métrage commence effectivement par un court métrage de vingt minutes qui montre bien que si on les laissait faire, les deux hommes et leur équipe feraient des merveilles en ce domaine.

on peut aussi profiter de ce film pour établir une règle: tout film Américain classique situé dans une université Américaine ne parlera que de sport, tout film Américain classique situé à Oxford ne parlera que de bisbilles entre les Anglais et les Américains, et de bizutage. Pas de cours, pas de professeurs: ce film ne fait pas exception à la règle... on notera aussi la présence dans un petit rôle de Peter Cushing, aux cotés d'un (trop) discret Charlie hall.

Reste l’épineuse question de Lord Paddington : Laurel l’interprète comme un Lord brillant, suffisant et odieux à l’égard de Hardy, qu’il appelle Fatty. La performance est un rappel cinglant que l’homme est un acteur, un vrai. IL interprète un personnage du répertoire Britannique avec toute l’aisance que des années sur les planches lui ont conféré. Mais il y aune certaine gêne à voir « notre » Laurel transformé à ce point, et on ne peut que se réjouir, avec Hardy, lorsque un nouvel accident prive de nouveau « Lord Paddington » de son intelligence et de sa superbe : Laurel se met à pleurer afin qu’Ollie ne le laisse pas seul à Oxford, et bien sur, il est drôle. Mais il est aussi déchirant.
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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 13:21
(Textes déja publiés en décembre 2009 sur l'admirable forum DVDclassik)
On the wrong trek (VOLUME 13) Juin 1936 Réal: Charles Parrott & Harold Law; 2 bobines
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Un Charley Chase pour la route ! La participation de Laurel et hardy est réduite à un gag, par ailleurs très efficace, dans ce film tardif : une façon de rappeler que ce comédien, très populaire dans les années 20, n’a eu ni la popularité suffisante pour que Roach le lance dans des productions de long métrage (Si on excepte la participation en guest star de luxe dans Sons of the desert), ni un coup d’arrêt apporté à ses courts, contrairement aux deux héros de ce topic. Le résultat ? Un film certes mineur, mais totalement efficace dans lequel la longue silhouette élastique de Charles « Chase » Parrott raconte un week-end qui a mal tourné suite aux décisions malencontreuses de la belle-mère, ponctuées de « mother knows best », murmurés par un Charley Chase de plus en plus irrité par la présence envahissante de la dame, les yeux aux ciel. A un moment, avisant deux auto-stoppeurs bien connus, Chase décide de ne pas les prendre avec lui, dans la mesure ou il ressemblent à des voleurs de chevaux… Charley Chase, qui a tant fait pour intégrer la banalité du quotidien dans une dynamique burlesque, se présente à nous tel qu'en lui même, la tempe furieusement grisonnante, et désormais chaussé de lunettes. Laurel et Hardy, de leur coté, font du stop du mauvais coté de la route, l’un pointant son pouce dans une direction, l’autre dans la direction opposée.

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Our relations (VOLUME 5) Septembre 1936; real: Harry Lachman, 69 minutes

Afin de calmer la grogne de Stan Laurel, de plus en plus dubitatif face au traitement des Laurel et Hardy par Roach, ce dernier lui a symboliquement créé un credit “sur mesure”: le générique de Our relations commence par la mention « A STAN LAUREL PRODUCTION ». C’est pourtant une organisation imaginaire, même si il est clair que conformément aux vœux des deux comédiens, ce nouveau film se recentre intégralement sur eux, et même doublement puisqu’ils interprètent ici des frères jumeaux : Stan et Oliver sont mariés, amis, vivant à la fois leurs mariages respectifs et leur amitié dans la félicité la plus totale, jusqu’au jour ou leurs frères jumeaux Bert (Hardy) & Alf (Laurel), deux marins qui ont mal tourné et que tout le monde croit morts, débarquent dans la ville. Non qu’ils retrouvent leurs frères, mais les quiproquos engendrés par la présence simultanée de tous ces Laurel et ces Hardy provoquent des situations qui mettent tout le monde en péril : d’une part, les deux marins tentent de draguer des jeunes femmes, qui vont les confondre avec leurs frères, provoquant une crise matrimoniale. D’autre part, Bert & Alf ont également été escroqués par un autre marin, Finlayson, auquel ils ont confié leur argent. Enfin, le capitaine leur a confié un bijou qui excite toute les convoitises. Dans ce film au scénario volontiers embrouillé, les frères se croisent en permanence mais ne se voient qu’à la fin. Le seul à vraiment voir double, c’est le brave Arthur Housman, aussi éméché qu’à son habitude.

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Une bonne portion de la fin du film a été exploitée en super 8 muet, sous le titre Les pieds dans le plat, et proposait hors contexte la scène dans laquelle des bandits "éxécutent" Stan et Ollie en les lestant d'un grand bac de ciment aux pieds, avant de les précipiter d'un quai dans l'eau sale, d'où ils seront repérés par Bert et Alf.
Un film donc nettement supérieur aux précédents, sans être indispensable : Our relations a au moins l’avantage de reposer sur un postulat digne de Laurel et Hardy, et de ne pas chercher à être une comédie musicale, ou de singer sans vraiment le parodier quelque genre que ce soit, ni de proposer des intermèdes romantiques en plomb : c’est donc, tout simplement, du burlesque. Encore heureux.
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Way out west (VOLUME 3 ) Avril 1937. Réal: James Horne. 62 minutes

Et si, tout bien considéré, ce Way out west était le meilleur long métrage de Laurel et Hardy? Connu, populaire, il regorge de moments de bonheur. Bien sur, les coutures sont parfois apparentes, et la fin est expédiée, mais l'essentiel du film est plus que plaisant, bien plus qu'une bonne surprise, et se revoit toujours avec bonheur, comme beaucoup de leurs courts. on ne tranchera pas, et il me reste des films à revoir, ou même pour certains, à voir tout court, mais quand même... C'est tentant.

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A nouveau, Roach confie symboliquement les rênes à Laurel d'une "Stan Laurel Production" dont le metteur en scène est le toujours fiable James Horne, et le film bénéficie d'une équipe de scénaristes dans lesquels les noms de Charley rogers et de James Parrott nous font aborder uyn tel film avec confiance: on est en famille. L'intrigue connue de ce film a beau être d'abord et avant tout un pastiche d'un genre archi-codifié, cela n'empêche nullement nos deux (Anti-) héros d'y être vraiment à leur aise: deux hommes se rendent dans l'ouest pour éxécuter la dernière volobnté d'un homme, chercheur d'or; avant de mourir, il a trouvé un filon, et sa fille, la jeune et fragile Mary roberts, doit en hériter. celle-ci est exploitée par un couple, lui patron d'un hotel-saloon mal famé (Finlayson), elle chanteuse dans le saloon en question. Finlayson et sa dame vont tout faire bien sur pour mettre la mains sur le magot.

A partir de là, le film coule tout seul, sans aucun accroc, et les gags bien placés se succèdent, pas à un rythme d'enfer bien sur, on est toujours dans un Laurel et Hardy, donc cela prend son temps... Au passage, on sait que les duigressions burlesques ont été la seule consolation des fans sur certains films, mais elles sont ici bien représentées, moins chargées toutefois dans la mesure ou elles n'ont pas la pesanteur abominable d'un film à soutenir. On ne peut pas ne pas mentionner les deux grands moments musicaux du film, "At the ball, that's all", durant lequel les deux compères dansent à nouveau ensemble, Hardy visité une fois de plus par la grâce, et le célèbre "Trail of the lonesome pine" durant lequel Laurel chante alternativement avec une voix de basse et une voix de soprano. D'autres passages désormais obligés s'intègrent sans problèmes à l'ensemble, notamment les nouveau gags physiques: Laurel et son pouce-briquet d'une part, et la scène au cours de laquelle la tète de Hardy, coincée dans le plancher, est soumises à d'atroces contorsions. Enfin, l'interaction avec Finlayson est ici à son maximum, l'acteur étant très présent. Que demander de plus???

Par ailleurs, si le film n'est pas, loin de là, la première parodie de western due aux grands du burlesque (En vrac, tous les autres y sont passés, de Stan laurel en solo à Buster Keaton, en passant par Chase, Lloyd, et même Chaplin dans certaines séquences de The pilgrim), il est un peu anachronique, le western n'étant plus ou pas encore le genre roi qu'il est devenu depuis: Gold is where you find it, de Curtiz, sorti l'année suivante, puis Stagecoach de Ford, Destry rides again de George Marshall, Jesse James de Henry King et Dodge City de Curtiz (Tous en 1939) vont être parmi les films qui vont sortir le western de l'ornière des séries Z dans laquelle il était confiné depuis l'échec en 1930 de Billy the Kid (Vidor) et The big Trail (Walsh). Alors, coïncidence, ou... merci Laurel et Hardy?

Pick a star (TCM ARCHIVES) Mai 1937; Réal: Edward sedgwick (Extraits)

Cette production Roach de 1937 était une tentative de rivaliser avec le style Warner-Berkeley en matière de comédie musicale. Laurel et Hardy, comme avec les grands films fourre-tout déja évoqués, sont conviés en tant que vedettes invitées, et d'après la rumeur, rendent le film à peu près regardable. Je n'en connais que leur contribution, réduite à deux séquences: Finlayson tourne un film avec Laurel et hardy, en, prséence de Patsy kelly, la vedette de Pick a star. Les deux hommes y incarnent deux bandits mexicains, et font ensuite une démonstration d'utilisation d'accessoires (Des fausses bouteilles à fracasser sur le tête des copains) à la jeune femme. celle ci veut s'y essayer, et les deux hommes s'assoment avec d'authentiques bouteilles. Puis on assiste à une séquence au cours de laquelle Laurel et Hardy se relaxent dans les coulisses, et font un concours de déxtérité avec des harmonicas de plus en plus petits. Mineur, bien sur. Mais on rigole, alors, que voulez-vous...
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 13:04

(Textes déja publiés en décembre 2009 sur l'infatigable forum DVDclassik)

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The Bohemian girl (VOLUME 9) février 1936. Réal : James W. Horne et Charles Rogers. 68 minutes

Fruit d’une longue gestation, ce film planifié dès 1934 a été finalisé lors d’une période durant laquelle les crises se sont succédées : tout d’abord, l’abandon de fait des courts métrages que j’évoquais plus haut, qui n’a pas du être vécu avec bonheur par Stan et Babe ; ensuite, les difficultés relationnelles entre Roach et Stan, qui comme on le sait ne vont pas en s’améliorant ; Laurel en plus, est au milieu des années 30 en plain chaos familial, alternant mariages et divorces ; pour couronner le tout, Thelma Todd qui jouait dans le film est retrouvée morte à son domicile en décembre 1935, dans des circonstances douteuses. Le fait qu’elle soit décédée ainsi va pousser le studio, à l’approbation générale, à effacer purement et simplement son rôle, n’en retenant que des bribes, et en retravaillant et retournant quelques scènes : il s’agissait, pour Roach et Laurel, de ne pas risquer d’exploiter de quelque manière que ce soit la mort tragique de l’actrice, à l’approche d’un scandale éventuel. Le décès ne sera jamais élucidé, et Thelma Todd, tout en n’apparaissant que 5 minutes durant lesquelles elle chante, doublée par une autre, une des chansons du film, conservera au générique sa place, la troisième… Un hommage, plutôt étrange vu les circonstances, mais un hommage quand même à une grande dame.

Sur cette photo, une scène entre Moreno et Todd, coupée dans la version définitive:
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Deux metteurs en scène pour un long métrage de Laurel & Hardy, ce n’est pas la première fois, mais ici la nouveauté réside dans le fait que Horne et Rogers sont, à part entière l’un et l’autre, des réalisateurs attitrés des courts et longs du duo, là ou habituellement Roach nommait en co-réalisation un homme pour la comédie, un pour l’intrigue : voir à ce sujet Gus Meins et Rogers, ou encore Rogers et Roach. Il est probable que Horne s’est vu confier la mise en scène de scènes de l’intrigue principale, et Rogers de la pure comédie. Comme dans les deux précédents films musicaux du duo, on a affaire à une étrange bête à corne dont les parties s’intègrent mal, même si un effort a été fourni de manière à intégrer les deux hommes à l’intrigue proprement dite : Des Bohémiens s’installent près d’un château, dont le maitre des lieux est un farouche ennemi des gitans. Ils volent à tout va dans la ville, mais l’un d’entre eux, le fier Devilshoof, se fait prendre, et reçoit en sanction des coups de fouet. Devilshoof, interprété par Antonio Moreno (Mare Nostrum, The temptress, It, The Searchers...), est également au camp des Bohémiens l’amant de Mrs Hardy, la femme d’un autre gitan. Celle-ci est incarnée par Mae Busch, qui retourne à cet effet dans le registre odieux de la mégère, et on peut dire que le traitement infligé par ces deux-là à ce pauvre Hardy est du plus haut sadisme. Au moment ou les gitans vont partir, Mrs Hardy «vole» l’unique enfant du comte Arnheim pour venger son amant, et fait brièvement croire à Hardy qu’il est le père avant de prendre le large avec son amant et les bijoux de son mari. Hardy et son ami Stan vont donc élever l’enfant, Arline, qui pas un seul instant ne pense à signaler qu’elle a par ailleurs une famille, et qu’elle aimerait les retrouver ; mais douze plus, tard, les gitans reviennent sur les lieux, et la petite Arline devenue grande s’introduit dans le château. Le seul moyen de faire passer ce ramassis de n’importe quoi pour un scénario, ce sont… des chansons.

On voit qu’on a réussi à introduire Babe Hardy dans le scnéario ; Stan traverse une bonne partie du film comme s’il s’était trompé d’adresse, mais ce détachement a des effets qui donnent malgré tout de l’intérêt à un visionnage souvent terne : d’une part, comme il semble n’y avoir pas eu l’ombre d’un capitaine dans le navire, ni Rogers ni Horne ne parvenant à prendre les rênes de la production, et Roach devant éviter comme la peste de se trouver sur le même plateau que Laurel, les deux hommes ont réussi à infiltrer une bonne dose d’anarchie personnelle dans le film : Stan, en particulier, développe ici beaucoup de dons, depuis la façon toute personnelle de détrousser les passants en leur disant la bonne aventure, jusqu’à une scène durant laquelle au lieu de mettre le vin en bouteille, il l’ingurgite en le siphonnant, tant et si bien que le vin lui coule par les oreilles ; il continue à mettre son corps étrange en scène, avec une oreille élastique et un index amovible, et il chante alternativement avec une voix de soprano et une voix de basse. Sinon, il tente de filouter Hardy à plusieurs reprises, s’affirmant même prêt à collaborer avec l’épouse de ce dernier dans le but de lui nuire, afin de récupérer les bijoux. Enfin, confronté à la possibilité de recevoir des coups de fouet, il se transforme en Stan Laurel de 1924, agressif et agile, aussi bien dans la gestuelle que dans l’adresse. Mais un final surréaliste et physique vient nous rappeler que nous sommes bien dans un Laurel et Hardy de 1936…

Outre Mae Busch et l’infortunée Thelma Todd, le seul grand nom de chez Roach à faire une apparition notable est James Finlayson, décidément un porte-bonheur, ou un moyen d’éviter le naufrage. Même sous-employé, il reste un plaisir à regarder dans un film bien terne, et que je vais m’empresser d’oublier, en rêvant au suivant, le plus classique Our relations

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 13:00

(textes déja publiés en novembre et décembre 2009 sur l'extraordinaire forum de DVDClassik)

 

Babes in Toyland/March of the wooden soldiers (Goodtimes DVD) Novembre 1934. Réal: Charles Rogers & Gus Meins ; 79 minutes.
Après la comédie burlesque, l’opéra comique (The devil’s brother), la comédie sentimentale (Pack up your troubles), voici un nouveau genre exploré par Roach, Laurel & Hardy : le film catastrophe.

J’ai déjà fait part ici de mes réserves devant The devil’s brother, mais devant ce nouvau film musical à grosse production, force est de constater que décidément, ce « fra Diavolo » n’est qu’un film médiocre de Laurel et Hardy, ce qui n’est déjà pas si mal. Babes in Toyland est peut-être l’un des plus appréciés (Aux USA) de tous leurs films, mais en ce qui me concerne je trouve cela incompréhensible : c’est d’un ennui mortel, d’un mauvais goût permanent, et Laurel et Hardy sont sous-employés, et aucun des grands seconds rôles mythiques ne les accompagne ici, même si cela a un temps été prévu. Le merveilleux a toujours été une alchimie complexe au cinéma, et la frontière entre mièvrerie et indigence d’une part, et fantastique de l’autre, est la ligne à ne pas franchir. Les décors et costumes de ce film (Situé rappelons-le au pays des jouets) sont laids, les acteurs jouent mal ou pire (Le pompon étant l’acteur Henry Brandon qui joue ici le méchant de service), et ce n’est pas drôle.
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Le film est co-signé par Charles Rogers, donc Stan Laurel, et Gus Meins. Rogers avait en charge les scènes de comédie, et Meins, par ailleurs réalisateur des Our Gang durant les années 30, le reste. Tous les acteurs ont salué le travail de cet artisan, qui ne s’énervait jamais, restait poli, et faisait très gentiment son travail, mais quel ennui…
L’histoire de la production de ce qui devait être le fleuron de la production des studios Hal roach a été émaillée d’incidents, d’acteurs qui quitte le plateau en actrice malade, de Roach qui écrit le scénario en Laurel qui le fait ré-écrire, et au final, le produit obtenu ne satisfaisait pas le producteur. A tel point que Roach, lorsqu’il a fallu renouveler le copyright des films Roach de Laurel et Hardy, n’a pas levé le petit doigt, laissant le film tomber dans le domaine public… A ce sujet, il existe trois versions de ce film : une, sous le titre de Babes in Toyland, totalisant 79 minutes, et probablement projetée à la preview. La deuxième, ressortie quelques années après sous le titre de March of the wooden soldiers, et ne durant que 69 minutes. Celle que j’ai vue provient d’un DVD Américain qui restitue le montage original, mais sous le deuxième titre, et constitue une troisième version. Elle est colorisée, mais j’ai pu la voir en noir et blanc, et j’en frémis encore.

The live ghost (VOLUME 16) Décembre 1934. Réal: Charles Rogers. 2 bobines.

Bonne idée, revenons à du court métrage basique, avec un scénario simple, un méchant grandiose joué par Walter Long, une ou deux apparitions des acteurs maisons, les Leo willis, Charlie hall et Mae Busch, ajoutons à cela un décor parfait : un vieux port dans la brume, un bateau, et la cerise sur le gâteau : Arthur Housman, saoul comme d’habitude. Et on obtient quelque chose qui tient la route… Laurel et Hardy sont employés par le loup de mer Walter Long, qui ne parvient pas à embaucher des marins sur son bateau, qui a la réputation d’être hanté : cela l’énerve tellement de l’entendre qu’il fait le serment de tordre littéralement le cou de ceux qui prononceront le mot « Ghost » en sa présence, de telle sorte que « lorsqu’ils se dirigeront vers le Nord, il regarderont vers le sud… ». depuis Going bye-bye, on sait ce que vaut ce gere d'avertissement de la part de walter Long... les deux hommes mettent au point un stratagème afin de forcer la main des clients d’une taverne de marins, mais vont bien sur se retrouver engagés de force à leur tour. A noter ici, une confrontation à coup d’œufs crus entre Hardy et Hall, et le numéro habituel d’Arthur Housman, dont Laurel assurait qu’il jouait effectivement l’homme ivre : il exagérait en fait son état normal, puisqu’il était en état constant d’ébriété.

 
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Tit for tat
(VOLUME 2 ) Janvier 1935. Réal: Charles Rogers. 2 bobines.
Voici donc la glorieuse suite de Them that hills, encore meilleure : Laurel et Hardy ouvrent un magasin d’électricité, situé par hasard à coté de l’épicerie tenue par Charlie Hall et Mae Busch. Si cette dernière se réjouit de retrouver les deux compères, ce n’est pas le cas de son mari, qui leur fait comprendre qu’il ne tolérera rien de leur part. Très vite, la confrontation va dégénérer en une bataille de « tit for tat » (L’expression est utilisée explicitement par Hardy), de l’épicerie au magasin d’électricité, et les basses vengeances et mauvaises action vont pleuvoir, de coups bas en coups bas, pour notre plus grand bonheur : jet de crème, barbouillage au saindoux, montres passées au mixeur… Rien n’est trop beau pour ce chef-d’œuvre. Tout au long de la bataille, un « client » de Laurel et Hardy profite de la confusion pour se servir. Il vient vite avec une brouette, et termine par se servir avec un camion de déménagement.

 

The fixer-uppers (VOLUME 10) Février 1935. Réal: Charles Rogers. 2 bobines.
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Un moindre film enfin, leur avant-dernier court. Au moment de sa conception, le couperet est tombé : une fois le « deux-bobines » suivant achevé, aucun court métrage de Laurel et hardy n’est prévu. Une page se tourne… Pour l’instant, ce film est un remake du lointain Slipping Wives de 1927, dans lequel Priscilla Dean ravivait la flamme de son mariage en provoquant la jalousie de son mari avec Stan Laurel. Ici, c’est Hardy qui est mobilisé par Mae Busch , malgré une scène surréaliste durant laquelle l’actrice se lance dans une démonstration sur Laurel du type de baiser qu’elle envisage d’effectuer afin de provoquer son mari. Après une étreinte d’une minute, Stan s’évanouit… Le mari est joué par Charles Middleton, toujours aussi cabotin, et un voisin saoul qui promène son regard embué est interprété par l’inévitable Arthur Housman. Il n’y a pas de quoi faire la fine bouche… on remarquera aussi un rare rôle parlant du grand Noah Young en barman, devenu bien rare depuis 1928. Mais il ne fait hélas que passer…

1935 est une année noire pour Laurel et Hardy. Quatre films seulement sont sortis cette année, mais ce n’est pas le plus grave. Aucun n’est un chef d’œuvre, mais ce n’est toujours pas ça le problème ; non : Thicker than water est le dernier court métrage de Laurel et Hardy. La forme toujours privilégiée durant les années 20 par Hal Roach, les deux bobines si amoureusement construites par Laurel, ses scénaristes, gagmen, et ce format si propice à l’éclosion poétique d’un univers délicat fait de gags idiots et de bourre-pifs, tout ça c’est fini.

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Bonnie Scotland (TCM ARCHIVES) Aout 1935 Réal: James W. Horne. 80 minutes

Tout comme Sons of the desert a succédé à The devil’s brother en 1933, Bonnie Scotland poursuit l’alternance entre films musicaux et comédies plus traditionnelles. C’est dire si je suis beaucoup plus disposé à être indulgent avec ce film, par ailleurs l’un des deux seuls de la période Roach dont les droits ont été conservés par MGM, puis Turner, l’autre étant justement The devil’s brother. Indulgent, oui, mais pas aveugle :ce film est manifestement plein de trous, et je ne pense pas que les pièces manquantes du puzzle soient des scènes impliquant Laurel et Hardy. Après avoir exposé les deux comédiens aux risques de la guimauve, du mauvais goût et diverses autres exactions malencontreuses dans divers longs métrages plus ou moins dispensables, Roach était prêt, en 1935, à en faire des seconds rôles. Cette hypothèse n’en est pas une : l’acteur William Jeanney (Alan Douglas, dans le film) a révélé à Randy Skretvedt que le premier montage mettait l’accent sur l’intrigue amoureuse parallèle entre lui et June Lang, au détriment des gags et apparitions de Laurel et Hardy : la preuve que pour Roach, après avoir fait de ses deux principaux acteurs des faire-valoirs de films musicaux, il était semble-t-il impossible de construire un film autour d’une intrigue dominée par Laurel et Hardy. Et Pardon us? Et Sons of the desert? Et Beau Hunks? I est ironique de constater que ce que Roach reprochaità la MGM au temps de The rogue song, on doive désormais le reprocher à Roach lui-même. De plus, les rapports entre le producteur et Laurel sont désormais totalement hostiles, et chaque film devient un prétexte à empoignades.

L’intrigue, donc, concerne un héritage dans la famille McLaurel : Lorna McLaurel, jouée par June Lang, est l’héritière principale de la fortune du vieux Angus McLaurel, et le sœur de son tuteur va tout faire pour que ledit tuteur, le général Gregor McGregor, l’épouse, malgré le jeune amour tout frais tout rose entre la jeune femme et le gentil Alan Douglas. De leurs cotés, Oliver Norvell Hardy et Sandy « Stan » McLaurel ont débarqué des USA (ils y étaient en prison) afin de toucher « leur » part d’héritage : en fait, une cornemuse et une boite de tabac à priser. Privés de ressources, ils s’engagent malgré eux dans l’armée, et participent à une campagne en Inde, aux cotés de Alan Douglas, qui s’est engagé lui afin de recontacter Lorna qui est en Inde elle aussi. Les scènes en Ecosse sont un mélange inacceptable d’accents, de l’avoué qui parle avec un accent façon Ecossais, les tourtereaux qui parlent un Américain léger (Lang : je voudrais tant rester en Ecosse, ou j’ai passé toute ma vie ! Sic !). Heureusement, dans tout ce fatras, on a un James Finlayson qui lui, est un authentique Ecossais.
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L’interaction entre Laurel, Hardy et l’intrigue est limitée à la scène de l’héritage, et quelques dialogues entre Alan et les deux compères. Tout porte à croire que le film actuel a été remonté afin d’intégrer un peu plus Laurel et Hardy dans l’histoire. Mais celle-ci est incomplète, parfois illogique ou boiteuse, et en réalité, ce n’est pas grave : elle est nullissime, et qui plus est prise au premier degré. Ce qui compte, ce sont bien sur les quelques 50 minutes dévolues, ou concédées à Laurel et Hardy : leur première apparition est d’ailleurs une digression, très jolie : on quitte le bureau de l’avoué, chez lequel la lecture du testament vient de s’achever, et on se retrouve sans aucune explication chez un maréchal-ferrant : celui-ci entonne, an tapant adroitement le marteau sur l’enclume, la « cuckoo song », le fameux thème de Laurel et Hardy : au fonds de l’atelier, une porte ouverte sur la roue noues révèle soudain deux silhouettes familières. Sinon, les eux hommes vont cuire un poisson à la bougie sur un sommier, découvrir ce qu’est un mirage grâce à un accordéon invisible, se frotter à plusieurs reprises au sergent Finlayson, généreusement représenté dans le métrage : une scène montre les deus garçons, de corvée de ramassage d’ordures, se mettre à danser (Avec grâce, bien sur ) au son d’un orchestre qui répète un air traditionnel Ecossais, sous l’œil de plus en plus furibard de Fin, qui explosera une fois de plus en un feu d’artifice d’agressivité, le tout sans qu’aucun mot ne soit échangé. Laurel a également un gag « physique » bizarre : il souffle dans son pouce, ce qui fait bouger son casque (Facile à faire chez soi), et sinon, il réussit à montrer son pouvoir de contagion : incapable de marcher au pas, il impose à tout un régiment son propre rythme ! On a de quoi faire, donc, ce qui console, et ce qui rend la vision du film souvent agréable. La fin est un aveu très gênant de la part de Horne et Roach : on abandonne l’intrigue en plein vol pour finir sur une cascade de gas et délires en tous genres, sans prendre le temps de conclure, en ajoutant quelques réminiscences de Beau Hunks et de With love and hisses, qui inscrivent de fait le film dans une tradition de film troupier : on l’a échappé belle…

Sinon, un regret : un figurant, bien visible dans la scène de l’accordéon, n’a rien à faire d’autre que de rester assis sans se manifester. Dans son regard fatigué, je ne sais pas s’il faut lire de la gène ou de la gaucherie, d’être là à ne rien faire, ou tout simplement le sentiment de ne plus être taillé pour la comédie depuis qu’elle parle : c’est Noah Young, dans son dernier film aux cotés de Laurel et Hardy, son dernier film tout court.

Thicker than water (VOLUME 3) Aout 1935 Réal: James W. Horne. 2 bobines

Dernier film tout court pour Laurel et hardy, et film mineur, Thicker than water possède un titre générique, comme Another fine mess: il s’agit d’une allusion au langage courant, l’expression Blood is thicker than water », occasionnellement prononcée par laurel dans ses logorhées explicatives auxquelles personne pas même lui-même ne comprend jamais rien, sauf Hardy. C’est aussi, avec l’adjectif thick (épais), une allusion à la bêtise, supposée, des deux garçons. Ce genre de commentaire est rare chez Roach, il deviendra légion dans les scénarios des films ultérieurs, dans lesquels on n’hésitera pas, pour faire court, à parler de deux nigauds, deux andouilles, etc. Appelons ça l’effet Abbott & Costello, et détournons le regard : pour l’heure, saluons le dernier court métrage de Laurel et Hardy.

Daphne Pollard, déjà aperçue dans Bonnie scotland (La bonne qui fricote avec Finlayson) joue Mrs Hardy. Elle n’est pas Mae Busch, mais elle a cette agressivité cinglante qui lui permet efficacement d’incarner l’adversité face à Laurel et Hardy. Elle reproche à son locataire Laurel de ne pas avoir payé son loyer, mais il se défend en admettant l’avoir payé à son mari, M. Hardy. L’indépendance des deux hommes face à l’arrogante matrone occupe une large part de la première bobine, mais la deuxième est surtout consacrée à la question de l’indépendance financière : Laurel conseille à Hardy de passer outre l’autorité matriarcale en effectuant une opération d’argent. Ce sera un désastre. Quelques avantages de ce film un peu poussif : un créancier égressif est joué par Finlayson, et donne lieu à une scène au cours de laquelle un échange d’argent embrouillé devient un prétexte à un dialogue nerveux et rythmé. Sinon, deux gags bizarres, du genre auquel Stan aimait à avoir recours parcimonieusement : lorsque les deux compères quittent une scène, l’un ou l’autre se rend à droite de l’écran, et attrape la scène suivante, afin de permettre le changement de plan. C’est non seulement inattendu, mais aussi réussi. Et de plus, c’est cinq ans avant les gags similaires de Tex Avery à la MGM. Le final est étrange également : suite à une transfusion, les deux hommes échangent leur personnalité : voir Laurel jouer Hardy, et Hardy jouer Laurel, ça n’a pas de prix.

 

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy
29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:22
Sons of the desert (VOLUME 13) Décembre 1933, réalisé : William E. Seiter, assisté par Lloyd French. 7 bobines (65 minutes)

Convention city, réalisé par Archie Mayo, conte les exactions cocasses d’un groupe de participants à une convention sise à Atlantic City. C’est l’un des films perdus les plus emblématiques de la période dite pré-code ; cette comédie avec Joan Blondell et Dick Powell serait, selon les sources, soit l’un des films les plus vulgaires jamais sorti par un studio, soit l’une des œuvres à l’avant-garde de ce qu’on ne doit ni montrer, ni aborder dans un film en 1933 ; et quoi qu’il arrive, puisqu’il est perdu, le film peut être interprété comme bon nous semble; le fait qu’il soit perdu ne fait que peu de doute : dans le collimateur du Breen Office, ce film était réputé insortable, tant et si bien que la Warner a fait procéder à la destruction de son négatif après que la décomposition l’ait de toutes façons rendu inutilisable-et dangereux. Le film porte donc le funeste honneur, d’une part d’avoir sans doute significativement contribué à un renforcement du code de censure en 1934, d’autre part d’être le dernier film Warner–First National perdu… Et le rapport avec Laurel et Hardy, c’est que Convention City a triomphé à l’automne 1933, et en décembre 1933 Sons of the desert sortait.
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Sons of the desert, dont le nom glorieux a été repris par un club international dédié à célébrer la gloire de nos deux héros, est un film de long métrage absolument délicieux, totalement dans la lignée des courts métrages des deux vedettes : en alternance avec les films musicaux (entre The devil’s brother et Babes in Toyland pour être précis), le duo joue pour ainsi dire à domicile : les garçons ont fait le serment de participer avec tous les membres de leur loge des « fils du désert », une société plus ou moins Maçonnique semble-t-il, à la convention de Chicago, un prétexte à faire la fête et à se comporter en célibataire. Le problème, c’est que Mrs Hardy (Mae Busch) ne veut pas. Mrs Laurel (Dorothy Christie) a autorisé Stan à participer, mais celui-ci va être obligé de se mouiller dans les mensonges de Oliver, afin d’aider celui-ci à participer quand même aux festivités ; les deux hommes font appel à un vétérinaire (A l’origine, Hardy avait demandé à Stan de lui amener un docteur, mais bon.) interprété par Lucien Littlefield afin de déclarer Hardy malade, et de lui prescrire un voyage à Honolulu ; puis, une fois le subterfuge réussi, les deux hommes rencontrent à Chicago un délégué du Texas, vulgaire, farceur et bruyant, interprété par Charley Chase, et dont le personnage s’avèrera être en fait le beau-frère inconnu de Hardy… Ouf ! Lorsque la convention s’achève, les deux épouses apprennent que le bateau censé ramener les deux hommes de Honolulu a coulé…

Au-delà de l’enjeu initial, le pari (Réussi) de transcrire l’esprit des courts métrages de Laurel et Hardy dans un long métrage, on appréciera les multiples petites touches qui donnent encore plus de vie à l’ensemble : les têtes des spectateurs d’un cinéma qui bougent en rythme dans la mêem direction en regardant une compétition sportive lors des actualités, le plan de laurel et hardy sortant du taxi : le taxi s’arrête, le chauffeur court pour permettre à Laurel (Assis à l’arrière, à droite) de descendre, mais se prend la portière en pleine figure et tombe. Lorsqu’il se relève, il trébuche sur la valise que son passager à opportunément laissé là. Pas un mot pour nous distraire de la perfection du slapstick avant que Hardy ne remercie fort civilement le chauffeur sonné, à terre. Comme quoi tout en restant fidèle à l’esprit du duo, le film élargit le champ d’action de Stan Laurel qui peut également nuire à autrui sans pour autant que Hardy en souffre, ou en soit même conscient.

Reprenant la situation matrimoniale déjà explorée de diverses façons (We faw down, Be big !) le film donne un contexte qui n’a besoin que d’un seul plan : lorsque les deux hommes rentrent chez eux après la réunion de leur loge, ils ont parlé dans le taxi de l’importance pour un home d’être le maitre chez lui ; comme en écho à cette idée, on voit en gros plan la sonnette du 2220, Fairview Avenue : Mrs and Mr Laurel, puis juste à coté, le 2222 : Mr Hardy and wife. Mais les apparences sont trompeuses, et on verra vite qu’à coté de Mae Busch (Désormais blonde, mais toujours aussi tonique) Oliver Hardy ne peut rivaliser.
Charley Chase, dans le rôle du gêneur de service, de l’odieux et excité farceur, ne ressemble pas tant à ce personnage qu’il a soigneusement composé dans ses courts métrages, mais ce n’est pas grave : il reste inoubliable, et il est d’autant plus précieux de le voir là que le comédien n’est pas apparu dans beaucoup de films de long métrage. un autre intérêt de ce film est de situer dans une certaine continuité chez Roach, dont de nombreux comédiens étaient soit franc-maçons (Laurel et Hardy) soit membres d'organisations à la Sons of the desert (Lloyd était un "Shriner"); mais dès 1917, dans un court métrage, Lloyd se moquait gentiment des rites de ces réunions. Ici, la moquerie passe par les farces de collégien auxquelles se livre Chase...

Voilà ce que l'on peut dire sur ce film très réussi et dont la vision redonne confiance en l’humanité : après tout, pour l’un des personnages, l’affaire se termine plutôt bien.

Hollywood Party (Extraits dans TCM archives ; The Laurel and Hardy collection) Juin 1934; Réal: ? + George Stevens. 68 minutes.
La participation de Laurel et Hardy à cette entreprise MGM (sans capitaine, puisqu'aucun des 84 metteurs en scène y ayant participé n'a souhaité signer, même pas ous le nom d'Alan Smithee) de 1934 se résume à deux scènes, plus ou moins dirigée par George Stevens: lors d’une fête organisée à Hollywood, Laurel et Hardy viennent pour se plaindre que l’invité d’honneur les ait escroqués. Ils se heurtent à un majordome vindicatif dans la première scène, puis à une Lupe Velez très remontée contre un barman qui refuse de la servir dans la deuxième : une scène quais muette de Tit for tat s’ensuit durant laquelle des œufs sont utilisés par Stan et Babe d’un coté et par Lupe de l’autre Lupe Velez porte une robe importable qui aurait pu à elle toute seule faire interdire le film, et le reste de ce long métrage est également représenté dans la collection Tarzan (Le coffret métal, chez Warner Home Vidéo) par des extraits parodiques d’un faux film, Schnarzan, avec Jimmy Durante dans le rôle principal et Lupe Velez dans le rôle d’une Jane qui tend à perdre dans la savane le peu de vêtements qu’elle a sur elle. Hum.
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Oliver the eighth (VOLUME 6 ) Février 1934. Réal: Lloyd French; 3 bobines.
Avec le dernier court métrage dépassant la durée de trios bobines, le studio aborde manifestement une nouvelle ère de relative incertitude. Le passage au long métrage a porté ses fruits, et si les grosses comédies musicales restent la principale préoccupation de Hal Roach, Sons of the desert a prouvé combien l’esprit des courts métrages était transposable au long ; des raisons économiques vont bientôt pousser Roach à éliminer purement et simplement les courts métrages de deux bobines. La bobine supplémentaire de celui-ci ne s’explique pas comme pouvaient s’expliquer les minutes ajoutées à la durée habituelle dans les films de 1931 et 32. Ce recyclage du principe de The Laurel and Hardy murder case est poussif, et ne s’imposait pas. Au moins nous donne-t-il le plaisir d’applaudir Mae Busch dans un nouveau rôle grandiose de femme fatale, et nous assure-t-il aussi le spectacle rare d’un suspense meurtrier traité par Laurel et Hardy : Les deux hommes, coiffeurs de leur état, répondent à une annonce : une femme cherche un mari afin de partager sa fortune. Babe gagne en trichant (il n’a envoyé que sa réponse, et non celle de Stan) et va devenir la 8e victime de la dame : celle-ci, en effet, se venge d’un Oliver qui lui a fait du mal en massacrant tous les Oliver qui croisent son chemin. Elle est aidée d’un domestique aussi timbré qu’elle, interprété par Jack Barty.


Going bye-bye ! (VOLUME 20) Juin 1934. Réal: Charles Rogers. 2 bobines.
Alors que la production de leur prochain long, Babes in Toyland, était ralentie puis stoppée par des accumulations de problèmes (Parmi lesquels une relation de plus en plus tendue entre Roach et Laurel), ce petit film est une (petite) oasis de Laurelethardytude, pas primordiale, mais pleine de bons moments : les deux amis sont des auxiliaires de police qui ont permis (Comment, c’est un mystère…)l’arrestation d’un fou criminel interprété par le grand Walter Long. Celui-ci, au procès, déclare qu’il va s’évader et se venger en leur accrochant à tous deux les jambes autour du cou. Les deux hommes décident de prendre la fuite, mais doivent trouver une tierce personne afin de partager les frais du voyage. Ils passent une annonce, et Mae Busch y répond : elle souhaite également quitter la ville, mais son petit ami (Devinez qui c’est !) s’est évadé de prison et il va falloir l’emmener…
Derrière ce scénario invraisemblable se cache un gag à tiroirs : Long, qui n’a pas encore repéré que les deux hommes avec lesquels il va s’enfuir sont ses deux ennemis, est caché pour les besoins du film dans une malle dont il ne peut sortir. Les efforts déployés par Laurel et Hardy pour l’en sortir seront bien sur l’occasion pour eux de lui faire subir diverses tortures. Sinon, lorsqu’il sort, il même sa vengeance à la lettre.
Avec ce film commence une période durant laquelle Charles Rogers, l’homme de confiance de Stan, devient le metteur en scène attitré. Si aucun de ces films n’est notable par sa mise en scène, ils permettronty au moins à Laurel et Hardy d’offrir en toute quiétude la quintessence de leur art, tandis qu’au dehors l’orage Roach/Laurel gronde. Il est toujours assez frappant de constater que si Laurel n’était sans doute pas facile à vivre, il n’ya semble-t-il jamais eu la moindre friction entre lui et Hardy, toutes les disputes et grosses fâcheries, conflits d’ego et « différents créatifs »ayant eu lieu entre Laurel et leur producteur…


Them thar hills (VOLUME 2) Juillet 1934. Réal: Charles Rogers. 2 bobines.
Ce classique mérite d’entrer dans l’histoire d’abord parce qu’il est un excellent cru, mais aussi parce qu’il a fait l’objet d’une suite.
L’histoire est bien connue : Laurel et Hardy doivent prendre le large afin de permettre à Hardy de soigner sa goutte. Il partent donc prendre les eaux dans les collines, avec une caravane : ils s’installent près d’un puits dans lequel ils ne savent pas que juste avant leur arrivée, un groupe de trafiquants a jeté de l’alcool de contrebande. Ils s’installent et vaquent à leurs occupations, faisant la cuisine en sifflant de temps à autre une louchée de ce précieux liquide. L’ambiance se réchauffe bien vite, et ils sont rejoints par un couple tombé en panne, Charlie Hall et Mae Busch. Elle reste avec les garçons, et participe à la beuverie, pendant que son mari s’occupe de la voiture. L’irascible mari prend très mal les familiarités des eux hommes avec son épouse, un « tit for tat » magistral termine le film, plus froid et plus lent que jamais. A noter, dans ce court métrage, l’apparition d’un « signe » «cinématographique : la chanson interprétée par Hardy (Qui chante), Laurel (Qui ponctue de "Pum Pum" incongrus) et Mae Busch (Qui hurle des "pum pum" de plus en plus fort au fur et à mesure de l’augmentation de son taux d’alcoolémie), reviendra dans Tit for tat, et sera l’ indice donné au public de la continuité entre les deux films. Il est par aileurs à noter que si Charlie hall est toujours un ennemi juré et menaçant (Il fait partie de ces méchants d'autant plus dangereux qu'ils ne font qu'1m60), ici mae Busch a enfin l'occasion de devenir copine avec les deux comédiens. Ca fait plaisir.
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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy
29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:17
L’année 1933 est marquée de deux évènements chez Laurel et Hardy: d’une part, le départ de James Parrott, réputé incontrôlable pour son alcoolisme, mais dont surtout Roach ne voulait plus pour réaliser des longs métrages, désormais le format privilégié du producteur, au grand dam de Stan. Ce départ s’accompagne de l’arrivée discrète et occasionnelle dans le fauteuil de réalisateur et co-réalisateur, d’un collaborateur dévoué à Stan; un signe que désormais, y compris dans le petit studio familial ou on s’amuse à travailler en faisant rire, la guerre de tranchées entre les exécutifs et els créatifs a commencé. Le deuxième évènement de taille, c’est la mise en chantier de Fra Diavolo, un film musical adapté d'un opéraa comique dont Roach est persuadé qu’il va achever de persuader la terre entière du génie de Laurel et Hardy, bien qu’il les étouffe en permanence derrière une intrigue totalement insipide. Une attitude qui ne présage rien de bon dans la mesure ou Laurel et Hardy vont devoir bientôt passer définitivement au long métrage…

Twice two (VOLUME 5) Fevrier 1933 Réal: James Parrott, 2 bobines

On ne peut pas dire qu’avec ce film, Parrott fasse des adieux brillants. C’est lent, et peu inspiré, sauf en matière de prouesse technique : Laurel est marié avec la sœur de Hardy, et Hardy avec la sœur de Laurel ; c’est une soirée d’anniversaire, pour les deux couples qui se sont mariés le même jour, et Mrs Laurel(Donc, Oliver déguisé) a préparé une surprise pour tout le monde. C’est très bien fait, et çà supporte une deuxième vision sans aucun problème, rien que pour juger sur pièces des truquages (En fait, un montage particulièrement minutieux la plupart du temps, plus une double exposition de quelques plans. Pour le reste, on peut aussi voir que si Laurel reprend le rôle déja exploré dans Another fine mess d'Agnes, en y ajoutant juste le doublage crétin (Aucune des deux dames ne reprend sa vraie voix), Hardy interprète vraiment le rôle de sa soeur avec une conviction qui laisse pantois: ça s'appelle le génie.

The devil’s brother (TCM Archives: The Laurel & Hardy collection) Mai 1933. Réal: hal Roach, Charles Rogers, 9 bobines, 89 minutes.
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Hal Roach dans le rôle de réalisateur de long métrage, c'est le signe d'un film important pour le studio...Fra Diavolo, donc, devait être le titre Américain, de ce film, mais on l’a Anglicisé. D’autres modifications d’importance ont eu lieu, notamment un resserrement du montage, qui totalisait 11 bobines, faisant la part belles aux chansons et aux moments-Chantilly de qui reste, je le répète, une opérette. L'actuelle version de 9 bobines a été resserrée autour des deux vedettes, mais ce n'est pas suffisant. Fra Diavolo est un bandit qui se cache en chantant à tue-tête des airs (de sa voix de baryton, si je ne m’abuse) dans lesquels il s’auto-dénonce en permanence, et il s’acoquine avec Stanlio et Ollio, deux bandits ratés, pour subtiliser les bijoux et l’argent d’un couple d’aristocrates joués par James Finlayson et Thelma Todd. Les moments-clés de l’opérette ne sont que rarement et moyennement drôles, mis en scène par Hal Roach. Le reste du film, c’est-à-dire dire l’épopée mal intégrée de Stan Laurel et Babe Hardy a été tournée par Charles Rogers, et sans doute largement supervisée par Laurel lui-même. Les moments de slapstick prennent leur temps, mais on ne s’y ennuie heureusement pas. Il est regrettable que Finlayson (Toujours aussi moustachu) et Todd (Toujours aussi charmante) aient eu peu d’occasions d’échanger avec leur collègues du studio, tant Dennis King, qui joue Diavolo, est tarte (A la chantilly, donc). Le plus drôle, c’est que ce film est considéré comme un classique en France, on le retrouve d’ailleurs en avantageuse compagnie dans le livre de Patrick Brion consacré à la comédie. Sans doute à cause des plaisanteries de Stan, qui pour passer le temps, fait des jeux de mains hilarants et assez virtuoses, en même temps que parfaitement inutiles.
 
Le reste de la cuvée 1933, après quelques retards au démarrage, dus à l’attention du studio entièrement concentrée sur The devil’s brother, a soudainement eu une embellie phénoménale. Les prétentions de tout le monde ont été revues à la baisse, et un certain nombre de scripts très Laureliens ont été développés, résultant dans quatre perles…

Me and my pal (VOLUME 4) Mai 1933 Réal: Charles Rogers, Lloyd French, 2 bobines
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Hardy s’apprête à se marier, autant avec les millions de son futur beau-père (James Finlayson) qu’avec sa fiancée, et il a chargé Stan de prendre les mesures qui s’imposent: notamment, celui-ci a ramené un cadeau bien intentionné: un puzzle pour les longues soirées d’hiver. Au lieu de se charger des derniers préparatifs, Stan se lance dans le puzzle, et la contagion aidant, le mariage programmé a vite du plomb dans l’aile. Dans ce film réalisé par Charles Rogers, et donc largement piloté par Stan Laurel soi-même, Laurel et Hardy démontre que tout l’art de la comédie courte ne repose pas sur le fait de pouvoir aller d’un point A à un point B : il suffit d’avoir l’intention d'aller d'un point A à un point B, et d'en être empêché. En vérité, une fois le puzzle ouvert, non seulement ni Laurel ni Hardy ne quitteront la maison, mais le reste du monde va s’installer à domicile, happé par le puzzle. Et bien sur, la maison sera détruite au final.

The midnight patrol (VOLUME 20) Aout 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines

L’agent Laurel et l’agent Hardy ont été engagés le jour même, et ils sont particulièrement inefficaces, ce que les bandits eux-mêmes ne peuvent que remarquer, et ils ne se font pas prier : Stan en surprend même en train de voler les roues de leur voiture de patrouille, alors que les garçons sont au volant ! Ils vont ensuite intervenir pour un supposé cambriolage, et arrêter le chef de la police qui avait oublié ses clés. Celui-ci trouvera à la fin du film une solution radicale pour se débarrasser d’eux. Encore un film qui passe tout seul…

Busy bodies (VOLUME 14) Septembre 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines
Laurel et Hardy sont employés dans une scierie. Le reste n’est que gags, destruction, sciure et hilarité : encore un film parfait!
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Dirty work (VOLUME 14) Octobre 1933 Réal: Lloyd French, 2 bobines

Les deux héros sont des ramoneurs, et vont ramoner la cheminée d’un savant fou qui a inventé une potion de rajeunissement parfaitement efficace, dont Hardy va au final faire les frais : cela implique des bassines d’eau, donc Hardy ne peut qu’y tomber. Le professeur Noodle ( = Nouille), joué par Lucien Littlefield, nous permet de voir ce comédien, un vétéran des studios Roach, dans un rôle inhabituel pour lui. En effet, Littlefield, dès son séjour à la Paramount dans les années 10, est devenu un majordome plus vrai que nature, ce qu’il a continué à faire encore et encore pour le « lot of fun », notamment chez Charley Chase. Ici, en savant fou particulièrement atteint (Il est très convaincant) , il donne la réplique à Sam Adams, qui joue Jessup, … son majordome. Quant à la partie « ramonage » du film, faut-il préciser qu’on s’y salit beaucoup ? Indispensable.
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Published by Allen john - dans Laurel & Hardy