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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:13
Trois courts métrages célébrant le « retour » de James Parrott à la réalisation. Un chef d’œuvre incontournable, un assez bon film avec des moments de grâce loufoques, et un film raté, qui annonce un déclin du court métrage…

The music box (VOLUME 14 )Mars 1932. Réal: James Parrott, 3 bobines.
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Celui-ci n’est plus à présenter: vainqueur d'un Oscar, cette odyssée de deux hommes qui montent un escalier pour livrer un piano est justement célébrée. D'abord, on y massacre un piano, comme toujours, et ensuite, on y dénombre les fameuses 131 marches les plus absurdes de l’histoire du cinéma, celles qu’on utilise pour se rendre chez un professeur qui n’aime pas les pianos. C’est vrai qu’il n’ya pas grand-chose d’autre dans ce film, mais les quelques 20 minutes passées à gravir ces marches sont riches par quelques gags bien placés, et l’habituel chaos né de la rencontre de Laurel et hardy d’un coté, et du reste du monde de l’autre, ici incarné par un policier vindicatif, une bonne d’enfant moqueuse (et revancharde, voyez ce qui se passe lorsqu’elle reçoit un coup de pied méchant asséné par Stan Laurel), et surtout le prof. Theodore Von Schwartzenhoffen, interprété par un Billy Gilbert en belle forme. Ces 20 minutes absurdes sont bien sur possibles à analyser comme une métaphore d’une vie entière à contre-courant, mais il y a mieux à faire : et pour commencer, on remarque assez bien que la fin de la montée des marches dans le film correspond à un passage en studio, alors que le reste du film a été tourné « on location » : les 131 marches sont toujours visibles à Los Angeles, mais elles mènent… à un cul-de-sac. Vous avez dit absurde ?

The chimp (VOLUME 17 ) Mai 1932. Réal: James Parrott, 3 bobines.

Charles Gemora et Billy Gilbert sont les deux autres protagonistes majeurs de ce film parfois mal vu, mais dont la poésie idiote me semble trop contagieuse pour qu’on boude son plaisir. Finlayson, trop brièvement aperçu, est le patron d’un cirque auquel une intervention des deux hommes à tout faire Laurel et Hardy va mettre le feu. Le propriétaire, ruiné, n’a pas les moyens de payer tous ses collaborateurs, et il tire au sort les possessions du cirque afin d’en faire des lots pour redistribuer à tous ses employés : Laurel tire le cirque de puces, et Hardy Ethel le chimpanzé… Qui ne l’aime d’ailleurs pas, elle lui préfère Laurel . Ethel est jouée par Gemora, un artiste spécialisé dans les imitations de gorilles, mais qui fait aussi très bien le chimpanzé… tout ce petit monde (Laurel , hardy, les puces, Ethel) échoue dans une pension de famille tenue par un mari jaloux dont la femme s’appelle Ethel, ce qui va donner lieu çà une série de quiproquos du meilleur mauvais goût, d’autant que le mari est joué par Billy Gilbert.

County hospital (VOLUME 2 ) Mai 1932. Réal: James Parrott, 2 bobines.
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Ce petit film échoue, à cause d’un manque évident de moyens, malgré un excellent début : Laurel visite Hardy qui est à l’hôpital suite à une intervention sur sa jambe. Laurel présent, tout se précipite dans le chaos, et une scène aurait pu être mémorable : suspendus de part et d’autre d’un cable, Billy Gilbert en chirurgien et Hardy en convalescent pendouillent l’un dans sa chambre, l’autre dans le vide… Mais c’est gâché par le recours aux transparences, assez franchement minables, d’autant plus pour un studio autrefois responsable de Safety last, Never weaken et Liberty. Les transparences gâchent aussi, tant qu’à faire, le final-poursuite en voiture, auquel on ne croit pas une seconde.
Pack up your troubles (VOLUME 15 ) Septembre 1932. Réal: George Marshall, Ray McCarey, 7 bobines, 68 minutes

Le deuxième long métrage de Laurel et Hardy n’est pas excessivement meilleur que le premier. Les deux metteurs en scène sont des nouveaux venus, mais l’un d’entre eux n’a pas vraiment été présent, et on soupçonne Ray de n’être qu’un pistonné qui a profité de la notoriété (Et des entrées chez Roach) de son frère pour se faire créditer et payer sans rien faire, en tout cas pas dans ce film, totalement assumé par George Marshall. Ce dernier n’a pas fait un mauvais boulot, avec une histoire assez classique qui renvoie à plusieurs comédies muettes, de The kid à Three’s a crowd. Laurel et Hardy sont deux soldats de la 1e guerre mondiale qui doivent recueillir la fille d’un camarade mort au combat, fâché avec sa famille, et retrouver le grand père de la petite afin de la lui confier. Le film se déroule sans incident notable, avec des gags moyens, mais reste assez inhabituel dans la mesure ou le pathos, et les drames de la guerre y jouent un rôle dont Laurel et Hardy apparaissent conscients. Non que le mélange soit raté, mais cette apparition d’un surcroit de réalisme étonne. De toutes façons, on préfère cent fois cette histoire-ci avec cette petite fille, à l’étrange court métrage tourné quelques semaines plus tard sous le titre de Their first mistake. A noter qu’ici, Laurel et Hardy sont, une fois de plus entrepreneurs (D’un business de Hot-dogs…), mais qu’un certain nombre d’éléments du film renvoient aux démarches qu’ils doivent entreprendre afin d’améliorer leur situation. Donc, décidément, nous somme passées de l’autre coté du miroir, dans un monde plus adulte que d’habitude… Mais qui reste sauvé par l'indéniable tendresse portée par les deux amis à cette petite fille, mais aussi celle qu'on leur porte.

Scram! (VOLUME 12 ) Septembre 1932. Réal: Ray McCarey, 2 bobines.

Ce film, mis en scène (du moins officiellement) par Ray McCarey, est très bon. Il met au prises deux vagabonds, sommés de quitter la vile par un juge irascible (Richard Cramer), avec un bon samaritain saoul (Arthur Housman dans son propre état) : celui-ci, jugeant qu’il ne peut laisser aller deux hommes qui l’ont aidé à récupérer sa clé par un temps aussi dégoutant, les invite chez lui, mais se trompe de maison, et laisse Laurel et Hardy dans les mains de l’épouse (Vivian Oakland, également saoule) du véritable maitre de maison, qui n’est autre que le juge. On regrettera que le juge ressemble à Edgar Kennedy, mais qu’il ne soit que Richard cramer. Sinon, les 5 minutes durant lesquelles Vivian Oakland fait joujou avec nos deux amis sont riches de possibilités : que se passerait-il vraiment si le juge ne rentrait pas, sachant qu’elle les pousse ostensiblement vers le lit ?
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Ah, j’oubliais : en argot de l’époque, « Scram ! », une injonction impérative donc, veut dire en gros « Casse-toi, pauvre con » bien qu’il nous répugne d’utiliser cette expression basse et vulgaire qui n’est digne que des plus goujats parmi les goujats.

Their first mistake (VOLUME 15 ) Novembre 1932. Réal: George Marshall, 2 bobines.
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Parce que Mrs Hardy (Mae Busch) se plaint de voir son mari s’associer constamment avec Mr Laurel, ce dernier suggère à son ami d’adopter un enfant ; mais lorsque de retour à la maison avec un bébé Hardy apprend que son épouse souhaite divorcer, il va donc devoir élever cet enfant seul, ou plutôt avec Laurel, ce qui est pire. L’histoire ne tient pas debout, et par ailleurs, on remarquera la façon dont le bébé devient un objet pur et simple et bruyant. Quelques bons gags sauvent l’entreprise, avec en particulier le biberon que Laurel sort de sa chemise de nuit, comme s’il y était toujours caché, et diverses scènes de destruction dues à la rencontre inopinée entre la tête de Hardy et les meubles.

Towed in a hole (VOLUME 16 ) Janvier 1933. Réal: George Marshall, 2 bobines.

Pour faire simple, disons, que Hardy et Laurel achètent en première minute un bateau à retaper, qu’ils vont saboter en voulant le réparer sur le reste du court métrage. De bons gags, impliquant beaucoup d’eau et de peinture, et un mémorable Tit for tat : cette expression désigne dans le monde de Laurel et Hardy les échanges froids et agressifs, par exemple la réaction de Charlie Hall dans the battle of the century lorsqu’il prend calmement une tarte et l’envoie poliment à la tête de Hardy, déclenchant une réaction en chaine ; ici, Hardy se venge d’avoir reçu de l’eau en posant un tuyau d’arrosage dans la salopette de Laurel, le tout avec le plus grand calme et la plus grande concentration… les échanges se poursuivent ensuite durant 4 minutes… Un autre gag notable arrive lorsque Laurel reste à l’intérieur du bateau, sommé par Hardy de ne rien faire afin d’éviter toute catastrophe : il souffle alors dans son pouce, provoquant un mouvement de son chapeau. C’est la deuxième excentricité physique de Laurel, après ses oreilles qui bougent de Blotto et Any old port! Bientôt, The devil’s brother allait en rajouter dans ce domaine…
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Published by Allen john - dans Laurel & Hardy
27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 12:28
(Textes publiés en octobre 2009 sur le plantureux forum de DVDClassik: l'essayer, c'est l'adopter)
 
Our wife (VOLUME 4 ) Mai 1931 Réal: James W. Horne 2 bobines

Un nouveau film matrimonial pour la route, avec l’imposante Babe London en finacée de Hardy, et l’inénarrable James Finlayson en père de la mariée, qui, découvrant la tête du fiancé, pique une colère monumentale, poussant les deux tourtereaux à s’enfuir pour un mariage en douce. Le juge de paix est joué par Ben Turpin (voir photo) devinez qui finira marié à Hardy ?
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Finlayson a dans ce film l’un de ses "double-takes" les plus mémorables : ce jeu de regard, tout sauf subtil, était sa spécialité : la personne jette un coup d’œil rapide, sans vraiment préter attention, puis ayant détourné son regard, réalise ce qu’il ou elle a vu, et y revient. Finlayson ajoute à ça le regard vers la caméra, un ensemble œil fermé/moustache retroussée, un air furibard, et des onomatopées incroyables. Ici, l’objet de sa surprise et de sa fureur est la photo de Hardy.
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Come clean (VOLUME 8 ) Septembre 1931 Réal: James W. Horne 2 bobines

Sublime !

Je sais, il faudrait s’arrêter à l’adjectif qui précède. Mais bon : comme dans Should married men go home , les Hardy s’apprêtent à passer une soirée en amoureux, et se réjouissent de l’absence de… Mr and mrs Laurel! Ceux-ci sont justement à la porte, et on les laisse rentrer, malgré les réticences initiales, et malgré les ruses déployées pour faire croire qu’il n’ y a personne . Une fois rentrés, Mrs Laurel (Linda Loredo, pour sa seule apparition en Anglais aux cotés de Laurel & Hardy) bien polie refuse d’embêter le monde, mais Stan réclame de la glace. Sortis pour satisfaire ce caprice dans un établissement tenu par Charlie Hall, nos deux héros sauvent une femme du suicide par noyade, et Mae Busch (Car c’était elle !) les fait chanter : « si vous ne me donnez pas tout ce que je veux, je dis que c’est vous qui m’avez poussée ! »

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Le reste est anarchique, hilarant, bruyant, pas subtil, en un mot… Sublime.

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One good turn (VOLUME 3 ) Octobre 1931 Réal: James W. Horne 2 bobines

Vagabonds, Laurel et Hardy viennent demander de l’aide à une vieille dame, chez laquelle une répétition théâtrale a lieu. Ils croient que l’acteur James Finlayson est un véritable brigand venu pour lui soutirer ses sous, et ils partent en ville pour vendre aux enchères leur Ford T.

Un film qui roule tout seul, sans être une merveille. C’est jusqu’à présent l’une des rares incursions hors du contexte urbain, malgré la scène de la vente de la voiture, qui met aux prises Laurel et Hardy avec Billy Gilbert, un nouveau venu qu’on reverra pour notre plus grand bonheur. Une question maintenant me taraude : cette Ford T qui subit systématiquement le même sort, était-ce un modèle auto-destructible fabriqué en série pour Roach, ou c’était TOUJOURS LA MEME ?
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Beau Hunks (VOLUME 4 ) Novembre 1931. Réal: James W. Horne, 4 bobines.
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En cette fin 1931, le tandem Laurel et Hardy vit de beaux jours, et après une longue série de films généralement de haute qualité attribués à la main experte de leur collaborateur, collègue et ami James Parrott, Laurel et Hardy sont passés sous la férule de James Horne pour un grand nombre de films, sans que la qualité s’en ressente vraiment. Vrai, Parrott a un flair pour les ouvertures élégantes, la mise en valeur du décor, ou des constructions plus originales que les autres, mais un metteur en scène de Laurel et Hardy, cela reste fondamentalement un artiste dont la vocation première est de faire ce que Stan Laurel veut qu’on fasse. Avec Horne, un vieux routier de la comédie, ça roule tout seul. Et c’est à James Horne, A.K.A. Abdul Khasim K’Horne, que revient l’honneur de mettre en scène l’un des films les plus paradoxaux de l’œuvre; pas par son histoire ou sa réalisation, loin de là, c’est du L& H pur jus; non, Beau Hunks est paradoxal parce qu’il a été fait et distribué à perte : Roach l’avait déjà prévendu lorsque le film était en finition, comme un court métrage de deux bobines, et a du maintenir son prix. Mais le réslutat final, de 38 minutes, était sui bon que personne n’avait le cœur de la couper, et c’est une splendide comédie de quatre bobines qui est venue triompher dans les cinémas, avec une MGM qui se frottait les mains en le vendant comme… le deuxième long métrage de Laurel et Hardy. Le résultat, disais-je, est du pur Laurel et Hardy, et du meilleur : Hardy est amoureux, mais apprend que sa chère et tendre le quitte. Il n’a d’autre ressource que de s’engager dans la légion, et bien sur d’y enrôler Stan en prime. Le passage des deux compères à l’armée, en plein désert, donne lieu à un ensemble de gags plaisants, mais le gag le plus mémorable est sans aucun doute le fait qu’à chaque fois qu’un légionnaire est aperçu se lamentant sur la photo de sa fiancée, sans nul doute la responsable de son engagement, il s’agit à chaque fois de la même photo, la petite amie de Hardy, d’ailleurs « jouée » sur la photo par rien moins que Jean Harlow… quant aux arabes, il n’ya pas de surprise : ils sont bêtes, fourbes, cruels… Comme dans les Tarzan, le traitement réservé aux peuples du désert est rarement tendre. Surtout avec Laurel et Hardy qui les accueillent avec des punaises... Mais on notera quand même la performance d’un certain Abdul Khasim K’Horne qui joue leur chef…
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On the loose (VOLUME 9 ) Février 1932. Réal : Hal Roach, 2 bobines.
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Une simple apparition de Laurel & Hardy dans ce court métrage ennuyeux et peu inventif suffit à lui donner un peu de relief : il s’agit d’un film d’une série menée par celles dont Roach voulait faire les Laurel & Hardy féminins, Thelma Todd et Zasu Pitts. Les deux filles se plaignent que tous leurs petits amis les emmènent systématiquement à Coney Island, et bien sur leurs nouveaux petits amis les emmènent à Coney Island, ou elles subissent exactement ce dont elles se plaignent au début du film : des bleus, des bosses, des échardes, des manèges qui ne sont sue prétexte à dévoiler les jambes et les sous-vêtements, etc…

Helpmates (VOLUME 4 ) Décembre 1931. Réal: James Parrott, 2 bobines.
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A nouveau, la grâce a visité le plateau pour un court métrage dans lequel Laurel et Hardy doivent, suite à une nouba bien arrosée (a laquelle n’a pas participé Laurel) arranger la maison, avant que Mrs Hardy ne rentre. Les efforts des deux hommes vont bien sur dans des sens contraires, Laurel s’arrangeant systématiquement pour saboter tous les efforts de Hardy. C’est un sommet de l’œuvre. J’ai longtemps eu une bobine super 8 Film Office intitulée La cuisine Infernale, tirée de ce film (J’avais également La bataille du siècle des tartes à la crème, et un extrait de 10 minutes de Perfect day. ).

Any old port (VOLUME 16 ) Février 1932. Réal: James W. Horne, 2 bobines.
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On baisse d’un cran, avec un film mal fichu, dont le manque d’unité est accentué par l’histoire peu banale de sa production : après avoir fini le court en deux bobines, Laurel et Roach ont pris la décision de couper toute la première bobine, de faire de la deuxième le début du film et d’en tourner une autre afin d’avoir deux bobines en tout ; cela explique pourquoi le manque d’unité est flagrant : deux marins en escale trouvent à se loger dans un petit hôtel plus que miteux, tenu par un odieux personnage (Walter Long) qui passe son temps à martyriser sa bonne, avant de décider de l’épouser : il demande à Laurel et Hardy d’être ses témoins. La deuxième partie du film, après une course poursuite non résolue entre les deux héros et le tortionnaire, les voit s’engager dans un match de boxe arrangé entre Laurel et … Walter Long, filmé sans aucune imagination, contrairement à la première bobine de The battle of the century. Un film pour pas grand-chose, donc.
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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy
27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 10:56
(Textes déja publiés sur le merveilleux forum de Dvdclassik en octobre 2009)
 
Pardon us (VOLUME 19 ), Aout 1931. Réal: James Parrott. Sept bobines/67mn
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Le premier long métrage de Laurel et Hardy, conçu sur une période relativement longue (le script a été commencé en mai 1930, et les dernières prises de vue datent de décembre 1930), a fait l’objet d’un travail prudent, qui a à la fois bénéficié de l’attention concentrée de tous ceux qui y ont participé, de Laurel & Hardy eux-mêmes, mais surtout Laurel, à Hal Roach, en passant par le metteur en scène, James Parrott, qui ne fera aucun autre long métrage avec le duo. Il faut dire que depuis Why worry, en 1923, Roach n’avait pas produit de long métrage comique, ayant laissé Lloyd faire cavalier seul justement afin de continuer à se concentrer sur les courts métrages, la véritable spécialité du studio : c’est dire si ce film est important : de lui va découler l’avenir du studio. La réticence de Roach s’explique par le fait qu’à l’époque peu de comédiens ont réellement percé dans le long métraghe, à part Chaplin. Mais même Chaplin, à ce moment, a considérablement ralenti ses activités. En 1931 Lloyd s’apprête à descendre lentement mais surement aux enfers du film médiocre, puis à disparaitre. Keaton, depuis The general et son semi-échec (Public, s’entend), est lessivé, et ses films MGM ne sont pas à la hauteur de sa réputation. Quant à Langdon, ses 6 films indépendants réalisés pour la First National l’ont coulé. L’analyse de Roach (et Laurel) peut donc raisonnablement s’expliquer une fois rappelé ce contexte. Pourtant, si il ne s’agit ni d’un grand film, ni d’un grand Laurel et Hardy, Pardon us est bougrement sympathique. D’une part, il repose sur une situation qui leur sied bien, avec nos compères qui vont en prison, pour avoir ingénument vendu le produit de leur distillerie clandestine, et se retrouvent au milieu de la jungle des bagnes, deux enfants parmi les loups. D’autre part, il recycle intelligemment quelques situations bien menées, dont le problème de dentisterie de Leave’em laughing, sans le recours à du gaz hilarant ; sinon, il recycle aussi par le biais de la parodie les passages obligés de Big House, ainsi que son décor. Il y a aussi du neuf, en particulier un running gag à la fois ultra-primitif et totalement hilarant : Laurel a donc un problème de dent, qui le fait siffler fort malencontreusement à chaque parole qu’il prononce, mais c’est tellement évident que Laurel force le bruit (Vraiment grossier) que cela ajoute une bonne pincée de second degré à l’ensemble. Le principal défaut du film, c’est probablement le fait que, suite à l’indécision qui a parfois présidé à son élaboration (le mois entier de retakes en témoigne), certaines scènes s’intègrent mal à l’ensemble, ou sont trop longues : le passage ou Laurel et Hardy, en blackface, s’intègrent à un groupe de travailleurs noirs dans le sud, sent l’esclavagisme à plein nez. D’autres scènes, aujourd’hui réintégrées, ont été retirées du montage final à sa sortie en 1931 : le final, au cours duquel Laurel et Hardy sauvent la fille du directeur de la prison d’un destin fatal ET d’un incendie n’était peut-être pas très Laurelethardyienne, elle a pourtant été réintégrée dans la copie disponible actuellement sur DVD. Bien que le film ait fait l’objet de versions Espagnoles, Française, et Allemande, la collection de DVD n’intègrent qu’une bande-annonce de la version Allemande, contenant 2mn d’extraits. Ach!

Another fine mess (VOLUME 1 ), Novembre 1930. Réal: James Parrott. 3 bobines.

Conçu et sorti pendant la lente maturatiion du premier long métrage, ce film qui recycle Duck soup est un chef d’œuvre, irrésistible et parfait : on sent l’équipe rassurée par la limite de temps imposée par les trois bobines. Ici, pas de remplissage, et le film marche entièrement au diapason de sa première scène : Finlayson quitte sa maison, en laissant les clés au majordome, et à la bonne, qui s’empressent dès que le propriétaire est parti de prendre la poudre d’escampette. La caméra se déplace alors vers la droite, et on aperçoit les deux vagabonds Laurel et Hardy qui sont poursuivis par un policier : pas de temps mort, en moins d’une minute, le cadre et la motivation sont établies. Réfugiés chez Finlayson, Hardy vont devoir incarner le colonel Buckshot(Hardy) et à la fois le majordome Hives et sa sœur jumelle Agnes (Laurel) lorsque deux locataires potentiels vont arriver, incarnés par Thelma Todd et Charles Gerrard. Pour finir, le titre fait allusion à une phrase tirée de Pardon us, qui reviendra désormais souvent, mais légèrement différente: It's another NICE mess you've gotten me into (Tu m'as à nouveau mis dans une situation délicate), généralement prononcée par Hardy, mais pas exclusivement: Laurel le reconnaitra d'ailleurs au moins une fois: Well, it's another nice mess I've gotten you into.

Be big (VOLUME 18 ), Février 1931. Réal: James Parrott, mais crédité à James W. Horne. 3 bobines
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Par contre, Be big possède un défaut, et de taille. Bien sur, il repose sur une mécanique classique, avec un voyage idyllique prévu pour les deux couples Laurel et Hardy, mais lorsque les amis de nos deux compères les invitent à une bringue en leur honneur, sous couvert de retrouvailles d’un club de chasse, ils doivent mentir en prétendant que Hardy est malade afin de laisser les épouses partir et vaquer à leurs propres occupations. Là ou le bât blesse, c’est que la suite donne lieu à une situation, et une seule : Hardy a mis les bottes de Laurel, et réciproquement. S’il est facile à Stan d’enlever les bottes de son ami, celui-ci est en revanche bel et bien coincé… Pendant 20 minutes de film. Lorsque les épouses (Anita Garvin et Isabelle Keith) reviennent, avec deux énormes fusils, on respire enfin ! Les versions Française et Espagnole de ce film sont en fait une compilation de Be big et Laughin’ gravy, un court métrage ultérieur. Les deux films font environ 60 minutes, et j’en reparlerai autour de Laughin’ gravy, justement. Sinon, saluons une dernière participation de Anita garvin à un film court de Laurel et Hardy.
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Chickens come home (VOLUME 8 ), Mars 1931. Réal: James W. Horne. 3 bobines
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Recyclant la situation de Love’em and weep, Chickens come home est une nouvelle réussite, dans laquelle le duo a réussi à transformer ce qui aurait pu n’être qu’une redite supplémentaire en une petite réussite de vaudeville. Il sera donc question d’un homme qui voit son avenir et son bonheur conjugal menacé par une visite d’une dame avec laquelle il a eu, il fut un temps, des relations compromettantes. Cette fois Hardy est un notable qui vise la mairie, Thelma Todd joue son épouse, Laurel son assistant obligé d’endosser une part de responsabilité dans les mensonges qui sont l’objet de l’intrigue, et Finlayson est le majordome doté d’un sens moral aigu : il dévisage son patron comme seul James Finlayson peut le faire, dès qu’il soupçonne Mr Hardy de se livrer à l’adultère. Quant à la dame par laquelle le scandale arrive, c’est une fois de plus la grande Mae Busch.
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Politiquerias (VOLUME 8 ), Mars 1931.Réal: James W. Horne. 6 bobines/55 minutes

On prend encore les mêmes, et on fait la même chose en Espagnol et plus lentement, en ajoutant de-ci de là un numéro de music-hall plat, ou une redite. D'autant que Rinal Liguoro ressemble à Mae Busch, mais elle n'est pas Mae Busch, même si elle fait tout pour l'imiter.
The stolen jools (1931) Paramount/RKO/Chesterfield cigarettes. Réal: William McGann. 2 bobines

On trouve ce court métrage anecdotique sur le dvd retour de Flamme volume 1, chez Lobster. C’est un "all-stars" de charité, afin de lutter contre les maladies pulmonaires. C'est charmant à regarder une fois, et pour jouer à repérer les stars : Joan Crawford, Wallace Beery, Buster Keaton, Fay Wray, Richard Barthelmess, Gary Cooper,… Ah ! J’oubliais : Laurel & Hardy y détruisent une Ford T.

Laughing gravy (VOLUME 10 ) Avril 1931 Réal: James W. Horne 2 bobines

Laughing gravy est un chien, et c’est le moins cabot des cinq acteurs de ce film. Avant de rentrer brièvement dans le vif du sujet, voici un record absolu avec cinq versions différentes toutes disponibles dans la collection Universal Anglaise Les mérites (Ou les apports, plutôt) de chaque version seront discutés cas par cas. Cette version est le Laughing gravy authentique, tel que sorti en avril 1931 : Laurel et Hardy sont les propriétaires non fortunés d’un petit chien, qu’ils cachent à leur propriétaire, interprété par Charlie Hall. Celui-ci entend du bruit, puis des aboiements, et les deux compères doivent donc alternativement cacher leur chien, puis le récupérer quand leur propriétaire réussit à le mettre dehors puisque toutes leurs tentatives pour être discrets en cachant le chien échouent lamentablement; et dehors, il neige. Sur un canevas simple, un film très distrayant, drôle, avec lequel on ne s’ennuie pas. Lorsque le film a été fini, il faisait une bobine de plus, qui ne satisfaisait pas tout le monde (C’est à dire que Laurel n’en était pas content), et la bobine a été tout simplement enlevée, et remplacée par une fin simple, sublime, sordide et hilarante, qui conclut le film sur une note macabre, en une minute.

Laughing gravy (VOLUME 10) Avril 1931 Réal: James W. Horne 3 bobines

Donc, on a retrouvé au début des années 80 la bobine inédite, et voici la deuxième version : au bout de 20 minutes, sommés de partir, Laurel et hardy reçoivent une lettre, adressée en fait à Laurel seul : il recevra un héritage phénoménal s’il cesse toute connection avec Hardy, et donc avec Laughing Gravy le chien. Ces dix minutes grinçantes éclairent d’un jour particulier, presque intime, la relation entre les deux hommes, mais elle s’intègre assez mal selon moi à l’ensemble. La version de deux bobines est meilleure.

Laughing gravy (VOLUME 10) Avril 1931 Réal: James W. Horne Version colorisée 3 bobines

Cette version colorisée ne devrait pas avoir sa place ici, puisque je ne les mentionne jamais, mais elle possède un atout intéressant : elle contient les deux versions déjà mentionnées, en intégrant à la version en trois bobines la fin de l’autre, et élève le temps total à presque 31 minutes. Sinon les fausses couleurs sont ignobles, et je rappelle qu’on ne doit pas coloriser les films en noir et blanc : c’est mal.

Las calaveras (VOLUME 18 ) Avril 1931 Réal: James W. Horne 6 bobines

Version Espagnole de Be big + Laughing gravy : Be big est toujours constitué d’un seul gag étiré sur 30 minutes, donc je suis assez mitigé, et en prime, le lien avec l’autre film est tellement ténu, qu’on n’y croie pas une seule seconde. Sinon, la deuxième partie est basée sur la version longue de Laughing gravy, sans la deuxième fin (Celle qui est sortie en 1931.), et donc, je ne suis pas non plus très enthousiaste, surtout que décidément je ne comprends rien à l’Espagnol. Bon, ça c'est de la mauvaise foi: qu'importe les dialogues?

Les carottiers (VOLUME 10) Avril 1931 Réal: James W. Horne 6 bobines

Même découpage que Las Calaveras, mais en Français. Seuls Laurel et Hardy parlent le Français franchement, les autres, dont Charlie Hall et Anita Garvin, sont souvent doublés bien qu’ils miment les mots. Mais c’est tellement mal fait, et les acteurs se débrouillent tellement souvent pour être dos à la caméra, que c’en est navrant. On espère que les autres versions françaises antérieures ont été mieux traitées. Remarquez, elles sont toutes perdues…

C’en est fini des versions alternatives, Laurel et Hardy allaient à l’avenir être doublés. Bien que cela soit difficile et couteux, ces versions rapportaient ; elle rapportaient tant et si bien que la MGM, qui distribuait Roach rappelons-le, a demandé qu’on y mette un point final, en ayant asez de devoir recevoir des lettres de cinéphiles leur demandant de faire parler Garbo et gable dans leur langue : « Laurel et Hardy le font bien, eux… »

La leçon a retirer de ces multiples versions disponibles, c’est quans même que l’équilibre de Laurel et Hardy, établi pendant les années muettes sur le format de deux bobines, est bel et bien fragile. De toutes ces versions, la meilleure est bel et bien celle de deux bobines. Conscients de cela, ils vont ensuite se concentrer sur ce format pour les trois films suivants, avant l’affaire Beau Hunks.
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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy