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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 09:08

Un scénario tout simple, pour un film de grande qualité, qui permet de transformer une promenade en ville en une course poursuite délicatement surréaliste: le point de départ est simple, emprunt de ce talent particulier qu'avaient les équipes des studios Roach pour montrer la vraie vie de l'homo Californicus, dans son milieu naturel, dans les années 20... Laurel est donc le client d'un tramway qui est angoissé: il ne connaît pas le trajet et ne sait pas quelle correspondance prendre. Le contrôleur lui conseille de suivre une jeune femme (Katherine Grant) qui a prévu le même itinéraire...

Et voilà, le tour est joué! Pour le reste, la jeune femme musarde en chemin: elle se rend dans un grand magasin, y téléphone, et à chaque détour, non seulement Laurel menace de se perdre, mais en plus le fait qu'il la suive avec insistance devient de pus en plus louche. Et pour couronner le tout, il est désormais suivi par... le détective du magasin (James Finlayson).

Le film a été tourné en toute liberté, les scènes d'extérieurs ont été filmées sur le remblai de Venice Beach, et certaines scènes d'intérieurs (Le magasin, et son rayon des tissus) ont certainement profité des décors de Safety last dont le tournage était contemporain...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy
8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 16:52

James Finlayson est un vieil homme, aisé et fort bien logé, le Baron Buttontop... mais il a un regret: celui d'avoir chassé sa fille qui avait fugué en compagnie d'un goujat et bien sur celui-ci l'avait laissée enceinte... Il fait rechercher la mère et l'enfant (Stan Laurel), qui a maintenant 25 ans, et est un conducteur de calèche. Et en dépit d'une certaine aversion pour le gamin (Qui, il est vrai, n'a pas inventé l'eau chaude), il va se débrouiller pour le faire se marier avec un beau parti, miss Flavia de Lorgnette (Mae Laurel), qui pour reprendre un intertitre, dispose de trois bonnes raisons pour qu'on l'épouse: elle vaut trois millions de dollars...

Bien sur, tous ces films parodiques mettant Stan Laurel aux prises avec James Finlayson, ridiculisant du même coup les genres cinématographiques en vogue en en extrapolant tous les poncifs, finissent par revenir au même... Mais il y a là-dedans une joie enfantine de tout casser sans trop réfléchir, en ne se prenant jamais au sérieux, et une véritable recherche qui passerait inaperçue, si tous ces films n'avaient pas un jour débouché sur une oeuvre comique parée de la plus grande des richesses, et d'une rigueur à toute épreuve...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Laurel & Hardy
7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 16:55

Continuant leur oeuvre de parodie tous azimuts, Laurel et Roach s'attaquent à un gros morceau: The spoilers est une histoire qui a déjà servi pour trois films quand cette comédie de deux bobines sort des studios. La principale cible de la parodie est sans aucun doute la version de Lambert Hillyer de 1923, produite par Goldwyn, avec Milton Sills et Noah Beery... 

Laurel est Canister, un homme venu de Californie en Alaska pour y faire fortune en trouvant de l'or... Mais il est dépossédé par l'avocat véreux Smacknamara (James Finlayson). La vengeance de Canister sera terrible, et passera par une bagarre homérique, qui occupe les deux tiers d'une bobine...

Tout le film est bien sur construit pour amener la dite bagarre, d'où une impression de joyeux laisser-aller dans le reste: ainsi Mae Laurel a-t-elle été ajoutée dans le casting, pour jouer une traîtresse (Ben tiens) qui disparaît quasiment sans laisser de trace après avoir dit un truc du genre: "c'est lui, prenez-lui tout son argent"... Laurel avait la dent dure avec son épouse. Mais venons-en à a fameuse bagarre: le film de Hillyer en possède lui aussi une sévère, mais celle-ci est un tour de force, pour les acteurs comme pour l'équipe. Les deux acteurs ne ménagent pas leurs coups, et ne se sont pas fait doubler. Chaque détail compte, et Laurel et Ceder ont ajouté un détail perturbant pour nous autres, spectateurs du XXIe siècle: pendant que Laurel et Finlayson s'entre-tuent, un cow-boy efféminé entre et sort, totalement indifférent à ce qui se passe à ses pieds...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Laurel & Hardy Comédie
7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 07:54

Ceci est le premier film de Stan Laurel. De. Rappelons les faits, et attention c'est embrouillé: en 1923 Laurel a travaillé chez Hal Roach, et bien qu'ils ont fait ensemble un certain nombre de films de deux bobines qui prouvaient la confiance réelle entre Roach et son poulain, le résultat a été décevant: aucun moyen semble-t-il de donner à Laurel sa place, et de donner sa pleine mesure à son génie créatif... Après d'autres tentatives tout aussi infructueuses, Laurel est revenu chez Roach, pour y devenir metteur en scène: son ambition, en fait. Pour devenir metteur en scène chez Roach, rien de plus facile: il faut tourner! Et ne pas jouer, car le studio délimite soigneusement les rôles de ses employés...

C'est donc sur un argument de son complice James Parrott, et avec James Finlayson qui pouvait enfin tenter sa chance en vedette, que ce court métrage d'une bobine a été tourné. Il est différent des autres, ça oui, mais il est aussi assez mal fichu, parfois franchement bizarre... le ton en est résolument adulte: Finlayson y est un mari, soupçonné par son épouse d'écarts de conduite. Ce n'est pas peu dire: c'est un obsédé sexuel! Le stratagème employé est de faire appel à une agence de détective dont le principal limier est un champion du travestissement. 

Bref.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy
7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 07:42

Comme Roughest Africa, ce petit film au titre presque générique est une parodie, non d'un film précis a priori (je n'en reconnais aucun, mais le script en est tellement basique qu'il pourrait viser des dizaines de mélodrames de 1919-1920!), mais plutôt d'un genre: Laurel y est un paysan Russe, amoureux d'une jeune et jolie voisine (Katherine Grant)... Mais l'odieux comte Pifflevitch (Pierre Couderc) a d'autres idées pour elle: il voudrait en faire une danseuse. Attirée par les lumières de la grande ville, la jeune imprudente se laisse faire. N'écoutant que son courage, le héros subtilise les vêtements du comte (L'uniforme et le monocle lui vont à ravir) et se rend à la cour pour récupérer sa fiancée. Il lui faudra déjouer les plans de l'odieux général Sappovitch (James Finlayson) et d'une intrigante princesse (Mae Laurel)...

Voilà, on pourrait tout aussi bien réaliser un film mélodramatique premier choix avec un tel argument! Notons que James Finlayson est pour Roach un complément indispensable à Laurel! Ce dernier a droit à une danse, ce qui est toujours un grand moment de loufoquerie, et Mae Laurel interprète la traîtresse: j'y vois la patte de Stan Laurel lui-même, si j'en crois la légende.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy
7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 07:31

Ce film inaugure une série de courts métrages en deux bobines qui sont clairement orientés vers la parodie à tout prix, et qui mettent en scène Laurel en héros improbable, le plus souvent opposé à James Finlayson. Dans Roughest Africa c'est un genre qui est parodié: le documentaire exotique, forcément riche en dangers de toutes sortes... 

Stanislaus Laurellus est donc le professeur en charge de l'expédition, parti d'Hollywood pour effectuer une reconnaissance de l'Afrique après le dangereux désert Volstead (Le Volstead Act étant la loi qui impose la prohibition aux Etats-Unis, on comprend pourquoi c'est un désert). Son caméraman/fidèle compagnon est l'infortuné Finlayson. Les figurants et acteurs de compléments (Dont George Rowe qu'on ne peut que reconnaître d'un coup d'oeil) sont grimés en "sauvages", avec blackface et guêtres, les animaux n'en demandaient pas tant, et on va le dire une bonne fois pour toutes...

C'est complètement, désespérément idiot.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Laurel & Hardy
4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 16:32

Continuant d'explorer les métiers les plus divers, George Jeske dirige une fois de plus Stan Laurel dans un film ou il travaille. Il est cette fois employé dans un verger Californien, à cueillir et trier des oranges. D'où le titre... le film concentre beaucoup d'agressivité, c'est une constante du reste, dans ses 12 minutes, ainsi qu'un certaine ingéniosité de bricolo du dimanche: on fait fonctionner une trieuse à partir du pédalier d'un vélo!

Et le final de ce film a au moins le mérite d'utiliser un instrument qui est propice à rendre les poursuites intéressantes: c'est un tapis roulant. Pour le reste, on voit l'équipe habituelle autour de la "star" Laurel: Pas de Finlayson à l'horizon, mais Katherine Grant est là, ainsi que le petit George Rowe, avec son énorme moustache de traviole et son strabisme compliqué. Pour finir, mais cela va sans dire, aucun rapport même lointain entre ce film et l'album du même nom, concocté en Californie lui aussi par le groupe XTC, en 1989.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Hal Roach Laurel & Hardy
4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 08:48

Pembroke est un metteur en scène, dont le prénom variait entre Scott et Percy, et qui va suivre Laurel: je veux dire par là qu'on ne le retrouvera durant trois années, non seulement chez Roach, mais aussi chez Universal lorsque Laurel y tournera une douzaine de courts métrages... un signe probable de bonne entente entre les deux hommes, et ce film, s'il reste mineur (Une fois de plus le format d'une bobine ne permet pas à Laurel de bien y développer son style), montre Laurel en terrain de confiance:

Il y interprète un représentant qui fait du porte à porte, et tente de placer une infâme camelote: un sirop qui peut tout, ou rien selon les options. Et personne n'en veut ou alors personne ne veut payer pour le consommer... Les gags se suivent et ne se ressemblent pas, mais le personnage, son acharnement et sa frustration restent. On notera entre autres un gag furieusement politiquement incorrect sur les malentendants, à nouveau un gag dans lequel un personnage est confronté à quatre portes identiques, il y en avait déjà eu des variations dans The egg et The noon whistle...

Mais le plus frustrant dans ce film reste la résolution d'une scène qui est, avant l'heure, du Laurel et Hardy dans sa forme la plus classique: pour placer son produit, Laurel accepte de nettoyer de fond en comble un tacot qui appartient à l'irascible Noah Young. C'est la voiture la plus sale de tout l'Ouest, il va donc falloir plusieurs flacons... Mais à la fin, le client estime que la voiture a rétréci, et refuse de payer. Pour se venger, Laurel commence à a couvrir de farine... Et la scène s'arrête: nul doute que cinq années plus tard, l'entreprise de re-salissure aurait occupé beaucoup plus d'espace dans le film...

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy
30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 11:37

Je n'ai pas vu le film Under two flags, de Tod Browning. Ce grand succès de 1922 est bien sûr la source de ce court métrage parodique, un domaine dans lequel Laurel a beaucoup donné à cette époque, quelle que soit la compagnie: ici, c'est chez Roach, mais il l'a aussi fait pour Amalgamated/Metro, et pour Joe Rock/Universal deux ans plus tard.

Privé du sel de la comparaison, je ne peux que constater: dans un premier temps, Laurel imite un peu l'atmosphère du film dramatique qu'il parodie, tel qu'on peut en juger à partir de photos. Par exemple, une photo publicitaire de Under two flags qui circule beaucoup montre Priscilla Dean danser pour des militaires dans une taverne, elle-même portant un uniforme. C'est Mae Laurel qui joue ici le rôle, avec un manque absolu de subtilité... Sinon, il y a un petit rôle pour Katherine Grant, en "princesse"... Et le film se conclut sur cinq minutes de comique troupier.

Sinon, "jag", serait une crise. Par exemple une crise de colère ou une crise de rire. Ce film n'en déclenche hélas pas beaucoup.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy
30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 11:30

Toujours chez Hal Roach, Laurel tourne à nouveau avec George Jeske, un film souvent drôle, mais un peu vain. En cause: une non-intrigue qui vire un peu trop vite à la course-poursuite sans queue ni tête. J'ai déjà avancé l'hypothèse que Laurel avait besoin d'un personnage qui avait besoin lui-même d'une motivation, qui devait impérativement être liée à un environnement palpable: aucun de ces trois ingrédients ne fonctionnent ici.

Laurel est un nettoyeur de rue, un "white wing" (Un métier lié à la période, qu'exerceront d'ailleurs dans leurs films aussi bien Keaton, que Langdon, que Chaplin). Le film se sert de ce prétexte pour le voir en bisbille avec la loi, et poursuivi tout le film durant par un policier corpulent, qui n'est pas Hardy, mais Marvin Loback. Sans que ça s'explique vraiment, la deuxième partie voit le comédien devenu dentiste ambulant, aux prises avec plusieurs clients, dont James Finlayson et une mamie un peu nymphomane sur les bords.

Bref.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Laurel & Hardy