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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 21:02

Jimmie Cooper (Ralph Graves) est un matamore, amateur de boxe, mais pas forcément avide de se battre. Mais son patron, apprenant qu'il est fan, lui demande de parler du noble art à sa fille... De fil en aiguille, Jimmie va se trouver embarqué dans un combat perdu d'avance...

La fin des années 20 montre une certaine mutation pour le studio de Sennett: car si Del Lord, Billy Bevan et d'autres continuaient à casser des voitures dans des comédies survoltées, il y avait aussi une production plus mesurée, notamment les films de Harry Langdon... Et ce type de film, sous la franche influence des courts métrages de Charley Chase selon toute vraisemblance.

Il y a beaucoup de Chase dans ce personnage un peu fort en gueule de grand escogriffe qui se dégonfle jusqu'à ce qu'il risque de perdre la face devant une jolie fille... Le match de boxe n'est pas franchement le plus intéressant des exercices du genre (et chacun sait qu'ils sont nombreux au cinéma), mais on appréciera le travail efficace du metteur en scène Lloyd Bacon, futur réalisateur économe à la Warner...

Deux mots pour finir: difficile de trouver des images pour ce film, la photo ci-dessus est une photo générique de Ralph Graves chez Sennett... Et sinon bien sûr, le titre est inspiré de He who gets slapped, de Victor Sjöström, paru l'année d'avant. Les inrigues n'ont pourtant rien à voir...

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Published by François Massarelli - dans Mack Sennett Muet Lloyd Bacon
2 novembre 2021 2 02 /11 /novembre /2021 17:00

Mary Stevens (Kay Francis) et Donald Andrews (Lyle Talbot) ont affronté ensemble la fac de médecine, et ils sortent diplômés en même temps, et ouvrent un cabinet au même moment, en compagnie d'une infirmière commune, Glenda (Farrell). Mais... Très vite il apparaît que si Donald a pris leur relation pour de l'amitié, ce n'est pas du tout le cas de Mary, qui doit s'effacer lorsque son petit ami fricote, puis se marie, avec la fille (Thelma Todd) d'un politicien. Ce qui va apporter beaucoup d'opportunités au jeune homme, et des ennuis avec la justice aussi. Après quelques temps, les deux médecins doivent se rendre à l'évidence: le mariage est un fiasco, ils s'aiment et tout irait pour le mieux si la machine politique de son beau-père acceptait de lâcher Don. Mary, qui est enceinte à l'insu de Don, décide de s'effacer et part pour l'Europe avec Glenda le temps que la situation s'éclaircisse.

A l'opposé d'un Curtiz, Lloyd Bacon utilise son étonnant talent de metteur en scène afin de faire faire des économies au studio. Il n'y a pas, chez lui, de grande envolées spectaculaires, juste une solide efficacité narrative, mais il arrive qu'il s'en dégage une certaine austérité. Par exemple, Bacon va à l'essentiel et ne s'encombre pas d'ambiguités inutiles, perdant parfois des occasions... Kay Francis doit affronter aussi souvent que possible une hostilité presque burlesque du monde entier (et de sa patientèle) à l'égard des femmes médecins, par exemple, jusqu'à ce qu'un jour, pouf! ça a disparu... Glenda ne semble exister que pour son travail, voire pour Mary, mis elle la soutient dans un constant abandon d'elle-même... Et si vous voulez mon avis, ce Don, il n'est pas du plus fiable... 

Mais c'est comme ça qu'il en va de ces petits films Warner dont le ton, le rythme et l'abattage des acteurs reste un plaisir constant... Y compris quand il est question comme ici, d'assumer un adultère et une grossesse hors extra-maritale, ou de confronter le public à la mort tragique d'un enfant, voire à la possibilité du suicide: oui, Kay Francis souffre dans le film. On est en droit de penser qu'elle en fait trop, je l'ai lu ici ou là... Pas pour moi.

 

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Published by François Massarelli - dans Lloyd Bacon Pre-code
31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 09:32

On réduit un peu souvent ce film à une réplique, en l'occurrence "Boys will be boys!", prononcée par Al Jolson, alors qu'il vient de voir deux hommes commencer à danser ensemble dans son club, le subtilement nommé Wonder bar. Al "Wonder" est donc une sorte de pré-Rick: Américain, il vit à Paris, et tient un night-club de luxe, essentiellement visité par des Américains, ce qui est une bonne chose, car on n'y parle manifestement pas un gramme de Français. L'intrigue principale est un pentagone amoureux: deux hommes, le patron Al Wonder et le chef d'orchestre-crooner (Dick Powell) aiment la même femme, la plantureuse Inez (Dolores Del Rio). Mais celle-ci est amoureuse de son partenaire (Ricardo Cortez), un goujat qui la trompe avec des bourgeoises auxquelles il donne des... leçons de danse. La dernière en date s'appelle Mme Renaud (Kay Francis). Durant une soirée typique au club, les rivalités vont culminer en coulisses, pendant que se succèdent les numéros mis en images par rien moins que Busby Berkeley...

Ce 'est pas un chef d'oeuvre: Lloyd Bacon a eu la chance d'être le maître d'oeuvre principal de deux autres films avec Berkeley, 42nd street et Footlight parade, mais autant ces deux-là étaient fantastique, autant Wonder bar déçoit par son côté poussif et téléphoné, et le manque de numéros musicaux d'intérêt. Par moments, on n'est pas très éloigné d'un Hollywood party avec ses numéros de stars enchaînés sans génie, alors qu'on serait en droit d'attendre un Grand hotel à la façon Warner... Et Al Jolson, après sept années au cinéma, n'a toujours pas un gramme de talent.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Musical Busby Berkeley Lloyd Bacon
30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 08:50

Le gangster Danny Kean (James Cagney) sort de prison, bien décidé à ne pas y retourner. Il a durant son séjour reçu une visite d'un rédacteur d'un magazine, et envisage de lui demander du travail. McLean (Ralph Bellamy), le rédacteur en question, n'est pas très chaud, mais une opportunité se présente: un pompier devenu fou après avoir trouvé dans les restes de sa maison incendiée les cadavres de son épouse et de l'amant de celle-ci, s'est retranché à l'étage de son domicile et tire sur tout ce qui bouge; aucun reporter n'étant assez fou pour s'approcher, on a besoin d'un type assez gonflé pour tenter l'affaire... C'est ce qui va rapporter à Danny un engagement en bonne et due forme, et il va devenir photographe pour la presse à scandale...

Ce film a presque tout ce qui fait le bonheur d'un spectateur des films pre-code de la Warner: un rythme enlevé, des situations qui évoluent en permanence entre comédie, faits de société, situations limites et drame contemporain, des dialogues à la mitraillette, et des personnages: Kean, bien sur, est une nouvelle variation sur le mythe Cagney, un homme dur, aux scrupules pas toujours conformes aux désirs de la bonne société, mais avec une éthique fondamentale indéniable... Et comme le film est essentiellement une comédie, il s'en sortira! A côté de lui, Ralph Bellamy interprète avec la bonhomie qui le caractérise un homme qui n'a jamais été du mauvais côté de la loi, contrairement à son collègue, mais qui est brisé par les abus (Alcool, un métier qu'il juge foncièrement immoral, et une petite amie interprétée par Alice White qui nécessite un mode d'emploi particulier...).

Le script permet ici de trouver une échappatoire au mythe des films de gangsters (La grande préoccupation dans le studio, après la belle envolée des débuts de la décennie, chaque film ressemblait à une déclaration d'intention de sortir des clichés...) en reportant l'énergie de Cagney sur le monde de la presse, et le fait qu'il travaille pour un tabloïd permet au moins de maintenir l'imagerie canaille du personnage! S'il faut trouver des défauts, disons qu'on a du mal à croire qu'il délaisse Alice White (C'est sa collègue du journal, et sans être nymphomane, disons qu'elle a du tempérament...) pour Patricia Ellis, qui joue non seulement une étudiante et le genre de femme qu'on épouse, mais surtout elle est fille de flic... Quant à Lloyd Bacon, s'il n'est ni Dieterle, ni Curtiz, ni Wellman, au moins on sait à quel point il connait son métier. Il effectue ici un excellent travail, dans le rythme, la direction d'acteurs au métronome et un don pour l'économie: là ou Curtiz alourdissait le budget, il semble que Bacon n'ait pas son pareil pour l'alléger intelligemment.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Lloyd Bacon
15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 16:56

Il y a trois films en un dans le superbe 42nd street, qui est au passage le premier musical de la Warner dont on a confié les scènes de spectacle à Berkeley: d'abord un film "de spectacle", qui déroule l'argument numéro un de tant de comédies musicales de toutes les époques; on prépare un show, et il est vu sous les angles combinés des répétitions, de la vie des protagonistes, les obscurs et les sans-grade comme les vedettes, dans les joies comme dans les galères. Le personnage qui sert de fil rouge est le metteur en scène/producteur Julian Marsh, interprété par Warner Baxter. Lorsque le film commence, il est au bout du rouleau et a besoin d'argent. Ensuite, il est tyrannique, mais juste, dur mais efficace durant tout le film, et on a l'impression qu'il est sur les genoux... Autour de lui, on assiste aux ballets des chorus girls Ruby Keeler, Ginger Rogers, Una Merkel, des vedettes Bebe Daniels et Dick Powell, ainsi qu'à des histoires impliquant tout un panel de personnages typiques du cinéma de l'époque: un quasi-gigolo (George Brent), un millionnaire-mécène (Guy Kibbee), des hommes de spectacle de toutes obédiences (Ned Sparks, Allen Jenkins)... L'argument a tellement été utilisé, qu'on croirait s'en lasser, mais il n'y arien à faire, la direction d'acteurs nerveuse, le ton résolument à cheval entre un certain réalisme et la comédie, font merveille.

Ensuite, c'est une impressionnante métaphore qu'il nous est donné de voir, d'une Amérique à la recherche d'un certain volontarisme, et dans laquelle un spectacle se crée grâce à tous ceux qui se retroussent les manches. Cette Amérique ne se sortira de la crise que par un effort commun, et Julian Marsh est l'incarnation de cette nécessité. Il est malade, le sait très bien, mais ne peut vivre qu'en accomplissant son art. Et il ne peut absolument pas le faire à moitié. La société qui nous est présentée, symbolisée par la compagnie de Marsh, est égalitaire: lorsque Dorothy (Bebe Daniels) ne peut assurer son rôle, elle est immédiatement remplacée par une novice (Ruby Keeler) qui va porter le show sur ses épaules... grâce à l'effort de chacun. Et lors du finale, le portrait de l'amérique passe par une représentation de la vie urbaine (Un numéro intitulé, justement, 42nd Street), un véritable portrait d'une Amérique qui bouge, faite d'une multitude d'êtres humains de toutes tailles, de toutes origines, lâchés dans une rue reconstruite pour le théâtre. Chacun y jour un rôle, mais la cohésion y est parfaite... un message à peine voilé, qui sera relayé dans les films suivants de la compagnie qui avait pris le train Rooseveltien en marche, mais ne pas le quitter avant longtemps.

Enfin, le plus célébré sans doute des aspects de ce film, 42nd street est typique de cette vague de films WB co-réalisés par Berkeley, dans lesquels la dernière demi-heure laisse la créativité exploser dans tous les coins, en dynamitant les limites du théâtre filmé: si le premier des trois numéros présentés nous est brièvement présenté dans le cadre d'une représentation théâtrale, les deux suivants sont impossibles à réaliser sur scène, et Berkeley, aidé de ses compagnies de chorus girls (Qu'on reconnait d'ailleurs d'un film à l'autre), s'amuse avec la chorégraphie et la géométrie, dans un jeu permanent sur le point de vue et la forme. Et bien sur, le numéro 42nd street est fait de longs plans virtuoses, et possède tellement de figurants, et un tel décor, qu'il est infaisable! Mais c'est un tel bonheur... Le public ne s'y est pas trompé, et le metteur en scène-chorégraphe a mis de la cohérence dans son projet, obtenant la même cohésion pour ses séquences que celle demandée par marsh à sa petite troupe indisciplinée...

Première pierre d'un cinéma Rooseveltien, première oeuvre majeure d'un cinéaste important (Je ne parle pas de Bacon), premier chef d'oeuvre de la comédie musicale qui sortait enfin des carcans médiocres imposés depuis The singing Fool (De... Lloyd Bacon), première pierre donc d'un chemin qui mène à Singing in the rain, excusez du peu... 42nd street est un peu tout ça, en plus d'un spectacle totalement satisfaisant: bref, un film majeur et significatif.

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Published by François Massarelli - dans Comédie musicale Pre-code Busby Berkeley Lloyd Bacon
12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 10:28

Des numéros musicaux, justifiés par une intrigue située dans le milieu du spectacle, des femmes filmées sous tous les angles, des hordes de danseurs et danseuses amoureusement tricotés les uns aux autres, et des sujets de ballets qui sont tous plus fripons les uns que les autres, le tout sous la bienveillante surveillance du président Roosevelt... Oui, ceci est bien une comédie musicale pré-Code de Warner avec Busby Berkeley à la réalisation des séquences chorégraphiées... Certes, officiellement, le film n'est que de Lloyd Bacon, mais comment tiendrait-il debout sans l'incroyable invention de Berkeley? Comme avant lui 42nd Street, et Gold diggers of 1933, ce film est entièrement dévolu à la création par Bacon des conditions qui vont permettre à Berkeley de dégainer ses incroyables numéros...

Dans ce film, qui retourne à l'inévitable intrigue urgente de 42nd street (Lancer un show dans des conditions difficiles, comme si sa vie en dépendait), nous avons une compagnie dont le gagne-pain est de réaliser des prologues dansés pour les cinéma des grands boulevards, mais dopée par la concurrence avec un autre studio. L'énergie déployée par les artistes est phénoménale, et le résultat doit être à la hauteur... Il le sera, aucun doute là-dessus. Mais la supériorité de ce film sur les autres tient à une alchimie particulière... qui tient en deux mots: James Cagney. Parce que tout le reste de l'équipe est bien là, mais ce film est le seul des films musicaux de ces années glorieuses dans lequel l'acteur joue, et imprime son style (En concurrence avec Joan Blondell, qui est comme d'habitude parfaite...). et Footlight parade tient aussi sur un petit suspense: Cagney dansera-t-il?

 

...Oui, il dansera, et c'est l'un des ingrédients qui donnent force et cohésion au film: le rythme est soutenu, mais entièrement basé sur la montée de l'adrénaline tant pour les artistes que pour les spectateurs. Mais la façon dont le personnage de Cagney s'implique lui permet de s'insérer dans un numéro, et de l'habiter sans jamais démériter. Oh, bien sur, il ne chante pas bien, mais sa partenaire Ruby Keeler, qui avait toujours deux ou trois chansons pour elle dans ses films, est pire. Mais l'intrusion de Cagney dans les ballets est ce qui permet au film de lier les deux styles sans couture apparente.

 

Et puis il y a les numéros, qui à part pour l'un d'entre eux, d'ailleurs le plus faible, sont enchaînés dans les 37 dernières minutes. Que du bonheur, avec les épices secrètes: corps féminins alanguis, rassemblés dans l'eau pour dessiner d'improbables corolles, puis montés les uns à coté des autres dans une fontaine humaine (By a waterfall). Les situations graveleuses de The Honeymoon Hotel sont suivies d'un final patriotique un peu fripon dans lequel les marins américains trouvent le repos du guerrier dans une fumerie d'opium... C'est incroyable, filmé au plus près des corps, avec d'impossibles costumes et tellement de sous-entendus qu'on en remplirait un dictionnaire... 104 minutes à l'écart du monde.

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Published by Allen john - dans Pre-code Musical Busby Berkeley Lloyd Bacon
13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:17

Un film absolument passionnant, typique de la production Warner des années 30, et qui semble accomplir l'impossible: réunir le savoir-faire maison acquis au terme d'une longue et riche décennie d'une part, et la verve grinçante des films de l'époque 1930-1934, dont on sait qu'elle a pris fin lorsque le Breen office a réussi à obtenir des studios Hollywoodiens qu'ils cessent la course toujours plus folle vers les sujets osés, la représentation des turpitudes et toutes ces sortes de choses. En d'autres termes, Marked woman réussit à parler de choses dont on ne peut pas parler, et à montrer ce qu'on ne peut pas montrer, le fait en construisant un suspense formidable, avec des personnages qu'on ne peut vouloir que suivre. Et il est du à Lloyd Bacon, un cinéaste pouyrtant mal aimé, et souvent accusé à tort de n'être qu'un tâcheron. Et d'une façon presqu'officielle, il est aussi un peu l'oeuvre d'un autre cinéaste, souvent appelé à cette époque pour donner un peu plus de punch  aux films des autres: Michael Curtiz. C'est désormais un fait acquis, et on retrouve occasionnellement sa patte, mais je ne vais pas tomber dans le travers qui consisterait à lui atribuer tout le succès du film: Lloyd Bacon a fait un travail formidable, et on lui dout en particulier la formidable caractérisation des jeunes femmes, Bette davis et Isabel jewell en tête, qui sont exceptionnelles.

 

Joe Vanning, un mafioso inculte ( -"Club intime"?  Qu'est-ceque ça veut dire?

-Ca patron, ça veut dire "intimate".

-Parle Anglais, je ne te comprends pas!

-Intimate, ça veut dire être ensemble.

-Changez le nom, si ça veut dire "intimate", il faut que ça s'appelle "Club Intimate".), prend les rênes d'un club de rendez-vous, dans lequel des jeunes femmes ont pour fonction de pousser les clients non accompagnés à consommer. Mary (Bette Davis) sait qu'elles sont entre les mains d'un malfrat qui n'hésitera pas à les supprimer si le besoin s'en fait sentir, et est très inquiète, d'autant qu'elle fait ce métier afin de payer l'université à sa soeur Betty, qui ignore tout de ses activités. Mais lorsqu'un client qui payait par chèque disparait au terme d'une soirée passée avec elle, ellle est immédiatement soupçonnée par l'énergique assistant du procureur, interprété par Humphrey Bogart dans un rôle rare à cette époque de "Good guy"... Il lui va falloir témoigner, en sachant la menace qui pèse sur elle...

 

La prostitution, déguisée en un business de dames de compagnie, voilà bien sur le sujet dont il est question... ou pas. Bien sur, les 5 jeunes femmes qui travaillent dans le Club "Intimate" se plaignent de leur sort, et sont soumises à la loi du milieu, mais les allusions sont nombreuses, notamment les ellipses, qui nous permettent d'extrapoler sur le véritable emploi du temps des héroïnes. leur façon aussi de parler de leur sort, voire de le dissimuler, telle Mary qui ne révèle à Betty la nature de son travail lors d'un procès...

Le ton volontiers plus policé des films dans les années qui suivent le pré-code ne s'applique pas autant à la Warner qu'à la MGM, et ce film en est un bon exemple. Le montage suit bien sur la dictyion mityraillette des acteurs, Bogart en tête, et l'ascension de l'adrénaline culmine avec violence (Bette Davis se fait passer à tabac hors Champ!! Elle a une scène, déguisée en momie sur un lit d'hôpital!!) dans une scène de procès qui est un modèle du genre.... La façon dont la caméra filme alors que les 5 jeunes femmes sortent de leur lieu de travail leurs jambes, marchant d'un pas décidé sur le trottoir, aporte bien sur une rime lexicale au soupçon de prostitution: on appelle les prostituées,  entre autre, des "Street walkers", après tout. Enfin, l'apport de Curtiz se ressent essentiellement dans certains plans typiquement coûteux, comme un beau plan du night-club, qui part d'ue femme en train de chanter sur scène, et s'éloigne jusqu'à cadrer tout l'établissement, avec ses nombreux figurants, mais aussi les acteurs de la scène qu'on voit distinctement s'installer à leur table. Sinon, la fin porte sa marque, avec son impression de happy ending dans ce qui nous est raconté, et l'impression contraire par ce qui nous est montré: le cinéaste à l'oeuvre fait tout, et réussit d'ailleurs, pour contredire la promesse de Bogart qui dit à Davis 'tout va aller bien maintenant, je suis là', en particulier lorsque les jeunes femmes s'enfoncent dans la nuit... Des scènes du procès ont été également assurées par Curtiz, et deux ou trois séquences, bien nerveuses. Mais de toutes façons, on ne va pas couper le film en petits bouts: voyez-le!!

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Published by François Massarelli - dans Lloyd Bacon