Un chien qui lit un livre décide de s'en inspirer: comme le livre en question délivre des leçons de chasse au gopher (petit mammifère fouisseur proche de la marmotte), il va donc tenter sa chance auprès des deux spécimens qui se trouvent parfois embarqués à délivrer leurs conversations pleines de politesse un brin forcée dans les Looney tunes.
Le chien, qui est paraît-il inspiré de John Barrymore, et donc il en fait des tonnes, s'exprime dans un anglais vieillot (il truffe sa conversation de "Egad" et de rires diaboliques forcés)... Mais la bestiole s'est attaquée à dexu êtres volontiers diaboliques eux aussi, et la lutte sera inégale. Il y a un peu du systématisme maladif des aventures du Coyote, dans ce petit film, dont l'animation repose sur des dessins pas toujours adéquats de Davis.
A Londres, le Dr Watkins (Porky Pig) nous narre les aventures de Dorlock Homes (Daffy Duck), sur la piste du dangereux Shropshire Slasher (l'égorgeur du Shropshire)...
C'et vrai que Chuck Jones, auteur de la série de dessins animés la plus systématique de toute l'histoire des images qui bougent (Wile E. Coyote, bien sûr), n'était pas un ennemi de la redondance... Lassé des personnages de Daffy Duck et de Porky Pig, il les a lancés dans une série de parodies, où systématiquement, le calme et l'efficacité de Porky, pourtant considéré comme le faire-valoir, étaient évidentes face à la médiocrité du héros Daffy... En Sherlock Holmes, ce dernier est une caricature de bon aloi, mais le plaisir àprendre dans ce film est plutôt dans les trognes des figurants, et dans le dialogue qui est truffé de lexique surranné Anglais, que dans les gags répétitifs d'un canard qui ne ressemble plus qu'à l'ombre (bavarde et râleuse) de lui-même.
Venu peindre de beaux paysages, Porky Pig est dérangé par Daffy Duck, qui s'est fixé comme seule mission de l'importuner à l'extrème... Ce qu'il fait dans le désordre absolu, avec un sens de l'improvisation qui laisse pantois...
C'est curieux comme McKimson, qui allait devenir le plus ennuyeux des metteurs en scène de dessins animés de la Warner, avait à coeur à ses débuts dans la "supervision", comme on disait chez Leon Schlesinger, de respecter le personnage de Daffy Duck tel qu'il avait été créé par Tex Avery et Bob Clampett. Bien qu'ici il ait trouvé son maitre: à chaque tentative du canard d'embrouiller son antagoniste, celui-ci répond du tac au tac, notamment en sortant de permis tous plus absurdes les uns que les autres...C'est loufoque et fortement plaisant.
Qu'il me soit une fois de plus permis de rappeller à tous les esprits échauffés par le titre de ce film, qu'à cette époque lointaine, le terme Boob n'était pas encore largement utilisé pour désigner les glandes mammaires. Ce film de la série des Looney Tunes n'est donc pas une invitation à une partie fine dans les bois en compagnie de jeunes nymphes dans le plus simple appareil.
Sylvester est un chat qui meurt de faim... Il n'est pas le seul: il doit partager la nourriture glanée dans les poubelles avec unchatin très entreprenant. Quand Elmer recueille Sylvester, il va bientôt aussi trouver le chaton... La lutte entre les deux animaux est cruelle, puisque Elmer leur fait comprendre qu'il ne pourra en conserver qu'un seul...
Le film commence comme une compétition ultra-conflictuelle entre les deux chats, sur un mode que Freleng affectionnait: donner le principal point de vue comme étant celui de Sylvester, et le montrer aux prises avec un ennemi de petite taille, mais particulièrement retors! On comprend d'où viendra bientôt sa réappropriation du personnage de Tweety qui avait été créé par Bob Clampett...
Mais dans la dernière partie, on retrouve une situation proche de celle de Rock-a-bye bear, de tex Avery, ainsi que du film Quiet please (de Hanna et Barbera, avec Tom & Jerry): Elmer va se coucher et souhaite ne pas être dérangé, les deux animaux vont donc tout faire pour que l'autre se fasse prendre à faire du bruit!
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas le premier film ui mette en scène la "souris la plus rapide de tout le Mexique". Mais c'est un film qui le définit plutôt pas mal, à travers une situation très classique:
Des souris qui meurent de faim tentent de s'introduire dans une fromagerie industrielle, pour y trouver de quoi manger, mais le chat Sylvester garde l'entrée, et c'est un tueur: en témoignent des sombreros qui sont accumulés à deux pas de l'établissement, dans une séquence un rien noire! Une seule solution pour les rongeurs, faire appel à leur seul héros...
Comme d'habitude, le véritable personnage principal de ce film n'est pas la souris, mais bien le chat, qui va pour la première fois être mis en défaut, et faire l'erreur fatale: s'acharner...
Ce film est un "one-shot", soit un court métrage sans personnage récurrent. Friz Freleng en avait réalisé beaucoup dans les années 30 mais il en est revenu pour se consacrer à Bugs Bunny, Daffy Duck Speedy Gonzales, et Tweety et Sylvester; Chuck Jones en a toujours réalisé un bon nombre en plus de ses séries (Pepe le Pew, Wile E. Coyote, Pussyfoot et Marc Anthony) et aux personnages emblématiques. Mais McKimson a très peu sacrifié à cette méthode, préférant les personnages établis...
On fait la connaissance d'un insecte très américain: le "Gambling bug", qui est une métaphore, une bestiole qui mord les protagonistes pour leur donner l'envie de jouer de l'argent. Il s'acharne sur un chat, qui perd de façon répétée contre un chien...
La bestiole n'est pas la seule à s'acharner, puisque McKimson utilise à plusieurs reprises les mêmes cellos, et le film devient particulièrement répétitif... C'est une idée originale, mais qui débouche surtout sur un résultat inégal.... Et un brin sadique!
A la fin des années 60, les Looney Tunes sont devenus une série sinistre de dessins animés, grévés par des budgets dérisoires, la concurrence de la télévision, et un goût du public devenu douteux à firce d'avaler des sous-produits télévisuels... Freleng est parti, Jones, est parti. Non qu'ils aient fait un travail très intéressant, mais le seul rescapé de l'époque classique, Bob McKimson, faisait déjà des mauvais cartoons dans les années 50.
Lovy? C'est pire: un ancien animateur chez Walter Lantz, un ancien de chez hanna Barbera à la télévision, il montre bien le peu d'ambition de ce qui fut l'unité majeure de la Warner: faire des dessin animés à moindre coût, en espérant plus les refourguer à la télévision que dans les salles. Ce film idiot, moche, mal fichu et sans rythme, à l'intrigue indigente (je ne vais pas me fatiguer à vous la détailler)
Parmi les expériences désastreuses et même parfois gênantes des années 60, les équipes des Looney Tunes ont parfois tenté des appariments inédits. Ce film tente de concilier l'univers de Speedy Gonzales, celui de Tweety (à travers le personnage de Granny) et le personnage de Daffy Duck...
Dans la maison de Granny, Sylvester s'épuise à courir après Speedy Gonzales... Il est au bord du burn-out, alors il faut faire appel à des spécialistes, qui envoient Daffy Duck...
C'était une assez bonne idée, mais qui vient quinze années trop tard: autant les personnages de Sppedy et surtout Sylvester (le plan qui le montre en dépression nerveuse est d'une grande efficacité, sans parler de la cruauté) restent assez fidèles à leur image, autant Daffy n'est plus que l'ombre de l'ombre de lui-même! un personnage gâché par des années de médiocrité...
Les années 60 ont vu les Looney Tunes décliner de façon spectaculaire: baisse de budgets, scénario indigents, animation bâclée... Je ne vais pas blâmer ce pauvre Bob McKimson: les films de Chuck Jones étaient quasiment aussi pauvres...
McKimson a plusieurs fois tenté une parodie d'une série radiophonique très populaire, The Honeymooners, dont il a détourné les personnages en les remplaçant par des souris: The Honeymousers... Celui-ci est une série de conversations entre souris autour d'un chat. C'est nul, laid, mal fichu, sans rythme et totalement oubliable...
Dans les montagnes "Sloboviennes", Sylvester est un chat dédié à sa mission de chasser les souris... Il s'attaque donc à un petit rongeur qui va lui poser des problèmes nombreux...
Ca sonne, a priori, comme une situation très classique, mais d'une part le film ne débouchera pas sur une franchise spécifique, contrairement aux aventures de Sylvester contre Tweety, ou contre Speedy Gonzales. Et l'idée d'enrober ce court métrage d'une fausse identité de conte (avec des gags liés au folklore slave) est un excellent début.
D'autre part les gags sont excellents, et dotés du timing légendaire dont Freleng savait faire preuve, aussi bien en matière d'utilisation de la musique, qu'en matière d'explration des personnages dans toutes leurs possibilités. Moins réactifs que les créatures de Chuck Jones, les animaux de Freleng n'en sont pas moins expressifs...