Le coyote tente de chasser l'oiseau, et ça ne marche pas... comment voulez-vous décrire un tel film quand on a vu tous les courts métrages de la série, et qu'aucun d'entre eux ne diffère dans ses intentions?
Le film est plaisant, mais on y sent l'évolution évidente dans deux sens bien affirmés: d'un côté, la stylisation de plus en plus poussée des décors, de l'autre l'animation de plus en plus schématique.
Pour le reste... C'est une définition de la routine affirmée! On notera l'apparition de gags à ramifications multiples, qui cassent légèrement l'impression (revendiquée et soulignée en rouge) de redite...
Avant qu'il ne ralentisse considérablement le tempo, et qu'il n'affadisse son univers, Chuck Jones a été un réalisateur parfait pour Daffy Duck, qu'il ne dirigeait pourtant qu'avec parcimonie... Ici, on retrouve Daffy et Porky en protagoniste du XVIIe siècle, autour de l'hypothèse d'un repas de dinde...
Porky pourchasse une dinde, mais daffy aide cette dernière à se cacher, jusqu'à ce qu'il entrevoie les possibilités gourmandes d'un retournement de veste. Mais la dinde n'est pas prête à se laisser faire...
Je réalise à quel point il est impossible de vraiment résumer ce film: certes, l'intrigue est bien là, mais... Le style, délirant et plastiquement constamment inventif, ne peut se laisser décrire. On est face à des prouesses d'animation qui rappellent les moments les plus extrèmes des dessins animés Warner, ceux de Tex Avery bien sûr, de Bob Clampett, et rendons-lui justice, des fameux Dover Boys de Chuck Jones.
Comme s'il avait l'intention d'étendre l'univers simili-Mexicain de Speedy Gonzales, Friz Freleng met en scène deux corbeaux qui se livrent à l'indolence, et en même temps à un sport très répandu dans les films qui s'évertuent à nous faire rire, qu'ils soient en prises de vues réelles ou qu'ils soient animés: mourir de faim...
Deux corbeaux, donc, sont sur un arbre à ne rien faire d'autre que de chanter en harmonie, quand l'un d'entre eux avise une sauterelle... Ils vont tout faire pour attraper la bestiole, qui j'en ai peur, est trop forte pour eux...
Bonne surprise qu'un duo qui n'a pas fait long feu, si ce n'est qu'on les verra dans un autre film (Crow's feat, 1962), et qu'ils seront réinventés en chats dans Mexicali Schmoes (1959)... ca permet d'éviter le sentiment insistant de déjà vu! Ici, la lutte inégale est proportionnelle à la bêtise des deux principaux protagonistes...
C'est l'hiver... Une vieille dame qui passe les vacances en montagne apprend avant de rentrer à son chalet, que les routes sont barrées: elle s'inquiète pour ses deux animaux de compagnie, qui n'ont rien à manger... De leur côté, le chat (Sylvester) et le canari (Tweety Bird) sont pacifiquement installés, mais le chat se rend compte qu'il convoite l'oiseau... Pour couronner le tout, un autre animal a faim: une souris rendue folle par la famine et qui s'employer à tenter de manger... le chat.
Comme toujours dans un dessin animé, la faim est un excellent moyen de commencer une intrigue! Ce qui aurait pu n'être qu'un film très moyen, avec deux animaux affamés dont un prêt à manger l'autre, devient un conte noir et sordide avec deux actions en parallèle, manger... ou être mangé!
Red riding hood, c'est Le petit chaperon rouge. Ici, le nom est changé pour introduire un intraduisible jeu de mots, un de plus... Ce n'est pas la première fois que chez Warner on s'amuse avec le conte.
A la base, le petit Chaperon Rouge se rend chez sa grand-mère (qui va sortir de l'histoire occasionnellement, même si elle aura le dernier mot), avec comme cadeau un canari (Tweety Bird). En chemin elle croise le loup, qui bien sûr connait l'intrigue, même s'il a parfois des soucis de mémoire... Mais on va aussi croiser un chat (Sylvester), ce qui va occasionner un double conte, avec deux intrigues similaires en parallèle...
Ce qui est une fort belle idée, mais la réalisation, avec le style de plus en plus économique de la Warner en ces années 50, laisse à désirer. Et ces dessins animés avec les deux personnages ont tendance à se répéter, quand même...
Un écureuil qui se promène sur une branche, dans un parc, s'avise qu'un magasin vient d'ouvrir, dont le nom est sans équivoque: Nuts. Il est évident que ce que vend l'enseigne, tout simplement, ce sont des noix, de tout ordre... Donc il s'aventure, et va découvrir, toujours de plus en plus grandes, merveille après merveille...
Non seulement The ice age ("L'age de glace" pour les réfractaires à l'anglais) c'est laid comme tout, mais en prime, le principal "atout" de ce film en images de synthèse, à savoir les aventures de l'écureuilmouth Scrat, fut pompé sans vergogne sur ce film: une merveille, lui, d'abord d'animation, de la vraie, et de design. C'est Chuck Jones à son meilleur, avec un crescendo déraisonnable, l'histoire d'un gentil écureuil qui, face à la frustration (il s'attaque à une noix de coco), va devenir un monomaniaque dangereux, à la façon du premier coyote venu...
Chuck Jones démontre ici quelle était sa méthode à l'époque "classique"; partir de Disney effectivement, puis en douceur pervertir et miner son intrigue, en basant toute la narration sur les réactions d'un animal. C'est la même chose, peu ou prou, avec les aventures de Marc Anthony (le chien qui a adopté le petit chat Pussyfoot, une merveille aussi), ou avec les mésaventures du chat Claude...
Dans la collection erratique et peu glorieuse des films de McKimson avec le coq Foghorn Leghorn, certains films ressortent, principalement par leur casting; c'est le cas de celui-ci, qui introduit le personnage de Egghead, Jr: un poussin surdoué confié à la sagacité douteuse et la sagesse frelatée du grand coq.
Le point de départ c'est que Foghorn pense qu'il a besoin d'amour, et vient courtiser une poule, une jeune veuve; pour lui plaire, il accpte de s'occuper de son petit, qui n'a pas les mêmes conceptions que lui... Le personnage du petit, d'ailleurs réduit à l'essentiel, est formidable justemnt parce que (sans jeu de mots) c'est quasiment une coquille vide, un personnage dont on peut faire ce qu'on veut...
Bref, vous avez compris... C'est un bon film de transition, construit de façon rigoureuse comme tous les autres films ou presque, avec les appellations latines habituelles en générique, et un ensemble de tentatives ratées.
L'une d'entre elles mérite de rester dans l'histoire à cause de son improbabilité absolue: pour triompher de son oiseau tant convoité, le coyote a l'idée de commander un costume d'homme-chauve souris... vert.
Daffy Duck est un très mauvais vendeur à la sauvette de farces et attrapes... Mais il apprend un jour qu'un milliardaire souhaite, avant de passer l'arme à gauche, rire car il ne l'a pas fait depuis longtemps. Attiré par la prime, le canard se précipite, mais il aura un obstacle en la personne d'un majordome qui lui refuse d'entrer...
C'est un classique, et l'un des derniers films qui nous permettent de voir Daffy Duck en vrai canard crétin... Ce que Chuck Jones n'aimait pas trop, préférant souvent le doter d'une personnalité de râleur malchanceux. Ce film très réussi est un vrai bonheur, qui place le metteur en scène beaucoup plus que d'habitude dans l'ombre de Tex Avery...
George et Benny, deux chats errants, l'un très grand (Benny) et un peu idiot, l'autre plus petit et plus malin (George) sont sur un quai d'un port et cherchent de la nourriture. Avisant un bateau sous pavillon mexicain, ils décident de tenter leur chance (Benny dit qu'il adore la nourriture Mexicaine, justement)... Il y a bien une souris, mais... c'est Speedy Gonzales, la souris la plus rapide du Mexique.
La naissance d'un personnage tient à peu de choses... Il n'est que peu de héros qui aient été immédiatement reconnaissables et parfaits, aussi bien dans leur caractère, que leur esthétique. Les débuts de Daffy, de Bugs Bunny, voire d'Elmer (et que dire de Porky?) peuvent clairement en témoigner. Eh bien ceci est le début de Speedy Gonzales, que Freleng allait reprendre, et auquel il donnerait son allure désormais classique. En attendant...