Dans ce court métrage, la dynamique entre le chat (Sylvester) et l'oiseau (Tweety Bird) est tellement installée qu'on n'a besoin de Tweety que pour lancer l'intrigue! D'humeur enjouée, Sylvester aperçoit un cirque et décide d'y faire un tour. Car il adore le cirque... Mais parmi les animaux exposés il y a un canari et il adore encore plus les canaris!
Mais il y a surtout un lion, qui va dans ce court métrage incarner toutes les facettes de l'adversité. A un certain point, on finit par en oublier le principal enjeu, à savoir cet oiseau qui se comporte ici en tous points comme d'habitude: détaché, écervelé, vaguement ironique voire sadique.
A la fin, c'est en off que le chat succombera, sous l'ironie particulièrement noire soulignée par Tweety, mangé par une dizaine de lions et de tigres, carrément. Il n'empêche, le show et quasiment intégralement assuré par Sylvester...
L'abominable jeu de mots qui constitue le titre de ce film s'expliquera sans doute par le fait que le nom d'une race de chien remplace ici le mot terror, dans l'expression "Terror-stricken", soit pris de terreur...
C'est l'histoire d'un chien (Frisky) et d'un chat (Claude) qui cohabitent... Le chat, aspirant à la tranquillité, ne parviendra pas à la trouver car le chien est jeune et donc extrêmement agité... La tension monte pour le chat qui commence à imaginer des moyens de se débarrasser de l'animal, qui vont crescendo...
C'est extrêmement drôle: d'une part par la façon dont jones, qui n'utilise le dialogue que pour une courte séquence faisant intervenir la maîtresse des deux animaux, d'ailleurs invisible à l'écran, représente et fait vivre le caractère des deux animaux sous nos yeux. C'est formidablement observé, et servi par un timing extraordinaire...
Tweety est tranquillement occupé à prendre son bain, quand il repère qu'il est observé par des teux mal-intentionnés... Slvester, avec des jumelles, a vu l'oiseau. Il a aussi vu le bull-dog qui monte la garde... La partie sera rude.
...Et quasiment perdue d'avance pour le pauvre chat, décidément condamné à l'échec, ce que détaille ce film de très bonne qualité, sauf en ce qui concerne l'oiseau décidément profondément irritant. Notons que Sylvestre, s'il n'a pas recours contrairement à un coyote fort malchanceux à la firme Acme, bricole beaucoup dans ce film, ce qui devient d'ailleurs le fil rouge de l'intrigue...
A noter également, l'unique réplique drôle du canari, qui au lieu du sempiternel "I think I taw a puddy-tat", dit "I think I taw a peeping Tomcat", effectuant un jeu de mot entre Tomcat (matou) et Peeping Tom (voyeur)... Toujours beaucoup plus adulte qu'on ne croit...
Un jeune faucon, Hennery Hawk, souhaite assumer son héritage et manger du poulet... Mais le ver qu'on lui propose (et qui se passe volontiers de son destin) ne le satisfait vraiment pas... Il décide d'aller de lui-même à la conquête de ses proies dans un poulailler... Mais il est décidément bien trop petit.
Le personnage du faucon qui veut être plus grand que son âge trouvera une seconde carrière sous la patte de Bob McKimson en compagnie du coq Foghorn Leghorn, une proie désignée pour un obsédé de la viande de poulet... Mais en attendant il est ici le centre d'un court métrage réalisé par Chuck Jones, autour de son caractère qui n'est finalement contredit que par sa petite taille...
Le film est très réussi, mais il me semble quand même que c'est, sans que ce soit en rien officiel, un remake de l'intrigue de I'd love to take orders from you, de Tex Avery, sorti en 1936...
Trois écureuils entre enfance et adolescence jouent à Robin des Bois. Dès la distribution des rôles, le plus petit ne parviendra pas à s'imposer. Mais lors de leurs jeux, ils sont observés par un renard extrèmement futé qui va les attirer dans un piège en se faisant passer pour Lady Marian...
Pas de Robin des Bois ici, auquel Jones reviendra avec son fameux Rabbit Hood, avec Bugs Bunny, dans lequel il nous fait d'ailleurs patienter pour un Robin Hood qui n'arrive jamais! En lieu et place, donc, trois jeunes écureuils aux caractères bien différents. Les deux plus âgés briment le troisième qui ronge son frein, et le film lui offrira mieux qu'une vengeance, une affirmation de sa valeur...
C'est un excellent court métrage de la série Merrie Melodies, dans lequel Chuck Jones montre son exceptionnel talent pour construire un film sur des personnages forts et des émotions qui éclatent à l'écran, sans (du moins à cette époque) avoir recours à de trop envahissantes manies graphiques...
Une petite fille qui détruit tous ses jouets (mais alors avec application) a le bonheur de voir entrer chez elle un chat qui fuit les bas instincts d'un bull-dog... Le pauvre animal va vite regretter d'avoir été sauvé de la poursuite.
Dès qu'on veut chanter les louanges de Chuck Jones, Bob Clampett ou Tex Avery, il est de bon ton de balancer sur Freleng, et d'en faire une sorte de parangon de la mièvrerie. C'est dommage, car c'est complètement faux. Non seulement ses courts métrages avec Tweety et Sylvester sont des monuments de sadisme (cet abominable canari n'est pas le héros, enfin!!!), mais il a souvent mis des infortunés personnages aux prises avec l'horreur.
C'est le cas ici, et une fois de plus, on constate que pour incarner l'ignomonie humaine, Freleng a choisi une adorable petite fille à laquelle on donnerait, selon l'expression consacrée, le bon Dieu sans confession... Les gags liés au mauvais traitement de ce pauvre chat (qui cette fois n'est pas doté de la parole ce qui le rend encore plus sympathique) se succèdent à froid, et c'est un bonheur...
C'est le lancement de la chasse au renard... Des cavaiers s'élancent et leurs chiens sont prêts à les seconder, touts, sauf Willoughby: car ce gros balourd est d'une bêtise affligeante, ou réjouissante, selon l'optique. Car il est tellement bête ("Which way did they go, which way did they go?") que le renard va le faire tourner en bourrique pendant 9 minutes et 20 secondes...
Oui, vous avez bien lu, ce film est l'un des plus longs parmi les Merrie melodies et Looney tunes de l'époque. Il est vrai qu'Avery, quand il réalisait des films à intrigues comme celui-ci, pouvait à la Warner se donner les moyens, alars qu'en général la règle était de limiter le métrage en dessous de 8 minutes ( et même de 7 en allant vers les années 60)...
Et puis ce prototype qui inspirera de nouveau le réalisateur à l'époque de Droopy (Out-Foxed et son renard qui sirote constamment du thé) a visiblement plu à Avery, qui se repose ici sur la dynamique la plus réjouissante qui soit: un animal intelligent, rusé d'un côté, et un imbécile heureux de l'autre... C'est un trait commun au metteur en scène et à René Goscinny, cette faculté à créer un idiot parfait...
Daffy Duck est marié à une cane particulièrement virulente ("j'aurais du écouter ma mère"), qui lui impose de couver... Mais dans sa maladresse, il laisse rouler l'oeuf, qui va se nicher dans un autre nid, celui d'une famille d'alligators. Daffy récupère un oeuf de justesse, mais évidemment les reptiles ne sont pas d'accord...
C'est l'unique film réalisé par Davis entre A ham in a role (1949) pour Schlesinger et la Warner, et The pink package plot, pour DePatie et Freleng, avec la Panthère Rose... C'est peu de dire qu'il est décevant, mais au moment de sa sortie, en 1962, les dessins animés Américains ne sont définitivement plus de la même qualité: décors schématiques et au rabais, personnages dessinés à l'économie, et mes les scripts évitaient l'invention au profit du simplisme le plus absolu: la dynamique entre Daffy et son épouse est absolument révoltante, il n'y manque plus que la belle-mère irascible...
Le seul intérêt est que Davis a vraiment concentré son film sur les mésaventures de Daffy, de l'oeuf et d'un alligator... Cette simplicité permet d'enchainer quelques gags qui, à une autre époque, auraient sans doute été plus mis en valeur...
Ce cinquième film mettant le chien de berger Ralph au loup Sam (qui ressemble tellement à Wile E. Coyote que c'en est toujours assez perturbant) ressemble beaucoup aux autres: la même intrigue et la même structure, comme d'ailleurs la série consacrée au Coyote et au Roadrunner; les mêmes traditions d'ouverture et de conclusion, avec inévitablement le pointage des deux animaux... A noter qu'il y aura ensuite, après ce film, deux autres apparitions du duo.
La seule variation à proprement parler, dans cette série qui s'est prolongée de façon sporadique sur une dizaine d'années, tient dans l'esthétique globale: le trait de Chuck Jones s'est affadi, et la technique de son équipe s'est simplifiée. C'est le défaut palpable de tous les dessins animés des Looney Tunes de toute façon...
Attention, chef d'oeuvre! Alors que son style s'affirme et devient de plus en plus efficace (un mélange raffiné et parfait entre rondeur du trait et précision de l'expression, qui ne doit pas grand chose à Disney), Chuck Jones essaie tout ce qu'il veut essayer... Et ici, c'est un film sans une seule réplique!
...C'est aussi un solo absolu, puisque le personnage d'Elmer Fudd n'a aucun partenaire ici. L'hisoire est simple, Elmer veut se coucher, et s'il est difficile de se déshabiller en tenant un bougeoir avec une bougie allumée d'une main, c'est encore plus difficile de dormir quand la bougie refuse catégoriquement de s'éteindre...
Tout et ici est basé sur une logique palpable, et sur une situation bien définie, exploitée avec goût et invention... on pense à Chaplin seul "en scène" dans One A.M., si c n'est que le personnage ici est fatigué, mais pas en état avancé d'ébriété...