Dans une exploittion agricole de bonne taille, un chien particulièrement idiot est supposé surveiller les récoltes... mais deux géomydés (en Anglais, des "Gophers") ont décidé d'une part de tout manger, d'autre part que le chien ne se reposerait pas...
Le ilm a été commencé par Bob Clampett, mais ça ne se voit pas vraiment... A cette époque, les deux animateurs Arthur Davis et Bob McKimson avaient tous deux été élevés au rang de réalisateurs, suite au départ de Clampett. Ils se partageaient son unité, et si McKimson a réussi à faire son trou (parfois au détriment de la qualité), le style (narratit comme visuel) de Davis était plus proche de celui de son aîné...
Cette intrigue qui coule toute seule est construite sur deux piliers: d'une part la confrontation entre deux petites bestioles inventives et apparemment infaillibles, et un chien d'une profonde stupidité. D'autre part, l'absurde politesse flegmatique des deux rongeurs, avec en prime une accélération de leurs voix, accentue le côté absurde de ce film... Les deux rongeurs, sans devenir aussi célèbres que d'autres créatures de la Warner, que ce soit à poils ou à plumes, allaient sporadiquement revenir. Arthur Davis aussi, mais pas souvent...
C'est un film qui date des débuts de Tex Avery, quand il venait d'être bombardé "superviseur", soit réalisateur dans la série des plus prestigieux courts métrages de dessin animé du studio dirigé par Leon Schlesinger: sa tâche était claire, il se devait de proposer une réponse adéquate au formidable succs et à l'excellence technique diabolique des Silly Symphonies de Disney... Les Merrie melodies était désormais en couleurs, et Warner avait enfin accès au Technicolor 3 bandes, qu'ils aletrnaient avec du Cinecolor (un procédé étrange, avec seulement deux nuances). Ce film a bénéficié de cet apport...
Un jeune épouvantail prend des leçons de son papa, mais il est trop petit: quand il est confronté à un corbeau, non seulement il ne le fait pas fuir, mais l'oiseau finit par lui faire peur...
C'est une histoire contée de açon directe et sans digressions, par Avery qui se permet juste quelques excentricités (un arbre dans lequel on a installé un ascenseur) et par ailleurs effectue son boulot de façon fluide, sans jamais sortir du cadre! Comme quoi c'était possible. Il n'allait pas tarder à se sentir aussi libre de dérapr qu'il l'était déjà pour les Looney tunes en noir et blanc...
Une poule laisse son poussin sous la garde de Foghorn Leghorn, qui s'évertue à trouver des moyens de l'occuper. Mais la bestiole est un intellectuel, qui domine rapidement le coq dans le jeu...
Tout simple, à peine gâché par la logorrhée du héros, c'est un film dont la dynamique repose sur le proverbial contraste, cette fois entre un animal adulte et sentencieux qui par définition pense qu'il sait tout, et un jeune animal qui devrait tout avoir à apprendre mais sait tout et effectue brillamment tout ce qu'il entreprend. Et ça marche!
Un renard, attiré par un poulailler modèle, doit composer avec un chien extrèmement concentré sur son travail de garde, et se fait passer pour un chien errant souffrant de la faim... Le moins qu'on puisse dire, c'est que le chien n'est pas dupe...
McKimson aimait les confrontations entre un animal relativement malingre et des bestioles plus massives; mais cette fois, le gros chien très costaud est le garant de l'ordre établi... Entre le chien, au vocabulaire calme et posé (il fait même une démonstration musclée de sa décontraction), et le renard stressé, la dynamique est très efficace...
Et le renard fournit un commentaire en voix off qui fera irrésistiblement penser au film noir...
Désespérément, un renard s'attaque à un poulailler, mais il ne parviendra pas à tromper la vigilance du coq de garde...
Bien que le film soit du à McKimson, le coq n'est pas Foghorn Leghorn, mais un mastar générique, bien rendu, et faisant face à un renard qui lui non plus ne me semble pas avoir fait une réapparition (pour autant que je le sache, car je ne pense pas avoir vu les 1000 film des séries Looney tunes et Merrie Melodies...)... Une bouffée d'air frais, donc, en perspective.
Comme toujours avec ces films basés sur la faim et l'inversion des rapports de force entre un prédateur et une cible, ça fait mouche... On regrettera que le renard soit un rien trop bavard cependant...
Etonnant: un film de Bob McKimson avec Foghorn Leghorn, tourné en 1960... Et contrairement à ce qu'on attendrait du réalisateur et du personnage, le film est plutôt bon. Sauf qu'il faut bien admettre qu'il louche sérieusement du côté de Chuck Jones!
Foghorn Leghorn, nostalgique, a quitté sa ferme pour rejoindre le Sud... Il s'installe donc à l'ombre d'une plantation, où deux oiseaux de proie (des faucons affamés) vont le considérer comme une denrée de choix!
Ce qui revient à McKimson, outre le personnage (j'ai déjà tellement écrit à quel point je n'aimais pas ce coq, pas besoin de le réécrire), c'est une certaine tendance au bavardage... Mais là où le film rejoint l'univers de Jones, c'est dans le côté disjoint des gags, tous liés à de lamentables tentatives de la part des oiseaux de se saisir du coq... Sinon, celui-ci e se déplace jamais sans des plumes de rechange, de la marque Acme bien entendu...
Une prison assez typique des années 30, on y trouve des prisonniers endurcis, qui sont tous plus rides les uns que les autres... En particulier, nous voyons deux de ces gibiers de potence, qui ont une routine bien établie: le plus grand fait les bêtises, et le plus petit se fait punir! Le directeur de la prison est un faible un peu loufoque, qui ne voit pas le comportement parfois limite des prisonniers autour de lui... Alors quand un prisonnier s'évade, c'est la pagaille...
Dans les années 30, le film de prison est un genre à part entière, qui a donné quelques films importants, les plus célèbres étant sans doute The big House (George Hill, 1930), 20,000 years in Sing-sing (Michael Curtiz, 1933) et Each dawn I die (William Keighley, 1939)... C'est un peu à une parodie de ce genre que se livrent les deux réalisateurs Cal Dalton et Ben Hardaway... Une équipe qui donne souvent des films surprenants, d'une vitalité et d'une énergie aboslument affolants, aux antipodes des oeuvres tellement plus compassées de Harman et Ising, qui il est vrai n'ont pas dirigé beaucoup de Looney Tunes ou de Merrie Melodies...
Répertorier les gags présents dans ce film serait fastidieux, tellement il y en a, mais il vait la peine d'être découvert, à plus forte raison dans la merveilleuse copie rendue disponible sur un blu-ray Warner récent. Mon préféré étant par ailleurs une allusion à un film majeur de Curtiz, Angels with dirty faces: les metteurs en scène se sont amusés à parodier une scène dramatique dans laquelle l'auteur Hongrois représentait en ombres chinoises l'exécution d'un gangster au moyen de la chaise électrique...
Une visite loufoque du zoo, où on trouve un paquet de chameaux (camels) fumeurs, un bus de la compagnie Greyhound (le Greyhound étant aussi un chien de race, sa présence au zoo devient logique), un chimpanzé qui trouve que l'homme qui l'observe lui est tellement semblable qu'il ne leur reste qu'à échanger leurs places... Et tout un tas d'autres animaux loufoques, placés là en raison d'un jeu de mot ou d'une allusion à la culture populaire...
Sur ce dernier point, on perd évidemment beaucoup du sens, mais ça fait un peu partie de la poésie particulière de ces travelogues et autres visites, faux documentaires et autres faux films didactiques qu'affectionnait tant Avery parce que ça lui évitait d'avoir à raconter une histoire!
A noter, l'une des quelques apparitions de Egghead, le personnage qui allait bientôt grossir et changer de nom: on l'appellera bientôt Elmer Fudd. En attendant, Avery l'utilisait beaucoup comme fil rouge. C'est le cas ici...
Une petite fille, dans une nurserie, sort de son lit pour manger un morceau, et les personnages de son papier peint s'animent dans une version délirante et musicale de La Belle et la Bête... La Bête a très vaguement un visage inspiré de Jimmy Durante...
Les deux principaux intérêts de ce film, un court métrage assez typique de la série Merrie Melodies, n'ont pas grand chose à voir avec son intrigue très conenue... Pour un cartoon Warner, s'entend. Non, d'une part Beauty and the beast est une preuve éclatante de l'emprise de Disney et de ses Silly Symphonies sur le monde du dessin animé, et de la façon dont Leon Schlesinger modelait ses productions sur son concurrent principal. Le film est en couleurs, mais c'est le Cinecolor, un technicolor du pauvre, en deux filtres au lieu des trois pimpants affichés par Disney...
Et surtout, c'est le premier court métrage des Merrie Melodies qui soit dirigé par Friz Freleng, lui-même un transfuge de Disney... Il était revenu de ses premières expériences avec un savoir-faire impressionnant dans l'art de synchroniser animation et musique...
Pour un court métrage des mésaventures du coyote contre son destin (et accessoirement un oiseau), ça commence très étrangement, le premier signe qu'on est devant un "à la manière de", et non un film très authentique: deux magiciens se battent en duel... Comme ils sont de force égale, ils s'éliminent mutuellement, donc cette fois en lieu et place d'Acme, le Coyote aura accès à leur outils...
C'est parfois réussi, parfois mal fichu, et les transgressions multiples laissent volontiers perplexe: pourquoi donner le dernier mot à l'oiseau? ...je sais, en France on l'appelle Beep-Beep et on est persuadé qu'il est le héros, mais en anglais il n'a jamais été nommé, il est juste un événement de passage (littéralement) dans la vie tumultueuse et ridicule du coyote le plus malchanceux qui soit...
Ce film qui tente de relancer la saga en la renouvelant (ce qui est un sacrilège) a été utilisé comme complément de programme du sympathique mais tout aussi étrange long métrage de Joe Dante, Looney Tunes, back in action, en 2003.