Comme Porky and Gabby, ce film est une réalisation de Ub Iwerks, créateur de Mickey, des Silly symphonies, qui travaillait souvent pour un patron ingrat (Appelons-le Walt), près de ses sous, et qui n'a jamais réalisé un film de sa vie. Donc une sorte d'escapade pour le metteur en scène qui à nouveau, dirige l'animation de Chuck Jones et Bob Clampett... Et ce nouveau court métrage est bien meilleur que son prédécesseur...
D'abord, il y a une idée, certes, mais elle est bonne: Porky, aux prises avec un sale gosse qui a décidé de lui en faire baver, est le gérant d'une station service qui sera, après ces sept minutes, uniquement un souvenir...
Ensuite, les dialogues (qui étaient particulièrement irritants dans Porky and gabby) sont limités au strict minimum, et force reste à l'animation. Et animer un sale gosse qui fait des grimaces dans le dos, qui est capricieux comme pas deux, et le mettre face à cette victime facile qu'est ce pauvre porcin, c'était quand même un peu facile, mais... il FALLAIT le faire!
Reste que l'immortel auteur des Silly symphonies venant courir le cachet au pays des Merrie melodies et des Looney tunes, c'est assez piquant.
Une ville Américaine décide de ses lancer dans de grands travaux, et d'ériger un hôtel de ville digne de ce nom. On prend contact avec les deux seules entreprises de construction de la ville, afin de les mettre en concurrence sur le projet: Porky Pig et Dirty Diggs... Lorsque les deux patrons donnent exactement le même devis (L'un des deux a triché...), il est donc décidé de les faire travailler en parallèle, côte à côte, sur deux hôtels de ville. Le premier à finir emportera le marché...
L'introduction est rapide et même modèle, faisant en prime l'économie d'une autre scène qui installerait les personnages, puisque le comportement des deux "constructeurs" est très clair; ensuite, c'est l'escalade souvent absurde des moyens de construction, et l'entraide affichée par Porky Pig et ses copains vont, bien sûr l'emporter. Ainsi, non seulement le film est intrinsèquement bon, il est en prime assez Rooseveltien!
Ub Iwerks était parfois sérieusement fâché avec son patron (Et supposé ami) Walt Disney, oh, pour des broutilles: cette manie sans doute de "signer" de son logo absolument tous les films de la firme en oubliant souvent, voire systématiquement, de créditer les auteurs des films, cette assurance dans le mensonge (La création de Mickey Mouse, par exemple), faisaient qu'un authentique artiste comme Iwerks, auquel on doit beaucoup, mais alors beaucoup, finissait toujours par se fâcher. Donc avec ce film i fait une entrée chez les concurrents, et emploie même pour animer son film deux pointures de chez Schlesinger: Jones et Clampett, pas moins...
Mais Porky and Gabby n'est pas autre chose qu'un bouche-trou, quel que soit le génie établi d'Iwerks, l'auteur de The skeleton dance, quels que soient les savoir-faire respectifs de ses deux animateurs-vedettes. L'histoire, réduite à presque rien, ne présente pas d'enjeu: Porky et sa chèvre irascible Gabby vont camper, et la nature s'en mêle, les ennuis s'accumulent, jusqu'au moment où la seule solution est de partir... L'animation est bonne mais les personnages manquent de substance, et la bande-son est vampirisée par du jazz en boîte, rien à voir donc avec ce que fera Stalling quand il se laissera aller... Ub Iwerks fera essentiellement trois tours de piste avant de repartir, et on ne se souviendra pas vraiment de lui.
Après quelques films un tantinet routiniers, voici le réveil spectaculaire de Frank Tashlin! Porky est amoureux, et on se demande bien pourquoi, tant l'élue de son coeur est peu attachante. Le seul argulent qui lui fait ouvrir sa porte à son prétendant est le fait qu'il a amené des friandises. Et elle est flanquée en permanence d'un chien, un Pékinois de la pire espèce... Tentant de se suicider, Porky a des hallucinations, il voit son avenir avec Petunia... Et ça va heureusement lui ouvrir les yeux.
Au début, Tashlin abat le quatrième mur en nous présentant, avant le générique, la petite nouvelle, Petunia Pig. Celle-ci reviendra, mais pas souvent, tant elle a un caractère de... heu... Cochon. Mais le film est formidable, alliant la rapidité de l'action avec un graphisme de plus en plus maîtrisé. C'est drôle, impertinent, et assez grinçant, quand même...
La corrida, cet étrange passe-temps qui prend un peu trop souvent le prétexte de se battre contre un animal qui ne vous a rien fait pour ne pas suffisamment massacrer de toreros (le seul intérêt, c'est quand cet abruti en pyjama à paillettes se fait détruire par le bovin, non?) a souvent inspiré les cartoons, et Tex Avery y reviendra avec Droopy quelques années plus tard. Mais en attendant, c'est Porky Pig qui s'y colle, sauf qu'il y vient par un stratagème: il avait arrangé avec des copains déguisés en taureau! Le problème c'est qu'il vont d'abord boire, et manquer le rendez-vous, Porky affrontant finalement un authentique toro...
Si Porky Pig (Comme d'habitude) manque totalement de substance, on appréciera un taureau plein de santé, drôle, vif et qui plus est il va survivre, ce qui dans ce soit-disant sport est suffisamment rare pour être mentionné...
Ce n'est pas tant par son intrigue, son rythme ou sa mise en scène que ce film de Tashlin se distingue. Il raconte une course délirante dans lequel Porky Pig se distingue par le tacot abominable qu'il conduit. Mais il est plus notable par cette habitude qu'avaient les animateurs de croquer les grands d'Hollywood dans leurs films! Et il n'y a aucune motivation réelle pour que Laurel et Hardy, W.C. Fields, Chaplin ou Charles Laughton, si ce n'est que le grand challenger s'appelle Borax Karoff...
Si il est généralement exact que la plupart des Porky Pig réalisés par Avery sont clairement au-dessus du lot, et c'est vrai aussi pour les réalisations de Tashlin, on tombe parfois sur un ratage. Ceci est un exemple, qui pêche par des idées, avouons-le, trop délirantes, et qui débouchent sur une répétition gênante.
Pourtant le début était prometteur: on assiste à un de ces montages "à la WB" dans lesquels Avery excelle, et qui nous montre l'imminence d'un match crucial, qui passionne tout le monde. Spectateur enthousiaste, Porky en vient par un quiproquo à remplacer sur le ring un lutteur, qui doit se battre contre le champion toutes catégories, et bien sûr ce dernier n'est pas un tendre. Mais si je n'ai rien contre le fait qu'un film soit construit sur la répétition d'un gag et d'un seul, encore faut-il qu'il soit bon...
Continuant à alterner la supervision des films de la série Porky Pig avec Avery, Tashlin s'installe à la Warner Bros, et continue à tourner de bons films, qui ont pour point commun d'aller vite. Je l'ai déjà dit, mais ici, ça va encore PLUS vite! Et pourtant c'est un sujet ultra-rabâché, que n'aurait pas dédaigné Disney... Non, d'ailleurs, il y a du avoir des dizaines de films comme celui-ci chez tonton Walt: la description d'une vie dans les bois, envahie par un gros sale méchant qui chasse, pèche, incendie et braconne. Porky Pig va donc devoir venir en aide aux animaux, et bien sur triompher du gros costaud. Pas révolutionnaire, mais plaisant et comme toujours, animé. Très animé...
Le bonheur apporté par un film comme celui-ci ne vient pas de son intrigue, oh non! On est en 1936, et Tex Avery s'ennuie déjà dans le cadre traditionnel d'un dessin animé: il lui fait donc abattre le quatrième mur, ce qu'il fait du début à la fin de ce petit film... Mais c'est aussi très frappant, de voir ce qui peut aussi bien être une influence consciente qu'inconsciente, le fait que The village smithy ressemble par bien des points à The blacksmith de Keaton!
Dès le départ, un narrateur pose les personnages les uns après les autres, les rappelle à l'ordre, installe littéralement les décors, et c'est du Tex Avery classique... On retrouve ensuite le même cadre bucolique que dans le film de Keaton, avec inscription du maréchal-ferrant dans la tradition rurale Américaine, le duo constitué d'un patron costaud et vaguement violent, et d'un héros-assistant plus, disons, inepte qu'autre chose... Et Porky Pig vit ici le même type d'aventure que Keaton, devant "chausser" un cheval... C'est après que le film dégénère allègrement, avec le cheval devenu fou (Il a reçu un fer rougi sur l'arrière-train, mettez-vous à sa place!), qui cause des catastrophes sur son passage durant une suite que les circonstances vont répéter... Si le film n'est pas notable par une esthétique brillante, il pose vraiment les fondations du traitement joyeusement anarchique que le metteur en scène va faire subir au dessin animé dans les années à venir!
Encore caché sous son pseudonyme de Frank Tashlin revisite l'univers de Beau Geste et Beau Sabreur, déjà largement parodié avec talent par Laurel et Hardy dans le moyen métrage Beau Hunks de James Horne...
Donc parmi les nouvelles recrues de la légion, il y a un cochon, qui tranche un peu par son gabarit sur le reste de la troupe, mais qui est très vite repéré... donc on lui confie le "nettoyage de chameau"! Mais quand la menace du chef rebelle Ali Mode se précise, et que le fort est attaqué, Porky Pig va enfin faire ses preuves et se conduire en héros.
Pas de surprise: le film est certes routinier, mais plaisant, marqué par une excellente animation, un graphisme qui commence à évoluer dans le bon sens, et un sens du rythme qui est la marque de fabrique de Tashlin...