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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 09:24

Si les films produits à l'époque du muet par Mack Sennett sont reconnus comme les plus farfelus, à plus forte raison ceux tournés dans les années 20, alors il est peut-être temps de rappeler que de tous les metteurs en scène (Et non des moindres: Harry Edwards, Roy Del Ruth, Clarence Badger, Eddie Cline ou encore Clyde Bruckman font partie de la liste!) du studio, Del Lord était sans doute le plus doué parmi les spécialistes en matière de bouffonnerie. Bref ses films sont idiots, et ce volontairement: une sorte de pure synthèse parfaite de ce qui faisait le style Sennett: scripts qui prennent l'eau, situations imbéciles, acteurs en roue libre, le fameux cyclorama de Mack Sennett utilisé plein tubes, tournage à 12 images secondes pour être montré à 24, etc... Rien ne lui faisait peur, rien ne l'arrêtait, et le résultat, c'est que ses films sont glorieusement et définitivement crétins. Celui-ci ni plus, ni moins que les autres...

En Bullomania, on aime particulièrement les toreadors. Et du coup, la princesse Ernestine (Madeline Hurlock) ne pourra se marier qu'avec un de ces tueurs. Le chauffeur du roi, Adonis (Sid Smith) décide donc de le devenir. Parallèlement, le torero Manuel Risotto (Andy Clyde) kidnappe la jeune femme, ce qui occasionne une poursuite, dans laquelle la confusion s'installe: on croise en effet un inventeur qui vient de mettre la dernière main à la fusée qui l'amènera sur Mars... et le reste est indescriptible, défiant glorieusement toute tentative de critiquer quoi que ce soit. On notera aussi que contrairement à Mud and Sand, de Stan Laurel, ce film ne tente pas un seul instant de parodier, au delà du parallèle avec le titre, le film Blood and sand de Fred Niblo avec Rudolf Valentino. Quoi qu'il en soit, la stupidité militante, à ce niveau, devient purement et simplement de la beauté.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Del Lord Mack Sennett
6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 17:01

En deux bobines, Badger semble résumer d'une façon très pertinente tout le mélodrame contemporain: un méchant hors-concours (Wallace Beery) est le tuteur à la fois d'une jeune et jolie femme (Gloria Swanson) et de son prétendant (Bobby Vernon, le héros en titre). Il s'acharne à éloigner le garçon pour épouser la fille et mettre la main sur la fortune de la damoiselle... Puis va tout faire pour se débarrasser d'elle lorsqu'il s'avérera qu'elle en sait décidément trop. Attachée à des rails, avec un train qui s'apprête à la scier en deux, Gloria sera-telle sauvée par son bon ami ou par le chien Teddy?

Ce qui nous promet un beau suspense pour la deuxième bobine, avec train, risque de se faire écraser sans pitié, montage parallèle et cascades impeccables. Et je m'en voudrais de ne pas mentionner ce grand moment d'inutilité cosmique, lorsque Bobby Vernon, attaché à un câble invisible (l'acteur, mais pas son personnage), danse de la manière la plus joyeusement crétine qui soit...

...Il me semble que le titre donne la solution, mais peu importe après tout: ce film dynamique à la mise en scène recherchée (Et on sait que badger, qui continuera sa carrière jusqu'à réaliser le fameux It en 1927, n'est pas n'importe qui) tranche de façon tellement évidente sur l'image même qu'on a des films Keystone, qu'on ne peut s'empêcher de penser qu'il inaugure une nouvelle ère pour le studio... Quant à Gloria Swanson et Wallace Beery, ils étaient bien sur tous les deux à l'aube d'une grande carrière. Pas Vernon, le héros en titre, qui sert surtout de faire-valoir dans ce petit film excitant et bien séduisant.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett 1917 **
17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 12:43

Pourquoi ce film-là plutôt qu'un autre? Disons que dans la vaste oeuvre de ce géant de la comédie, il y a de tout, et en particulier dans les films réalisés à la Keystone entre 1913 et 1916, la routine était on ne peut plus répétitive. C'est surtout embarrassant dans les films d'une bobine, entièrement construits sur de simples histoires d'adultère, le bonhomme étant généralement un coureur de jupons invétéré dans la plupart de ses courts métrages... Le style Keystone, accéléré, exagéré, grotesque et le plus souvent d'un vulgaire un peu trop assumé, se faisait trop sentir. Avec ses films plus longs, la mutation opérée par le metteur en scène et comédien a été plus que bénéfique: les deux bobines étaient dédiées à une vraie histoire, dans laquelle le spectateur avait finalement le temps d'adhérer aux personnages, et de suivre une intrigue qui, si elle restait largement dévolue à des turpitudes extra-conjugales, était quand même un brin plus sophistiquée...

Lassé de la constante interférence de sa belle-mère (Mai Wells) sur son mariage avec Norma Nichols, Arbuckle quitte la maison et va bouder sur un banc; il se retrouve assis aux côtés d'une jeune femme (Louise Fazenda) dont le mari, un gros rustre (Egar Kennedy, avec des cheveux!!!) s'est brièvement absenté, et un photographe (Glen Cavender) qui passe par là les immortalise, persuadé d'avoir affaire à un couple... La chose va forcément être très difficile à expliquer non seulement à la belle-mère, à l'épouse mais surtout au mari, qui est vraiment très chatouilleux...

Si on juge les films burlesques en fonction de leur rythme et de leurs scènes d'anthologie, alors ceci est vraiment un grand classique: Prenant son temps pour établir le problème et les personnages, Arbuckle adopte un timing sobre, avant d'accélérer avec l'entrée en scène de Kennedy et Fazenda. Ces deux-là vont tout compliquer en venant s'installer dans l'appartement déserté de Arbuckle et madame, que la belle-mère s'est empressée de sous-louer. La sacro-sainte poursuite finale sera surtout effectuée dans une maison, et l'accélération se poursuivra jusqu'à une mythique scène sur des fils téléphoniques, pendant une intervention toujours aussi décalée et inutile des Keystone Cops... Chef d'oeuvre, pas moins.

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett Roscoe Arbuckle
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 13:32

Le crédit de Harry Langdon sur Blockheads, avec Laurel & Hardy, n'est pas volé: il y recycle l'argument de base de ce film, un moyen métrage prévu pour durer quatre bobines, mais dont un quart du métrage a sagement été mis de coté. Le film est un peu trop long encore, dédié à un scénario improbable, mais propice à établir une fois de plus le personnage lunaire mis au point par le comédien. Le script est crédité à Ripley et Capra, Vernon Dent et Natalie Kingston complètent la distribution...

 

A la fin de la guerre, tous les soldats Américains sont revenus ou localisés... sauf un. Langdon est resté seul, ne réalisant pas que les hostilités sont finies. après quelques scènes liées à son ignorance, il fuit un terrain qu'il croit infesté d'ennemis, et arrivent sur les terres d'un royaume (la Bomanie) ou se joue un drame à la Zenda: il est le sosie du roi, un abominable soiffard, et va l'espace d'un instant régner afin de mettre un complot en échec, sans rien comprendre àvec qui lui arrive...

 

Dans le genre, on préfère les efforts de Charley Chase (Long fliv the king) dont le film semble aller quelque part. Ici, ça se traine, et le seul moyen de venir à bout de cette histoire est d'utiliser le vieux truc du rêve. On appréciera toutefois la comparaison effectuée par Harry entre le rêve (Il embrasse la reine, Natalie Kingston, et elle s'évanouit, terrassée par la sensualité de l'homme-enfant) et la réalité (Il embrasse son épouse, Natalie Kingston également, mais elle ne s'évanouit pas!); sinon, il utilise ici un moyen de système D graphique hilarant pour montrer l'explosion d'une vache. Un grand moment dans un tout petit film...

 

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Première guerre mondiale Mack Sennett
14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 18:15

Premier film de Langdon à dépasser les trois bobines, ce Saturday afternoon montre bien pourquoi l'équipe voulait étendre le champ d'action des film du comédien. Doté d'une épouse tellement acariâtre que sa belle-mère prend sa défense, Langdon a l'idée saugrenue de vouloir prendre du bon temps avec son copain Vernon Dent qui a justement rencontré deux jolies demoiselles... L'épouse du héros le croit tellement minable qu'elle le laisse partir sans discuter et le récupère, à la fin, distraitement.

Si on verra de bien meilleurs développements pour cette tentation de liberté impossible du mari enchaîné dans le merveilleusement bizarre The Chaser (1928) qui par bien des côtés est un remake ou une extension de Saturday afternoon, ce film permet au comédien de faire ce qu'il souhaitait: prendre son temps, et montrer l'étendue de son étrange talent en matière de pantomime... Les 27 minutes qui lui sont allouées lui permettent un festival formidable de réactions, de développements minutieux, et de cette capacité phénoménale à faire du sens rien qu'avec ses yeux...

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Comédie Mack Sennett 1926 **
14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 17:42

Le passage progressif au long métrage, qui n'était pas donné à tout comédien à l'époque, se fera pour Harry Langdon par le biais d'un alongement de ses films, un peu à la manière de Chaplin, qui avait commencer à expérimenter avec des trois bobines avant de se lancer dans The Kid. De fait, les derniers courts en deux bobines de Langdon, tous réalisés par Harry Edwards sur des idées de Capra et Ripley, comme si les têtes étaient déja ailleurs, tournent un peu en rond. Certains toutefois sont excellents. la plupart continuent à exploiter l'alchimie entre Langdon et son complice Vernon Dent, qui savait tout faire, et on retrouve souvent Natalie Kingston.

 

Plain clothes (1925) est une histoire invraisembleble, dans laquelle Harry est un policier infiltré malgré lui dans la famille d'escrocs de sa petite amie. Il fera le ménage, malgré lui aussi, et se conduira en héros. Par hasard.

 

Remember when (1925) est le meilleur de ces quatre films. Il conte l'histoire d'un vagabond, mais ce n'est pas du Chaplin, même si ce film de 1925 anticipe certains aspects de The circus: Harry a fui l'orphelinat étant enfant, lorsque sa petite amie en est partie. typiquement, 15 ans plus tard, il est toujours dans les environs... Il y vole des poules, avec une méthode particulièrement voyante. Il croise le chemin d'un cirqie qui l'engage parce qu'il a sans le vouloir des facultés pour l'acrobatie. Il ne sait pas que sous le déguisement de la femme à barbe, se cache son ancienne petite amie...

 

Lucky stars (1925) est franchement mal fichu, et la seconde partie se traine: Harry est un homme qui décide de ses conformer à la lettre à une prédiction qu'in lui a faite, ce qui ne lui apportera que des ennuis. L'ennui, c'ets ce qui se dégage d'une répétitive et statique partie consécre à un medecine show, avec vernon Dent en charlatan.

 

Fiddlesticks (1926) Pour son dernier court conservé, Langdon relève le niveau, avec une histoire de musicien tellement affligeant que son professeur lui a donné un diplôme pour se débarrasser de lui. Le contraste entre l'enthousiasme juvénile du contrebassiste Harry et les envies de meurtre du public est très drôle, surtout lorsque sa famille le jette dehors sans ménagement, et qu'il leur sourit, et leur dit: "C'est bien parce que c'est vous..." avant de s'en aller. Un film parfois Laurelien, avant la lettre...

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett
23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 13:26

Non, Arbuckle, vedette chez Sennett dès les années Keystone, et ce dès les premiers temps héroïques, n'est pas que l'homme du fameux scandale, ni le mentor des premières années de Keaton au cinéma. Plus que rondouillard, doté d'un sens de l'humour méchant et d'un timing ravageur, il promène sa silhouette dans une impressionnante série de courts métrages aux prétentions ouvertement et outrageusement boulevardières...

 

Fatty joins the force (George Nichols, 1913)

A flirt's mistake (George Nichols, 1914)

Ces deux exemples des films d'Atbuckle, encore un peu crus, nous montrent un comédien dont le maquillage n'accentue pas encore le côté poupin, et il est intéressant de noter qu'il a de fait l'air plus jeune dans les films ultérieurs, en particulier les films de 1917 à 1919 avec Keaton et St-John... Le comédien est aux prises avec des gens et des enfants qui l'empêchent d'accomplir son devoir, dans Fatty joins the force , ou il est un policier pourtant valeureux. Dans A flirt's mistake, il joue un rôle dont il lui restera souvent des séquelles, puisqu'il joue un homme marié qui saute sur toutes les femmes qui passent, et sur un rajah un peu remonté (Tous les hommes du coin le draguent à cause de son accoutrement). Bien construites, les deux comédies sont un paradoxe flagrant: Arbucle a beau se vautrer dans la vulgarité, avec délectation, voire militantisme, on ne peut s'empêcher de noter que même dans le comique gras, il y a une certaine noblesse...

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett Roscoe Arbuckle
20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 14:32

Avec Feet of mud, on est de nouveau confronté à un film hybride, après la belle réussite de All night long. Et là, on sent les coutures, le film est divisé en trois périodes distinctes, dont la jonction ne s'opère pas toujours bien: dans un premier temps, on assiste à un match de football, dont Harry est, par inadvertance, la vedette. Cela lui ouvre des portes, et le riche père de sa petite amie (Natalie Kingston) lui promet un travail... qui s'avère être un cadeau empoisonné, puisqu'il doit nettoyer les rues, tel Chaplin dans City lights. La deuxième partie le voit donc dans ce nouveau travail, et la troisième partie concerne le passage de Harry par Chinatown, en pleine guerre des gangs. Natalie est enlevée, et un Harry plus ou moins héroïque sauve sa petite amie...

Inévitablement, on trouve dans le film une foule de gags liés à l'opium, mais également quelques clichés bien assumés sur les Asiatiques, leurs mystères et leurs étranges coutumes, qui remplissent un petit film qui n'a pas grand chose de révolutionnaire à proposer, mais qui au moins expédie les affaires courantes...

 

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett
17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 10:50

Avec Harry Langdon, Sennett a donc enfin trouvé un artiste qui est absolument insoluble dans le type d'humour favorisé par sa compagnie... et All night long est un bon exemple de cet état de fait. Capra datait à peu près de ce film, il est vrai classique, l'invention du personnage de Langdon, qu'il s'attribuait à 100%. Bon, sachant qu'il ne travaillait pas encore pour Sennett à l'époque, on sait quoi faire d'une telle affirmation... Non, la réussite de All night long est attribuable à deux hommes: d'une part, le réalisateur Harry Edwards, qui a su faire avec les moyens du bord et avec un patron attaché à "son" style, un film étonnant qui est beau à voir, particulièrement astucieux dans son déroulement (il y a un flashback très bien mené) et constamment drôle.

Sinon, l'autre Harry bien sur, Langdon lui-même, qui imprime ici par la seule grâce de son jeu étonnant une lenteur doucereuse, qui sied parfaitement au burlesque de l'évocation de la guerre, provoquant un choc permanent entre le monde et Harry: deux hommes se rencontrent dans un cinéma; ils se connaissent depuis qu'ils ont été en France durant la guerre, ou Harry était un soldat de deuxième classe inepte, et Vernon Dent son sergent. Courant après la même fille, Nanette (Natalie Kingston, qu'on reverra), Harry l'a séduite précisément par son coté lunaire... Ils sont d'ailleurs mariés. Vernon a une sérieuse dent contre son ancien camarade...

Belle réussite que ce film, souvent montré, le plus célèbre sans doute des courts Keystone de Langdon. Rempli de touches typiques: la vision d'une immense pile de pommes de terre, suivie de l'apparition du soldat Harry Langdon en train de les éplucher. il fait une pause, regarde la pile, puis son seau dans lequel on compte... trois tubercules; une série de scènes de bataille, très bien réalisées, pleine de gags qui jouent sur l'obscurité, etc...

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett
4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 18:50

Avec l'arrivée de Harry Edwards à la réalisation de ses films, l'équipe de Harry Langdon, chez Sennett, est de plus en plus soudée autour de l'acteur, et les films qui ont entamé une mutation après quelques erreurs de jeunesse, s'en ressentent. Marceline Day, la soeur d'Alice, devient la partenaire, et on la connait en particulier pour son rôle dans The cameraman. Autour d'eux, les acteurs de la compagnie Sennett: Madeline Hurlock, Andy Clyde, Charlotte Mineau. Les histoires, tout en maintenant un brin de loufoquerie et une structure typiquement Sennett (autant de parties que de bobines), sont plus soignées, et on y croit désormais, on a aussi le temps de s'intéresser aux personnages.

 

Luck of the foolish (Harry Edwards, 1924)

 

Harry et Marceline sont dans un train, ils rentrent chez eux, et c'est la nuit: l'essentiel de la première bobine va être consacré à une série de déboires dans le wagon-lit, harry étant absolument empêché de se coucher sans réveiller les voisins, sans non plus que Marceline ne lui demande un service. Une préfiguration conjugale de Berth Marks, de Laurel et Hardy. Le réveil est intéressant, avec une scène hilarante dans lessalles d'eau des hommes  durant laquelle Harry et un rasoir terrorisent un autre passager, sans que l'acteur ne s'aperçoive de l'effet qu'il rend. la première bobine s'achève sur une histoire d'évasion d'un malfrat dans le train, qui voit Harry langdon basculer, de l'influence de harold Lloyd à celle de Charley Chase. La deuxième bobine est plus typique de son style propre, avec un harry, auquel on a volé son argent, qui se voit obligé de reprendre son ancien travail: il est un policier inepte, avec un uniforme trop grand. Il manque de conviction, et c'est très douloureux, pour ne pas dire embarrassant pour le spectateur: c'est d'ailleurs un trait de son oeuvre qui explique peut-être pourquiu tant de cinéphiles sont réticents à s'intéresser à lui: ce n'est pas confortable. Néanmoins, avec son final spectaculaire, tourné dans la villa de Mack Sennett lui-même, on a ici du burlesque de grande qualité. Et la cerise sur le gateau, c'est que le film est désormais complet grâce au travail d'archéologue de David "Indiana Jones " Kalat.

 

The hansom cabman (Harry Edwards, 1924)

 

Ce film possède bien deux parties lui aussi, mais la deuxième ne fait pas toute la deuxième bobine: Langdon a réussi à imposer une structure plus souple, qui lui permet d'exploiter à fond toute la situtation de base: au matin de son mariage (Avec Marceline Day), Langdon se réveille avec une gueule de bois et.. marié à Madeline Hurlock. c'est embêtant, surtout lorsque Marceline et sa maman (Charlotte Mineau) se déplacent, ou lorsque la jeune femme se plaint à son père (Andy Clyde)... qui est justement chef de la police. Harry va donc en prison, faire des travaux d'intérêt général. Les cinq dernières minutes le voient s'évader, et devenir chauffeur de fiacre. Il conduit notamment des Chinois, qui fument de l'opium, et le film se casse un peu la figure. Mais les quinze premières minutes, entièrement centrées sur Harry et sa réalisation de la situation extrêmement délicate dans laquelle il est, sont tordantes.

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Published by François Massarelli - dans harry langdon Muet Mack Sennett