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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 16:42

Avec ce film, Méliès retourne aux longs sujets, à la narration de longue haleine et bien sûr à un budget conséquent... il y utilise 20 minutes en soignant ses effets, et en convoquant beaucoup de figurants. Pourtant, on s'y sent à l'étroit... Il est vrai qu'aucune copie complète n'avait survécu, et celle qui a été reconstituée a été assemblée à partir de plusieurs sources très disparates.

L'intrigue repose sur le souhait d'un prince désargenté qui souhaiterait se marier avec la fille du rajah, contre bien sûr l'avis de la famille! Mille et une péripéties, Méliès oblige, permettent des attractions délirantes, de palais enluminé (quand les couleurs ne font pas défaut) en caverne sombre avec  des squelettes: on ne se refait pas. Le film est long, je le disais, c'est même l'un des plus longs de son auteur avec 20 minutes et plus, comme Le Voyage à travers l'impossible...

Amusons-nous aussi du boniment, qui est selon toute vraisemblance écrit par Méliès lui-même, lui garantissant une absence totale de sérieux... Car dans ce conte d'inspiration Arabe, on y signale que des Brahmines (soit des disciples de Brahma, soit un Dieu Hindou) y fricotent avec des prêtres bouddhistes... 

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 16:34

Deux gentilhommes (dont Georges Méliès lui-même) font danser des lilliputiens, qui sortent en fait d'un jeu de cartes. A la fin de la danse, ils leur font réintégrer les cadres de leurs cartes respectives...

Le film n'est pas complet à ma connaissance. Serge Bromberg, dans le coffret-somme paru dans la collection Lobster, en présente un fragment de 50 secondes, auquel manque probablement le début, soit la mise en contexte... Le trucage majeur, ici, est celui qui consiste à incruster dans l'image, sans fond noir, des personnages filmés à une différente échelle, et pour une fois ça se voit vraiment. Cela est-il du à un ratage, ou au fait qu'on n'a pas ici de mise en contexte, justement? 

...Question sans réponse.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 16:28

Un magicien (bon, faut-il le dire? c'est Méliès, bien sûr), aidé de deux assistants, fait grossir un dé magique, le fait tourner, puis en fait sortir une jeune femme qu'il enferme dans un coffret... Il y met le feu, et elle réapparaît tel le Phénix...

Le film est incomplet et n'a pas survécu dans de très bonne conditions. Une fois de plus, on peut toujours se dire qu'on a de la chance, au moins, d'en posséder ne serait-ce qu'un fragment d'une copie...

Maintenant, en voyant Méliès continuer à recycler des tours de magie, et y faire paraître des Cartes vivantes, ou ce dé magique, ou retourner dans les auberges pour y perturber le bourgeois avec un Diable noir... On peut quand même se dire qu'il tourne un peu en rond. 

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 16:22

Avec ce tout petit film, qui reprend l'idée si courante dans son oeuvre d'un bouleversement d'un intérieur bourgeois par des circonstances surnaturelles, Méliès abat ses cartes: rien ne l'intéresse plus, finalement, que ces perturbations, rendues plus étonnantes et délirantes encore par l'utilisation d'effets spéciaux....

Mais le diable dont il est question ici n'est pas contrairement à ce qui apparaît dans tant de ses films, LE diable, ou même Méphisto, juste une créature foncièrement farceuse, qui manifeste sa joie de vivre en emm... copieusement les braves gens! Un contorsionniste (on en voit un dans tant de films de Méliès, dont bien sûr Le Voyage dans la Lune, s'agit-il du même?) a été employé pour jouer la bête, qui s'en donne à coeur joie, en maillot noir, d'un genre que Feuillade recyclera pour (dés)habiller Musidora et ses mystérieux Vampires en 1915...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 16:12

Avec ce petit film, Georges Méliès s'exerce avec sa batterie d'effets spéciaux, sur l'un des éléments les plus importants du métier de prestidigitateur: les cartes... Il les fait vivre, en utilisant un ensemble d'effets traditionnels chez lui, de l'arrêt de caméra, à l'utilisation d'un fond noir, en passant par la surimpression.

L'occasion pour moi, sans doute, de regretter que sa tendance à mêler les dessins, si distinctifs, et les acteurs, tourne toujours à l'avantage des premiers. Quand un roi de coeur arrive et tente par tous les moyens de ressembler à la carte correspondante, avec sa fausse barbe, commet voulez-vous qu'on ne soit pas déçu?

Pour finir, bien sûr, on regrette que le film n'existe pas dans une copie couleurs d'origine...

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 17:33

Ce qui est sans doute le dernier film de 1904 pour Méliès, est franchement décevant. C'est une fois de plus un film autour d'une fausse expérience de prestidigitation, recréée dans le studio de Montreuil, et Méliès se laisse aller à une série de danses interminables, qui montrent clairement l'auteur se contenter de chercher à imprimer de la pellicule.

Et ironiquement, bien sûr, on en a retrouvé une copie en couleurs... Ce qui est ironique quand on pense aux copies médiocres de certains chefs d'oeuvre!

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 17:31

Dans ce film motivé par l'approche de Noël, nous assistons à la navrante histoire d'une famille pauvre, au soir du 24 décembre, dont la fille doit aller mendier afin de subvenir à leurs besoins... Et les gens qui sortent de la messe de minuit, après avoir donné à ceux que le boniment appelle «les mendiants professionnels», ne lui accordent aucun regard. Elle sera sauvée grâce à une interventions miraculeuse, et surtout grâce à un automobiliste...

Le film ressemble fort à un passage obligé, un de ces mélodrames comme le cinéma n'allait pas tarder à en pondre au kilomètre, et il ne fait pas grand chose pour la légende de Méliès, paradoxalement. C'est paradoxal, car en se plaçant sur la longueur, en reprenant le dispositif de son Affaire Dreyfus, avec plusieurs scènes enchaînées dans une sorte de proto-montage, Méliès fait un pas en avant. Mais le côté lénifiant de cet exercice, passage obligé pour ne pas se fermer la porte des patronages, n'a rien de très engageant. Bref, on préfère Méliès canaille!!

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 17:29

Le film commence par un décrochage étrange, on a l’impression d’assister à une scène du théâtre de boulevard! Une influence évidente pour Méliès et qui allait devenir primordiale pour soutenir la concurrence acharnée des Pathé et autres Gaumont… Mais c’est un trompe-l’œil.

Car quand les domestiques se crêpent le chignon, ils reçoivent la visite d’un personnage désormais bien connu de l’univers de notre cinéaste : le Diable lui-même, dans lequel on reconnaît inévitablement Méliès. Et celui-ci transporte immédiatement les deux domestiques en enfer, où il va les utiliser pour des tours et attractions, dont la Cascade de Feu (d’où le titre…) et une réappropriation du trucage de La sirène, une apparition d’une femme couchée dans un cadre…

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Published by François Massarelli - dans Muet Méliès
22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 17:26

Continuant son œuvre d’illustrations des grands mythes ou des grands clichés de la fiction, Méliès s’attaque à un serpent de mer de la culture populaire, depuis le Moyen-âge. Pour commencer, le personnage de Cartaphilus le Juif Errant, condamné à marcher pour l’éternité parce qu’il a refusé son aide au Christ lors de sa montée au Golgotha… Au-delà du procédé d’invention d’un personnage romanesque en diable, on pourra aussi objecter que le personnage donne corps à la fâcheuse réputation qu’ont acquise les juifs durant les deux millénaires, accusés d’avoir non seulement souhaité, mais aussi facilité la mort du Christ ! Je rappelle que celle-ci était supposée être écrite et décidée par le Grand Manitou, donc c’est quand même facile !!

Méliès, ici, ne fait aucun prosélytisme, ni dans un sens (l’antisémitisme est d’autant plus virulent qu’on sépare à l’époque l’église de l’état, et l’Affaire Dreyfus est dans toutes les mémoires), ni dans l’autre (Méliès est Dreyfusard mais pas spécialement philosémite non plus, et il a parfois sacrifié aux facilités rendues possibles par le monde de la littérature, du théâtre ou de l’illustration : ainsi sacrifia-t-il à une représentation complexe du personnage de Shylock dans sa micro-adaptation du Marchand de Venise.

Pour en finir avec ce film, qui cherche une voie de représentation des errances du personnage (qui inspira aussi Eugène Sue pour un feuilleton qui portait ce titre, et dans une veine nettement moins agressive que l’imagerie populaire vis-à-vis du personnage), Méliès y trouve essentiellement une esthétique, sous l’influence d’un Gustave Doré, avec ses nuances de gris dans les décors peints si reconnaissables du cinéaste… le tout dans un film de patronage dont la lecture différait certainement d’un bonimenteur à l’autre !

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet
22 septembre 2022 4 22 /09 /septembre /2022 17:26

Après la lune, le soleil... Il est évident, à la vision de cette nouvelle féérie, que deux années plus tard Méliès cherche à rééditer l'exploit du Voyage dans la Lune, et qu'il a en tête de faire exactement ce qu'on attend de lui: ce que lui reprochera d'ailleurs Georges Sadoul, historien de premier plan, mais un peu bouché à l'occasion...

Le film nous conte un voyage aussi loufoque et grandiose qu'il est inutile: un ensemble de scientifiques farfelus, sous la direction du professeur Latrouille et avec l'assistance de Mabouloff (Méliès lui-même), se rend donc dans des endroits aussi improbables que possible en utilisant tous les appareillages possibles, dont deux montgolfières, une automobile et même, même un sous-marin, sans oublier...

...Une glacière.

Pourquoi une glacière? Réponse dans le film.

Le sujet est un prétexte pour Méliès qui déchaîne ses tendances graphiques. Incidemment, il essaie occasionnellement, à travers un micro-conflit entre Mabouloff et un de ses assistants, de développer ses personnages, mais on en est bien loin: les apports de ce film, comme les autres fééries de Méliès, sont essentiellement picturaux, à travers cet alliage savant d'images, de jeu théâtral, de maîtrise du proscenium et de mécaniques (les fameux dispositifs mis en route): c'est ce qui fait le prix de Méliès, c'est aussi sa limite.

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Published by François Massarelli - dans Méliès Muet