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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 07:08

Les deux parents d'une famille bien comme il faut sont inquiets: leur fille a une tendance à disparaître, pendant plusieurs jours, sans crier gare. Ils s'en émeuvent et tentent de la retrouver notamment en s'adressant à une association de parents d'enfants fugueurs, où on met tout en oeuvre, y compris un profilage psychologique autour des drogues, pour permettre aux parents de retrouver leur progéniture. Pendant ce temps, celle-ci passe des auditions, et chante...

C'est plus qu'une comédie: c'est un film rigolard, vu par un iconoclaste Tchèque qui est à la fois tut content de croquer la bonne société de Long Island, et rigoureux dans la transposition de son style très distinctif. Comme dans ses films Européens, il utilise le montage pour juxtaposer et commenter les actions bien différentes des protagonistes, et bien sûr, appuie fort, très fort, sur le conflit des générations en cette période d'expérimentations, de liberté sexuelle, etc. 

Ca passe par une audition aux contours pas très bien définis: quand se situe-t-elle exactement dans la continuité? Elle est présentée en alternance avec des séquences qui voient le couple de parents tenter de se lancer dans une quête improbable pour retrouver leur fille, et se déroule, fragment par fragment, brie par bribe, jusqu'à la fin du film. Comme Forman a principalement utilisé des jeunes acteurs non-professionnels, il a réussi un joli portrait quasi documentaire, autant que burlesque de la génération Woodstock! Avec les parents, en revanche il sort plutôt le vitriol... Dans leur quête de leur fille, il va leur arriver un certain nombre de tribulations peu glorieuses, et on n'oubliera pas de sitôt la séquence qui les voit essayer des cigarettes de drogue qui fait rire et qui rend nigaud, sous la responsabilité d'un professeur qui est un membre de la contre-culture, mais en costume... Là aussi, Forman tire le meilleur de ses acteurs, non professionnels... Il finit par nous prouver, au travers d'une scène de strip poker, que ce film a été plus ou moins vu du point de vue d'une adolescente, qui a à subir l'extravagance culturelle de ses parents décidément beaucoup trop "square" à son goût...

Mine de rien, s'il contraste fortement avec ses films ultérieurs, c'est un passage obligé de la filmographie d'un iconoclaste singulier, et en prime vous y verrez des têtes connues, même si c'est furtif. Kathy Bates, ou Tina Turner, par exemple...

 

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Published by François Massarelli - dans Milos Forman Comédie
23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 17:17

A milieu de la première décennie du siècle, le président Roosevelt achève son mandat, le pays assume tranquillement sa prospérité, et un scandale monumental agite New York: l'industriel Harry Thaw, le mari de la modèle Evelyn Nesbit, a tué Stanford White, businessman et philanthrope, pour avoir semble-t-il fricoté avec sa femme. Pendant ce temps, à New Rochelle, dans le même état, une famille prospère et tranquille voit un nouveau né abandonné sur leur propriété: il est noir, et ils ne savent pas encore la situation qui va en découler...

Sarah, la mère du bébé est recueillie avec l'enfant par la maîtresse de maison, et bien vite le père se manifeste: il est pianiste, éduqué, et charmeur. Et surtout tout lui sourit, par exemple il est l'heureux possesseur d'une Ford T, ce qui n'est pas donné à tous les noirs... Bref, pour lui tout va bien, jusqu'au jour où il devient la cible, en passant devant leur caserne, d'un groupe de pompiers désoeuvrés. Ils vont l'empêcher de passer, puis lui demander un péage, et vont aller jusqu'à déféquer dans sa voiture. Coalhouse Walker demande réparation, mais ne va obtenir que de se faire arrêter. Quand Sarah, qui a cru devoir en appeler au vice-président lors d'un meeting, est battue à mort, Coalhouse se décide à laisser parler sa colère...

Difficile, voire impossible, de résumer un film que Milos Forman a décrit lui-même comme une tapisserie. Adapté (fidèlement, selon les commentaires des gens avisés) d'un roman à succès, le film adopte la narration fragmentée qui est aujourd'hui la norme dans la plupart des séries. Autour des deux intrigues (le scandale Nesbit, d'un côté, l'affaire Coalhouse Walker d'autre part), Forman fait un portrait d'une décennie de la nation Américaine jusqu'à l'aube de sa suprématie économique sur le monde. La question des minorités, le progrès, le féminisme, la montée des distractions culturelles, se suivent en épisodes de longueur variée. Pourtant, on n'a pas l'impression de suivre un film "choral", mais une oeuvre dont la cohérence est plus liée à une ligne directrice qu'à autre chose. Bref: il y a un début, et une fin.

Et entre-temps une fabuleuse galerie de personnages, dont beaucoup sont là dans leur premier film: Elizabeth McGovern, qui (ce n'est hélas pas un compliment) est parfaite dans le rôle d'une belle plante qui se révèle d'une fort médiocre intelligence, Howard Collins en pianiste humilié, mais il y a aussi des acteurs expérimentés, dont Brad Dourif, Mary Steenburgen et surtout, il y a James Cagney dans une performance économique, mais formidable: il interprète Waldo, le commissaire de police de New York sur les bras duquel le problème va retomber, et qui doit gérer la crise. ...Tout en jouant en silence le choeur Grec...

Ce qu'on voit ici, c'est un siècle en devenir, où certains combattent de toutes leurs forces (les pompiers, pour commencer, bien sûr) pour garder leurs privilèges, et d'autres vont devoir se résoudre à emprunter des voies illégales pour se faire entendre. Il y avait dans cette histoire une possibilité d'explorer le féminisme plutôt que de l'illustrer de façon épisodique, mais c'est un chemin qui n'a pas intéressé Forman. Il a préféré utiliser l'anecdote d'Evelyn Nesbit dans le cadre d'une réflexion plus large sur l'évolution des moeurs, et l'affaire Nesbit est d'ailleurs complétée par le destin de Mary Steenburgen, dont le personnage fait le choix de quitter son mari... Pour suivre un beau parleur qui est cinéaste de surcroît (Mandy Patinkin).

Pour résumer, le film pave un peu la route vers Once upon a time in America, mais j'insiste sur le "un peu". Il y a là-dedans une réflexion globale sur l'Amérique, un sujet cher à Forman et qui reviendra d'ailleurs, mais il y a surtout une fascination contagieuse pour le pays et l'histoire constellée de moments embarrassants d'un pays qui reste, contre vents, marée, et Donald Trump, un pays d'accueil par essence. Un pays d'accueil infesté aussi de sales types, comme ces pompiers dégoûtants. Un monde dans lequel, comme le jeune frère (Dourif) de Mary Steenburgen, on est attiré par le vent de liberté représenté par une divorcée scandaleuse d'un côté, et ému et révolté par la croisade de dignité d'un homme qui sait qu'il est condamné à brève échéance, au mépris des barrières de couleur. Bref, Ragtime, c'est un conte sur les limites du rêve Américain, pendant le siècle du Rêve Américain.

J'ai failli l'oublier: et en plus, il y a Bessie Love.

 

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Published by François Massarelli - dans Milos Forman
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 12:03
The people vs Larry Flynt (Milos Forman, 1996)

Un pornographe (Editeur du magazine cochon Hustler) en lutte contre l'establishment Reganien, devient le champion de la liberté d'expression. Intéressant de voir ce film après les problèmes causés par le terroriste antisémite Dieudonné, soit-disant héraut de la liberté d'expression en France, interdit (Avec raison) de meeting en Belgique et Grande-Bretagne: la liberté de parole, il l'a violée à plusieurs reprises pour faire passer des idées nauséabondes, en subvertissant de façon odieuse un droit acquis de haute lutte envers et contre les idées mêmes qu'il défend.

Que penser alors d'un vieux cochon comme Flynt, qui réclame alors le droit à la liberté de la presse, pour mieux asséner des horreurs (Des photos essentiellement, mais toutes dévouées à la cause de la pornographie assumée)? Mais voilà, que ce soit dû à Forman, qui est un très grand cinéaste, ou à Flynt lui-même, importe peu: l'amalgame ne tient, heureusement, pas, et le film reste une épopée réjouissante comme Amadeus a pu l'être. Maintenant, on tend un peu à perdre de vue, tout au long du film, l'exploitation vile, mercantile et ô combien vulgaire de la gent féminine. Ce n'était pas le propos de Forman, qui a aucun moment ne cherche à atténuer la vulgarité triomphale de son héros. Disons que le message passe, mais ça ne donne pas envie de se vautrer dans le porno pour autant...

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Published by François Massarelli - dans Milos Forman
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 11:57
Valmont (Milos Forman, 1989)

Après le multi-oscarisé Amadeus, Valmont était un événement attendu, qui n'a pas été jugé à la hauteur des attentes. Pourtant, on est bien dans l'univers de Milos Forman, avec ces histoires de deux nobles oisifs (Annette Bening et Colin Firth) qui jouent à dominer la vie sexuelle et sentimentale des autres pour leur propre intérêt.

D'une part, Forman installe un système, ici la bonne société et ses arrangements sexuels triviaux, et se plait à y entrer un pion qui ne respecte pas tout à fait les règles, comme il a fait auparavant (One flew over a cuckoo's nest, Ragtime, Amadeus) et comme il fera après (Larry Flint, Man on the moon). mais il s'intéresse également à l'étrange destin de ceux qui laissent une trace, fussent-ils compositeur, pornographe, comique de télé ...ou amant magnifique. L'étude des étapes qui mènent à l'éternité, quel beau programme pour un film... Qui est infiniment supérieur à son concurrent direct, l'autre adaptation des Liaisons dangereuses sortie au même moment, réalisée par Stephen Frears, et mortellement ennuyeuse.

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Published by François Massarelli - dans Milos Forman
8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 16:54
Goya' ghosts (Milos Forman, 2006)

En 1792, à Madrid, le peintre Francisco Goya (Stellan Skarsgaard) assiste à la remontée en puissance de l'inquisition et va être amené à intervenir auprès d'un des plus puissants prêtres, le père Lorenzo (Javier Bardem). Celui-ci peut en effet aider une famille d'amis, les Bilbatua, à récupérer leur fille (Natalie Portman) arrêtée par l'inquisition, torturée et incarcérée... Mais les efforts ne vont que faire empirer la situation de cette dernière, tombée dans les griffes du dangereux Lorenzo.

Co-production Américano-Européenne, ce film de fiction qui approche l'istoire un peu à la façon dont tant de séries télévisées le font aujourd'hui, est ce jour le dernier film de Forman, et s'il est facile d'y rerouver la patte du réalisateur, on est par contre désolé de voir ce film comme un échec. Le scénario, du à la complicité de Forman avec Jean-Claude Carrière, peine en réalité à nous accrocher au personnage principal un Goya qui tente assez mollement d'intervenir sur l'histoire en marche autour de lui. Le casting prestigieux, la grandeur de vues (Raconter une période cruciale de l'histoire de l'Espagne, et montrer le chaos du choc entre deux totalitarismes, celui de l'inquisition d'une part, celui de l'empire de Napoléon d'autre part) n'empêchent pas qu'on se demande parfois où regarder, et qu'on se désole de voir le traitement infâme subi par Natalie Portman, qui n'a d'ailleurs pas été tendre avec Milos Forman sur le tournage douteux des scènes de torture que son personnage avait eu à subir. Le film vire au roman-feuilleton à coups de théâtre un peu rapiécés, avec fille disparue et coïncidences troublantes... Quant à cette vieille manie du réalisateur, de se foutre de l'adresse avec laquelle ses acteurs parlent la langue Anglaise, elle débouche sur des échanges parfois, hélas, hilarants, entre Stellan Skarsgaard et Javier Bardem. Bref, en un mot, et eu égard à l'impressionnant état de service de Forman: dommage. Forman et Goya valaient mieux...

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Published by François Massarelli - dans Milos Forman