
Nicolas Roeg a fait, avec Walkabout, un film essentiel dans lequel il plaçait ensemble deux enfants (un garçon très jeune et sa soeur un peu plus âgée, interprétée par Jenny Agutter) qui se retrouvaient suite à un pétage de plomb monumental de leur père, qui menaçait de les tuer, puis s'est fait sauter le caisson, seuls dans le désert Australien; et ces deux naufragés perdus étaient secourus par un Aborigène, qui cohabitait avec eux, échangeait, et... se mourait littéralement d'amour. Une cohabitation forcée qui débouchait sur un choc passionnant de civilisation, et sur une sensualité inévitable. Avec ce film, qu'il ne faut pas confondre avec le film de 2000 de Robert Zemeckis (Cast away) le metteur en scène Britannique reprend un peu une idée similaire, mais adaptée à un monde bien différent de celui qu'il dépeint dans son film Australien de 1972...
Gerald Kingsland (Oliver Reed) est un écrivain qui cherche l'inspiration d'une façon étonnante: il place une annonce: Ecrivain recherche 'épouse' pour passer une année sur une île déserte. Lucy Irvine (Amanda Donohoe) va répondre favorablement, désireuse d'échapper à la vie d'employée dans une corporation, et à la vie moderne de la City Londonienne... S'ils ont une aventure avant de partir pour l'Australie, Lucy est sérieusement embarrassée de devoir se marier: en effet, les autorités Australiennes l'exigent avant qu'ils ne viennent s'installer dans l'île... La cohabitation ne sera pas facile.
C'est décevant, en fait... On s'attend à Robinson, et bien sûr à des soucis, mais tout se passe comme si c'était miné dès le départ! Les premiers jours voient le "couple" se déchirer, et se trouver sur deux agendas différents: très vite, Lucy tente de s'adapter en se séparant de ses vêtements (ce qui tourne à l'argument publicitaire pour le film, bien évidemment!), en retrouvant des gestes de chasse, de pèche... Mais Gerald se mure dans une attitude contemplative, sans parler d'une obsession: il voudrait qu'elle accepte de re-coucher avec lui... le dialogue tourne très vite au double monologue, et les images superbes de la mer, de la flore et de l'île n'y font rien, l'ennui s'installe, quelquefois troublé par le caractère intempestif donné par Reed à son personnage.
On comprend le choix de ces personnages de vouloir vivre à l'écart d'un monde où la communication est impossible (le film exagère l'omniprésence d'écrans, et anticipe de 20 ans sur le boom des téléphones portables, en montrant des gens qui sont toujours au téléphone à faire autre chose en même temps qu'ils parlent... mais pourquoi recréer une autre incommunicabilité? Le film se perd justement dans son parti-pris esthétique... et dans une célébration de la nudité... La nudité féminine quasiment seulement. Cette fois (tout arrive) Oliver Reed garde son short presque dans tout le film.





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