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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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14 février 2025 5 14 /02 /février /2025 10:12

Au petit village d'Angevine, en Normandie, le maire Léopold Panneton, cafetier, hôtelier, marchand de journaux, projectionniste (Jean-Pierre Marielle), est un Socialiste fervent, qui a décidé qu'on serait heureux sur sa commune... même si on n'a pas envie. Il accueille, dans son village, deux copains de longue date, un fonctionnaire-peintre-compositeur-poête (François Périer) et un militaire à l'ancienne (Fernand Gravey). Les trois veillent sur la fille de Léopold, la belle Marie (Marthe Keller), qui rêve de gagner un concours de beauté... A moins que ce ne soit une stratégie pour faire l'intéressante auprès de l'instituteur, Gabriel (Philippe Noiret): le pauvre, il n'a jamais osé s'avouer ses sentiments à lui-même, alors de là à faire sa déclaration. Marie se présente donc à un concours (minable) mais elle voit débarquer dan,s sa vie un milliardaire américain, Broderick McPower (Bert Convy), qui vient de subir un nouvel échec sentimental. Pragmatique, il a décidé d'épouser une reine de beauté pendant qu'il se trouvait en France. Sans vraiment lui demander son avis...

C'est un joyeux foutoir, qui fait suite dans la carrière de de Broca à son fameux Diable par la queue, dans lequel il laissait libre cours à une certaine verve libertaire... sous contrôle! Reprenant deux des acteurs, Marielle et Marthe Keller, il a construit avec le scénariste Daniel Boulanger une petite bulle de poésie qui réussit à éviter la franchouillardise (le film est assez proche de l'esprit du merveilleux Un idiot à Paris de serge Korber à cet égard) tout en nous montrant la vie d'un petit village, avec son postier, son cafetier, etc... Mais le film n'oublie pas de porter une charge (mais en rose bonbon) contre le n'importe quoi Américaniste, à travers la caricature lourdingue de son milliardaire, un omnipotentat d'un genre dont on faisait déjà des caricatures éculées dans les annéees 30...

Impossible donc de prendre au sérieux ce film, qui il est vrai n'en a pas la vocation. Une halte, en quelque sorte, avec son petit village Normand transporté aux Etats-Unis par un enfant gâté...

 

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Published by François Massarelli - dans Philippe de Broca
4 novembre 2024 1 04 /11 /novembre /2024 14:14

Parenthèse légère, gentiment loufoque et particulièrement habile, Tendre poulet (1977) avait consacré les possibilités du duo Annie Girardot / Philippe Noiret, dans les rôles respectifs du commissaire Lise Tancrède et du professeur de Grec Antoine Lemercier, amoureux malgré la distance sociale et culturelle créée par leus métiers respectifs... Donc quelqu'un a estimé qu'il était nécessaire de leur donner une suite. Le premier film prend largement racine sur le métier de Tancrède, donc la police, et le deuxième se passe en Grèce, dans le milieu de l'archéologie...

Lise Tancrède et Antoine Lemercier, donc, se marient: la cérémonie a lieu entre deux arrestations! Puis les deux tourtereaux se rendent en Grèce pour une tranquille lune de miel... mais ils vont vie tyrouver devant eux un couple, les Pochet (Francis Perrin et Catherine Alric), lui est archéologue et elle le regrette... Pochet travaille sur des fouilles plus ou moins abandonnées, amais son travail a fini par payer: il a trouvé un fragment de statue qui pourrait bien faire sa gloire, le fessier d'une Aprodite... Sauf que Madame Pochet refile en douce les fesses en questions à un bellâtre local, pour les faire évaluer. ...Et le jeune homme est tué, et les fesses joufflues d'Aphrodite ont disparu. 

C'est un sous-produit, dans lequel on a le sentiment, quelle que soit la sympathie qu'on ait pour les personnages ou les acteurs, que tous ceux qui sont impliqués ne le sont finalement pas tant que ça! C'est très facile, et assez clairement le flm semble avoir plus ou moins jeté son enquête avecl'eau du bain, tout étant joué autour de la mayonnaise entre Noiret et Girardot (nettement moins intéressants ici que dans Tendre poulet, puisque tout est joué), mais aussi des Lemercier et des Pochet... Seulement le jeu rst souvent outré, le dialogue d'Audiard sans grand intérêt, à part peut-être dans ses dérapages et sorties de route (les sorties successives des deux professeurs, "C'est ici que les Athéniens s'atteignirent" pour Perrin, et "il n'y a pas une pinute à merdre" pour Noiret), qui me feront toujours sourire... Quant au titre, c'est le plus grand spoiler de toute l'histoire du cinéma.

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Published by François Massarelli - dans Philippe de Broca
29 octobre 2024 2 29 /10 /octobre /2024 22:50

Le commissaire Lise Tancrède (Annie Girardot), qui a réussi à se faire une place dans la police, rencontre un ancien camarade de fac, Antoine Lemercier (Philippe Noiret), qui y est resté: il est professeur de Grec à La Sorbonne... Elle n'arrive pas à lui avouer la triste vérité, et c'est ce qui va causer des difficultés, lorsque entre deux étapes de son enquête elle tente de commencer une relation avec lui...

C'est un classique, désormais, du à l'un des plus intéressants des metteurs en scène de comédie en France, et c'est l'un de ses meilleurs films, l'un des plus grand public aussi... reposant entièrement sur l'alliance entre deux monstres sacrés. Des acteurs de premier plan auxquels on ne pense pas forcément quand on éoque, justement, le cinéma populaire, et la comédie. C'est d'ailleurs injuste, l'un et l'autre s'étant illustrés, auprès de gens qui vont de Yves Robert (pour Noiret) à Claude Zidi ou Michel Audiard (pour Girardot)...

Et justement, Michel Audiard a contribué au dialogue, mais sans en faire trop, c'est même un modèle de discrétion pour lui... Mais le dialogue est parfaitement dosé, et contribue grandement à creuser l'écart entre le professeur de langues mortes, et la fonctionnaire de police, y compris quand il est évident que l'un comme l'autre juge l'autre irrésistible... Et d'ailleurs, avouons-le: dans ce film, plus que d'habitude sans doute, les deux acteurs le sont!

Et la galerie de portraits, dans cette affaire de meurtres crapuleux impliquant des députés, est une autre qualité, avec George Wilson en député de l'opposition, Guy Marchand en commissaire dragueur, Hubert Deschamps en concierge irascible, et Paulette Dubost qui joue la mère forcément farfelue de la commissaire, et enfin, moins onnue sans doute mais tout aussi mémorable, une habituée des films de de Broca, Monique Tarbès en dame pipi... 

Ce film délectable eut même une suite, On a volé la cuisse de Jupiter...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Michel Audiard Philippe de Broca
1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 10:25

Bob Sinclar (Jean-Paul B.) est un agent secret bien dans le ton des années 70: infaillible, surhumain presque, aux prises avec des tueurs internationaux de toutes origines (ici, des Albanais) et qui porte de façon musclée la voix de la France dans les coulisses des nations, tout en lutinant à l'occasion de belles espionnes lascives...

François Merlin (J.-P. Belmondo) est un auteur minable de romans policiers de la pire espèce, vendus dans les gares sous d'avenantes couvertures qui profitent de la libération des moeurs en affichant sans scrupules de fortes poitrines. Son héros est un agent secret bien dans le ton des années 70: infaillible, surhumain presque, aux prises avec des tueurs internationaux de toutes origines (ici, des Albanais) et qui porte de façon musclée la voix de la France dans les coulisses des nations, tout en lutinant à l'occasion de belles espionnes lascives... Il s'appelle, bien sûr, Bob Sinclar.

Pendant que Bob conduit ses affaires à sa façon désarmante de bêtise et d'auto-satisfaction, François lutte: il a un divorce sur les bras, un fils qui n'est pas sûr d'avoir son bac, et des traites à payer. Son patron, l'éditeur Charron (Vittorio Caprioli), est un exploiteur odieux. La seule personne qui semble avoir un peu de sympathie pour lui est sa femme de ménage (Monique Tarbès), alors que Merlin a pour sa part repéré sa jolie voisine, une étudiante Anglaise en sociologie dont il s'est inspiré pour la dernière conquête de Sinclar, la belle Tatiana (Jacqueline Bisset). Alors que Charron, l'ennemi juré de Merlin, se voit croqué dans les romans en Karpov, chef des services secrets Albanais...

Cette tendance à refléter dans les intrigues délirantes le quotidien médiocre se retrouve tout du long du film: par exemple, un plombier qui refuse de faire son travail trouve une mort atroce dans la fiction, et les transitions en profitent parfois: on retrouve Monique Tarbès passant l'aspirateur sur une plage d'Acapulco durant une fusillade, et les personnages interrogent parfois l'auteur lorsque celui-ci, qui décidément écrit trop vite, a couché sur papier une grosse bêtise: ainsi, Belmondo-Sinclar et Caprioli se retournent-ils vers la caméra pour contester qu'un supplice concocté par Karpov implique des rats aux dents imprégnés de cyanure... Le petit jeu entre réalité et fiction continue du début à la fin, il amuse beaucoup... au début, parce qu'à la fin ça s'alourdit.

Car Belmondo, désireux sans doute de se moquer de lui-même, charge autant la barque que son auteur, et on sait que Belmondo n'est jamais aussi atrocement mauvais que quand il se laisse aller, et la dernière demi-heure du film voit de Broca laisser son acteur en roue libre. Il est nettement plus touchant en Merlin, auteur timide et amoureux, qu'en Sinclar, qui par l'esprit de vengeance de son auteur, devient tout à coup impuissant, voire gay: oui, car un héros gay, en 1973, c'est le pire qui puisse arriver. Je sais, on dira "autres temps...", mais ça reste aussi inacceptable pour un film de 1973 qu'en 2021. 

Le film regorge de petits moments de bonheur quand même: mon préféré étant une séance d'interprétariat à la Goscinny: pour tirer les vers du nez d'un Albanais mourant, les services secrets n'ont pas trouvé d'interprète Albanais-Français, mais un interprète Albanais-Tchèque, un interprète Tchèque-Roumain, un Roumain-Russe et un Russe-Français... Du coup les informations (qui sont souvent inintéressantes, comme 'ah, je meurs", ou "vive l'Albanie" doivent passer par plusieurs bouches avant de faire leur effet... Mais l'incapacité à s'arrêter quand on en fait trop, et je parle autant du metteur en scène que de l'acteur ici, finit par agacer.

Et si le film fera autant penser à La fête à Henriette de Duvivier pour le jeu entre création et fiction, et à la fois au Grand blond d'Yves Robert, et aux deux OSS 117 de Hazanavicius pour la parodie assumée, il pâlit devant ces trois exemples, surtout devant l'impeccable réussite du diptyque avec Dujardin, ce dernier pour sa part n'en fait jamais trop, et n'a pas besoin du prétexte des deux niveaux de réalité pour que son jeu parodique fasse mouche. Belmondo, remarquez, n'y est pas non plus retourné, à ce second degré: cet insupportable cabotin s'est ensuite abîmé dans des productions où il allait assumer pour lui-même la vulgarité d'un Bob Sinclar, avec Le guignolo ou Le professionnel... 

 

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Published by François Massarelli - dans Philippe de Broca Comédie
20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 11:11

Le film de Philippe de Broca a pour point commun avec le roman de Jules Verne qu'il adapte une morale, simple mais efficace: le malheur fait le sel de la vie... Pour le reste, de Broca a considérablement dépoussiéré l'intrigue la transformant en l'histoire d'un riche Français des années 60, Arthur Lempereur (Jean-Paul Belmondo), playboy devenu suicidaire par ennui: il a tout, et n'a rien à attendre de la vie.

Tout à coup il n'a plus rien pourtant: il apprend sa ruine, et entend bien réussir son suicide. Mais un ami, le philosophe Mister Goh (Valerii Inkijinoff), lui propose de le faire tuer. Arthur accepte, mais très vite il va se raviser: il rencontre l'amour en la personne de la jolie Alexandrine Pinardel (Ursula Andress), et la menace permanente de la mort lui a redonné envie de vivre. Seulement pour revenir en arrière il lui faut retrouver M. Goh...

C'est bien sûr après le succès de L'homme de Rio que de Broca a mis ce film en chantier, co-production internationale qui sera distribuée par United Artists! Le ton est à la comédie à cent à l'heure, à la poursuite d'un Belmondo qui s'amuse autant que le spectateur, sans jamais totalement prendre au sérieux ce film gentiment farfelu. D'ailleurs, on attendait Jules Verne, ce fut Hergé qui arriva: Jean Rochefort, magistral de bout en bout, porte la livrée (noire et jaune) d'un domestique et suit son maître du début à la fin; il s'appelle Léon mais on a une irrésistible envie de l'appeler Nestor... deux inquiétants personnages qui s'avèreront finalement amicaux, Cornac et Rocantin (Paul Préboist et Mario David) sont un démarquage des Dupondt. Un gag dans un aéroport est directement tiré de Tintin au Tibet. D'ailleurs le Tibet? On y va! Arthur Lempereur porte une tenue inspirée de celle du héros de Hergé, mais le pull est rouge vif au lieu de bleu...

C'est plus que plaisant, loufoque de bout en bout; parfois on baillera peut-être un peu tellement Belmondo qu'on ne connaissait pas encore comme le cabot de ses années Audiard (et un couscous poulet, un!) en fait des tonnes. Mais que voulez-vous? Il y a ici un je-ne-sais-quoi de l'enfance, un rien psychédélique avant l'heure à souhait, qui peut enchanter... Et on voyage loin de notre lugubre Aube, de nos Ardennes ou de la morne Vendée, et pour pas un rond: Hong Kong, l'Inde, l'Himalaya... 

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Philippe de Broca
21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 09:28

Tout va mal au château, et il faut dire que Madame la marquise (Madeleine Renaud) s'entête: plutôt que de vendre la bâtisse, elle s'acharne à vouloir faire venir les clients de son hôtellerie dispendieuse. Il y a bien un truc, qui consiste en un petit sabotage par le garagiste local (Xavier Gélin) de toutes les voitures qui passent à sa portée. Les propriétaires des véhicules n'ont plus qu'à demander asile au manoir, dont les prix prohibitifs sont rendus plus doux par le fait qu'il n'y a pas d'autre solution... Charlie, le garagiste, est bien un peu scrupuleux, mais les beaux yeux de la baronne Amélie (Marthe Keller), la petite fille de la marquise, l'empêchent de trop rechigner. C'est dans ce contexte que débarque une nuit le baron César (Yves Montand). Il est beau, a de la prestance, du charme, et surtout des ennuis: il a toute la police du pays aux trousses et une valise pleine de billets... Très vite, toute la population de la vieille demeure se met en branle pour le satisfaire... ou lui soutirer son pognon. Surtout les femmes.

Il est un peu rapide de voir en ce film, comme un célèbre hebdomadaire coutumier des raccourcis à l'emporte-pièce, l'a fait, "l'esprit de mai 68". C'est étrange, faux, et surtout justifié par le fait qu'on y assiste à un ballet généralement immoral. Et si de Broca s'est amusé à mettre en scène des manoeuvres assez peu orthodoxes en effet, c'est surtout dans la lignée d'une libéralisation progressive des moeurs cinématographiques. L'enjeu dans cette comédie est en fait double: d'une part, c'est leur survie que jouent les nobles du château, oisifs, manipulateurs, mais foncièrement unis jusqu'à tout risquer: le meurtre, l'adultère au su et au vu de tous, la magouille, l'escroquerie.

Et c'est un matriarcat qui nous est présenté, dans lequel l'unique mâle (Du moins le seul homme à vivre en permanence au château) incarné par Jean Rochefort se contente d'appliquer les ordres de sa belle-maman, la très entreprenante marquise. Mais les femmes, unies derrière l'aïeule gentiment immorale, font corps à tous les sens du terme, n'ayant finalement pas d'autre finalité que de servir un homme et un seul, le parangon de la masculinité absolue, interprété avec gourmandise par un Yves Montand en vacances... On est donc loin d'une certaine vision du féminisme. Par contre on est en pleine comédie, fraîche, drôle (C'est bien le moins), au ton gentiment absurde, et traversée par des bribes de satire joyeuse. Et ça, ce n'est pas rien.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Philippe de Broca