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Dans un collège en Corse, deux élèves très concernés par l'environnement attirent l'attention de leurs camarades sur une pollution industrielle menée régulièrement par l'usine Chambon, employeur important du pays... Fouad (Mathys Clodion-Gines) et Cat (Colombe Schmidt) font équipe dans leur exposé, mais ils s'aiment en secret... Et Sami (Redwan Sellam), lui, aime de plus en plus Cat et ferait tout pour l'approcher. Afin d'aider son copain, Antoine (Aymé Medeville) décide d'entrainer les deux camarades écolo dans une mission dangereuse: l'incendie de l'usine. Ce qui au départ est un coup de bluff pour rapprocher sami et cat (d'ailleurs en vain) devient une épopée farfelue dans laquelle les quatre mousquetaires vont, comme de juste, se trouver un cinquième compagnon: Aimé (Paul Belhoste), principal souffre-douleur du collège... Et l'incendie va se transformer de façon fortuite en kidnapping de M. Chambon (Laurent Capelluto), le très désagréable patron de l'usine...
C'est une excellente surprise: une surprise d'abord parce que Salvadori, dont c'est le dixième film, a souvent situé ses comédies dans le monde des adultes. Mais ici, on revisite une tradition fabuleuse, celle des films dont les enfants sont les héros, sans pour autant que ça plonge dans la mièvrerie: et il y a de sacrés précédents, d'Emile et les détectives (Gerhard Lamprecht, 1931) à La Guerre des Boutons (Yves Robert, 1962)! Mais avec celui-ci, on a très envie d'ajouter Stand by me, de Rob Reiner, qui montre lui aussi une bande d'ados engagés dans une mission absurde et dangereuse, qui va devenir initiatique...
Pas beaucoup de pathos, ici, en dépit d'un constat impitoyable: l'enfance, c'est dur, et l'adolescence c'est pire. Survivre à un remariage, subir la violence d'un parent, gérer l'absence d'un parent emprisonné, aimer quelqu'un sans espoir, et bien sur le harcèlement d'Aimé (qui est, justement, le narrateur du film): il fallait le faire... Mais le vrai sujet reste l'entraide, au delà de toute moralité, et cette rude envie d'exister pour les autres qui se manifeste à travers de vrais personnages d'ados qui échappent aux clichés par leur naturel.
Et Salvadori connait la musique, lui qui a réalisé auparavant 8 comédies, et confesse depuis toujours une affection forte pour la comédie de caractères, la screwball comedy et l'énergie de la comédie classique à l'Américaine: c'est donc visuel (avec des gags "physiques", aux dépens de ce pauvre Chambon... D'ailleurs, il est louche, la preuve: les mocassins sans chaussettes), plein de rythme, une vraie bulle de bonheur... Les personnages, qui tous dissimulent gros et petits secrets, sont donc parfaitement en phase avec les affabulateurs divers et variés qui peuplent l'univers du metteur en scène depuis ses premiers films.
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Les apprentis (1995)
de prix, ici... Avec feu Marie Trintignant. La mythomanie rejoint la
maniaqueraie de Jean Rochefort (Cible émouvante), et sera bientôt accompagnée de nombreux menteurs...
franchies. Souvent drôle, mais parfois grave, une comédie subtile de plus d'un
admirateur de Lubitsch, avec Audrey Tautou, Nathalie Baye, et l'excellent Sami Bouajila en victime expiatoire des égarements de la femme qu'il aime... En Anglais, le film est connu sous un joli
titre: Beautiful lies... Les menteurs, il y en a beaucoup dans le cinéma de Pierre Salvadori... Il y en aura peut-être d'autres. Au moment ou triomphe The
artist, de Michel Hazanavicius, il convient de rappeler que les Anglo-Saxons plébiscitent de nouveau la comédie Française de qualité, et c'est justement vers ce film que s'est portée
leur attention: il a eu semble-t-il plus de succès à l'étranger que chez nous.