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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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24 décembre 2025 3 24 /12 /décembre /2025 10:43

Un prêtre particulirement aimé par ses paroissiens fanatiques, le père Wick, est assassiné en plein service... On fait appel au détective Benoît Blanc (Daniel Craig), qui apporte son aide au père Jud, l'assistant du père Wick. Celui-ci, qui a toujours été un peu critique de la méthode et de la personnalité de son supérieur, est en effet considéré par l'ensemble des dingos qui ne jurent que par Wick, comme l'inévitable suspect. Bref: on est en plein whodunit, donc il faudra attendre la fin du film pour résoudre une énigme... Assez peu inventive si vous voulez mon avis.

Tout et normalement dans l'attente avec ce genre de film, ou d'intrigue. Et c'est bien là que le bât blesse. Passées quelques minutes délectables au début du film (le parcours du jeune Père Jud, son côté Père Boxeur, le soutien embarrassé de sa hiérarchie quand il a tapé sur un doyen con et raciste), et les délicieuses confessions provocatrices du père Wick, le film s'enlise dans une sorte de revue de détail compassée, dans laquelle évidemment chaque paroissien est un dingo en puissance, et chacun d'entre eux est un superbe coupable. Bref, du réchauffé. 

Le script, envahi de rebondissements permanents parce que c'est comme ça et que sinon on s'ennuie, ressemble à un cadavre exquis, bref on n'est pas loin d'avouer que ce film, qui devrait nous distiller le frisson de l'énigme (aussi artificielle soit-elle) comme ses deux prédécesseurs, n'en finit pas (2h15) de nous ennuyer. Je vous épargne le film, c'est Josh Brolin qui a fait le coup.

Plus ou moins.

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Published by François Massarelli - dans Rian Johnson Whodunit
7 janvier 2023 6 07 /01 /janvier /2023 11:38

Un milliardaire un peu fêlé, Miles Bron (Edward Norton),  envoie une invitation à ses meilleurs amis pour un week-end sur son île au large de la Grèce... Il les a conviés pour un jeu de l'esprit, ou un jeu de rôle: un mystère à résoudre, en l'occurrence son propre meurtre... Mais il y a, dans cette situation qui promettait d'être ludique, un certain nombre de grains de sable:

d'abord, parmi les personnes qui arrivent sur l'île, se trouve un détective, et pas n'importe lequel: Benoît Blanc (Daniel Craig), le meilleur fin limier, constamment mentionné dans la presse. Il n'était pas invité, et montre une certaine inquiétude à l'idée qu'une machination ait pu l'amener sur place. 

ensuite, parmi les invités, se trouve également Cassandra, dite Andi (Janelle Monàe), l'ancienne associée de Miles, qui est tombée en disgrâce, lâchée par tous ses amis... ceux qui vont passer le week-end avec elle.

enfin, le casting du week-end est complété par Duke (David Bautista), un insupportable youtubeur qui s'accroche à des conceptions, disons, masculines et très conservatrices: nichons, moto, flingues... Il est accompagné de Whiskey (Madelyn Clyne), sa petite amie et assistante. Claire (Kathryn DeBella), gourverneure du Connecticut; Birdie (Kate Hudson), mannequin complètement lessivée accompagnée d'une coach, Peg (Jessica Henwick) qui a pour mission de réparer ses bêtises, notamment sa tendance à tweeter comme on respire des horreurs racistes; enfin, Lionel (Leslie Odom jr) et un scientifique qui a permis à Miles de mettre son nom sur un certain nombre de coups technologiques. Tous ces gens sont non seulement de vieux amis de Miles et Andi; ils sont, surtout, dépendants du milliardaire qui peut, d'un seul mot, faire ou défaire leur carrière. Et Whiskey, qui couche allègrement avec Miles, est semble-t-il un peu plus que ça...

La soirée va donc partir sur les chapeaux de roue, mais Blanc réussit à résoudre l'énigme proposée par Miles pour le week-end, avant que celui-ci ait le temps de l'expliquer! Heureusement ou malheureusement, une vraie mort intervient quelques minutes plus tard quand Duke s'écroule, manifestement empoisonné. 

...qui a fait le coup?

Le whodunit, donc, est à la mode semble-t-il, notamment quand on constate l'insolent succès (mérité) de ce film et de Knives out, le précédent long métrage de Rian Johnson, avec le même personnage irrésistible de détective surdoué joué par un Daniel Craig visiblement heureux d'interpréter un personnage récurrent bien différent de celui qui l'a rendu incontournable! Rappelons à toutes fins utiles le principe du genre: un meurtre a lieu, et le tueur est inconnu; à la charge d'un détective de trouver la solution du crime, qui passera évidemment par-dessus la tête du public... Mais comme Johnson l'a démontré avec Knives out, ainsi que avant lui, Agatha Christie dans Murder on the orient express, Boileau et Narcejac, puis Clouzot avec Les Diaboliques, et Hitchcock avec Psycho, le whodunit peut aussi ne pas se contenter d'etre une énigme linéaire de téléfilm du samedi soir... 

"Glass onion", un oignon de verre, est un vieux terme qui était utilisé pour désigner des flacons en forme d'oignon, justement. Et quand on regarde à travers un de ces flacons, on a une image sensiblement détournée. Le terme, pour moi, est indissociable de la chanson des Beatles, qui figure sur l'album blanc, The Beatles de 1968. John Lennon s'y livrait à une relecture ironique de quelques chansons du groupe, en en changeant les contours... La chanson, en guise de clin d'oeil, accompagne le générique de fin, et est d'ailleurs accompagnée de beau monde durant le déroulement du film: on y entendra David Bowie, les Red Hot Chili Peppers, voire Nat King Cole... Edward Norton y interprète même quelques notes de Blackbird des Beatles... Ce bric-à-brac sonore a plusieurs fonctions, outre celle d'assurer une certaine classe évidente au film: elle cible les personnages entre tradition et modernité. les faire écouter du rap ou du Mozart aurait été trop loin dans l'une ou l'autre des directions. Sinon, c'est un des nombreux aspects du film qui participe à la mystification globale... Quand on y pense, toutes ces chansons sont de qualité, certes... Mais rien que de très conventionnel, somme toute. Comme Miles Bron, qui derrière ses milliards, est un type vain, intellectuellement fauché (incapable de fixer le vocabulaire dans son esprit), mesquin, habitué à tout régler à coup de traîtrise d'un côté, de dollars de l'autre... Et la galerie de personnages le complète allègrement: un fier-à-bras qu'on verrait bien accompagner les néandertaliens qui sont partis se soulager (littéralement, à propos) dans le capitole; une politicienne qu'on devine corrompue jusqu'à la moelle; un scientifique tellement dévoyé qu'il en a perdu son âme... ou sa puce. Et ma préférée: Kate Hudson joue... une conne. Une vraie, une belle... une imbécile qui éructe des horreurs dès qu'elle entend le mot woke; une imbécile qui ne comprend pas qu'un sweatshop n'est pas une boutique de vêtements de sport. Elle n'est pas complètement idiote (seul René Goscinny avait le talent de créer d'authentiques idiots qui l'étaient à 98%), mais l'est suffisamment pour que ce soit drôle à chaque fois!

 

Le film est réjouissant dans la mesure où, derrière le côté ludique d'un film à énigme, avec détective à manies (on y apprend, incidemment, que Blanc vit avec un certain Phillip, incarné par Hugh Grant), il nous livre un miroir déformant mais pas si déformé de notre monde, durant la pandémie: cette dernière est un sacré révélateur de la bêtise des riches, et c'est sans doute le principal sujet du film, dont la cible évidente est cette troupe de parvenus prêts à tout, du mauvais goût au meurtre, pour conserver ses privilèges... Mais c'est aussi réjouissant parce que le film repose sur une structure qui va inverser allègrement tout, je ne vais évidemment pas rentrer dans les détails, mais vous le sentirez passer... Parce qu'il pose non pas une, mais plusieurs énigmes, qu'il vous sera impossible évidemment de résoudre (mais ce n'est pas le but, en fait, si vous le croyez vous êtes bien naïf), et parce qu'il prend évidemment le contrepied du film précédent: Knives out était automnal, celui-ci (bien que tourné durant la pandémie) est solaire et estival. Knives out se situait dans de vieux intérieurs boisés du Massachussetts, et Glass Onion sur une île tellement hi-tech qu'elle en devient absurde, entre les mains d'un type qui ressemble tellement à ce connard d'Elon Musk que c'est un bonheur de voir Edward Norton lui tailler un costard... Enfin, si Glass Onion, des Beatles, semblait solder l'héritage psychédélique du groupe en effectuant un commentaire sur les chansons des Beatles, ce film a une dimension intéressante, de commentaire du genre du whodunit, dont il devient à la fois un glorieux représentant, en même temps qu'un anti-whodunit absolu: après tout, Blanc ne résout-il pas une énigme avant même qu'elle ait été posée?

Pour résumer, donc, que du bonheur...

 

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Published by François Massarelli - dans Rian Johnson Whodunit
1 janvier 2023 7 01 /01 /janvier /2023 18:56

Un homme (Christopher Plummer) est mort, il s'est tranché la gorge... La nuit était pourtant belle, il venait de passer la soirée en compagnie de sa famille... Oui, mais voilà, si l'enquête semble de routine, le mort ayant été retrouvé la gorge tranchée, la main sur l'arme, et aucun indice ne pouvait donner à croire qu'une autre personne était présente, pourquoi un anonyme a-t-il fait appel à Benoit Blanc (Daniel Craig), détective privé, le limier des enquêtes les plus extraordinaires? Et que cache Marta (Ana de Armas), la petite aide-soignante d'origine Equatorienne qui semble si incapable de mentir? ...Ca la fait (littéralement, et l'adverbe est cette fois très bien utilisé) vomir...

Un whodunit... Dans un premier temps, l'esprit s'agace, comprenez-vous: ce type d'histoire dans laquelle un crime est commis, personne ne sort, et un invité présent qui se trouve être le fameux détective machin, qu'il soit Belge, Londonien de Baker Street, ou comme ici, Sudiste de basse extraction avec l'accent pour le prouver, va déjouer tous les pronostics et trouver le coupable... en moins de 200 pages, ou en moins de 120 minutes. Rien qui puisse créer du suspense (puisqu'à partir du moment où on ne sait rien, il n'y a pas de suspense possible, je le rappelle!), rien qui puisse a priori nous faire revenir sur nos pas et revoir le film, puisqu'on s'imagine qu'on a déjà éventé son intérêt.... 

Et certes, on a tort. On voudrait faire son malin, et rester fermement au côté  d'Hitchcock dans son refus du genre, mais même lui, d'une certaine façon, en a fait... A leur façon, The lodger, Blackmail, ou encore Psycho (mais oui!) étaient tous des whodunits maquillés... Non, ce qu'on voudrait éviter, c'est bien sûr le côté mécanique, gratuit, du genre... Quoique...

D'une part, ça a son charme, à condition qu'on y trouve de quoi y retourner... Et d'autre part même Agatha Christie, peut-être même sans en être consciente, profitait du genre pour égratigner avec sa plume pas si neutre la bonne société, ou pire: ses parvenus, les cibles qu'elle préférait... Et remontons à Clouzot, dont Les diaboliques est un des plus beaux whodunits de toute l'histoire du cinéma, sauf qu'on ne le sait pas quand on le voit (donc si vous n'avez jamais vu ce chef d'oeuvre, oubliez ce que je viens d'écrire): une fois qu'on l'aura vu et qu'on connaîtra la solution, un film de ce genre devient une occasion de lire une mise en scène, celle d'un coupable ou celle d'un détective, voire les deux.

Et c'est de ça qu'il est question, dans ce film parfaitement efficace, qui ne ménage ni son humour, ni es acteurs, et actrices, et qui tape avec un plaisir évident sur un groupe de riches particulièrement ignobles, qui s'en prennent à une pauvre immigrée dont pas un n'est capable de se rappeler la provenance. Ana de Armas est excellente, Daniel Craig aussi, et... le reste de la troupe? Toni Collette, Chris Evans, Michael Shannon, Jamie Lee Curtis, Don Johnson, Jaeden Martell... Le détective est une variation sur Hercule Poirot, et Daniel Craig ne peut absolument pas en faire un type qu'on n'aimera pas (au contraire de Poirot, d'ailleurs); je parlais de mise en scène, mais dans cette bonne société tout le monde avance ses pions, et ça vire vite au jeu de massacre... Bref: du plaisir? Oh que oui! A revoir? certainement! Mission accomplie, donc...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Whodunit Rian Johnson