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14 octobre 2025 2 14 /10 /octobre /2025 21:56

Venu en villégiature en Ruritanie, l'Anglais Rudolph Rassendyll (Stewart Granger) savait-il qu'il allait tomber sur le pire moment possible? Lui qui est un sosie absolu du Prince héritier, futur roi Rudolph V, dont il faut rappeler qu'il est un lointain cousin, ignorait qu'il se retrouverait devant une situation politique compliquée, avec des factieux menés par un prince félon, Michael (Robert Douglas), demi-frère de Rudolph, et par un noble ambitieux et dangereux, Rupert of Hentzau (James Mason), qui ont drogué le Roi pour en empêcher le couronnement. Comment pouvait-il imaginer qu'il serait amené au pied levé à remplacer dans ses fonctions et sur son trône le roi, un peu trop amoureux de la bouteille, un peu trop vantard? Et enfin bien sûr, il ne pouvait en aucun cas imaginer qu'en la présence de la belle Flavia (Deborah Kerr), promise au prince, il verrait son coeur s'emballer...

L'aventure improbable et mélodramatique à souhait, a bien sûr été tournée plusieurs fois avant ce film: d'abord par Edwin S. Porter, en 1913; puis par George Loane Tucker, en 1915; par rex Ingram en 1922, puis par John Cromwell pour Selznick en 1937... Les similarités de découpage entre cette dernière version et celle-ci ont déjà été discutées, mais le fait est que cette version de 1952, en choisissant de privilégier la rigueur (pas de temps mort, pas d'équivoque) en même temps qu'une certaine flamboyance (un Technicolor superlatif), réussit à donner le meilleur de cette histoire, aussi délirante soit-elle...

Thorpe, de toute façon, s'il a a toujours été un yes-man sans aucune imagination (ce qui viendrait renforcer l'hypothèse d'un tournage qui tournerait parfois au calque de la version précédente), a aussi une certaine faculté à incarner le style même des productions MGM, conduisant la production de ce film vers le succès, en profitant d'un budget conséquent, des ressources d'un studio...

Et d'un casting fabuleux. A propos duquel il me semble intéressant de souligner un clin d'oeil à la version de Rex Ingram de 1922: l'archevèque qui officie lors du couronnement n'est autre que Lewis Stone qui incarnait justement les deux Rudolph dans cette auguste version muette...

 

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Published by François Massarelli - dans Deborah Kerr Richard Thorpe
30 décembre 2024 1 30 /12 /décembre /2024 14:04

Les services secrets sont en émoi: des agents ont disparu lors de diverses missions en Afrique, en enquêtant sur les agissements de trafiquants qui occupent un temple situé en pleine jungle impénétrable... Un temple qui, dit-on, recèle aussi l'accès à un mythique trésor, mais qui semble gardé par toute une ménagerie (Lions, singes, dinosaures, et Boris Karloff!). On demande donc à un as, Trent (Walter Miller), de se rendre sur place et de régler le problème. Ce qu'il fait, mais... il n'est pas le seul à s'intéresser à ce temple, puisque la belle Diana Martin (Jacqueline Logan) y cherche son père...

Quelle salade, pensez-vous probablement. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que le film est en prime un serial en dix épisodes, qui me semble plus que de coutume faire du sur-place de manière systématique. C'est un film qui a un titre de gloire et un seul: celui d'avoir été le premier serial Américain sonore (grâce à l'introduction parfois forcée du son, à travers des scènes dialoguées, souvent redondantes, dans chacun des dix épisodes... Pour le reste, c'est du muet.

Totalement insipide, l'intrigue n'a aucun sens ni aucune cohérence, et les épices (attaques de fauves, répétitives, dinosaure en carton, et gorille qui est probablement Charles Gemora en peau de bête, comme d'habitude) semblent avoir été saupoudrées de manière à structurer un film sans vrai enjeu. Le seul vrai intérêt, c'est sans doute de présenter Boris Karloff avant Frankenstein... Voici en tout cas ce que faisait Richard Thorpe avant de devenir le réalisateur à tout faire de la MGM...

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 ** Muet Richard Thorpe
28 octobre 2021 4 28 /10 /octobre /2021 16:17

Trois réalisateurs, dont un seul est crédité: le signe qu'une fois de plus il y a de l'embrouille au -delà de la passe de Mutia... Le même problème que pour Tarzan and his mate, en fait, à savoir une incapacité de la production à faire des choix clairs et à confier le film au bon réalisateur... On y revient plus bas, dans la mesure où il n'y a pas grand chose à dire sur le film.

Celui-ci commence par un retour en arrière; à nouveau, l'intrigue partira de la promesse d'un safari, puisque la famille de Jane souhaite la faire revenir. Plus précisément, deux cousins, Rita (Benita Hume) et Eric (William Henry), ses deux cousins, qui ont l'air aussi à leur place dans la jungle que Johnny Weissmüller le serait en habit vert à l'académie française... Ils demandent de  l'aide auprès d'un chasseur-businessman, Fry (John Buckler), qui les conduit en espérant pouvoir ramener Tarzan dans une cage. En 17 minutes, cette fois, le tour est joué, et on entend le fameux cri! 

Le reste est assez routinier, et bien sûr, on ne pas y échapper: oui, les TarzanJane s'embourgeoisent, puisque de petite hutte ils sont passés à grosse maison avec ascenseur, et sinon Jane a appris à coudre en utilisant de plus larges bande de peau que pour son dernier film! Car le Code est là et Joseph Breen, censeur en chef, veille au grain (de peau).

Mais le film a subi des soucis assez simples: le scénario a changé plusieurs fois en cours de route et le film aussi. D'une part parmi les décisions abandonnées, il y avait une volonté initiale de tuer tout le monde, sauf Tarzan et Jane; ensuite, une séquence située vers la fin voyait le safari affronter des créatures fantastiques (des grosses chauve-souris) dans une grotte infestée de marécages: la grotte subsiste, mais la séquence ne contient plus que son début et sa fin. Si certains (98% des porteurs Africains, et le méchant bien entendu) y passent, les gentils Anglais sont accompagnés jusqu'au confins du territoire de Tarzan et gentiment renvoyés à Londres...

Si les Gabonis ne les attrapent pas! Car Jane, c'est acquis, ne veut pas du tout partir, c'est évident et donc quand le safari repart c'est sans la protection de Tarzan. Le film, entre autres égarements, nous montre une vision idyllique, et d'ailleurs un peu trop rose de leur vie de couple... Une vie sans enjeu: Tarzan sait tout, voit tout, protège contre tout... Difficile donc de faire un film qui soit autre que fade dans ces conditions.

Et comme il a été coupé, sévèrement dit-on, et qu'il est bien court, le film s'est vu complété par... des réemplois, des redites, et des séquences quasiment intégrales, notamment de Tarzan and his mate (les Gabonis). La séquence de baignade ayant été coupée un peu partout dans le film de 1934, elle est ici rejouée, mais habillée, avec la même Josephine McKim, et la même chorégraphie. Et les transparences, pour certaines, sont une reprise des mêmes fonds...

Voilà qui n'explique pas, mais qui illustre la panade durant laquelle James McKay, puis John Farrow (qui a toujours dit avoir fini le film) et enfin Richard Thorpe (qu'a-t-il tourné? Mystère... En tout cas son absence totale de style est omniprésente) ont été amené à prendre la barre d'un film qui a bien failli s'appeler The capture of Tarzan, et qui aurait tout aussi bien pu s'appeler Tarzan lays an egg

Mais le pire est à venir: trois fois.

 

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Published by François Massarelli - dans Ungawa Richard Thorpe
25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 11:24

"Un chef d'oeuvre", conclut Patrick Brion dans le texte consacré à ce film, choisi comme représentatif du "cinéma d'aventures", dans un ouvrage paru aux Editions de la Martinière. Sans aller jusqu'à me risquer à parler ainsi de ce film, il faut bien reconnaitre que les gens (Thorpe, l'homme à tout faire de la MGM, et le producteur Pandro S. Berman) qui ont présidé à la réalisation de cette version du roman de Walter Scott ont fait de la belle ouvrage, d'une part, mais aussi un film dont l'interprétation ne se limite pas à la simple vision d'un moyen-âge mythique et distrayant: il y a plus, bien plus...

Comme la légende de Robin des Bois, le film (comme le roman) se situe pendant la régence de Jean, le frère de Richard 'Coeur de lion'. La présence assez voyante de Robin de Locksley dans le film nous rappelle d'autres glorieuses pages cinématographiques, mais il ne s'agit pas de Robin Hood cette fois: le héros, c'est Ivanhoe, un chevalier Saxon attaché à rendre la couronne à Richard, qu'il sait prisonnier en Autriche. Il a pour mission de récupérer une rançon afin de ramener Richard pour flanquer la pâtée à Jean, et sauver l'Angleterre... Mais pour cela, il ne doit pas se contenter d'unifier le clan des Saxons contre les Normands du prince Jean (en sachant que Richard est lui aussi Normand): il lui faut également convaincre la communauté Juive Anglaise de participer à la bataille...

 

Au début du film, Wilfrid d'Ivanhoe (Robert Taylor) , déguisé, participe à un repas chez son père: le vieux Saxon (Finlay Currie) a permis à des chevaliers Normands de partager son repas, dont le puissant Chevalier de Bois-Guilbert (George Sanders); un homme de passage, le Juif Isaac D'York (Felix Aylmer), est lui aussi convié à la table, au nom des lois d'hospitalité. au cours du dîner, qui sert d'exposition des rivalités et de la situtaion politique locale, la présence du vieux Juif semble être précisément le principal problème pour les Normands, là ou le vieux Sir Cedric dit ne pas voir de différence notable entre tous les hommes invités à sa table: le ton est donné... Le film montre ainsi non pas une lutte entre saxons et Normands, comme Robin Hood, mais bien un combat entre ceux qui excluent et ceux qui sont prèts à vivre avec les autres, y compris les Juifs. Le film est plus courageux que ceux des années 30 qui évitaient soigneusement d'utiliser le mot 'Juif' pour raconter l'exclusion vécue en Allemagne nazie, par exemple, mais de fait, la guerre, mais aussi le film The gentleman's agreement (kazan, 1947) sont passés par là. au-delà du message anti-raciste, le film montre aussi en Ivanhoe un homme qui sait contrer ses ennemis, mais aussi ses amis: il affranchit lui-même un esclave de son père, qui lui en voudra.   Bref, on est en pleine naissance de l'humanisme.

Le film ne se contente donc pas d'être un beau film de chevalerie: la thématique de l'exclusion et de l'antisémitisme, d'un choix pragmatique (Tous ceux qui sont aux côtés de Richard expriment souvent un choix par défaut) à des fins politiques, et surtout le bizarre rectangle amoureux formé autour d'Ivanhoe et de la belle Rebecca d'York (Elizabeth Taylor) finissent d'en faire un film adulte et riche. Ivanhoe amoureux de la pupille de son père, la belle Rowena (Joan Fontaine) reçoit l'aide de la mystérieuse Rebecca, amoureuse de lui, et dont la survie est le principal enjeu du combat final: en effet, l'ennemi Bois-Guilbert n'aime pas les Juifs, mais il est subjugué par la belle Rebecca, au point d'être prèt à trahir pour elle, voire à admettre le déshonneur de perdre la face en combat. face à Robert Taylor, le principal atout de ce film est inévitablement George Sanders, dont la vénéneuse voix cache ici de bien troublants tourments intérieurs...

 

...Et en plus, le film a été tourné en Angleterre, dans de vrais châteaux, avec des batailles, des flêches, des ponts-levis... Toute la panoplie!!

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Published by François Massarelli - dans Richard Thorpe