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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 19:36

Une jeune Américaine se rend en Angleterre pour visiter la famille, parfaitement déterminée à montrer par un tempérament totalement désagréable à quel point elle est décidée à s'ennuyer. Mais elle se laisse vite aller à la douce vie de ses cousins, dont la mère diplomate n'a plus le temps de s'occuper. Et surtout il y a son cousin Eddie... Mais à l'extérieur, les choses se précipitent, le terrorisme fasciste se manifeste, et la guerre éclate.

Saoirse Ronan habite totalement son personnage d'Américaine paumée qui fait le bon choix (Rester en Angleterre) au mauvais moment (C'est l'état d'urgence, et les militaires se comportent comme des militaires, soit ils régentent, brutalisent et massacrent). Elle y est admirable, et le film, fait d'urgence post-apocalyptique matinée de poésie bucolique (Si, si...), est de ceux qui vous restent longtemps dans la tête. Et pourtant ce n'était pas gagné: trois films en un, réellement; un conte de science-fiction noir, très réussi. Une histoire d'exaltation amoureuse adolescente, ce qui peut tout donner y compris le pire. Et un conte philosophique qui prend acte du rite de passage très particulier qui va changer Daisy en une femme.

Et le film ne prend surtout pas de gants, n'invente pas de raisons ni d'excuse à la violence, ne rationalise pas à outrance... Et on y tue des chiens et des enfants. Pas de gants, je vous dis, dans ce conte d'anticipation en noir et rose...

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Saoirse Ronan
28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 09:34

En 1985, Joe Dante faisait confiance à son cinquième long métrage pour l'installer définitivement parmi les metteurs en scène qui comptent. Du moins pendant le tournage. C'était sans compter sur, comment va-t-on appeler ça? La poisse? La malédiction? Quoi qu'il en soit, c'était sans compter sur le studio qui s'apprêtait à le sortir, pour les fêtes pensait Dante, mais en fait en été. le tournage n'était pas fini, les scènes à effets spéciaux n'avaient pas été finalisées, et la fin n'était même pas décidée. Le résultat est un naufrage...

Ben (Ethan Hawke) et ses copains Wolfgang (River Phoenix) et Darren (Jason Presson) sont des pré-ados assez typique de ce qu'on trouve dans un film de Dante: des jeunes mal assurés, victimes des railleries des néandertals qui les entourent, et laissés à des parents qui les négligent (Ben), les battent (Darren), ou sont tout simplement complètement à l'ouest (Wolfgang). Mais Ben a reçu, en rêve, des instructions mystérieuses pour pouvoir aller à la rencontre... des extra-terrestres. Et comme ils n'ont rien de mieux à faire, ils se mettent au travail.

Ouch! Une fois passées les premières quarante minutes, qui sont du pur Joe Dante (Description amusée d'une banlieue modeste, établissement de la différence entre Ben et ses copains d'une part, qui sont fans de cinéma et de cartoons classiques évidemment, et les débiles qui les entourent (Comme le dit un gamin: "J'aime pas les livres, j'aime pas l'école"), l'histoire devient du grand n'importe quoi. La rencontre avec les extra-terrestres a bien lieu, mais elle a l'air tellement amateur qu'elle est embarrassante et insupportable à regarder... D'autant qu'elle est longue et redondante. Dante assurait que dans tout ce qui a été coupé il y aurait le coeur du film, ce qui est toujours facile à dire une fois que le mal est fait, mais tel qu'il est, le film et surtout son dernier tiers, sont tellement embarrassants, qu'on ne demande qu'à le croire! reste que les ados vont rencontrer des extra-terrestres qui sont en fait... des ados. Et que la menace qui pèse sur eux et qui a motivé leur appel au secours, c'était bien sur leurs parents. Le monde est petit...

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Joe Dante
25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 17:38

1893: Herbert G. Wells (Malcolm McDowell) a enfin réalisé son rêve; après avoir fait le mercenaire en plaçant des articles et éditoriaux un peu racoleurs dans plusieurs journaux, il a pu financer la réalisation de sa machine à voyager dans le temps. Et il a invité un groupe de ses amis scientifiques, intellectuels et médecins afin de leur faire part de son invention... L'un d'entre eux, le docteur John L. Stevenson (David Warner) arrive un peu tard: et pour cause, il vient d'assassiner une prostituée, une vieille habitude qui l'avait beaucoup amusé à l'hiver 1888, mais qui lui était pourtant passée. Lorsque la police, sur les traces du meurtrier, arrive sur les lieux, qu'on trouve toutes les preuves de son acte dans sa trousse de médecin, Stevenson a disparu...

Wells comprend qu'il est parti dans le temps, et se précipite à son tour... pour arriver à San Francisco en 1979, dans une exposition consacrée à l'univers de H. G. Wells dans laquelle la machine est justement l'une des attractions majeures. Décalé, déboussolé, Wells va vite pouvoir compter sur l'aide d'Amy Robbins (Mary Steenburgen), une jeune Américaine délurée, pendant que les meurtres de prostituées vont se multiplier à San Francisco...

Sorti à la toute fin des années 70, ce film inattendu d'un auteur-réalisateur qui n'a pas forcément fait beaucoup de vagues dans sa vie, est plus qu'un ovni. Avec son scénario qui entremêle adroitement et avec humour Jack l'éventreur et H. G. Wells, suspense et voyage dans le temps, l'époque Victorienne et le San Francisco qui avait vécu la libéralisation et la révolution sexuelle, le film anticipe avec bonheur sur la production des années 80 dans son extravagance, cachée derrière les Indiana Jones, ou les autres productions de Spielberg, Young Sherlock Holmes en tête... nous sommes donc face à un mini-classique!

Le décalage entre le Victorien malgré lui Wells (McDowell est un immense acteur, ce n'est pas nouveau, mais ici il est formidable dans le rôle du Candide), qui dans le Londres de son époque professe le socialisme, l'utopie et l'amour libre, mais se choque vite du comportement très rentre-dedans de la belle Amy, l'arrivée de Jack L'Eventreur qui explique à son ex-ami en lui montrant la télévision (drames, guerres, enlèvements, massacres) qu'il est désormais dans un monde taillé pour son génie criminel, la confrontation aussi d'un homme à sa propre mortalité (Wells arrive dans un musée qui lui est consacré, et peut voir autour de lui toute son oeuvre qui lui est encore étrangère), le film fourmille d'idées et adopte une narration à hauteur d'homme perdu, en montrant constamment la façon dont Wells n'a pas les clés pour comprendre ce monde. C'est drôle, mais pas que, c'est aussi à bien des égards une certaine forme de conte de fées. Et on passe, définitivement, un bon moment...

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Comédie
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 09:33

Continuant de révolutionner discrètement mais en profondeur le canon de la science-fiction dite 'intelligente', les Britanniques vous sortent parfois des pépites inattendues qui se voient et se revoient avec plaisir: il y a deux ans, Under the skin, de Jonathan Glazer, et puis en 2015, cette petite merveille. Un sujet est commun aux deux films: qu'est-ce que l'humain? Et la façon d'évaluer est la même dans les deux: la séduction, la sensualité et la nudité (Ainsi que l'attirance qui en découle) jouent un rôle déterminant.

Ex machina conte l'expérience à laquelle se prête un analyste informatique, Caleb (Domnhall Gleeson), engagé officiellement par un ingénieur génial, Nathan (Oscar Isaac) pour évaluer l'intelligence artificielle d'un androïde, une jeune 'robote' très séduisante qui répond au doux nom d'Ava (Alicia Vikander), et qui va d'emblée (Elle est programmée pour ça, d'une certaine façon) jouer avec lui le jeu de la séduction. Dans un huis clos dévastateur, Ava, son interlocuteur, son créateur et une mystérieuse jeune femme d'origine Japonaise nous entraînent dans une intrigue de chat et de souris particulièrement relevée, et montée avec une délicieuse lenteur.

D'une part, le film cède de façon plus que satisfaisante aux règles imposées par la rencontre de l'homo erectus et de l'homo robotus, avec les développements les plus intéressants qui soient: entre Nathan, créateur surdoué mais à l'égo surdimensionné, Caleb le gentil Candide qui développe des sentiments de plus en plus troubles à l'égard de la créature face à lui, et Ava l'androïde à la grâce sensible, mais donc chaque geste de ballerine semble cacher des desseins moins attendus que ceux d'une machine, qui manipule qui?

Et d'autre part, bien sûr Ex Machina brasse un nombre gourmand de thèmes, de la créationnite aigüe dont souffrent tant de scientifiques, au désir de la tour d'ivoire, de la place de l'homme sur l'échiquier métaphysique, à la nouvelle donne technologique de nos années trop évoluées... Et le film est traité en huis-clos, sous la forme d'un mystère qui va engloutir aussi bien les spectateurs que les protagonistes... Les trois acteurs principaux sont formidables mais Alicia Vikander, dans un costume virtuel réduit à sa plus simple expression, est tout bonnement extraordinaire.

 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Alex Garland
18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 18:28

Arthur Hamilton, engoncé dans une routine qui le tue à petit feu, reçoit d'étranges appels d'un homme qui prétend être un ami mort... Il lui annonce qu'il peut comme lui, disparaître du monde et renaître, un nouvel humain qui pourra entièrement refaire sa vie à l'abri de son passé. Après beaucoup d'hésitations, Arthur va se laisser tenter, et bien sur... tomber dans un piège terrifiant.

C'est en plein coeur des sixties (Dont le joyeux laisser-aller se retrouve dans une scène de bacchanale délirante qu'on n'attend pas dans un film Paramount, fut-il de 1966) que Frankenheimer s'est pu à évoquer la paranoïa de l'humanité plutôt que son avenir. Pour lui, la technologie n'st pas une solution, mais ce qui va nous piéger et nous enfermer, on le voit ici avec une entreprise qui emprunte à la chirurgie esthétique sa sophistication la plus extrême, mais le fait dans une atmosphère de secret et de dissimulation criminelle...

Frankenheimer avait vu des films européens, dont la modernité l'avait manifestement inspiré: il y a du Bergman, de l'Antonioni et du Resnais (Voire du Fellini) dans l'étrange dispositif de ce film dont la structure est pourtant fortement linéaire. Les jeux de points de vue déstabilisent le spectateur, autant que le personnage impliqué dans cette expérience de changement d'identité, où le héros devient littéralement quelqu'un d'autre, pour finir par se rendre compte que même en choisissant une nouvelle vie, il finira toujours par aboutir à la même aliénation. Et ça, c'est une interrogation très Américaine, en ces années 60 qui sont définitivement celles du doute. Un film désespérant, mais essentiel... Le rôle peut-être le plus significatif de Rock Hudson, qui interprète le "nouveau" Arthur Hamilton.

 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Criterion
3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 17:01

Dans une station près du pôle Nord, une équipe scientifique est confrontée à un phénomène inattendu: un vaisseau volant non identifié s'est écrasé sur la banquise, il faut aller l'étudier... Justement, un avion militaire vient de se poser sur la base, et parmi ses occupants, figure un journaliste. Durant la reconnaissance, le vaisseau est perdu, mais les occupants de la base récupèrent le corps d'un des "aliens" dans un bloc de glace, et le ramènent à la station... c'est une erreur fatale, et scientifiques d'un côté, militaires de l'autre, vont se déchirer autour de "la chose", qui en dépit de la température, est bien vivante... Et passablement remontée.

Regarder ce film, c'est assister à la naissance de tout un genre. Le style qui est en oeuvre est un mélange subtil et très efficace de suspense savamment distillé, de scènes de la vie quotidienne des gens qui sont coincés sur les glaces, par des températures inhumaines, mais qui gardent leur humour, leur chaleur humaine aussi, et leur faculté, surtout, à faire leur travail. Et l'excellente idée du film, est d'avoir évité une surexposition du fantastique, et d'avoir privilégié une approche austère, qui retarde les effets et les transforme en des fulgurances. Ne détournez pas votre attention, ou vous allez rater l'apparition de la créature! ...C'est d'ailleurs l'un des aspects les plus décevants du film: l'extra-terrestre de ce film ne ressemble pas à autre chose qu'à un cascadeur maquillé dans un costume d'explorateur intergalactique à la mode 1951! Heureusement qu'on le voit peu, finalement.

Le film se nourrit d'une thématique classique dans les films dits d'action, à savoir le conflit entre la science et l'armée, entre protection aveugle de la population, et soif d'explorer. Le personnage qui illustre le parti-pris évident de la production est le docteur Carrington, qui est le principal responsable de la mission scientifique. C'est lui qui va se passionner pour "la chose", et découvrir en particulier son mode de fonctionnement, sa nature et le danger qu'il représente, mais aussi et surtout la supériorité de son mode de vie littéralement végétal. Et Carrington, oubliant toute compassion pour l'humanité, va se muer en un admirateur forcené de la bestiole, et tout faire pour l'étudier, quitte à l'aider dans ses noirs desseins. Et pire, à un moment crucial, il va se rendre coupable d'une certaine forme de traîtrise: il va essayer de pactiser avec l'envahisseur, bref: c'est non seulement un intellectuel, c'est aussi un pacifiste. Le film adopte par contre le point de vue du militaire de base: tu ne connais pas, tu flingues.

Et c'est là que décidément, le film n'en finit pas de rejoindre l'univers de Howard Hawks. On assiste tout d'abord à la vie à la dure d'un groupe humain dominé par les hommes (Deux femmes seulement, assistantes des scientifiques, et l'une d'entre elles sert le café... Pourtant cette dernière, interprétée par Margaret Sheridan, est une héroïne Hawksienne en diable, rompue à cette vie masculine, et qui a le verbe haut), qui sont tous des professionnels. Mais si c'est vrai aussi des scientifiques, les "crânes d'oeuf", leur professionnalisme ne les excuse jamais de s'être trop éloignés des réalités, et dans le cas du docteur Carrington (Robert Cornthwaite), non seulement il met tout le monde en danger, en allant jusqu'à proposer le sacrifice de tous les humains de la base afin de permettre à une créature évoluée de vivre, mais il est doté d'une froideur, d'une admiration contre-nature pour cette bestiole privée d'émotions et de passions, qui sont bien anti-Américaines. Suivez mon regard, comme dirait l'autre: le Dr Carrington ne porte-t-il pas une chapka? Quant à la presse, incarné par un journaliste venu sur la base presque par hasard, il lui est légitime de râler en permanence qu'on l'empêche de faire son travail, mais il est félicité lorsqu'il envoie un article dans lequel il fait des "petits arrangements avec la vérité", pour le bien commun. Enfin, toujours pour rester dans l'univers du réalisateur de Rio Bravo, le relatif huis-clos montre un groupe attaqué de l'extérieur et qui trouve en ses ressources professionnelles le moyen de répliquer à une menace. Ca rappelle décidément des souvenirs...

Tout aussi Hawksien, est le mode de mise en scène qui privilégie des plans efficaces, un découpage linéaire, un cadrage à hauteur d'hommes, une diction rapide, des conversations sur un débit mitraillettes, et rendues encore plus naturelles par le fait que tout le monde parle les uns par-dessus les autres... Alors on en vient à l'inévitable question qui hante le film: Nyby (Seul crédité au générique), ou Hawks (Qui a toujours mollement démenti avoir réalisé le film, avec une certaine ambiguïté quand même)? Peu importe après tout: Nyby et Hawks étaient tous les deux sur le plateau et Hawks surveillait de près sa production, donc...

La naissance d'un style et d'un genre, disais-je... C'est aussi, avec ce film classique dépourvu de stars et qui adopte l'économie et l'efficacité de la série B, la naissance d'un amalgame qui allait faire les beaux jours d'un certain cinéma fantastique: car lorsque le journaliste Scotty (Douglas Spencer), à la fin, envoie enfin un message à l'extérieur, après avoir tant attendu pour faire profiter les autres humains de l'extraordinaire découverte qui vient d'avoir lieu, et de l'aventure qui a suivi, il leur demande instamment de ne jamais négliger de "regarder le ciel". Bref, de faire attention! Pendant toute la décennie, le cinéma de Science-fiction épousera avec conviction, et une redoutable efficacité, le point de vue américain de la guerre froide...

The thing from another world (Christian Nyby, Howard Hawks, 1951)
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Published by François Massarelli - dans Howard Hawks Science-fiction
30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 21:33

Le film-d'hopital-psychiatrique-avec-un-patient-différent-qui-change-le-monde-parce-qu'il-a-une-perception-nouvelle-malgré-sa-folie est un genre à part entière, qui croule sous les clichés. Voir un de ces films, c'est bien sur s'engager dans une voie balisée par trop d'académisme, et par des numéros d'acteurs qui visent les Oscars de façons tellement évidente que c'en est lassant.

Ceci dit, et si on admet que ce petit film tombé sitôt sa sortie dans les poubelles de l'histoire fait bien partie de cette catégorie sus-mentionnée, des efforts rigolos ont été commis, notamment un clin d'oeil forcément conscient, dans le choix des interprètes. Si Kevin Spacey est forcément le cas psychiatrique qui prétend venir d'une autre planète ("KPax"), Jeff Bridges incarne le psy qui va s'intéresser à lui, découvrir une histoire enfouie, et résoudre le cas de son patient, d'un point de vue terrien, s'entend. Le clin d'oeil est évidemment à Starman, de John carpenter, dans lequel Jeff Bridges était un alien, venu sur terre et forcément incompris, jugé fou par son entourage. L'inversion permet d'engendrer le doute: et si cet homme qui se prétend un extra-terrestre était vraiment ce qu'il affirme être?

Mais le réalisateur, qui aurait pu s'arrêter à ce petit grain de sable, a trop chargé la barque, plaçant systématiquement sa mise en scène du point de vue de ceux qui croient, faisant automatiquement de ceux qui tentent de rationaliser des imbéciles. et faire de Jeffrey "Lebowski" Bridges, a.k.a. "The Dude" un imbécile, ça il ne faut pas faire. Il est de toutes façons bon, dans le role étouffant du psy qui refuse la vérité; Spacey, bon, c'est Spacey: il jouerait Léon le bourdon, il serait bon quand même.

Sympathique, certes, mais trop de bons sentiments tue les bons sentiments.

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Published by François Massarelli - dans le coin du bizarre Science-fiction
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 22:00
Teenland (Marie Grahtø Sørensen, 2014)

Sally, 17 ans, vit en permanence dans une institution pour personnes différentes: c'est une autre époque, probablement le futur, et on a découvert des mutations inquiétantes chez les adolescents, qu'on tente de contrôler en les enfermant, et accessoirement en les rendant dociles à coup de psychologie... et surtout de médicaments, à forte dose. Mais Sally, qui est venue pour un motif très grave, a mauvaise conscience. En effet, tout en étant douée d'un talent pour déplacer les objets de façon spectaculaire, sa volonté est telle qu'elle peut tuer. Un soir, elle a exprimé ses frustrations en souhaitant la mort de toute sa famille. Alors elle souffre, mais elle obéit. Jusqu'au jour ou Ting-a-ling, une autre ado "dangereuse", vient perturber un repas, en hurlant, et en prêchant la révolte. Sally se fait prier, mais l'appel de la liberté que promet son amie est trop fort, elle se laisse séduire...

On pense à THX 1138, devant cet univers clos, mélange entre un hôpital aseptisé, et un lycée totalement fermé. Les ados y sont réduits à ne plus penser, façon Metropolis, et seules les deux révoltées vont se faire entendre: bruits, transgressions et jeux, Sally et Ting-a-ling tentent de rattraper le temps perdu. Le film est inconfortable, mais passionnant, tourné au plus près des corps de ces jeunes femmes déshumanisées, et longtemps dans le film (Qui ne dure que 30 minutes, remarquez) on se demande si Ting-a-ling est réelle, ou une émanation de l'esprit de Sally, ou... autre chose.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Scandinavie
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 11:22

Cherchons les causes partout où elles se trouvent: les gens de Marvel ne doutent de rien, surtout pas du fait qu'on n'a autre chose à faire que de tenir une comptabilité de qui fait quoi, de qui est quoi, et d'où donc en sont les super-héros ballottés entre leur écurie d'origine (Le S.H.I.E.L.D.) et leurs allégeances plus ou moins privées, on n'est pas non plus forcément à jour de qui ces gens combattent, et des menaces qui planent sur le monde dans cet univers d'apocalypse quotidiennes. Et comme avec le deuxième Iron Man, les gens de Marvel ont tellement pris la grosse tête qu'ils en finissent par ne plus finir leurs films avant de les livrer en pâture au public qui est supposé dire merci, encore.

Et si il fallait savoir s'arrêter? Un film Avengers, c'est bien, c'est un excellent divertissement, dans lequel Joss Whedon a su intégrer ses obsessions personnelles, sur la fragilité humaine, les sentiments, le doute à l'heure du choix, et tout un tas d'autre choses qu'il sait si bien mettre en perspective au milieu de grosses bastons qui prennent toute la place. Comme à ce niveau tout a été dit, ici, il n'y a plus que de la baston, concentrée. Quel ennui... Ce film ne s'imposait donc absolument pas, pas plus qu'on est obligé de le regarder. Les établissements Marvel peuvent continuer à faire leur petit truc dans leur coin, on n'est pas obligé de les suivre. Et ça, c'est une bonne nouvelle, non?

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Published by François Massarelli - dans Joss Whedon Navets Marvel Science-fiction
27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 17:46

On ne sait plus... Au début de l'arrivée massive des films Marvel, on se réjouissait d'un ton différent, d'idées novatrices, et puis le ton libéré est devenu routinier, systématique, ronronnant. Et la concurrence (Interne, ou du moins partiellement, voir plus bas) avec la saga X-Men a viré au n'importe quoi. Par exemple, les Gardiens de la galaxie, film d'une nullité abyssale, et supposé être décalé (Quand un film ne ressemble à rien à cause de son je-m'en-foutisme, dites qu'il est décalé, c'est vendeur!), n'est rien qu'une tentative de donner l'impression à un public pauvre en esprit et habituer à zapper très vite sur la tévélision entre deux jeux vidéos qu'on pense à eux. C'est à ce stade qu'arrive Deadpool, qui pour l'instant et en l'absence de suite, séquelle ou autres dérivé, est pour l'instant un OFNI fort intrigant et stimulant.

Mais rappelons les faits: Marvel n'est pas un studio, mais une organisation (Comme Miramax, ou New Line) qui met en relation les major companies et des équipes, le tout autour d'un concept: l'exploitation du fonds des bandes dessinées Marvel. On compte en gros trois viviers, distincts les uns des autres par les contrats de distribution, et le public visé. D'un côté, on a la saga Spiderman, née d'un contrat entre Marvel et Columbia/Sony, qui a été exploitée dans les trois films de Sam Raimi, et une resucée à la réputation pas très glorieuse sur laquelle ne l'ayant pas vue, je n'ai absolument rien à dire d'autre... Puis, la Fox a exploité un filon jeune public, avec Les Quatre Fantastiques d'un côté (On peut s'abstenir), et X-men, sous la houlette de Bryan Singer, d'autre part; certains films sont bons; Il y a eu quelques spin-offs, avec Wolverine. Enfin, Marvel s'est allié avec Disney pour Iron man, Captain America, Hulk, Thor et bien sur The Avengers. C'est la partie la plus connue, la plus active, la plus prolifique de l'iceberg, et il y a aussi une extension télévisée bienvenue, autour de Agents of S.H.I.E.L.D., et l'excellente série de Louis Esposito (Hélas abandonnée aux dernières nouvelles) Agent Carter. N'ayant pas que ça à faire, je laisse de côté l'insupportable navet des Gardiens de la galaxie, qui tendent à donner un gout amer à l'ensemble de la potion Marvel ces derniers temps: en panne d'inspiration, les créateurs de tout le paquet se replient sur le supposé mauvais esprit.

Deadpool est une émanation de X-men, auquel il est fait allusion, mais cette fois, Tim Miller et son équipe ont décidé de jouer la carte de la fiction pour adultes, avec un héros sans restrictions. Sexe, violence, morale plus qu'élastique, et gros mots s'enchaînent, et la surprise, c'est que c'est réjouissant. Oui, oui, réjouissant: en gros, en très gros, Deadpool (Ryan Reynolds) est un petit gangster amoureux (De Morena Baccarin, on ne peut donc pas lui en vouloir), mais atteint d'un cancer en phase terminale, qui a quitté sa petite amie pour rejoindre un laboratoire qui lui promet d'expérimenter sur lui, de manière à le sauver... et se voit transformer en mutant par des sadiques. Dont il va vouloir se venger, ce qui va être l'essentiel de sa quête. Pas de justice à trouver, ce qui peine les deux X-men (Et women) dépéchés pour l'attirer vers le droit chemin... Et Deadpool, invincible mais assez colérique, enchaîne massacre sur massacre en sortant des bons mots à la mitrailleuse.

Et le film est une permanente corrida de mauvais esprit, mais jeté en pâture au milieu d'un bric-à-brac de narration à la première personne par un héros tellement rigolo qu'il souligne en permanence l'existence d'une complicité avec son public, et adopte une narration à la Scorsese, la dimension morale en moins. C'est drôle, parfois un peu longuet, ça n'a pas d'autre prétention que celle de nous faire rire.

mais la réalité nous rattrapera certainement: à un moment ou un autre, il va nous falloir supporter... une suite. Comme pour Kingsman, en fait: on n'a pas envie, enfin moi du moins. Ce qui fait la force de ces films, c'est leur unicité, donc... Profitons-en tant que ce Deadpool rigolo est unique.

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction