"Who watches the Watchmen?", qui est, en réalité, au-dessus des super-héros, suffisamment puissant pour les contenir? Le président Nixon, triomphalement réélu une cinquième fois l'année précédente? N'a-t-il pas réussi à enrôler les plus importants de ces justiciers masqués, et à persuader les plus petits de prendre leur retraite, afin de laisser les forces de l'ordre faire leur travail? C'est une illusion, on l'apprend très vite: Nixon, après tout, doit ses réélections successives à son traitement éclair de la guerre du Vietnam... où se sont illustrés deux super héros particulièrement persuasifs: le Comédien, tout d'abord, un mercenaire prêt à tout et avec un grand nombre d'heures de vol; et bien sûr l'extraordinaire Dr Manhattan, ce physicien victime d'une expérience dont il est ressorti en surhomme capable de transformer toute matière à distance, de se téléporter, de se démultiplier, et de ressentir le passé, le présent, et le futur. En d'autres termes, si Nixon est aujourd'hui le maître du monde libre, il le doit à ces super-héros.
Pourtant on ne leur fait plus confiance, après que les excès du Comédien dans ses initiatives pour briser les émeutes aient fait des victimes gênantes. Et tous, le "Spectre soyeux" (Malin Akerman), le "Night Owl" (Patrick Wilson), "Ozymandias" (Mathew Goode), le Comédien (Jeffrey Dean Morgan), ont fini par accepter. Cela n'a pas empêché le Comédien de continuer à travailler en douce pour Nixon, et Dr Manhattan (Billy Crudup), en raison de son omnipotence, de rester en place. Ozymandias est de toute façon riche à million et consacre son énergie et son argent à diverses causes. seul parmi tous ces anciens super-héros à refuser le destin qu'on leur impose, Rorschach (Jackie Earle Haley), le moraliste (et narrateur) a refusé de cesser ses activités ou de les adapter pour travailler pour des commanditaires: il continue à rendre la justice à sa façon, expéditive... C'est à ce moment qu'un certain Eddie Blake est retrouvé mort: Rorschach mène l'enquête, et pour cause: Blake est plus connu sous le nom de Comédien...
On le sait, c'est désormais non seulement faisable mais aussi très rentable d'adapter une bande dessinée. C'est la raison qui a poussé Marvel, par exemple, à se constituer en studio de cinéma, après avoir régné sur l'industrie du comic book... Mais ici, on ne dit pas "comic book", mais plutôt "graphic novel". L'oeuvre de Alan Moore et Dave Gibbons est une variation sur les super-héros, et leur monde si particulier. Avec ces super-héros qui ne sont à leurs débuts que des policiers déguisés, avant qu'une nouvelle génération aidée de technologie ne soit dopée par les super-pouvoirs réels de Dr Manhattan, les auteurs renvoient explicitement à la fondation de l'esprit sécuritaire Américain: dans l'intrigue les premiers Watchmen, en 1940, s'auto-proclament Minutemen, comme ces milices de 1776 qui ont fichu les Anglais à l'eau...
En prenant le parti de créer des personnages qui sont humains avant tout, faillibles, parfois ambitieux voire mégalomanes (Ozymandias), violents et , comme le dit un personnage, "quasiment nazi" (le Comédien), doté pour l'un d'entre eux d'un abominable caractère de cochon, d'un refus de se compromettre, et capable des pires atrocités au nom de la justice (Rorschach), Moore et Gibbons ont réussi à créer le doute, à imaginer un monde dans lequel des super-héros ont une vraie personnalité, sont tangibles. Et donnent de l'épaisseur à un récit qui n'hésite pas à se vautrer dans la poésie noire à chaque épisode... Le film rend assez bien cette dimension, en ayant tendance à simplifier le récit. Mais le "graphic novel" était constitué de 12 parties, alors que le scénario ici se doit de tenir dans le cadre des 162 minutes désormais fatidiques
(Au-delà, les studios coupent...). Et le film a aussi un coté plus caricatural encore que la bande dessinée, la faute en incombant sans doute à Zack Snyder: un metteur en scène qui a commis un film aussi absurdément crétin que 300 ne peut pas être autre chose qu'un sale gosse. D'un côté, il aime en rajouter dans le gore un brin gratuit... De l'autre il s'y entend à montrer dans ce film le poids du temps, les regrets, et un monde sali, voire pourri jusqu'à l'os, dans lequel ceux qui défendent les autres au nom de certains principes peinent à survivre. Donc, ici, il a plutôt réussi son coup, mais on ne peut s'empêcher de penser qu'un temps, Terry Gilliam était pressenti pour faire ce film. A la place d'un grand polar noir sur un univers parallèle (Avec un Nixon qui ne ressemble à rien, d'ailleurs...), on a donc droit à un film ou on rend hommage à la bande dessinée à grand renfort de ralentis qui ont tendance à sublimer la violence (Et le Spandex!), mais aussi à être un peu irritants. Un film dans lequel un clone bleu et lumineux de Billy Crudup se promène zigounette à l'air durant deux heures et quarante-deux minutes, et ou les super-héros se comportent, enfin, en êtres humains. Ce n'est pas rien, finalement.
...Et contrairement à l'abominable 300, ce film ne vous donne pas envie d'aller envahir la Pologne.
Mais s'il faut finir par trouver une qualité vraiment importante à ce film, c'est qu'en demandant à ses acteurs de jouer au premier degré, il a créé avec leur complicité deux personnages attachants et fascinants: Daniel, le "Night owl" (Impossible de ne pas penser à Batman) plongé dans l'inaction, avec 10 kilos en trop, pour lequel Patrick Wilson compose un homme ravagé par son constat d'échec, et qui peine à retrouver l'allant qui devrait lui être naturel; et bien sûr Walter "Rorschach" Kovacs, qui est la conscience, le sens de la justice et des valeurs, de ces super-héros, et qui ira jusqu'au bout de sa mission, avec une efficacité et une humanité qui, contrairement au film, échappent à l'ironie.

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Pour commencer, ce qui frappe, c'est le jeu sur la présence virtuelle de la bestiole, jamais vue en entier (Un choix dicté par le fait que l'acteur de 2m20 qui jouait la créature ressemblait à un homme de 2m20 dans un costume de monstre, ce que trahissent encore quelques plans du film tel qu'il existe dans son montage de 1979. On ne le voit jamais en pied, et le fait de n'en avoir que quelques bribes, que des instants volés, contribue bien sur à créer cet effet de malaise. Le montage, qui privilégie les amorces de moments terrifiants plutôt que leur plein déroulement, renforce cette impression. Mais c'est la réalité tangible de l'univers dépeint, une constante chez le metteur en scène, qui est le principal atout. Les cinq premières minutes sont d'ailleurs entièrement consacrées au vaisseau Nostromo et à la "remise en route" de l'équipage en hibernation. On apprend à connaitre à la fois l'équipe et le lieu dans lequel ils vivent, mais on se fait aussi à l'atmosphère très particulière du lieu, ou il n'est manifestement pas facile de vivre. De même, le passage par une planète morte passe-t-il par toutes les difficultés, les obstacles, héritages du réalisme poétique Kubrickien de 2001 en matière de représentation de la science-fiction... Ainsi, lorsque la bête deviendra une menace, celle-ci sera d'autant plus importante qu'on sait que dans le vaisseau, échapper à un tel prédateur ne se fait pas tout seul./image%2F0994617%2F20250321%2Fob_2afde5_alien-1979-main-cast.jpg)
Bien qu'il ait été un metteur en scène important en Scandinavie, et ce dès les années 10, Holger-Madsen est aujourd'hui oublié, éclipsé par d'autres Danois à peu près contemporains. Bien sur, Dreyer et Christensen sont, à des degrés divers, des gens importants, dont l'oeuvre internationale est aujourd'hui, surtout concernant Dreyer, reconnue et célébrée à sa juste valeur. raison de plus pour s'intéresser à cet étrange film qui remet les pendules à l'heure: non, si on oublie Le voyage dans la lune et ses plagiats, Aelita n'est pas le premier film à présenter un voyage spatial vers une autre planète, et ce film bat le film soviétique de Jakob Protazanov de 6 bonnes années.